‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 62 sur 370 · MATURE · texte numérisé non relu

MATURE

Les vaisseaux, frégates et oorvettes ont trois mata. Nous avons fait connaître leur gréement dans l'article AGHÈs. H ne nous reste donc à nous occuper que des bâtimens inférieurs.

i9rtc/(.— Navire àdeux mâts. Son grand mât est incliné sur l'arrière et son mât de misaine un peu sur l'avant. Les vergues de l'un et de l'autre ont les mêmes dimensions . La corne de la br igantine s'appuie sur le grand mât

Goélette. — Ce bâtiment a deux mâts sans hunes inclih nés sur l'arrière ; il est plus petit que le brick. Ses basses voiles sont auriques et enverguées sur des cornes. Au dessus» sont des flèche-*en«cul ou des hunier»; ti, àum

BAT

oe dimter en, on grée quelqœfotf «or la vergue de ■uMHm oaa mie de fortime.

i^rM*feeieiie.— Son HuAlde misaine est gréé comme oelvi d'un briek, tandis que Tarrière est mAté ^en goélette.

Canonnière. — Bâtiment maté en brick. Il y a aussi des ehikiopes canonnières.

Gabure. — Bâtiment de transport. 11 y a des gabares de différentes grandeurs, tontes inférieures â b corvette de charge. Le port de cette dernière est de 600 tonneaux, celui de la gabare varie au dessous de celte liaiite. Ce navire a Irais mâts.

Gatiote. — On appelait galiotes â bombes des bâti- «lens qui n'avalent point de mAt de misaine et qui portaient deux mortiers entre le grsnd mât et le beaupré. 11 suffisait, pour la manœuvre des mortiers, d'amener les foes et les voiles d'étai qui formaient tout le grèement de Pavant. {Foy. boubaude.) La plupart des bâtimens de transport hollandais sont appelés galiotes.

/'rame.^-Bâttment â fond plat, destiné â porter de •embreux canons en batterie pomr la défense des côtes. C'est une forteresse mobile.

Gaière.-^C'étaitnn long bâtiment â voiles et â rames. Il avait deux mâts courts et deux voiles triangulaires en* verguées sur des antennes. Il ne pouvait naviguer que dans une beile mer. Depuis l'année 1748, l'usage des ^lères a été abandonné.

Chebeek. — Petit bâtiment de la Méditerranée. Il a trois mâts; le prtnuer est très incliné sur l'avant. Ces mâts portent des voiles latines envergnées sur des antennes. Leschebecfcs équipée pour le commerce gréent .qnel^efaisdes voiles carrées sur des mâts i pible. Ces hâtimens ont beaucoup d'élancement et de quête. Lew peii est ée trois â quatre cents tonneaux. Ils vont â la voHeet à l'aviron.

Fe/otf^6.— Deux mâts inclinés sur l'avant et deux wiles â antennes. Ce navire est léger, long et étroitj^ il va â l'aviron et â la voila. La felouque et le chebeck sont des bâtimens de commerce qu'on arme quelquefois en gnerre.

Lemgre, — Ce navire a un beaupré court, un mât de mlsaine> an grand mât et un tape-cul. Il grée des voiles àbourcetou au tiers et des huniers.

Aviio. — On donne ce nom aux petits bâtimens de gueire chargés de porter des paquets , des avis, des ordres.

Bâtimens à vapeur. — On fait en ce moment des expériences comparatives de marche , pour adopter un «ystème de gréelnent et de voilure propre â ces navires.

Bàîimeni marchands. — Ces bâtimens prennent des noms différens, suivant leur destination, leur port éva-

BAT

lue en tonneaux, leur mâture et leur grèement. Il y a des bâtimens de transport, des bâtimens qui font la pèche, le cabotage ; des trois-mâts, des bricks, des goélettes, des bâtimens de plus petites dimensions ayant différens systèmes de voilures. Relativement aux navires de guerre, les bâtimens de commerce ont des formes peu gracieuses et une mâture peu élevée.

