‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 286 sur 370 · OUV · texte numérisé non relu

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à la charge de l*Ktat doit être justifiée par des pièces authentiques sans doute, mais par pièces intelligibles pour ceux qui ont è vérifier la légalité de la dépense; et^ si une pièce rédigée en langue étrangère devait être jointe à un mandat de paiement, la cour des comptes exigerait certainement que l'original de eette pièce fût accompagné de aa- traduction en français. Ici» elle laisse croire, par son silence, qu'elle comprend un langage qui lui est totalement inconnu, se confiant ainsi, de nécessité absolue, sur Texactitude et l'intégrité de$ signataires des procès-verbaux ; mais est-ce là un contrôle tant soit peu rationnel, loin d'être un élément d'instruction et de jugement? £t c'est dans un tel état de choses pourtant, c'est malgré la force d'un tel moyen préjudiciel, et sans qu'on paraisse le remarquer, que se discute sérieusement la question de savoir selon qtielle méthode et dans quelle fornîe U comptabilité du maté* riel de la marine sera déférée k l'examen de la cour des comptes (1)!

Mais, nous l'avons déjà exposé ailleurs (Foy. Maté^rirl), si ce premier obstacle à la réalisation d'une telle utopie est capital, il n'est pas le seul, et, de ce que l'administration de la marine est parvenue, par ses efforts et sa persévérance, à porter la lumière et l'ordre par-« tout où il n'y avait, précédemment, qu'obscuritjA et confusion ; de ce qu'elle a pu présenter aux chambres des Comptes sommaires des résultats de sa gestion dans les arsenaux, en conèhire, après avoir môme écarté le motif d'inintelligeitee des termes, qu'une gestion de matières peut ôtre assimilée à ui^e gestion de deniers» con* stitue, de la part d'homme éolaii'és» une erreur inexplicable* ,

NeoessoBS donc pas de le répéter, la comptabilité fi^ nancière est de la plus grande simplicité^ parce que, d'une part, elle a pour basotune seule uuité qui est le franc, et que, d'autre part, des règlemens précis ayant déterminé toutes les formalités à observer, tant par les ordonnateurs que parles payeurs, il suffit de vérifier si les comptables se sont exactement conformés à ces r-ègleméns. La comptabilité matérielle, au contraire, est essentiellement multiple et compliquée ; d'un côté, elle porte sur autant d'unités différentes (et la quantité en est innombrable) qu'il y a d'espèces, qualités et dimeih

(1) On sait qu^mie commission supérieure, que préside le pr^ mler président de la cour des comptes^ composée^ en majeure partie, de membres de cette cour, ainsi que de fônctiomiaires du département des finances, puis de deux fonctionnaires de la marine, mais dont Van seulement a la spécialité voulue, quant att matériel de ce dernier département, a été chargée par une ordonnance royale d'ex^diUiêr la comptabilité des matières appartenant à l'État, et de proposer le mode de Justification à soumettre, à la cour des comptes , par les comptables des matières, à l'instar du contrôle qu'elle exerce sur la gestion des comptables des deniers.

sions de matières et d'objets; de l'autre côlé, elle em« brasse les résultats d*une foule d'éventualités qu'il est impossible de prévoir, impossible, conséquemment, de soumettre à des règles largement môme établies, pour llnfinité de circonstances les plus diverses qui surgissent, et^jue les hommes essentiellement pratiques sont seuls capables d'apprécier.

£n définitive, plus on entre avec connaissance de Cause dans l'examen de la question dont il s'agit, plus, si l'on ne savait jusqu'à quel point un zèle ardent peut abuser même des esprits très consciencieux, on serait surpris que la cour des comptes, x]ui rend d'aîU leurs les plus émin^ns services dans sa spécialité financiéroi u'ait pas été la première à déclarer son incompétence, dès qu'il ne lui a pas été permis d'en douter, après un premier examen relativement au contrélQ qu'on veut lui attribuer.

