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du contentieux, qu'il ne serait pas moins rationnel de conférer au secrétariat général du ministère de la marine (1).
Aux avantages, sous le rapport financier, quant à la haute administration, à Paris, que présenterait cette combinaison, se joindrait celui de mieux assurer, en les centralisant, les effets du contrôle exercé, dans les ports, tant sur.les deniers que sur les matières. Ce serait donc, pareillement, au secrétaire général du ministère que l'action du contrôle et la centralisation de la comptabilité des matières devraient être attribuées, et par suite le bureau spécial à cette comptabilité, dont nous ayons parlé {Foy. MàTÉaiEL et Matières). Les comptes particuliers des directions et services, formés d'après les bases que nous avons posées dans ces articles, seraient, dès que les ofliciers du commissariat dans les ports en auraient opéré la vérification et le contrôle, envoyés au ministre par les conseils d'administration de ces ports, chacun des comptes, sous le timbre de la subdivision ou bureau du ministère correspondant à la même subdivision ou direction , soit de travaux, soit de service, puis remis au secrétariat général, pour la rédaction du compte général. La nouvelle organisation du contrôle, tel que les (ordonnances de 1835 et 1836 l'ont établi, en instituant le commissariat destiné à remplir les fonctions analogues à celles de l'intendj^nce militaire du département de la guerre, serait, au même moment, complétée, si l'on réunissait, pour les placer sous une direction spéciale, les détails administratifs restés isolés, et qui, par l'effet de l'ordonnance de 1835, se trouvent sous les ordres des préfets maritimes. Il suffirait donc de la création d'un chef ou directeur de ces services dans chacun des grands ports, pour remédier aux inconvéniens reconnus de l'administration cumulée avec le contrôle d'un même détail, effet tout diamétralement opposé au but des ordonnances précitées (2). {Voij. Matériel.)
Pour rentrer dans le sujet spécial de l'étude à laquelle nous nous livrons ici^ celle de l'organisation du ministère de la marine, rapprochée de l'organisation du ministère de la guerre, en tenant compte des différences que présentent les deux services, nous remarquons près de ce dernier l'institution de comités consultatifs des fortifications, de l'artillerie, de la cavalerie, etc., en même temps que les subdivisions correspondantes sont dirigées par des hommes spéciaux, et poqr la marine, celle du conseil d'amirauté et du conseil des travaux, seulement, quand il y a^ au contraire, absence des spécialités à la tète des subdivisions des constructions na-
(1) Voy. Examen da questions relatives au contrôle dans le département de la marine, par M. le baron Tuptnier. 1S42.
(2) Voy. encore VExamm des questions relatites au eon^ tfd/f, d4à Cilé.
yfa\eê, de rtrtillerie, des travaux hydrauliques» etc.; car, nous n'avons à mentionner qae pour ordre les com» missions qui se rapportent, soit à rétablissement des Invalides de la marine, soit au perfectionnement de renseignement de rÉcole navale^ ainsi que les autres commissions mixtes, auxquelles l'examen de questions d'un intérêt général, celles relatives à Tesclavage, à la répression de la traite des noirs, à la constitution politique des c6lonies> etc., est attribué.
Le haut conseil d'amirauté, dont l'établissement, comme conseil de juridiction du contentieux seulement, dans l'origine, remonte, ainsi que nous l'avons rappelé [Voy, Institution) au commencement du dîx-septiéme siècle (1626), a subi de nombreuses vicissitudes. Après avoir constitué, pendant huit ans environ (de 1715 à 1723), une amirauté dirigeante, comme l'est encore de nos jours l'amirauté anglaise, il fut supprimé, remplacé ensuite par un conseil de marine consultslif, puis écarté de nouveau de 1791 à 1810. Composé â cette dernière époque de quatre administrateurs et d'un officier général seulement, il parut néanmoins gênant en 1814, et il disparut, poqr n'être recréé que dix ans après, et amené, par suite de plusieurs remaniemens, à sa compositic|b actuelle, qui est, sous la présidence du ministre/, de trois vice-amiraux, un conseiller d'état directeur des ports, un conseiller d'état, pair de France, directeur honoraire des constructions navales, et enfin deux contre-amiraux, avec un maître des requêtes, secrétaire général du ministère, pour secrétaire. Il convient d'observer que les attributions dû conseil d'amirauté ne sont aucunement définies ; qu'il n'est appelé à discuter que les questions dont le ministre juge à propos de lui confier l'examen, qu'il n^est, en un mot, que consultatif, ce qui se joint aux vicissitudes dont nous venons de parler, pour accuser la pensée presque constante d'une sorte d'appréhension, au sujet de l'influence qu'une telle réunion de sommités serait capable d'acquérir. Nous n'insisterons pas ici sur ces considérations d'un ordre distinct; mais elles suffisent pour établir que, dans sa constitution actuelle, le conseil d'amirauté n'exerce et ne peut exercer aucune action directe de la nature de celle attribuée, près du département de la guerre, atix comités spéciaux que nous avons cités.
