‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 278 sur 370 · NAV · texte numérisé non relu

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veloppement snrlesflenves, coDsidérés comme conflaens à la mer, peut avoir de Timportance, par rapport à la marine, en ce qu'il est susceptible de former, sinon des matelots, du moins des novices préparés à devenir tels. L'introduction des bateaux à vapeur sur ces fleuves et sur les rivières fait espérer ce résultat.

NAVIGUER, v. n. C'est plus particulièrement aller en mer ou ^ur mer (quoiqu on puisse dire aussi na" viguer sur uh lac, un fleuve, une rivière) ; c'est en'treprendreuQ voyage maritime. On dit d'un bâtiment qu'il navigue bien, quand il se comporte constamment à la mer d'une manière satisfaisante, qu'il gouverne bien, porte bien la voile et que sa construction d'ailleurs laisse peu à désirer. — Naviguer à la sonde, c'est faire route, en sondant^ , par certains parages, où les basfonds et les autres écueils sont multipliés. — Naviguer sur une carte plate^ c'est suivre ou pointer sa route sur une carte où les degrés de longitude ne sont pas marqués ; naviguer sur une carte réduite» c*est suivre et pointer sa route, avec l'observation de la latitude et de la longitude estimées. — Naviguer à la part, c'est servir à bord d'un bâtiment de commerce, moyennant une part déterminée dans les bénéfices ; — au voyage ou à la traversée, c'est s'engager moyennant un salaire convenu.— Selon qu'il s'embarque sur un bâtiment de guerre, ou sur un navire marchand, un matelot est dit naviguer pour l'Etat ou pour le (Commerce.

NAVIRE, 8. m. Tout bâtiment propre à la navigation sur mer est, en général, nommé navire, et en général aussi c'est, comme ce nom primordial de bâtiment l'exprime, une sorte d'édiflcq en bois de charpente disposés et assemblés, ou liés selon un système qui assure, quant à sa construction proprement dite,, la solidité de toutes ses parties, et lui donne, quant à ses formes, les qualités de marche et de stabilité voulues, suivant des combinaisons qui ne peuvent être déterminées qu'à l'aide de la théorie. C'est aussi par des calculs que l'on règle les dimensions et la position des mâts verticaux destinés à soutenir les voiles, ou l'appareil moteur qui lui transmet l'impulsion du vent.

Navire de guerre. — Navire du commerce. Autrefois le navire, celui, du moins, auquel on donnait le nom de vaisseau rond, était presque indifféremment construit pour la guerre ou pour le commerce; il servait alternativement aux deux usages ; mais, depuis longtemps, on Tarie très essentiellement les formes, les dimensions et la force d'échantillon des navires, suivant Tune 'ou l'autre de ces destinations. Dès les mêmes époquesaussi, on a distingué les navires de guerre ou de l'Etat par les désignations de vaisseaux, frégates, corvettes, bricks, etc., en sorte que, hors de cas très rares, le nom de navire spéciCe plus spécialement un bâtiment du commerce. C'est par exception que l'on dit â'un beau vais*

seau, d'une belle frégate, etc.: c'est un beau navire ; et pour dénomination générale, que les matelots placés en vigie à la tête des mâts, s'écrient navire au vent oa «ousle vent, quand, en mer, ils aperçoivent une voile 4 l'horizon.

Nous aurons l'occasion de revenir sur les navires de guerre {Voy. Vaisseau), et d'un autre côté, noua atods traité avec quelques détails, de l'arrimage et du chargement des navires duju)mnierce (P^oy,^ Arrimage), donné les dimensions principales de la plupart de <^es navires (Foy. Construction), développé la méthode employé pour déteziminer leur port en tonneaux {Voy. Jeaugeage) , etc., mais tous ces navires sont dits bâtîmens à .voiles ; et il nous reste â mentionnée U aouYelle classe ou espèce de navires qui n'ont plus seulement la force du vent, mais aussi celle de la vapeur pour moteur d'impulsion.

Navires à vapeur. Ce sera vraisemblablement, comme pour les navires à voiles, le nom GollectiT, la désignation générale des bâtimens â vapeur de taute grandeur , que l'on distinguera et que Ton distingue déjà en frégates» corvettes, etc., à tit?e de bâtimeat de guerre, puis en paquebots et bateaux â vapeur, plus spécialement destinés au tranjsport, tant de la cofiespondance que des passagers et des marchandises.

L'importance des progrès que la navigatiou à la vih p^ur a faits depuis un petit nombre d'années porterait à penser que de nouveaux perfectionnemens ne tarderont pas à se reproduire, et que les bâtimens â voiles pourront perdre, dans un avenir plus ou moins éloigné, ia supériorité de pni;isance que, jusqu'au^oord'hui eDOore, on ne saurait leur contester.

