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PASSAGEit, s« m. Individu qui paiso d*UD Heu à un autre 4ur un bâtiment, sans faire partie de Téquipage.
PASSE. Sn f. Passage étroit entre deux terres, deux écueils, deux bancs de sable» où les bàtimens peuvent passer. — Dans une épissure, on nomme passe, le bout du toron décommis, qui passe sous un autre toron corn*
mis. La passe d'un cordage est le tour quil fait sur
une poulie, autour d'un point d*appui, dans un nœud ou dans un amarrage quelconque,
PASSE-AVANT, f. m. Planclier partiel établi de chaque côté d*un bâtiment, à la hauteur et dans Tintervalle de ses deux gaillards, pour les faire communia-
quer et recouvrir la batterie immédiatement inférieure. •—Dans les nouvelles constructions des vaisseaux et frégates, le pont supérieur étant de plein-pied^ les passe-avant font partie de ce pont.
PASSE-PORT, s. m. Permission donnée par FEUt à on bâtiment de commerce, de faire un voyage déterminé.
. PASSER, V. n. Quand on grée un bâtiment, on paise ses manœuvres dans les clans des poulies, etc.-^-» Une manœuvre est bien passée, lorsqu'elle vient â son appel; elle est passée à contre, lorsqu'elle reçoit une direction contraire à celle qu'elle doit avoir. — Un M» timent paue an vent ou sous le vent d'un autre, lorsque
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Ib note dv pvesûer eroiae oelle 4a leooDd» daiw m peint qnt est m Tent <m «oot le Yoit de œlttHci* — Un JMthsieBt pasae aws la povpe i» «ods le l>eaiipr6 d'an «glre bâ^noent, kcftyi'il pane derriàra eu devant ; il INEtte à jmipe, lovaqu'il ee range sens la poupe de ee MCnenty soit foor communiquer «toc lui, aoit pour le .cuDooner. — Pmae dumonde sur le bord ! eat un oom- •Buadement à quelques bommes de Téquipa^ de se nnger delKNit sur les edtés des taquets d'échellest pcmr aider des personnes gndées qui monient d'une embarcalioD sur le bâtimeot, ou qui deacendenl du pont dans «ne embareatioo. — Passer la teurn^ire, c'est Télonjer des deux cfttés <}« pont, le double passant sur l'avant •du màt de nûsaîne, après qu'un des bouts a été garni «u cabestan, el que les deux boifts on t été réunis ensemble. — Passer par dessus le bord* c'e^t lonaber d'un bâtiment dans la mer. — Une année navale passe d'un <ffdredan8tto autre, lorsque, après avoir été rangée suivant une eomboBBison, elle se range suvant une autre^
PASS£RESS£^ s. f. Petits eevdages servant de «npplément aux cargues de Tartimon et d'autres voiles, fionr bien seirer la iroile quand le vent est frais.
PASTÉGUfi» s. /. Nom que les matelots de k Méditerranée donnent auxgalœbes* (foyeemcft.)
PASSE-VOGUE , $. f. Terme de la MédîAenrMéa; c'est nager en double, faire sur les avvons tonte la force possible.
PASSE- VOLANT , f . m« On donne ce nom à des canons en bais, dsnt on garnit les sabords d'uo bétimeBt pour simuler un batterie.
PATAGHE, £. f. BAtimeait consacré, sur les riviè- TCS, au service de la douane.
PAT ARAS, s. m* Grelin qu'on emploie comme banban supplémentaîre; Lorsqu'on redoute un ooupde vent ou qu'on a de vieux haubans, on ajoute deapÉtaras aux baubans des bas-mâts ; ordioainement trois de chaque bord, et on leur donne une forte teesion. -^Lorsqu'on abat un bâtiment en carène, un étaye ses mâts avec des pataras dits deearène. Us sont aigoilietés en dessous des jottereaux, d'où ils descendeat pour «être ridés dans des sabords, du bord qui est éventé.
PATARAS , s. m. Gros coin de fer dont se aer* vent les calfats, pour caHater les bâtimens.
PATARASHËR» v. a. C'est enfoncer les étoupes dans les coutures d'un bâtiment avec le pataras*
PATEr^TE DE SANTE. (Fûy. QoARAimanB.)
PATINS, s. m, {Foy. ApovûEEjttix.ï
PATHAR . «. m. Sorte de paquebot indien à un seul mât, qui grée une grande voile â antenne et ttois
focs.
PATRON , s. ». Les marins qui commandent pour le petit cabotage portent le titre de maître on palron. —Sur les bâtimens de l'Elut, les oifieieBS maanieiu
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ehwgés particulièrement de conduire la ehaIou|^ et les canots sont patrons de chaloupe, patrons de canot»
PATTE , s. f. Les pattes d'an(»res sont les plaquea de fer triangulaires» qui sont soudées à plat sur les basa (Fey. Ancse). -^t>n nomme patte-d'oie la figure que lormebt trois câbles appelant ensemble de trois aneres» qu'un vent violent a forcé de mouiller. — Les pattes de boulines et de ris sont des bouts de filin épimés par lasvoiliera, sur les ralingues de céié des voiles carréaa pov recevoir les branchés de bouline et les palanquins. — La garniture en ter que porte un anspect â son gros bout porte le nom de patte d*anspect.--Il y a des pattes en Sar, sortes de crocs qu'on place au bout d'un élingos pour charger ou décharger des fotaiOes. -^On nomme assemblage à patte de loup, l'assendikge de deux pièces de bois appliquées J%ue sur l'autre, et se pénétrant par des adents saillans et rentraoe.
