‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 312 sur 370 · QUI · texte numérisé non relu

QUI

L'amiral Willaumez les supprime^ parce qu'elles fatiguent trop les bas-haubans. — On donne aussi le nom de quenouillette aux barres de bois, qui servent à maintenir la distance entre les étais et fSux étais des bas mâts ainsi qu'aux montsns de poupe, qui forment les côtés des fenôtres et des portes percées dans la poupe.

QUENOUILLON, s. in. Etoupe disposée en cordons pour^tre employée au calfatage des bâtiméns.

QUÊTE , s. f. On nomme quête de l'étambot , la quantité dont s'écarte, de llextrémité postérieure de la quille d'un bâtiment, une perpendiculaire abaissée du 6omn»et de l'étambot sur le prolongement de la face in- . férieure de la quille. Plusieurs des bâtiméns de guerre construits de nos jt)ur8, n'ont pas de quôte, leur ëtambot étant perpendiculaire â leur quille.

QUEUE, s. f. Un cordage dont l'extrémité se termine en pointe, se nomme cordag9 en qUeue de rat. Cette pointé facilite son introduction dans la caisse des poulies où il doit passer pour former cette queue ; on décommet le bout des torons de ce cordage dans une certaine longueur, on eoupe plusieurs des fils â distances inégales, et, après cette diminution graduelle, on recouvre l'extréaiité décommise du cordage d'une tressa semblable â celle qu'on forme sur un œillet d'étal. -*- Lï queue d'un bossoir est la partie de sa longueur par laquelle il est fixé sur le gaillard d'avant d'un bâtiment.— Il 7 a des adens â quene d'aronde. {Foy. AnsNTt)

QUILLE , s. f. C'est la pièce de bois qui commence l'édifice d'un bâtiment que l'on construit et qui lui sert de base. A ses extrémités, on élève l'étrave et Tétambot, et sur la face intérieure on la recouvre de la con- ,tre*quille, qui reçoit les entailles dans lesquelles on encastre les varangues des couples; £n outre, sa face inférieure est recouverte de la fausse<^uille» sorte de bordage épais qui la préserve du premier eboc dans les échouages. (Foy. Constructiou.)

QUILLOIR , s. m. Bateau â l'aide duquel on iait tourner sur lui-même un touret ou un dévidoir*

QUIJKÇOXNEAU , $• m. Synonyme de Cabiiut.

RAB

BABAN , s. m. Bouts de cordage de différentes espèces et différentes longueurs, employés à faire divers amarrages. — Les rabansde faix, d'envergure, de têtière servent â attacher par plusieurs points le côté d'une voile

RAB

â la vergue qui doitla porter. — ^Les rabans d'empointure lienî les coins supérieurs d'une voile à sa vergue. — ^Les rabans d'empointure deris, qu'un attache aux pattes de ris, sont employés à rapprocher de la vergue les points

RAB

lAtéraox d'une voile.— Le» raban» de sabordi servent i maintenir fennes les mantelets de «abords. Tous ces

. rabans sont fiits en quarantainier — Un raban de b9maa est un oordage avec lequel on lie un hamac détendu» dans le sens* de sa longueur. — Les rabans de

. volée tiennent ixée eontre la muraille intôrieure d'un bAtiment la volée des cinoos qui sont à la serre. — Les rabans de ferlage sont de larges tresses plates de fil caret, aven lesquels on serre ëiraitemeiit sur une Teigne tous les plis d'une voile retroussée. — Il y a eneore les rabana des barres du cabestan qui, par un gros temps, servent A maintenir les barfes en place lorsqu'elles sont montées, et les rabans de barres du gouvernail avec lesquels on fixe la roue tribord et bâbord . RABANHEA;, v. a. Faire usage de rabans. RABATTUE, s. f. Petites prècpiotes ou ceintures

. formées par des lisses ; elles rasent dans un vaisseau toutes les faces supérienres des sabords de gaillard et de dunette. — On distingue la grande rabattue» qui commence un peu en avant du fronteau de gaillard d'artiàre et s*étend jnsquau couronnement, la rabattue de la dunette qui va du fronteau de la dunette jusqu'au

.même couronnement, et la rabattue de gaillard d'avant.

(F09, CORSTEUCTIOII .)

RABIiUHE , tr. f. Rainure pratiquée tribord et li^ bord de la quille d'un bâtiment et dans toute sa longueur,, pour recevoir Textrémité des bordages qui dotyent couvrir la partie inférieure de la carène. {Foy.