TVanxporL — Bâtiment affrété par l'État, pour trans* porter des troupes, des munitions de guerre, de bon» che, etc. Les navires chargés pour le gouvernement sont appelés bâtimens de transport, ou simplement transports.

Troh-màis à trait carré.— On désigne ainsi lesbâtimens d'un port considérable qui ont trois mâts et des iroiles carrées, telles que les gabares et les poiacres.

Gabare. — Navire de charge et de transport* Il y a des gabares de diftérentes grandeurs (1).

Polacre. — Ce bâtiment navigue sur la Héditerranéç. Il a des mâts â pible. Quelques polacres sont gréées de voiles latines enverguées à des antennes.

^ric^s.*— Parmi les bricks, nous signalerons le Se» nau et le Langard.

Senau. — Ce navire porte un petit mât parallèle au grand mât, placé derrière au dessous de la hune où sa tète est arrêtée. Ce mât, nommé mât de senau, sert â soutenir une corne et la voile de senau, qui n'est pas autre chose qu'une petite brigantine. Le Senau n'a pas de grande voile carrée. Son port est de 200 tonneaux.

Langard. — On donne ce nom aux Senaux qui gréent une grande voile carrée.

Belandre. — Bâtiment hollandais gréé en brick. Sa brigantine s'étend en avant du mât.

Goélettes Il y a des goélettes qui ont des noms

particuliers, comme le Balaou^ goélette en usage en Amérique. Nous placerons ici le Houari et le Pilote-^ both, dont la voilure se rapproche de celle des petites goélettes.

Houari. — Ce navire grée des voiles triangulaires, la* cées en partie sur des bagues qui enveloppent les mâts, tandis que l'autre partie de la ralingue de chute tient â une vergue légère, qui semble continuer le mât. A cha< que mât est un foc; souvent l'arrière porte un tapecul. LeJBouari fait le cabotage. On dit des voiles en houari^ gréées en houari.

Pilote^both. — Il grée des basses voiles auriques sur des cornes et des flèche-en-cul au dessus.

Quant aux bâtimens qui suivent, nous classons ensemble ceux qui portent le môme genre de voiles.

Les voiles carrées :

(1) Les Espagnols ont des b&timens de charge plas on moins considérables pour le commerce des Indes occidentales. Ces navires sont appelés galion , nom générique employé aussi par les Arabes pour désigner de grands b4ltraens*

. Houere^ et par corruption Hourque. — Bâtiment qui navigue dans les mers du Nord. La hourque porte deut Riàts à pible : le grand mât au centre grée une grande Toile et un hunier: un mât plus petit sûr Tarrière grée une brigantine et une Toile carrée au dessus.

Dogre. — Ce navire est employé à la pèchedu hareng et du maquereau dans les mers du Nord. Il a un vivier pour conserver le poisson vivant. Son grand mât au centre porte deux voiles carrées ; celui de l'arrière, qui est plus petit, grée une voile carrée et une brigantine.

Poime.— Bâtiment des Indes orientales. Son avant est bas etélongé. Son grand mât est sur l'avant au tiers de sa longueur, un petit mât est sur Tarrière. Chacun d'eux porte une voile carrée.

Taureau. — Ce navire navigue dans la Manche. Son avant est arrondi et porte un grand mât ; sur Tarrière est un mât plus petit. Le Taureau grée deux voiles carrées.

Bugalet. — Ce bâtiment sert dans les rades ati transport des munitions, des marchandises et des passagers. Il porte un mât de misaine et un grand mât, grée deux voiles carrées et un hunier.

Bûche ouBuyse. — Bâtiment hollandais du port de 80 tonneaux environ, employé â la pèche; porte trois mâts courts et grée trois voiles carrées. Ces mâts s*abaissent aur Tarrière au moyen de bascules.

Les voilas â livarde ou âbaleslron.

Koff. — Ce bâtiment hollandais a deux mâts et quelquefois un tape-cul. Il grée des basses voiles à livarde, des h^nicrs et des focs.

Heu. — Bâtiment de la Manche â varangues plates ; porte un mât et un taporcul, deux voiles â livarde, une trinquette et un foc. Le koff et le heu font le cabotage.