PAUME , f . f. Ce mot exprime la forme quadrangulaire qu'oit donne au bout d'tnè pièce, qui entre dans la compoaiyon d'un lùât d'assemblage, ~Ën général, toutes les pièces qu'on accole les unes aux autres eu qui sont sur-ajoutées à la mèche sent terminées en paume, afin qu'elles ne puissent se s^rer.
PAUMER, v.a. Setouer âia main. Ëxpresaieii du Xevant.
PAUMELUS ^ t. f. Lanière de cuir eu de drap, ûciA les oerdiers et les voiliers se garnissent la paume de la main pour travailler.
PAUMOYEB, i;. a. C'est faire passer une chaloupe ou grand canot sous le câUe d'une ancre mouii» lée^.de manière â faire courir ce câble sur le davier ^e l'embarcation, depuis la gutbre jusqu'à être' â pic sur l'ancre. Cette opération a pouir but de visiter le câble, le nettoyer et le fourrer, s*il y a lieu.
PAUSE-, s. f. Embarcation en usage à Archange).^
PAVILLON, s. m. C'est le nom de renseigne spé* ctale â la marine , comme pour l'armée de ferre, le drapeau est l'enseigne de l'infanterie, l'étendard celle de la cavalerie. Il s'ensuit que chaque puissance maritiuiç a son pavillon national d'une couleur distincte, et autrefois il y avait même autant de pavillons que de vJHes maritimes, indépendamment des pavillons des États dont ces vriies faisaient partie. Toutefois, les bâtimens de guerre ont toujours eu, en général^ un pavillon que les navires de commerce ne pouvaient porter. Maintenant^ en France, c'est la flamme, longue bande d'étamine, cotipée en pointe, dont la largeur â la tète a ie cinquième environ de la longueur totale qui, étant arborée au grand mât, désigne plus particulièrement un bâtiment de guerre, il en est de même de la eomette et du guidon; cette dernière sorte d'enseigne, toujours de la couleur du pavillon national, est la mar» que diatmctive que porte â la tôte du grand mât, en
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place de la flamme, le capitaine dé yaigaean commandant ane division de bAtimens de guerre ( trois au moins) ; Ta cornette, remplaçant pareillement la flamme, est la marque distînctive du capitaine de corvette ou du lieutenant de vaisseau commandant une division de trois hàtimens de guerre et au dessus. La différence enire ces deux marques distinctives de commandement, qui ont Fune et fautre, en longueur ou battant, les deux tiers de leur hauteur on guindant, consiste en ce que le guidon se hisse le long de la flèche du grand mftt de perroquet, tandis que la cornette est, comme la flamme, enverguée sur un petit bâton, de manière à ce qu'elle ne soit tenue à la tète de ce môme mflt que par sa drisse, lorsqu'elle se déploie. Au surplus, la cornette est, comme le guidon, découpée à Textrémilé de son battant, de manière à présenter* deux pointes, au lieu que la flamme n'en a^iù'une.
Quant aux pavillons on marques distinctives, soit de nationalité, soit de commandement^ ^ 7 a » pour les premières, le grand et le moyenpavillon de poupe, puis le pavillon de beaupré. Le grand pavillon de ^oupe a, communément, de longueur ou èattant^ le bau ou la plus grande largeur da bâtiment , et de hauteur ou guindant, les deux tiers de ce bau ; on donne, commu» nément aussi, le tiera de ces dimensions au moyen paviDon de poupe, et le quart au pavillon de beaupré.
Les pavillons de commandement .ou d'amiraux, dits, déplus, de distinction, ou encore (quoique iropropremest) carrés, ont ordinairement 3 mètres 20 centimeittB de batlant sur 2 mètres 40 centimètres de guindant. Les grades des officiers généraux, commandant, soit en armée ou en encadre, soit en division, sont marqués comme suit : l'amiral, commandant en chef une armée, arbore son pavillon à la tète du grand mât ; le vice-amiral, sous ses ordre», ou commandant une escadre, à la lète du mât de misaine; le contre-amiral, dans ces deux mêmes circonstances» à la tète du mai d'artimon. ,
Relativement aux pavillons de poupe et de beaupré» on les hissait autrefois, le long de mâts de pavillon placés, tant sur le couronnement qu'entre les violons du beaupré [Voy. Mkt). Les mâts de pavillon n'ont été conservés qu'à un certain nombre de petits bâtimens et aux embarcations ; à bord des vaisseaux, fr^^ates, etc., de tous les bâtimens qui ont une brigantine, l'on hisse le pavillon de poupe i la corne d'artimon, et le pavillon de beaupré le long de Tétai du petit mât d'hune, ce dernier pavillon ne se hissant, communément, qu'au mouillage.