Le conseil des travaux de la marine, d'un autre côté, n'a pareillement aucune attribution déterminée et n'est également que consultatif, comme le prouve d'ailleurs sa composition mixte qui comprend, sous la présidence d'un contre-amiral, et avec l'adjonction de deux capitaines de vaisseau et de deux ingénieurs, dont l'un est secrétaire, les inspecteurs généraux du génie maritime» du matériel de l'artillerie, et de celui des travaux hydrauliques. Nous nous empressons de reconnaître que les questions relatives aux divers ordres de travaux qui
lui sont renvoyés par les bureaux, ne peuvent être que très bien éclairées et résolues par ce conseil ; maie, d'une part, il n*a aucune initiative d'essai de perfectionnement, sa mission, quoique de beaucoup d'intérêt, étant restreinte à examiner les perfeclionnemens proposés ; et de l'autre part, bien qu'en marine an grand nombre de solutions intéresse à la fois plusieurs ces, on ne peut se dissimuler qu'il y a beaucoup de solutionsqui sont tout-à-fait spéciales, et qu'une ma jorit? de voix peut ne pas suffire à déterminer d'une maniètt complètement satisfaisante. C'est ainsi qu'il am>e pour les conseils d'administration des ports, auxquels UXk décision spéciale, celle, par exemple, concernant ua tarif de main-d'œuvre afférent à l'un des ordres de travaux, est soumise pour la forme, et est adoptée décosfiance, sans examen possible, parles chefs ou directeun de tous les autres services (Foy, Ports). De semblables circonstances doivent souvent se produire dans les délibérations du conseil des travaux.
Nous sommes ainsi conduits à établir qu'un conseii ou comité de construction navale (i), un comité d*artîl* lerie et un comité de travaux hydrauliques, chacun de ces comités présidé par l'inspecteur général, devraient être préalablement appelés à examiner les questions du ressort de ces divers ordres de spécialité, ayant que leur solution fût soumise au conseil des travaux, qui continuerait de les représenter tous, avec un officier général et des officiers supérieurs de la marine. Afin, de plus, que l'état de la science maritime ne restât pas stationnaire au milieu des progrès des autres sciences, il importerait que ce même conseil reçût, du moins, l'iaitiative des perfectionnemens qui lui seraient proposés par ses comités ; que, pour le même effet, toutes les lumières acquises pussent éclairer les nouvelles goaslions, et , conséquemment , que des sommités scientifiques des divers ordres, savans géomètres, officiers d'artillerie de terre, ingénieurs des ponts et chaussées, d'un mérite distingué, y apportassent le concours de leur capacité. Nous pehsons que ces vues mériteraient de fixer l'attention ; que le concours de comités ainsi constitués mettrait le conseil des travaux en mesure de rendre les plus éminens services à l'art et à la science; qu'alors, enfin, l'administration supérieure du départe^ ment de la marine pourrait marcher de pair, sous tous les rapports dont il s'agit, avec celle du département de la guerre.
C'est en ce sens que^ dans le dernier paragraphe de notre article :^Géme maritime (Fbt/. ce mot), nous avons mentionné, en renvoyant au mot organisa'
(i) Un semblable conseil de construction navale avait été Institué près du ministère de la marine, et quoIquUI ne Tût jias organisé aussi fortemeùt que cela eût été désirable. Ton ne peut que regretter sa suppression.