Les voiles â bourcet ou au tiers :

Chasse-marée, — Ces naviresx>nt deux mâts : le plus grand est au centre et très incliné sur l'arrière ; celui de misaine s*élève verticalement près de Tétrave. Ces deux mâts gréent des voiles â bourcet. Les plus grands chasse-marée ont un port de 100 tonneaux environ, un tape-cul, un hupier et des focs volans*

Souri* —Espèce de chasse-marée, qui fait la pèche dans la Manche.

Trabac ou Trabacolo, — Ce bâtiment navigue dans l'Adriatique. Il porte deux mâts et grée deux voiles â bourcet, enverguées par le bas comme par le haut.

Les voiles enverguées sur des antennes :

Pinque. — Ce navire a le fond plat^ l'avant arrondi, l'arrière un peu élevé. Il navigue sur la Méditerranée; porte trois mâts, qui gréent comme les chebecks des voiles latines enverguées sur des antennes.

Misticque. — Bâtiment d'Espagne et de Portugal, de 80 tonneaux environ. C'est une espèce de chasse-marée qui porte des antennes,

BAT

Tartane,»^ Ce navire navigue sur la Méditerranée. Il porto un grand mât ou arbre de mestre, un tape-cul et un beaupré; grée une grande voile enverguéesur une antenne, plusieurs focs, et quelquefois un hunier. Par un grand vent, un tréou ou voile carrée remplace la grande voile.

Germe. — Les germes d'Alexandrie portent deux mâts. Celui de l'avant est court et s'élève sur l'étrave ; le grand mât et le mât de misaine gréent des voiles â antennes.

^/ti/et.— Ce bâtimept est tontoré et navigue sur les c6les de Portugal. Il a deux on trois mâts inclinés sur Favant et des voiles latines.

Nous signalerons, pour terminer eetarticlot deux espèces- de bârimens d'une forme et d'une voilure toute particulière.

Chatte. — Navire commun â Rhuis, au Croisic, â Noirmoutiersetaux environs. Il estemployéâ la pèche, monte son gouvernail indifféremment â chaque bout, porte un grand mât au milieu et un mât plus petit â chaque; extrémité. Lorsque ce bâtiment louvoie, il prend les amures de l'autre bord^ en changeant les voiles et en plaçant te gouvernail â l'autre boqt.

Jonque. «— Bâtiment chinois, d'une construction grossière, de deux â trois cents tonneaux, armé quelquefois en guerre. Il porté trois mâts, dont le gréement est lourd et compliqué.

BATON, s. m. Le bout-dehord de beaupré, dont la longueur est égale â celle du bau, prend souvent le nom de bâton de foc. Celui de clin-foc est aussi désigné sous le nom de bâton de clin*foc. Ces deux mâts servent de prolongement au mât de beaupré, et assurent des pointa d'appui â plusieurs voiles triangulaires. {F^oy. AGnÈs.) — Les bâtons d'hiver sont des petits mâtereaux que les bâtimens de commerce mettent â la place des mâts de perroquets pendant un mauvais temps.— Les bâtons de flammes et de cornettes sont de petites pièces de bots rondes, d'un très p^tit diamètre et de trois â quatre mètres de longueur ; on les passe dans les gaines des flammes, sans dépasser. Ce sont proprement les vergues des flammes et des cornettes. — La pièce de bois ou gau1e,qui sert â faire mouvoir le piston d'une pompe, se nomme bâton de pompe. — Le bâton de girouette est placé au sommet d'un mât ; c'est le fer de la girouette.— Autrefois il y avait encore : le bâton deeommandement, prolongement du mât de perroquet qui servait â porter le pavillon de commandement. Aujourd'hui le bâton de commandement se place seulement sur l'avant des embarcations du vaisseau qui commande; le bâton de pavillon qui, placé sur le milieu de la poupe, portait le pavillon national, et le bâton de pavillon de beaupré, qui servait â déployer un pavillon les jours de fêtes publiques.^ Enfin, il y avait le bâton de Jacob ou

^Aton astroDomiqae , instraineiit qui servait à mesurer la hauteur du soleil et qui n'est plus en usage.