HAVSk^QVESi^v. a. Abraqùer de nouveau. (Foy. Abuaquir.)

RA€A6S , s. m. Sorte de collier formé par plusieurs rangs de pommes et de bigots en bois, enfilés par un cordsgn ncttnmé bâtard. Ce collier est placé autour dfna nsâty en embrassant le milieu de la vergue qu'il poste» de telle sorte qu'elle puisse monter et descendre le long de ce mât sans s'en séparer. Les pommes ro'ndes %i mcritiles facilitent l'ascension et la descente. Dans le racage des huniers, il y a un bigot entre cha.que tour .du eoHier; les rac^gns des^rroquets, plus simples, sont composés seulement de pommes. {Foy. fig* 1, pL VII.)

RACHE , s. f. Trait fait avec une pointe aiguë sur une face d'une pièce de bois, pour indiquer le travail â y faire. — Lie, dépôt du goudron.

RACHER, v. n. Faire une rache sur une pièce d# bois en chantier.

RADE , s. /. Espace de mer, enfermé en partie par des terres, et qui présente aux bâUmen.s un mouillage â l'abri des vents et des lames, qui ont certaines directions. On dislingue les rades closes où on est â l'abri de la mer et des vents, et les rades foraines ou ouvertes, qui ne sont ceintes qu'en partie par des terres plus ou moins élevées et sont battues par i>hjsieur3 vents de mer.

UAL

RAIKIUB» s. m. Réparation plus e^noioin» cawidérable qu'on fait soit à la coque» soit 4 la m&tur«, soit aux voiles d'un bAtimenk. — On dûnne un radoub» un bâtiment est en radoub. [Foy, Refonte.)

RADOUBER, v./i., un bAtiment» te réparer, lra> vailler ison radoub. {Voy. ce mot.)

RAFALE, s. f. Augmentation du vent, subite, vio- . lente et de peu de durée.

RAFIAU, s. m. Petit canot de la Méditerranée, gréant une seule voile latine.

RAFRAICHIR, V. a., des câbles, des nunœovreis, des cordages quelconques altérés par le (roïtemeot, dans ^elques parties de leur longueur, c'est exposer â ce même frottepaént d'autres- parties de ces cordages qui ne sont pas fatiguées. On entend aussi, par ce mol, ebanger la fourrure qui couvre uo câble ou une amane. — Rafraicliir les itagues dès buniers, c'est aussi renouveler leur fourrure, ou changer la partie de ces cordages qui porte dans les poulies, en filant de la drisae d'an bord et en halantsur l'autre. — Rafraîchir Tétaliogure d'un câble, c'est remplacer un,e étalingure usée par une nouvelle.

RAFRAICIUSSEMENS, s. m. Provisions de vivres frais qu'on prend, tant au point de départ qu'aux lieux où on relâche.

RAGRÉAGE , s. m. Opération par laquelle 00 polit avec l'herminet^te la surface extérieure, les bordagest les ponts, etc., d'un bâtiment dont la construqtion est achevée.

RAGRÉER , v. a. Travailler au ragréage.

RAGUER, Vn a. SkRaoucr, v. r. User, s'user par le frottement. — Une mainœuvre raguée est.un cordage endommagé par le frotteqient. Les câbles se raguent, s'usent sur un fond de rochers ou de coraux.

RAISONNER , v. a. Up bâtiment' fsit raisonner un autre bâtiment qu'il rencontre en mer, lorsqu'il le hèle et le fait répondre â diverses questions.

RALINGUE, I. /. €ordage légèrement tors et commis en aussière^ que l'on coud $ur les côtés d'une voile pour la fortifier. On distingue, dans une voile, la ralingue de têtière ou d'envergure, qui borde sa partie supérieure par laquelle elle est lacée avec sa vergue, la ralingue de fond ou de bordure qui est sur le cété inférieur, et les deux ralingues de chute qui bordent les côtés verticaux. — Une voile est en ralingue, lorsque son plan se trouve dans la direction du vent qui souffle. — Un bâtiment met en ralingue ou vient en ralingue» lorsqu'il place ses voiles dans cette position.

RALINGUER , v. a. Coudre une ralingue sur une voile. — Orienter ses voiles de manière â ce que le Vent ne souffle ni dessus ni dedans, que leur plan se trouve dans la direction du vent.