£n ce qui concerne les marques distinctives que por* tant les canots montés par des officiera généraux et of« ficiers supérieur^ ^ seulement^ le canot monté par un capitaine de corvette porte le pavillon de poupe hissé
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â son mât de pavillon, mais non déployé ; pour on pitaine de vaisseau, le battant du même pavillon est déployé; pour un contre-amiral, indépendamment .da pavillon de poupe déployé, le canot porte â nn mât fix6 surTavant, un pavillon de distinction, qui est le paTilloo national, orné, au milieu , de deux étoiles; ce même pavillon est orné de trois étoiles, pour le vice-amînl, et des deul bâtons de maréchal de France, pour ramiral ; tons les canots des bâtimens de guerre, en général, portent la flamme au grand mât.
r^ous ferons connaître quelques autres dispositioiis des règlemens qui se rapportent aux pavillons, cooaidérés comme marques distinctives, soit de commandement, soit de grades {Vay. Rbncontre); et nous donnons {pi. XVII et XYIII) les formes des pavillons des diverses puissances maritimes.
Mettre un pavillon en berne, c'est plier sa gaine on certain nombre de fois sur elle-même, de telle aorte que sa queue soit seule dtferlée. A bord des bâtimens de guerre, on met te pavillon en berne dans les cérémonies funèbres qui s'y accomplissent; pour les mêmes circonstances, les pavillons de distinctions sont hissés â mi-mât. Le pavillon en berne est encore adq)té comme signal de détresse, surtout lorsque ce signal est appuyé d'un coup de canon.
Dans un autre cercle.de vues, les pavillons, formant diverses séries, servent d'alphabet commun aux bâti» mena d'une même nation, pour se transmettre réciproquement des questions et les réponses, ou pour, de la part des commandans, donner- des ordres, diriger des évolutions,. etc. (^ojy. Sisnaux.)
PAVOIS , s. m. Bande de gros drap qu'ont» sur les fronteaux, les hunes, et les cAtés extérieur d'un bâtiment pour lui servir d'ornement dans certains jours de fête.
PAVOISER , V. a. Orner un bâtiment, en le couvrant de ses pavois et en déployant un grand nombr» de pavillons de toute couleur dans sa .mâture. — . Aujourd'hui, on ne se tort plus de pavois, et le pavoiaement se fait seulement avec des pavillons, guidons et flammes, hissés aux têtes des mâts, au bout des vergués et dans les distances intermédiaires.
PAIE , s. f. Solde d'un matelot.
PATER , V. n. Une pièce de bois paie pour une autre, dans un assemblage, lorsqu'elle a en plus, dans ses dimensions, ce qui manque â l'autre pi^ce.
PA YOL , g. m. Plancher du fond de la chambre d'une embarcation*
PÊCHE , s, f. Action de pêcher le poisson, en général; mais c'est de la pêche maritime seulement, que nous avons â traiter^ ainsi qu'il est â peine besoin d'en faire, en commençant, la remarque. Considérée comme la branche hi plus importante de la navigation, comme
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I^Ddustrie la plus féconde eo résulUto pour la force yîye de rioseriplion maritime , comme formant , le plus promptementy et , à la fois, le plas économiquement,* ûe$ matelots robustes, actifs^ endurcis aux fatigues, liabitués aux dangers de la mer, la pèche maritime, cette école, cette pépinière de la flotte, devait, à tous oea titres, être dans notre ouvrage le sujet de quelques développemeos.
Nous rappellerons, en premier lieu, que la pèche maritime (dont nous séparons la pèche faite sur le littoral, quoiqu'elle ne soit pas sans intérêt aux points de vue qui précèdent) comprend trois grandes pèches distinctes : celle de la morue, celle de la baleine et celle du cachaloU La pèche de la morue qui occupe annuellement, tant par elle-même que par les bâtimens qu'elle emploie, un personnel de plus de 12,000 matelots et novices, représentant près du quart des ressources effectives de rinscription maritime, mérite de fixer, la première, notre attention.
Cette pèche se pratique, <iomme on le sait, sur les côtes de nie de Terre-Neuve, à Saiqt-Pierre et Miquelon, et sur le grand banc de Terre-Neuve; elle se pratique, en outre^ dans la mer d'Islande et sur le Dogger-Banck.
L'île de Terre-Neuve était autrefois une possession • : < elle a passé, ainsi que plusieurs autres de nos colonie», dans les mains des Anglais ; ils ont formé sur sa côte méridionale d'innombrables établissemens permanens de pêcheries; fis s*y sont réservé un droit exclusif de pêche. Cette partie de Tile est, d'ailleurs, la plus poissonneuse et la seule fertile. Le climat y est doux, et se prête merveilleusement à la sécherie du poisson ; la presque totalité des populations de l'île en^ tière s'y est transportée ; c'est le marché le plus actif, le plus abondant, et le plus profitable de la morue (1).
La côte septentrionale de l'île, sur laquelle le traité de cession, souscrit avec les Anglais, a réservé à la France .un droit de pêche temporaire, est, au contraire, inculte, sauvage; les eaux qdi baignent cette côte sont beaucoup moins poissonneuses; les habitans y sont pauvres et peu nombreux; et, comme la faculté accordée aux navires français ne s'étend pas an delà de quatre mois de Tannée; comme nous ne pouvons y posséder aucun établissement fixe, aucune habitation permanente, aucun entrepôt, aucun appareil de'sécherie dont la durée dépasse celle de notre usufruit de pèche, il en résulte que nous sommes obligés d'y transporter, tous les ans, nos approvisionnemens de sel, nos moyens d'installation de sécherie, et tout le personnel nécessaire, tiant pour ce dernier travail que pour la pèche même.