BATONJiÈE, i.f. Une Mlofinee d'eau exprime la quantité d'eau qu'une pompeélève à chaque coup de piston. Cette expression tire son origine du bâton de la pompe. •

BATTANT , s. m. Le batUnt d'un parillon, d'une Oamme» est sa longueur qui est libre du bas, qui flotte au vent.

BATTANT 9 adj. Un yaisseau de guerre est bien âaitant^ lorsque sa batterie basse est assez élevée au dessus de Feau, pour qu'il puisse s'en servir dans tous les temps convenables pour combattre. En général, une batterie basse doit être à 1 mètre 79 au moins au dessus du niveau de l'eau, quand le bâtiment est tout armé. — Un vaisseau est encore bien battant^ lorsque rien ne gène le service dans ses batteries et qu'elles sont larges et bien installées.

BATTERIE , s. /. Les bouches à feu, montées sur leurs affûts et placées aux sabords, sur un des ponts d'un Mtiment, forment ce qu'on nomme une batterie. Nous avons indiqué [Foy. armbmbnt) le nombre, le. genre et le calibre des bouches â feu qui composent les différentes batteries des navires de guerre.

Cest dans la relation de la bataille Ihrée par les £spagools aux Anglais et aux Poitevins devant La Rochelle, en 1372, qu'il est fait mention, pour la première fois, de bouches â feu sur les bâtimens. Or, les armées de terre avaient déjà des canons en 1338 (l'invention de la poudre date de 1330). L'usage de Tartillerie fut tardivement adopté sur mer, parce que l'on craignait les ébranlemens produits par les détonations. C'est la môme pensée qui, plus tard, devait, pendant si longtemps, empêcher l'installation des mortiers â bord des bâtimens.

Le mot batterie s'applique aussi aux sabords, aux ponts qui portent l'artillerie, et â tout Tespace compris entre ee^^nts. Ainsi, ouvrir ou fermer une batterie, c'est relever ou abaisser les mantelets des sabords. N'avoir point de batterie, c'est avoir des sabords ou un pont trop peu élevés au dessus du niveau de la mer. Si un chargement trop considérable, ou des erreurs dans les devis de construction laissent la ligne des sabords â une distance encore plus rapprochée de ce niveau, on a une batterie noyée. Une belle batterie est celle qui s'élève de deux mètres au dessus de la flottaison. On dit une batterie couverte, pour désigner l'espace compris entre deux ponts; et, en partant de la flottaison : première, seconde, troisième batterie, batterie des gaillards ou batterie à barbette. On ne parle que des canons, lorsqu'on dit : la batterie est dehors ou aux sa* bords, dedans ou à la serre.

Autrefois on faisait des frégates à batterie e^ demie :

BAT 133

l'entrepont recevait des canons depuis le grand mât jus« qu'à l'arrière; mais les sabords, trop peu élevés au dessus de l'eau, rendaient difflcile le service ile cette demi-batterie.

La stabilité d'un bâtiment, c'est-à-dire la manière dont il porte la voile, contribue beaucoup â Favantàge d'une belle batterie. Ainsi le navire, qui pliera sous voiles jusqu'à mettre ses sabords dans l'eau, se servira plus difficilement de ses canons qu'un autre qui aurait moins de batterie et plus de stabilité. Tout bâtiment qui est orienté au plus près, ou qui reçoit le vent par le travers, incline ou donne la bande; les parties qui se rapprochent de la ligne -de flottaison étant de plus en plus évasées, la résistance doit augmenter â mesure que le navire plie. Cette inclinaison a donc des limites qu'il faudra calculer pour fixer la hauteur de la première batterie.

Diipositiondei arme$ dans la batterie. — Les armes seront toujours placées, de manière que les bonunes, en se rendant â leurs postes de combat, puissent y trouver celles dont ils doivent se servir.

Deux pistolets, â chaque pièce, so^nt suspendgs au dessus du sabord. Les fusils des hommes composant la mousqueterie d'abordage et ceux des gardiens de sabord sont disposés entre barrots ; les haches d'abordage sur les courbes ; les fusils des hommes fermant le renfort de mousqueterie â côté de la porte de la grande chambre ; toutes les piques entre barrots.