RALLIEMENT, s. m. Action de bâtimens qui,

Aâw

a pitres avoir été «éptiirés, 86 rapprDiefaetit, sê réunisseiit. — ■■- Dans les armées, on emploie des signaux de ralliement, comme pour donner ordre aux bâtimens qui sont éloignas de se rapprocher da corps de Farmée.

RALLIER y V. a., mue armée, tin bâtiment, un porti» me terre» c'ert s'en rapprocher. — Rallier le ^ent, e'est goaTemer au pl« près ponr gagner dam le venu

'RAumi (se), V, r. C'est. se réonir, se rapproclier les uns des antres, qnaod on est en escadre oti en . ar«iée» — Se ralKiar an rent est lamème chose qneraN> lier loTeiitv

HAMBADE , s. f. Sorte de garde-fon ptacé an des^ < 8119 des fronteaux des gaillards ei de la dunette des gmtnds bâtioMtos. On les. n supprimés sar les bAtimeni degnerre.

RAME|«« f. SyniHiTnie d'AnnoN. (^oif. ceviot^} RAMER, v.n. On se sert plus coaimunémeQt du ' mot Na«br. (^oy. ce mot.)

RAMEUR, s. m. Homme qni foit i»gir nn aviron. —On dit mieix noifear ou fianêtinr.

RANG , s. m. Ord^ , disposition sur' une même ligne; puià dignité, degré d'iionnenr, et enfin degré de force ou d'importance, telles «ont lés principales signi* fieations de ce mot ^ c'est la derniéiiB acce^tfo^ que naiis prenons ici^ ^ant à la dassifteation des grands bâti* mens de la flotte, laquelle est réglée d'après leur force en artillerie^

Autrefois, les limites qni réparaient lés claâses.^ ranp des bAtinKnS' de guerre, et ne s'appliquaient, engénéral ^ qu a«x Taissèaut^ n'étaient pas |)arCaiteiiient fixées ; mais aujourd'hui les rangs, non seulement deè yaisseanx^ mais aussi des frégates, sont détermina d'one manière invariable par le m«me.règi«»ent, q«i a gradué ienr foi^ en artillerie de 10 en 10 bonches à feu> à partir du vaisseau de deuxième rang, cemme il suit :

Vaissiaïjx. Fkégates.

Pnmier rang, ISO boucbesàfeu. Premier rang, 60 bouc^esà feu., 2« Id. 100 Id. 2« ïd. 50 » Id.

5« Id. 90 îd. 5- Id. 40 Id.

«• M. 80 ta.

Lêé raisseanï rt frégates construits sur îès âtic*eni phns, qui font encore partie de la Hotte, sont classés; sâtoSr : îes tàisseaùx del20 canons, au prenïièrrâng; leâ vafîsscanr de 90 canons , au troislèofie rang ; les vlfîèlefcùx deSO et 74 canons, au quatrième rang. Le* aù«iennes frégates de 52 canons, portant du 21, ertitprîl pHtce dà^ns \ë dcaaxrème rang des frégates, et celles de 44 canons, portant dû 18, dans le troisième rang. Deptfîs l^-tein)^s, lli flotte ne comprend pins de frégate portiiitd« eànon de 1^ ; cette dasse de bâtimens a été

RAd

remplacée par les corvettes de guerre, à gaillarde, portant 30 bouches à feu. (Fûy. ÀaMEMtWT.)

En année ou en escadre. Tordre de se Tonner par rang de Titesse, est que les yaisseanx se rangent le ptai promptement possible surles divers points d'nnê Itgne de. combat, quel qtie soit le poste ordinaire de tbaq(tté vaisseau.

AAMÎER , V. û. Un bâtiment range tin antre MH^ ment, une côte, un rocher^ quand il passe près d^ifeui sur une Irgne qîii Ijeiur est parallèle. —Il range îi VhdÂ- B&ût un bâtiment, nnè côte, etc., quand il les rangé ' le'plns près possible. — Ranger lèvent, c'est tenir M plus près. ^'Se rangera bord, se ranger à qnâi, se dit d'un bâtiment qui se range côleâcôte d'un antre hi* liment ou auprès d'un qual.'-^Le vent se range dte l'avant oti de l'arrière, quand sa direction vient à ftrirb avecla quille un angle n)Olns ou plus ouvert qn*anpa- ' ravunt. Il se range à l'E., à l'O., etc., quand il ee dnelt à souffler sur cette direction.

BAPIQUER , V. n. Un Mtiment raplqtle an tmly quand il vient au plus près, afin dé s*èlever visrs foH^ gine du vent, après avoir coumlatfne.