OUVRÉ , adj. m. et f. C'est ce qui a reçu une préparation, une façon, un commencement de travail ou un tirainil complet, selon l'espèce des matières ou des objets ainsi qualifiés, et selon aussi les établissemens dans lesquels on manipule les matières et l'on confectionne les objets. Du fer en barres, par exemple, est une matière ouvrée, pour l'usine qui, au moyen de ses hauts-fourneaux, a transformé le minerai en fonte, puis cette fonte en fer, soit martelé, soit laminé, tandis qu'il constitue une matière première ou simplement une matière, pour les forges des arsenaux maritimes qui reçoivent ce même fer dans l'un ou l'autre des deux états. Ainsi , quant aux ateliers des ports, les matières dites ouvrées sont des objets en état de confection préparaftoire ou des obj.ets confectionnés, d'où il suit que ce serait improprement que Ton dirait désormais o6^ jets ouvrés* ( Yoy. Fabrication.)

OUVnjJSR , 3. f». Ce mot, ne demandant pas de définition, nous abordons, sans préambule, les détails que nous avons annoncés, au sujet des distinctions principales à remarquer entre les diverses classes et les nombreuses professions des ouvriers employés dans les arsenaux de la marine.

Chacune des quatre directions des travaux : constructions navales, mouvemens du port, artillerie et travaux hydrauliques, a, d'une part, un certain nombre d'ouvriers spéciaux 3 pour la première, ce sept les charpentiers de navire, les m&teurs, les poulieurs, les perceurs, les calfata et les «cordiers ; pour la seconde, les voiliers ; pour la troisième, ce sont les armuriers et les artificiers; pour la quatrième et dernière, les tailleurs de pierre et maçons ; et, d'autre part, dans des proportions diverses, des scieurs de long, des menuisiers, des tonne* liers, des forgerons, des fondeurs et mécaniciens, des serruriers, chaudronniers, ferblantiers, etc., d'où Ton voit que la division du travail dont, en principe, on ne

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peut mévïonnaitre les avantages, a reçu, dans tes ports, une exiensîon qui ne serait pas à l'abri d'une juste critique, [^oij. Ports.)

Le nombre total des ouvriers est de 14,000 ou environ, dont 10,900 pour les directions des constructions navales et des mouvennens du port, 1.100 pour les directions de l'artillerie, et 2 000 pour celles des travaux hydrauliques.

Sur les 10,900 ouvriers employés aux constructions navales et aux niouvemens du port, on compte en nombres ronds, 2,900 charpentiers et mâteurs, 900cairats, 700 perceurs, 400 scieurs de long, 400 menuisiers, 460 poulieurs, tonneliers et autres ouvriers à bois, Ô60 cordiers, 300 voiliers, et 1,300 ouvriers de professions diverses; puis 2,500 ouvriers à fer ou autres métaux, dont 800 mécaniciens et fondeurs, 1,000 forgerons, 300 serruriers , et 400 autres ouvriers à métaux.

A la suite de ce détail, qui a pour objet de donner un aperçu de l'importance des travaux de conslructioo^ une première remarque à faire est celle- do Tinsuffi^Ance relative du nombre d'ouvriers à métaux, de celui, no« tammcnt, des ouvriers, tant mécaniciens et fondeurs que forgerons et serruriers ; car il ne s'opère presquQ pas un seul armement, même d'une faible importance, sans qu'il éprouve des lenteurs désespérantes du fait des ateliers à métaux*

Si l'on recherche les causes d'un état de choses aussi fâcheux, on reconnaît de suite qu'il provient de ce que les ouvriers charpentiers, calfats, perceurs et voiliers, appartenant à Tinscription maritime, sont censi^s levés pour le service des arsenaux, comme les matelots pour le service de la flotte; de sorte que, dans le caB de travaux urgens, les commissaires des classes peuvent, d'après l'ordre des préfets maritfmes, lever, sur les chantiers du comfnerce, les ouvriers de ces mêmes professions, tandis que toutes les autres professions sont libres, .qu'aucun engagement n'oblige Fouvrier mécanicien, fondeur, forgeron ou serrurier, à rester dans son atelier, si son intérêt le porte à aller travailler ailleurs. Or, cet intérêt est vivement sollicité par la concurrence des usines particulières, où, à peine formés dans les ateliers de nos arsenaux, les ouvriers de ces professions sont certains d'être accueillis et de recevoir un salaire plus élevé que celui dont la marine, à raison du nombre d'ouvriers qu'elle emploie, peut consentir rallocation; nous rappellerons tout-à-Theure le plus sûr remède qu'appelle une insuffisance qu'il est urgent de faire cesser^

Nous venons d'élablirque le chiffre total desouTriers des diverses professions qui dépendent des directions des conslruclions navales et des mouvemens du port, est de 10.100 à 1 LCOO environ. Ce nombre est réparti ai isi qu il suil :

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. A Brest 3,500

Toulon 3,200

Rocbefort 1,100

Loricnt.. , 1,300

Cherbourg 1,S00

Saint-Servan 300

tûdret 300

Ensemble 10,900

A quoi ajoutant :

Us ouvrier, d'artillerie. ^Si'ST.l Z] >'«' Ceux des travaux hydrauliques 2,000

On a reffeclif ci-dessus, de 14,000 ouvriers.