(i) Voy. l'Eipo» é des motih présentés à la chambr e des députés ^e 19 avrU 1$41 , par M. le m inistre du commerce.
Les conséquences de pareilles conditions sont faciles à apprécier, et elles se reproduisent, quoique à un moindre degré, dans les purages sud de Terre-Neuve, où possédant encore les deux îlots de Saint-Pierre et de Miquelon, nous pouvons exercer plus librement le droit de pèche. Le climat de ces deux petites possessions est plus favorable, sans doute, k la sécherie du poisson, que celui de la côte nord-est de Terre-Neuve; la mer y est moins dure et plus poissonneuse; mais» en raison de leur minime étendue, de la stérilité de leur sol et du petit nombre de leurs habitans, elles sont loin d'offrir des ayantages comparables à ceux de la possession de la côte méridionale de Terre-Neuve. Ces avantages > si multipliés, et si importans pour les Anglais, font, en définitive, que les produits de leur pêche sont, à la fois^ préférés, plus abondans, et surtout moins coûceux. De là la nécessité des encouragemens dont nous parlerons* bientôt, é laide desquels la pêche de la morue par bAtimens français a pu se développer et se maintenir, selon que cette pèche a excité la sollicitude des divers gouvernemens qui se sont succédé. C'est, d'ailieura, celle qui occupe le plus grand nombre de navires, comme le plus grand nombre d'hommes ; voici comment elle s'effectue :
On y emploie des bâtimens de toute grandeur, depuis 80 jusqu'à 350 tonneaux. Lorsque le navire est arrivé à la côte, vers les preçiiers jours de juin, on le désarma et l'équipage vient s'établir à terre, avec ses provisions* ustensiles de pêche, etc., dans des cabanes en bois, construites sur le littoral, et que chaque année, après les ravagés de l'hiver, il faut remettre en état de recevoir leurs habitans.
De la côte, les embarcations sont expédiées tous les matins à la pèche; chaque embarcation est montée par deux hommes et un novice, qui pèche à la ligne, et elles ne rentrent que vers- le soir ; chaque navire arme, en outre, un ou plusieurs ^ateauo; de seine, qui sont montés par dix hommes, et se servent de la seine, lorsque la morue est abondante.
Au retour dés embarcations et bateaux, le poisson est tranché, salé et mis en pile; après plusieurs jours de se/, les novices et les mdUsses le font sécher sur les bancs de galets, et lorsqu'il est parvenu à un degré de dessiccation suffisant, on le rentre.
Les pêcheurs quittent la côte à la fin de septembre, la plupart pour revenir en France, quelques uns pour aller porter des cargaisons de morue aux Antilles ; au moment du départ, les cabanes etéchafauds de sécherie sont abandonnés (1).
(1) Le poisson que Ton prend à la c6te est petit ; on le désigne dans le commerce sous le nom de poisson de la côte ou pefif fùiêêon; Il pèse moins d'un kilogramme.
On cMi{oît qae lés différentes opérations» dont nous ^nons de donner on aperçn, nécessitent remploi d*un fiés grand nombre d'indiïidns; mais tons ne sont pu matelots, et, k l'exception des hommes qu'exigent la ma« nmnvre dn bâtiment et la pèche dans ks embarcations, les antres kiTréSy à terre, anx travaux matériels de la préparation dn ponsoo,neTODt qu'accidenteUemeatàla pèche et n'acqnièreot cooaéquemment qu'une moindre pratique dn métier de la mer* C'est le début des mousses et des novices; un premier voyage les signale à l'in* scription maritime; la seconde campagne attache définitivement les novkes an service de la marine* Le nombre de ces appreotis-matelots embarqués, chaque année, pour la pèche de la côte de Terre-Neuve est, comme nous l'exposerons bientôt, extrêmement couatdérahie, et le gouvernement ne saurait trop faire en vue de l'accroître le plus qu'il est possible. C'est pourquoi les navires expédiés à cette destination doivent embarquer vingt hommes, an moins, d'équipage, s'Us jaugent moins de 118 tonneaux; trente hommes, de 118 à 137 tonneaux, et cinquante hommes, à 183 tonneaux et an dessus*
Telle est la première condition des encouragemens ou primes, qui sont de deux espèces : les unes portent sur l'armement, et sont accordées à raison du nombre des hommes embarqués, lelon les règles qui précèdent; les antres sont attribuées anx produits de la pèche, loni- ^'ils ont été introduits, soit dans les colonies françaises, soit en Espagne et en Portugal, soit enfin dans les Etats étrangers sur les côtes de la Méditerranée. Ces dernières primes constituent le véritable encouragement de la pèche, en favorisant l'écoulement de toute la partie de ses produits qui ne trouve pu son placement dans la consommation intérieure. Sans Tallocation des mêmes primes, lemarohé des colonies françaises serait envahi par la morue américaine (qui nous a kng-temps disputé ce miirché, malgré les primés), et rEspagne, le Portugal, le Levant seraient complètement fermés à nos importations, en sorte que les primes pour les produits sont la conséquence obligée des primes à Tarmement. Ce qui a été et sera toujours d'un intérêt de premier ordre,' dans la fixation des primes de toute catégorie, c'est que les encouragemens et les faveurs se combinent, ou se proportionnent, selon le degré d'influence ou d'action qu'ils seront susceptibles d'exercer sur le recrutement du personnel de la flotte. Les primes d'armement s'élèvent ou décroissent, selon les lieux où la pèche s'effectue» selon les conditions dans lesquelles elle se pratique, et, de même, les primes sur les produits suivent un mouvement ascensionnel ou décroissant, selon Pétat des marchés de consommation , dont il faut, à notre point de vue maritime, que la France acquière et conserve, soit le monopole exclusif,
sur les points où cela est possible^ soit rapproviai ment partiel, sur ceux où la concurrence est inévitable*
Noms avons fait connaître comment la pêche a*effse» tne jnr la côte de Terre-Nenve, il nous reste à njonlA que la moyenne des navirea, armés, ponr cette tien, de 1836 à 1810, a été de 14GbâUmens, 22,282 tonneaux et montés par 26,401 hommes dV psge ; ce qui donne un nombre de plus de 28 par 100 tonneanx».