RAPPORT, s. m. On donne ce nom )l la tna'SVe d'eau que la tner, danft son flnx, introduit dans un port^ un bassin, etc.

RAPPORTfeR, V. )t. On dit que fa mer rapporté ou a rapporté plei tra motnsi «nivant qu't letle èpei^ son rapport est en a été piM ou moM' considérable.

RAPPROCHER»!^. 11. tln^bâtiftièiit rapprochent vent, quand,' par tin mouvement sur hi4-m€tne, Il vteirt diminuer l'angle d^incidence du vent par ses VeiléS; Qnaâd la dirafDulioft ée Cet angle a lieu toen par réflbt ' d'un mouvement de rotation dtl bâtiment, «ans pat suite d^rni changement dtt v^nt, ds dtt t[M Vb teit rapproche.

RAS, s. m. Un ras detnarée estnn tonilldMieinenl des eaux, unpetit clapotis prodoltdans cerNiinn-eiNlroiti de la fner par la rencontre d'an courant partéevlîer «t d'4tn courant de marée. Près de eertaiueÉ eôtea, H y « des ras de marée très violens.-^On nomme ras ^ carène une espèce de radeau^ en fdrttie de paitMéti^ pipède TOctaiAgle, qui est employé avec avantage #aAt les opérations de radoub et de carénage qiiei^on etècffte set l'ea». Ce radeau à des côtés qui s'ëMvisnt peu M dessus de niveau de là mer, tire très peu d'ea«> et présente une gi-ande surface liOTizoutale.

RAS, ttdj. Bâtinftentras, qui s'élève au deSsmtAeft' mer à pefu de hauteur, comparattvetnent anx bâtimeni dû même ordre. '

RASER , V. a., un vaisseau, c'est diminuer sa li^aïf^ teur au dessus de leau, soit en supprimant sa dunette et ses gaillards, pour l'armer, comme vaisseau d^un rang inférieur ou comme frégate, soit en ne lu! laissant que

BEC

son premier pont, pour en faire un ponton .r-Ilafer on bâUment dans un combal» c'est lui abattre ses mâts.

RATEAU, I. m. Caisse longue « étroite et peu large, qui contient dans plusieurs mortaises des rouets placés à la suite les uns des autres. On attaèhe vertica* lement les râteaux, un de chaque côté du mât de beaupré et sur la liure de ce même mât ; ils serrent au passage des différentes manœuTtes qui descendent de son sommet.

RATELIER, s. m. Planche étroite, traTersée dans divers points de sa largeur et perpendiculairement par des cabillots. Les râteliers sont fixés horizontalement an dessous des bas-haubans d'un bAtiment, et les cabillots serTçnt an tournage de diverses, manœuvres.

RATION. {Foy. Vivres.)

RAYON, s. m. Les taquets de hune reçoivent quelquefois le nom de rayons de hune. (Foy, Taquet.)

RE A, s. m., do poulie ou rouet de poulie. (Foy.

REBOUSSE , s. f. Cheville en fer qui sert de repoussoir, pour faire sortir d'autres chevilles des trous où elles ont été introduites.'

RECETTE , s. /. Ce mot, en langage maritime, exprime l'opération qui consiste à examiner* vérifier, sous le rapport tant de la qualité que de la qusntité, les matières ou les objets qui proviennent, dans les arsenaux, des livraisons faitespar les fournisseurs. Ainsi, procéder A une recette de bois, par exemple, c'est les visiter, c'est s'assurer si les pièces sont saines dans toutes leurs parties d'abord, puis si elles ^nt les dimensionsy l'arc ou la. courbure, et les configurations, en un mot, déterminées par le Tarif {Foy. ce mot), à défaut de quoi, les pièces sont rebutées et restent pour le compte du fournisseur. Opérer une recette de fers en barres, c est, en prenant plusieurs de ces barres, au hasard, parmi celles qui composent uoe livraison, les faire cauer pour juger la nature du fer, et les soumettre ensuite aux épreuves à froid ou à chaud, énoncées dans les Marchés (Foy. ce mot), etc. De même; faire une recette d'objets, sait outils et ustensiles, soit de la catégorie des matériels d'armement, c'est éprouver les outils pour reconnaîtra s'ils sont convenable* ment fabriqués et acérés; c'est examiner les objets, vérifier s'ils sont bien confectionnés, et de plus si, quant à leurs proportions, ils sont conformes aux modèlestypes adoptés ; d'où Ton voit que recette, dans toutes ces drconstances et autres analogues, ne signifie admission, soit totale, soit partielle, qu'après visite et examen, le ri'but d'une livraison entière pouvtint même résulter de toute opérstion de ce genre.