Ce qui ressort de la répartition, par port, des 10,900 puvrlers des constructions navales et des mouyemensy c'est, relativement aux ports de Brest et de TouIod. que les quantités d'ouvriers s'y trouvent réunies en proportion inverse de l'importance des travaux, et surtout de l'activité des armemens. Mais Torganisation du personnel que nous examinons n'est pas susceptible de se prêter aut exigences variables des opérations dans les différons ports, et c'est un nouvel inconvénient auquel nous allons bientôt indiquer le moyen de remédier.

Maintenant, parmi ces mêmes ouvriers, n'en est-il pas un certain nombre que leur âge ou leur défaut d'aptituderôndent peu propres à rendre de bons services ; ne résulle-t-il pas quelque àtlus de la facilité avec laquelle on admet des apprentis stir les chantiers et dans les ateliers?

L'affirmative n'est pas douteuse sur l'une et l'autre question, encore bien, quant à la première, que Von ait exagéré le nombre des ouvriers et de matelots des classes, auxquels'on conserve leur salaire josqu'aa moment où ils acquièrent le droit à une demi-solde sur la caisse des invalides de la marine; mais c'est encore ce qu'il est possible de réformer en ce qui concerne les ouvriers, du moins, ainsi que nous le développons ciaprès.

Relativement aux apprentis, rarement utiles en effet, ce qu'il y a â regretter, c'est moins leur salaire qui vient en supplément à celui que leurs pères gagnent par un travail réel et généralement peu rétiibué, que la valeur des matières qu'ils gaspillent en essayant de la mettre en œuvre, et que la perte d'une source d'accroissement pour l'inscription maritime, en ce que ces enfans d'ouvriers seraient forcés de se livrer à la navigation, s'ils ne trouvaient asile dans les arsenaux.

Il résulte de tout ce qui précède; par rapport, particulièrement, aux ouvriers dépendant des directions des constructions Tiavales :

1*" Que la marine ne peut, sans provoquer des plaintes, pourvoir aux besoins d'un port, en ouvriers, en y

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employant Texcédant qui se manifeste dans un aatre port;

2o Qu'elle ne peut se procurer^ et qu'elle ne peut surtout conserYçr que très difficilement, les ouyriers à fer ou autres métaux, dont elle aurait besoin pour ses ateliers ;

3** Qu'elle n'est pas libre, à peine d'exciter beaucoup de plaintes» de transporter d'un arsenal où elle a trop d'ouvriers, dans un autre arsenal où ces ouvriers manquent» des hommes chargés de familles et qu'ils ne pourraient, en effet, abandonner;

4° Qu'elle est souvent contrainte à garder, et à payer par commisération, un certain nombre d'ouvriers, que l'âge rend incapables de rendre de bons services ;

5^ Qu'elle se trouve forcée, par le m^me motif, d'adnoiettre des enfans d'ouvriers, sans nécessité, et avec la surcharge provenant d'une perte notable de ma« tières;

Et nous sommes ainsi conduits à faire observer que ces considérations concourent, avec celles que nous avons développées {Fdy. Institution), à rendre encore plus évidente l'urgence, déjà bien établie, du rétablissement des compagnies d'ouvriers militaires, cette mesure em« brassant, dans les avantages que nous avons exposés, celui de remédier aux divers inconvéniens qui viennent d'être décrits.

Se recruter facilement, soit par des enrMemens votaires ((p'il faudrait favoriser, parce qu'ils se feraient principalement parmi les jeUnes ouvriers des ports), soit par les moyens ordinaires du recrutement de l'armée;

Se composer d'ouvriers dés diverses professions, y compris celles de forgerons, etc., dont noua avons parlé f engagés pour un temps déterminé, et sur lesquels, conséquémment, on pourrait toujours compter, tout en conservant le droit de les renvoyer dans leurs foyers, si, par quelque motif que

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