La pêche qui se pratique à SainWPierre et à Miqwe Ion présente beaucoup d'analogie avec la pteoiièra; elle se fait avec des bateaux plats appelés warjfê, en avec des pirogues. Ces embarcations, an nombre de 2 à 300» vont à la voile et è l'aviron ; chacune est naonlèe par deux hommes ; elles sortent le matin et rentrent le soir. Les produits qui consistent en petits poîssona, préparés etséchés comme h la côte ; la pèchecomi au mois dfavril et se prolonge jusque vers le inilien d'octobre; elle est généralement aesea abondante et donne du petit poisson comme à la côte de Terre- Neuve.
Mais les conditions dans lesquelles cette n^êmè pdche, beaucoup moin^ importante que la première, n lieii^ sont (toujours à notre point de vue maritime) Csrt différentes, en ce qu'elle s'exerce presque en totalité, soit par la population sédentaire des deux ilôts» soit par un certain nombre, tant de pêcheurs, dits h]fvernan&, ^fim de passagers pêcheurs venus de France, et qui passent, ceux-ci une campagne, les autres une ou plusieurs années dans la colonie»
Au 1*^ janvier 1839, la population sédentaire comprenait 1,013 habitans, dont 581 à Saint-Pierre et 432 à Miquelon ; 529 appartenant au sexe masculin, 484 an sexe féminin. Sur ces 1,013 habitans, 4 à 500 individ» vont à la pêche ; 5 f 600 se livrent, à terre, i la pré» patation du poisson.
A la même époque, le nombre des pêcheurs hy vernans était de 469; 410 étaient fixés à Saint-Pierre ei 59 seulement à Miquelon»
Quant aux passagers pêcheurs qui, chaque année, ai^ rivent de France pour le temps de la pêche et repartent à la fin de la campagne, leur nombre varie de 3 à 400.
Les pêcheurs hy vernans et les passsgera pêcheurs, qui sont siisceptibles d'appartenir, à titre provisoire on définitif, à l'inscription maritime, tandis .que les pêcheurs sédentaires y échappent, comme colons, prei^ nent passage, en France, sur les bâtimens censés armés pour la pêche ; l'arnuteur leur fournit les vivres, les provisions et v^tensiles de pêche, et il reçoit, en paie> ment, le produit de la pêche à un prix déterminé d'avance.
JNous disons que ces bâtimens sont censés armés ponr Ja pêche; et, en effet, tons' les ans, un certain nomb»
wÈa
de navires «ont aîoei déclarés et expédiés à Saint* Pierre et Miquelon: mais aueon n'y bit réellement la pêche; tons y arrivent chargés de sel et d'approviâon- MiBeni qu'ils dépesent A lenre» avec leurs passagers pécheurs, «t Us repartant immédiatonaent, soit pour aller f«ire la pèche sur le grand banc de Terre-Neuve» doAt MNiB parlerons toul-M'henre» soU pour porter aux AnUiles un chargement de morues, soit pour revenir en Fraoee avec les produits de la pèche d*wi ou plnsieurs navires pécheurs.
Ces anneneossont, au surplus, trèsreslreînts, puis- ^'en 1339 ils ont été bornés à 18 navires j dont la plu* ]Mfft avalent moins de 12 honuses d'équipage, et les détails dans lesquels nous venons d'entrer, prouvent i^ le but de la prime à. rarmeinent, celui de former le plus grand noo^bre de matelots qu'il est possible, n'est pas Ulteifit, pour la péché à Saint-Pierre et Miquelon ^ car, on Tarmement a pour objet une opération réelle de pèche avec sécberié, et^ dans ce cas, il doit être soumis, aemme les navires qui pèchent à la côte de Terre» Neuve, à la condition du minimum d'équipage nécetf» saire^ou l'expédition se réduit à un simple transport de sel et de morues, et alors l'armateur n'a droit à aucune prime. Nous verrons qu'il a été remédié, depuis, à l'in* convénient signalé*
La pèche sur le grand banc, de Terre-Neuve, avec sécherie aux îles Saint-Pierre et Miquelon ou à la côte de Terre-Neuve, s'effectue avec des navires de 120 à 360 tonneaux, armés de deux chaloupes de 7 mètres de longueur; les départs de France ont lieu du l'^au, 15 mars; le bâtiment du plus faible tonnage doit avoir 30 hommes d'équipage au moins, et 60, si le tonnage excède 188 tonneaux; ces armemens comprennent, tant les hommes nécessaires pour la manceuvre du bâtiment et pour la pèche dans les chaloupes, que les hommes destinés aux travaux de eécherie à terre.