Cest au même point de vue que recevoir des ouvrages, soit de charpente, de menuiserie, de maçonnerie (conotrucUons des vaisseaux ou d'édifices à la mer

BEC

et i terre), soit de forges, de serrurerie, etc., etc.; e*est reconnaître, après examen et mesurage ou pesage, l'espèce, la quantité et la qualité de ces produits de travaux et de fabrication, tant pour régler les prix de main-d'œuvre seulement, que pour déterminer les sommes dues aux entrepreneurs de travaux, main-d'œuvre et fourniture de matières comprises. (Voy, Ouvrage.)

Il résulte de ces premières explications qu en ce qui concerne, et les approvisionnémens de toute nature qui arrivent dans 1^ arsenaux, et les produits des travaux qui s'y exécutent, les opérations de recette sont de la plus haute importance, dans Tintérèt du trésor qui exige qu'il ne soit admis que des matières de toute bonne qualité, qu'il ne soit payé de prix de main-d'œuvre qu'en raison des travaux réellement faits, et dans l'intérêt non moins élevé de la bonne composition de la flotte qui commando que les travaux soient, déplus, bieu exécutés, que les objets d'armement rempUsseni, pour leur ussge , toutes, les conditions de sécurité voulue.

Les modes suivant lesquels l'on procède, dans les ports, aux diverses opérations de recette dont nous venons de parler, présentent-ils les garanties effective» qui sont, comme on le voit, si nécessaires? C'est ce qu'il est essentiel d'examiner.

Or, des personn.es bien initiées aux détails du service des arsenaux prétendent que, dans l'état de choses actuel, les garanties of^r les pour les recettes paraissent, si on les envisage attentivement, insuffisantes, en bonne administration, quant aux matières, presque nulles on purement morales, du moins> quant aux ouvrages. Recherchons jusqu'à quel point ces assertions sont fondées.

C'est, comme on le sait, au système des commissions que, dès le principe, on a eu recours en vue d'assurer la régularité des recettes dont il s'sgit, comme pour obtenir la solution de toute question de quelque intérêt, soit sur des dispositions réglementaires, soit sur des propositions de perfectionnemens. Il n'est d'ailleurs aucun service public dans lequel on use ou l'on abuse autant de ce moyen de sortir d'embarras, que dans le service de la marine. Les commissions sont composées toujours d'un officier de chacun des services du port; mais, comme toute solution rentre dans une spécialité distincte d'art ou de science, soit économiqu^^ soit administrative, il arrive nécessairement que le travail t faire est exclusivement dévolu à l'officier de cette spécialité : la commission , c'est ce . seul membre ; quand il a rédigé son rapport, il le lit, chacun signa sans contradiction possible, la plupart du temps, et tout est dit. Telle ^t la première remarque qui se rapporte au système des commissions en général.

On ajoute que s'il est vrai que là où plusieurs personnes partagent la responsabilité, comme cela résulte

UEO

do même système, auciine ne Tassome réellement, Tinconvénient est plus grave, quant aux commissions qui sont chargées d'opérer* les recettes des matières, et principalement de celles dont I*examen exige une étude particulière, ainsi qu'une longue expérience.

Qu'il soit , par exemple, question de receyoir des bois; comme parmi les recettes, c'est celle qui a le plus, dans les ports, le caractère d'une corvée, elle retient, malgré sa haute importance, aux plus jeunes sous^ingénieurs, et même souvent à des élèves. La commission est donc formée d'un sous-ingénieur, d'un commis de deuxième classe, ou d'un écrivain du magasin général, d*uo autre commis de deuxième classe ou d'un écrivain du contrôle; un contre-maître charpentier mesure les bois» un ou deux ouvriers perceurs sont munis de tarières pour sonder les pièces; une escouade de manœuvres ou de forçats est employée A les retourner sur leurs diverses faces. A Fexception de cas devenus très rares où il s'est trouvé d'anciens commis de marine^ en état d^ juger, après un long séjour dans ce service, de la qualité des bois, c'est le sous-ingénieuf qui prononce l'admission ou le rebut. Sa décision est coosciencieuse^ sans aucun doute, mais peat«elle, à défaut de l'expé^ rience nécessaire, et quelle que soit sa capacité sous d'autres rapports, être 'toujours éclairée?