Mais des conditions fort difficiles, conune on lewt, restent â remplir. L'une des principales sérail qqe Isl force d'impulsion du moteur pût être traasnûsa diff^ remment que par des roues ou par tout autre appareil placés à l'extérieur , qu'un seul et premier boulet peut mettre immédiatement hors de service.

De nombreuiE essais ont été faits en vue de remplacer les roues â pales dont on est forcé de se servir, et Ton attend, sous ce rapport/ un grand succès de l'emploi d'une hélice appliquée â l'arrière du bâtiment^ parallèlement à la quille, au dessous de la flottaison et à laquelle la machine à vapeur imprime un mouvement de rotation très rapide; c'est, comme on le voit, une -ingénieuse application de la vis d'Archimède^ son mérite réel pourra être bientôt apprécié par les expériencei que Ton va faire en France, et par la comparaison de leurs résultats avec ceux des essais effectués sur dei navires â vapeur anglais.

D'autres exigences sont encore à menU<winfi|r ; aiaii les plus grands bâtiaftens à vapeur ont à pei«e aases de capacité pour loger le combustible nécessaire à une

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oaTigatiOD de 15 à 20 jours, et si Ton augmente cette capacité» il faut accroître la puissa^pe du moteur et par conséquent la quantité de charbon à embarquer ; cercle vicieux dans lequel on tourne incessamment» sans pouvoir trouver la solution de cette inextricable difficulté (1).

D'un autre côté» si les machines présentent des poids énormes, on ne peut les rendre plus légères qu'en diminuant les garanties de cette solidité qui est indispensable pour résister aux secousses si violentes contre lesquelles il faut que lesroiachpes luttent, à la mer, dans les gros temps.

Un bâtimeiU k vapeur, enfin, ne peut, comparative» ment avec un bâtiment à voiles des mômes dimensions, recevoir , eu égard à l'espace occupé par ses machines et par l'immense approvisionnement de charbon qu'elles exigent, qu'un petit nombre de bouches à feu et un faible équipage pour les servir ; il ne peut tenir la mer en sûreté, dans l'état actuel des choses, que pendant quinze à vingt jours au plus, et il ne peut loger des vivres pour une navigation 4e plus longue durée ; ses poudres, s'il est armé en guerre, doublent les chances funestes que peuvent amener les accidens de feu. Toutes ces considérations établissent que, malgré les tentatives faites pour avoir des bââmeos A vapeur, mus par des machines de 600 , 800 et jusqu'à 1,200 chevaux de force, il y a encore, sous plusieurs rapports essentiels, une énorme différence entre le plus grand et le mieux armé de ces bâlimens et un vaisseau de ligne de 120 canons.

Ce vaisseau porte avec lui, outre sa puissante artillerie et des munitions en abondance, un équipage de plus de 1000 hommes qp'il peut nourrir pendant pins de six mois; il peut, en outre, porter des troupes de débarquement^ et un matériel d'artillerie de terre considérable ; il est enfin pourvu de rechange de toute sorte pour les avaries qu'il pourrait éprouver pendant une année de navigation ou par l'effet d'un combat..

Il est vrai que le bfttiment â vapeur marchera par les calmes et les vents contraires, pendant quq le vaisseau restera immobile ou. sera forcé de louvoyer ; que, dans un engagement partiel, cette circonstance de calme surtout produirait pour le bâtiment à vapeur un avantage d'autant plus marqué^ qu'il pourrait, à l'aide de ses^machines, éviter le feu du travers du vaisseau, en même temps qu'étant plus ras sur l'eau, il se trouveralt moins exposé au feu des canons de chasse ou de retraite dont le vaisseau serait réduit à se servir. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'un seul boulet qui atteindrait l'une de ses roues, mettrait, ainsi que nous

(1) Comidératiom wr la martm et sur son budget , p«r M. le baron Tuplnien 1841,

l'avons dit, le bâtiment à vapeur hors de combat*

Quoi qu'il en soit des services que les bâtimens à vapeur seront, vraisemblablement, appelés à rendre dans la guerre et des dangers qu'ils pourront faire courir aux bâtimens à voiles ennemies^ tant par la facilité et la promptitude de leurs mouvemens que par l'emploi de canons-obusiers de fort calibre (considérations importantes sur lesquelles nous reviendrons) {Voy. Vapeur), il est évident que ce seront d'excellens auxiliaires pour la flotte proprement dite, et que leur concours à certaines expéditions sera du plus haut intérêt; cela suffit pour démontrer combien, à l'appui des motifs que nous avons exposés ailleurs iFoy. Matériel), il est important de posséder, dans le plus court délai possible, un nombre convenable dé bâtimens à vapeur, d'une grande force, sans toutefois sacrifier l'armée navale actuelle, la prudence voulant que les deux intérêts soient menés de front. Nous avons exprimée ailleurs Topinion des hommes éclairés sur la mesure des deux élémens de puissance maritime â asseoir désormais sur des bases fixes, {f^oy. encore MATÉaiELr)

NEGRIER. Nom que l'on donne â un bâtiment spécialement destiné â la traite des nègres sur la côte d'Afrique. Les approvisionnemens et les eniméaage* mens particuliers à ces sortes de bâtimens, qui doivent porter et nourrir un grand nombre d'individus, les font aisément reconnaître par les croiseurs chargés de les capturer depuis que la traite estdéfendne.(^oi/. Traite.)