Les navires ainsi expédiés de France pour le grand banc se rendent directement, soit à Saint-Pierre, soit â la côte de Terre-Neuve, et y débarquent les honmies, ainsi que les provisions qu'exige la sécherie â terre; de là ils relèvent pour le banc sur lequel ils vont mouiller par 70 à 80 mètres de fond, afin de s'y livrer à l'opération de la pèche.
A cet effet, les deux chaloupes sont mises à la mer, et, chaque soir, montées de 5 hommes chacune, elles vont tendre les lignes qui sont armées de 4 â 6,000 hameçons. Tous les matins, les lignes sont levées, et le poisson monté à bord est tranché, lavé, salé et déposé dans la cale.
La première pèche terminée, ce qui a lieq du 16 au 30 juin, le produit en est porté à Saint-Pierre ou à la céte, et est séché par les hommes de Téquipage restés à terre, tandis que le navire muni d'un nouvel appro-
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visionnaient de sel et d'appât, retourne faire une se* conde pèche qui est également portée aux sécheries, cm est rapportée «n France â l'état vert, c'est-à-dire salé seulement. Parfois même il effectue uno troisièfflia pèche, dont les produits sont rapportés directement en France dans le même état.
La pèche sur )e grand banc est beaucoup pins dure et beaucoup plus périlleuse que les deux autres; elle exige'des matdots faits et des hommes intrépides; elle se pratique sur une mer sans cesse agitée; les pertes d^hommes et de chaloupes y sont fréquentes ; les pèches à la c6tQ et â Saint-Pierre et Miquelon forment des marins; la pèche au grand banc les aguerrit, et semble* ratt, à ces titres, mériter le plus d'encouragemens.
Mais, indépendamment de cette pèche avec sécherie â terre, en grande partie du moins, il y a la pèche sur le même banc avec salaison â bord, qui s'effectue par des procédés complètement identiques, et dont tous les produits sont ou plutdt devraient être immédiatement rapportés en France à l'état vert; d'où une distinction qu'on avait supposée, comme pouvant être établie d'une manière absolue, entre ces derniers armemens et les premiers. On vient devoir que cette distinction ne s'est point réalisée, quant â la pèche atec sécherie; elle s'est encore moins maintenue, en ce qui concerne les navires déclarés pour la pèche, salaison à bord, lesquels ne se trouvent point astreints, ainsi que le sont les autres, à la condition d'un minimum d'équipage. Un certain nombre de ces navires touchent aussi à Saint-Pierre ou à la côte, y déposent la plus grande partie de leur sel, puis vien*nent pêcher sur le grand banc, d'où ils vont verser à terre le produit de leur première pèche ; ils retournent ensuite au banc, salent le produit de leur seconde pêche, et c'est ce seul produit qu'ils rapportent en vert dans les ports de France ; en sorte qu'ils jouissaient indûment de la grande primfe d'exportation^, attribuée aux bâti^ mens ayant un minimum d'équipage déterminé. Ces faits expliquent qu'en 1840 il y ait eu 128 armemens pour la pèche sur le grand banc, salaison à bord, tandis que le nombre des navires destinés pour la même pèche avec sécheries, qui, en 1836, était de 86, montés par 1 ,086 hommes d'équipage, n'a plus été, en dernier lieu, que de 37 montés par 1 ,346 hommes. Il a, au surplus, été remédié à cet inconvénient, en ne permettant aux navires expédiés pour le grand banc, en général, de porter les produits de leur pèche, soit à Saint-Pierre, soit â la cète, qu'à la condition d'avoir un minimum d'équipage déterminé.
Les pèches qui précèdent s'effectuent du 44* au 52*
degré de latitude ; la pèche, à Islande, s'opère sous une
latitude de 64 et de 66 degrés N., au milieu des glaces
flottantes, sur une mer sans mouillage et toujours tout"
' mentée. A la céte, le navire est désarmé ; au graad
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banc, il est mouillé ; à Islande, î1 ne peut être que soos ▼oiles. Ici, la poche se fait avec des lignes volantes de 100 à 120 bracses de longueur; le poisson pris, au lieu d'être salé en vrac, c'est-à-dire, en grenier, est préparé et salé> puis mis dans des tonnes apportées de France, en bottes.
On emploie» pour cette pèche, des bâtimens de 60 à 80 tonneaux montés par 12 à 15 hommes d'équipage. Les navires partent en avril et rentrent généralement dans le courant du mois de septembre; cependant plusieurs navires, quand ils ont été favorisés pour leur pèche par l'état de la mer et du temps, reviennent en France, dans le mois de juin, et repartent immédiatement pour un second voyage.