Il est vrai que le fournisseur, lorsqu'il croit sea intérêts lésés, a le droit d'appeler A une conMnission supérieure du jugement de la commission ordinaire ; il n*use presque jamais de cette faculté, et le motif en est facile A concevoir ; il prévoit, à tort on A raison, que la première décision serait presque inévitablement conCrmée. .

Une autre cause, qui empêche que les- recettes de bois soient faites avec tout le soin nécessaire, provient de la promptitude qu'il faut y apporter danll la saifon d^ arrivages surtout. Pour s'en convaincre, il snffll d'observer que la quantité des bois A recevoir annuellement dans les cinq ports peut s'élever, comme cela avait lieu avant 1828 ( Foy. Martblagb), à 50,000 stères (plus de 150,000 pièces) de bois de cliène, sans comprendre les bois de sap, d*orme, et autres essences, ce^qui donne un minimum dé 30 A. 40,000 pièces par port de premier ordre.

Autrefois les. recettes de bois de construction étaient toujours opérées .par un ingénieur; un sous-ingénieur et un élève y assistaient pour leur instruction ; avant 1828, d'ailleurs, les sou8*ingénieurs passaient un certain nombre d'années dans un service forestier, pour y diriger les martelages et les recettes provisionnelles des bois destinés aux arsenaux ; ces garanties d'expérience acquiâe manquent tout-â-fait aujourd'hui, il faut le reconnahre, pour la meilleure exécution des recettes doot il s'agit ; cela mérite une sérieuse attention et*

rend urgentes lés .mesures propres A y remédier (t).

Relativement aux recettes d'au|res matières, nous avons eu'déJA l'occasion de le faire remarquer {Voy. Matièrss r ddititntsrra/ion dtfs), ce qui manque, en général» dans les arsenaux, c'est un local distinct, séparé du magasin des matières, où tons les moyens d'examen et d*épreuves tels qu'ils sont prévus par les marchés, soient réunis» afin d'obtenir la certitude, quant A la qualité, d'une part, que les matières mises en épreuve sont bien celles présentées par les fournisseurs et non des matières déjA admises, et d'autre part, quant aux quantités, que des &onî, recueillis dans le détail des délivrances, ne sont pas substitués .A une portion des nonvelles fournitures; mats, nous le répétons, cette catégorie d^s recettes laisserait, d'ailleurs, peu à souhaiter, si le ministère était mieux A même (Voy. Organisation) d'exercer l'initiative, élevée qui lui appartient, dans les conflits qui surgissent entre l'administration des poKs et les adjudicataires des marchés.

C'est surtout à Tégard des reconnaissances' ou recettes des^ouvrages exécutés sur les chantiers et dans les ateliers, que les objections faites ont le plus de force. Là, jchaque officier des diverses directions de travaux se trouve A la fois jii^e et partie, puisque c'est lui qui a fait exécuter les ouvrages ; et s'il est vrai^ comme nous l'avons djt {Fay! Matériel : compte d»), au sujet du contrôle à exercer sur la gestion matérielle des chefs detf divers services consommateurs, que, dans les ports, ce sont ces chefs eux-mêmes qui sont appelés A contrôler, en premier ressort^ les travaux exécutés sous leurs ordres, cette condition esseqtielle, il faut le dire, n'est aucunement remplie. ,

Ainsi, aucun examen sérieux, aucune vérification effectîve ne constatent, pour les directeurs des constructions» par exemple, que les plans et devis, d'-exécutioaont été exactenient suivis ; que les confections ont été faites avec les soins nécessaires, suivant les formes et seJon les dimensions {prescrites ; qu'il n'a pas été employé plus de matières» consommé plus d'outils qu'il n'était indispensable d'en employer, d'en consommer ; que tes estimations de valeurs attribuées aux travaux et aux ouvrages non prévus par les tarifs n'ont rien d'exagéré, etc. Aucun contrôle réel, en un mot, sur les opérations de ce genre, non plus que sur celles des autres services n'est exercé; car on ne peut donner ce nom aux quelques visites qu'effectuent, éventuellement, les directeurs des travaux, soit sur les chantiers, soit dans les ateliers placés sous leurs ordres ; le temps nécessaire ne leur est point laissé.

(1) Élargir les cadres des ingénieurs et sotts-ingënieurs ; puis, rétablir le service forestier de la marine, tel qu'il était coDsUtdé en 1827, telles sont les principales disposiitons recommandées encore à d'autres titres, {f^oy* Martslags et Pia*Oi(}kil.)

Page 1