NEPl'UNE, $. m. Titre d'un recueil de cartes réduites, à l'usage des marins.

NËURE, s. m. Petit bâtiment hollancbis consacré â la pêche du hareng.

NEUTRE, adj . Le bâtiment d'unenation qui neprend aucune part aux hostilités qui ont lieu sur mer entre d'autres puissances est un neutre, un bâtiment neutre.

NEZ, «. m. Quand un bâtiment est trop chargé sur l'avant,, ou que, par un vice de construction, sa proue est trop profondément plongée dans l'eau, on dit qu'il est sur le nez. Dans ce cas, nez est synonyme de proue.

NOEUD, 8. m. Enlacement de cordages propre à les réunir entre eux, ou â les fixer séparément dans des lieux déterminés, et susceptible d'être délié au besoin. Le nombre immense de cordages divers employés dans un grand bâtiment et les usages variés qu'on en fait ont obligé d'imaginer, plusieurs espèces de nœuds. Les figures indiquées ci-dessous représentent les nœuds usités dans la marine.

NœuD plat ou marin (pL XV, fig^&) qui sert à lier sur une vergue les bouts des garcettes de ris et les rabans d'envergure. Dans ce nœud, qui est fréquemment en usage, les cordages, passant les uns sur les autres, ne peuvent que se serrer mutuellement en recevant un nouveau d^ré de tension. — JVœud d'écoute {fig. 7). Le

nœad par leqoel one écoute est attachée ta coîo inférieur d'une voUe consiste à faire passer le bout de Técoate dans Tœillet du point de cette voile, à lui faire faire un tour sur le contour extérieur du point, à le faire repasser sous lui-même au dessus de l'œillet, et k lier son extrémité sur un point de la longueur de l'écoute au delà du coin de la voile. Par ce moyen Técoute se trouve solidement attachée et facile à détacher au premier besoin. — Nœud à plein poing (fig. 8) qui sert à rejoindre promptement deux cordages, mais qui n'est bon que dans un cas pressé. —iViceue^ de boi% (fig. 9) qui sert pour embrasser une pièce de bois qu'on veuf haler ou traîner. — Nœud de bouline (fig. 10) par lequel on lie les cargùes et les branches de bouline aux pattes ou aux anneaux de corde dont les ralingues des voiles sont garnies en divers points de leur longueur. Un noeud de cette espèce consiste dans un œillet formé par le bout du cordage épissé sur sa longueur, et par lequel on fait passer le cordage Tui-mème, après lui avoir fait embrasser la patte ou le point d'appui qui sert de point d'attache.— i)^o?ii(i de vache {fig. 11). Des aussières, des grelins et autres cordages sont ajustés ensemble par des nœuds de vache qui ressemblent beaucoup aux nœuds plats. — Nœud d'anguille {fig. 12) qui sert pour embrasser des quarts de farine, des futailles légères et autres objets d'un poids médiocre, Romme le confond avec le nœud de bois.'^Nœud d'agui à élingue {fig. 13) servant à bisser un homme qui va travailler à la tète d'un mftt dégarni, ou pour faire une élingue. Quelquefois on donne aux nceudt de bouline le nom de nœud d'agui à élingue, parce que les élingues embrassent de la même manière les fardeaux dont elles sont destinées à soutenir le poids. — Nosud de gueule de raie {fig, 14] qui sert à prendre avec un croc de palan, la ride d'un hauban qu'on veut rider. — Nœud de jambe de chien {fig* 15), employé pour raccourcir un cor^ dage, pour reprendre Titague d'un palan qui est trop allongée» eic.^Nœud de hauban {fig, 16) qui sert à rejoindre les haubans, galhaubans et autres manœuvres dormantes rompues par accident ou dans un combat. Pour le faire, on détord une longueur suffisante de trois torons de chacun desbouls^ qu on veut rejoindre et on rapproche les deux cordages en faisant entrer les cordons de l'un dans chaque intervalle des cordons de l'autre (pL XV fig. 16) ; ensuite on fait avec les trois cordons de chacun des cordages, l'un après l'autre, un cul de porc simple {fig. 19 c.j, en embrassant le gros cordage et le laissant dans le milieu de chacun des deux culs de porc : quand on a bien serré les six torons et les nœuds, on coupe le superflu de chaque toron et le nœud de hauban ou cul de porc double est fait {fig. IC 0). — Demi-nœud {fig, 17) employé pour faire une boucle à certains cordages qui se capèlent à la tète

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