Ainsi, les équipages tiennent presque constamment la mer pendant six mois dans des parages où la navi* gation est très périlleuse, et aucune pèche n'est plus propre à former des matelots intrépides ; aucune n'est marquée par des pertes plus fréquentes d'hommes et de bâtimens ; aucune, par conséquent, ne devrait être plus encouragée. De 1837 à 1840, le nombre moyen des navires expédiés pour cette pèche a été de 92, jaugeant 6,771 tonneaux et montés par 1,105 hommes d équipage, sous l'impulsion de la faible prime de 30 francs, qui était bien loin de correspondre aux difficultés pratiques et aux dangers que présente cette rude école de marins, ainsi qu'aux avantages qu'elle serait susceptible de procurer au pays.
Pour compléter ce qui se rapporte, dans notre sujet, aux différentes pèches de la monte, il nous reste à mentionner celle qui se pratiquait au Dogger-Banck, dans la mer du Nord, entre le Danemark et TAngleterre, du 54® au 57" degré de latitude.
Cette pèche, qui n'a jamais été très suivie, est, maintenant, à peu près abandonnée, puisque aucun navire n'a été dirigé sur ces parages depuis 1836. En remarquant l'analogie qu'elle avait avec la précédente, au point de vue maritinie qui nous intéresse spécialement jci, on ne peut que regretter cet abandon, que semble justifier la mesure consistant à maintenir, comme l'a fait la dernière loi, la prime très minime de 15 francs par homme, attribuée à cette pèche, au lieu de quadrupler l'allocation, ainsi que la circonstance le rendait nécessaire.
Nous avons-fait observer plus haut qu'indépendamment des primes accordées pour l'armement, à raison du nombre d'hommes embarqués^ la loi alloue des primes pour l'exportation de la morue soit aux colonies, soit dans les divers autres pays que nous avons indiqué. A défaut de pouvoir aborder ici les longs développemens qui se rapportent aux intérêts de différens ordres engagea dans la question, nous devons nous borner à iap|iel«r I« coniidératioD qui domine ion rxamen ; c'eat
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que les encouragemens accordés par l'Etat n'oot pan pour but de favoriser une spéculation commerciale , mais de développer, de la manière la plus efficace, la formation des matelots nécessaires pour l'armement de la flotte : à ce point de vue, les armemens pour la côle remplissent au plus haut degré la condition dont il s'agit ; cette pèche semble donc devoir être faTorîaée avant toutes les autres, et avec d'autant plus de raison que, si ses produits étaient moins abondans, elle ne trouverait placée dans une position moins avantageune^ qui lui rendrait plus nécessaires les enconragemeaa dn trésor public. Mais la pèche au grand banc, ainsi antrtout que celle qui se pratique à Islande, doivent, pour les motifs que nous venons d'exposer, avoir aussi une trèe large part dans ces encouragemens, et cette dernièan sous le rapport, surtout, de la prime d'exportation dm morues qu'elle verse en France, et qui y sont séchéoi.
On reconnaît que la morue verte provenant dee pèches du grand banc et d'Islande, salée à bord et aéchée en France, présente, par sa bonne préparation et an qualité, les conditionries plus favorables, soit poor k consommation intérieure, soit pour l'exportation; queo outre, die fournit, par le travail des sécheries, une occupation fructueuse à la population de nos ports, et cependant on allègue qu'elle ne peut prétendreaux mémea encouragemens que celle qui a été séchée, sur les lienx même de la pèche par de prétendus marins ou apprentis marins. Nous croyons que Cette dernière considération, appuyée de l'objection que ce ta'est pas la qualité, mais plutôt la quantitéde matelots formésparles pèches, qu'il faut rechercher, ne saurait, sousie point de vw spécial de l'avantage pour la flotte, balancer celle des difficultés et des périls qui accompagnent les pêches en pleine mer^ et, notamment, celle d'Islande (1^.
La prime des réexportations de la morue séchée en France, et provenant de la pèche d'Islande, devrait donc, au même point de vue, être du moins égale à celle des exportations directes de la côte de Terre- Neuve.
Il nous reste à faire remarquer que la pèche d'Islande est la seule qui importe en France les roguet de morues, dont \eé marins des ports de la Bretagne se servent pourla pèchede la sardine ; on sait que larogue n'est autre chose que les œufs de morue convenablement préparés.
L'importation des rogues de pèche française étant tout-i-fait insuffisante ponr les besoins des pêcheurs de sardines, il s'en importe de l'étranger des quantités très considérables, et qui, en 1830, n'ont pas été moindres de 2,200,000 kilogrammes ; la pêche française
(1) Voy. encore VExpcié desmotffi, cité au commenceaMDt de notre article.
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n'en a fourni^ pendant la même année, que 100,000 kilogrammes enYÎroo. La, prime de 20 firanca par quintal roétriqoe à Fimportalion des rogues de pèche française esty d'ailleura, trop faible, pour déterminer les pêcheurs de la côte et du grand banc à s'occuper de la préparation des rogues qu'ils trouvent dans la morue, ainsi que cela serait à souhaiter, en vue d'affranchir le pays du tribut payé à l'étranger.
Pour complément de tout ce qui précède, nous aurions à faire connaître le montant des diverses primes accordées par la l^islation actuelle, comme encouragemens pour U pèche de la morue, et, de plus, à donner quelques détails sur les pèches, tant de la baleine, que du cachalot, auxquelles des primes' sont pareillement allouées ; nous reviendrons sur ce sujet dans un autre article. (Foy. Prime.)
PÉCHER, v. a. Action de prendre du poisson, en général, et au point de vue maritime, but des armemens.împorlans.que Ton effectue dans les ports du commerce, des expéditions que l'on dirigé vers certains parages spéciaux et jusque vers des latitudes très élevées. (Foy. Pêche et Pêcheries.)
PÊCHERIE , s. /. On désigne sous ce nom, en marine, un lieu distinct, sur une côte, dans un détroit, à un attérage, ou sur un point de la mer, que des espèces spéciales de poisson semblent avoir choisi pour leur point de ralliement, et où, par conséquent, la pèche est plus abondante et plus fructueuse. •
A mesure que les nations ont grandi, de nouveaux besoins se sont fait sentir parmi les masses; on a dû chercher de nouvelles ressources pour accroître les moyens d'existence, étendre le domaine de l'industrie^ ouvrir un champ plus vaste au génie de la spéculation. - Or, ce champ, c'est la mer, mine féconde et inta* rissablCy que la nature a dotée de. richesses qui paraissent inépuisables. Les parages poissonneux qui donnent' à nos populations maritimes le pain de chaque jour, ne demandaient qu'à être explorés. Long-temps, toutefois, la pèche a été restreinte au littoral, et la branche de cette- industrie qui s'exploite dans là haute mer, n'a pris d'abord qu'un très lent développement; il lui a fallu le secours des primes et toute la protection. des gouvernemens pour s'élever au rang des grands commerces (1).
Ainsi, ce ne fut que long-temps après la découverte de Terre-Iieuve , nommée Prima Ftsia, k l'époque (1497) où cette île fut reconnue par le vénitien Jean Cabot, que l'on commença à tirer un parti avantageux des ressources que le hasard avait fait rencontrer, sôus celte latitude, et dont plusieurs nations se disputèrent
(1) Rapport fait à la Société de Géographie par M. Savio Berthelot, secrétaire général de cette loelété.
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bientôt le partage. La possession de cette nouvelle contrée que nous nommâmes ensuite Terre-Neuve devait être, pour l'Angleterre, un des principaux fondemens de sa puissance^ et cependant elle ne pensa que cen t ans plus tard à coloniser le pays ; on raconte à ce sujet que le navigateur Hore, qui visita ces parages vers 1636* faillit y périr do disette avec son équipage, quand le poisson pullulait autour de son bâtiment. En 1612, l'île ne comptait encore que 62 colons, et le nombre des navires pécheurs s'élevait au plus à 50. On sait que ce fut Sully qui, sous le règne de Henri lY, favorisa particulièrement la pèche de la morue, en la plaçant aous la protection immédiate du gouvernement. [Foy. Pêche.)
. La France qui s'est vue primer, depuis, par d'autres nations, et notamment par la Grande-Bretagne, dans l'exercice des grandes industries marjJtimes, les a pareillement devancées toutes pour une autre pèche très importante, la pèche de la baleine, quiexige l'emploi des plus intrépides marins. Les Basques s*y livrèrent avec beaucoup de succès vers le milieu du quatorzième siècle» et y employèrent jusqu à 9,000 matelots , le port de Saînl-Jean-de-Lu2 ne compta pas moins de 50 â 60 grands navires baleiniers, jusqu'en 1636, époque â laquelle les Espagnols s'emparèrent de cette place, et capturèrent un grand nombre de bâtimens chargés d'huile de baleine, à leur retour de la pèche au Groènland. Cet événement anéantit la marine basque, dé* truisit l'industrie qui l'avait fait prospérer, et que la France se vit ainsi enlever par lea autres Etats maritimes.
Cependant, en 1784, Louis XVI, voulant la ranimer, fit armer à Dunkerque six navires baleiniers destinés pour les mers du Nord, et cette expédition réussit complètement. En 1790, la France comptait 40 baleiniers ; sous la république et Tempire, le gouvernement se soïh vint, de temps en temps, de l'intérêt qui ^'attache à la même industrie, puis, la restauration s'étant occupée de la favoriser par des primes, plusieurs navires commencèrent à doubler le cap Horn. Depuis 1830, de nouveaux encouragemens loi ont été accordés et ces sacrifices n'ont pas été toot-â-fait sans résultat; lesarmemens qui, en 1817, furent restreints â 4 et n'employèrent que 88 matelots, s'étaient accrus, en 1836, de 58 navires montés par 2,072 hommes d'équipage ; la progression, depuis cette époque, a été bien faible, car le nombre des baleiniers expédiés des ports de France, ne s'est élevé qu'à 62, dont 41 armés au Havre.
L'Angleterre expédie, chaque année, environ 100 navires pour la pèche de la baleine, dans les mers du Nord, et 40 â 50 dans les mers australes; le nombre des bâtimens américains employés pour la même pèche, en 1837,âètéde 240, etFon évaluée plus de 43,000,000