Les cornes d'amorces, les boites â étoupilles sontdisposées au dessus des sabords d'une manière iiniforn^e. Les. gibernes occupent un poste entre barrots. Les platines des différentes pièces sont déposées dans des gargoussîers. Les sabres des chefs de pièce et les sabres d'abordage soit placés le long des cloisons de la grande chambre. Les hommes sont responsables des armes qu'ils doivent avoir pendant le combat.

Nettoyage de la batterie.^ On mettra chacun â son poste, selon le rôle de lavage, et on fera l'sppel promptement. Les seaux, les brosses, les faubergs â manches seront numérotés. Au mouillage, la pompe de l'arrière fournira de l'eau pour l'arrière, et la pompe de l'étrave servira pour l'avant et les passavans. Des gabiers de chaque bord seront désignes pour jeter de Teau ; ils auront devant eux les balayeurs, rangés de front, qui frotteront le pont. Les brosses seront répandues dans les endroits qui sont ordinairement les moins propres.

Les hommes, chargés des cages à poules, commencent leur propreté aussitôt le coup de sifflet donné pour le nettoyage de la batterie.

Les canonniers, chefs de pièce, seront occupés d^ chaque bord â laver les canons, les affûts, les parcs^ â boulets. Us frotteront avec soin les mantelets et les tours de chaque sabord.

BAT

LoTsqne le larage seraenfièreinent temiifé, un coup èe sifflet fera évacaer la batterie, h l'exception desfath berdeurs et balayeurs, que Ton fera également monter quand ils deviendront inutiles. L'officier, cfiargé de la batterie, fera alors une ronde.

Fourbhiage dam la batterie* — Un rappel dans la batterie appeHera les hdmmés à leur poste de combat. L*officier de corvée, accompagné d'un élève, assistera è ce monrement et le fera exécuter. Les maîtres eanonniers attachés à la batterie ^'y troureront aussi. Vt roulement fera rectifier l'alignement à chaque pièce. Un coup de baguette indiquera que l'on doM commencer le fburbissage des crocs, des poulies simples,' des pitons sur flasques, des boucles servant A crocher les palais de retraite, des ustensiles des chefe de pièce, ainsi que des platines, des cuillers, des tir64xmrres, boucles, chandeliers de panneaux, épontilles, pompes^ lingoets «de cabestan, feuilles de cuivre entourant la euisine. Le eeq fourbira ses chaudières et les cercles de sa baille^ Les novices et les aiousses de cuisine fourbiront égale* ment leurs chaudières et les cercles des barils de galère qui leur sont confiés. Après le (ourbissage, l'officier de eervice dans la batterie fera une inspection rigoureuse.

Batterie. '-^ On se servait autrefois du boûte-fou pour faire partir les canons^ et ce ,ne fut qu'après la guerre àe Sept Ans qu'on inagina de monter sur la culasse une liatlerie ou platine semblable à celle des fusils. Cette innovation donna plu8>de justesse au tir, parce qpe le •chef de pièce n'avait qu'A tirer le cordon de la platine fom mettre le feu à la charge au moment convenable. Jïéanmoins, il arrivait souvent que les étincelles ne tombaient pas sur t'amorce, que les pierres se brisaient mi se démontaient surtout pendant un combat; et alors on était obligé de recourir au boute-feu^es percuteurs 4M1 marteaux A percussion, et les étoupilles fulminantes adoptés depuis peu d'années, ont remédié A cet inconvénient, et donné encore plus de justesse au tir, en jcoœmuniquant instantanément le feu A la charge.

Baiterie flottante* — BAtiment A fond plat, destiné A porter du canon de gros calibre, pour protéger une deaoenteou défendre une rade. £n 1782, les Français attaquèrent Gibraltar avec des batteries flottantes.

BATTRE, v. a. On bat en chasse, en tirant, sur un ennemi qu'on poursuit, le3 canons de l'avant j par opposition , on bat en retraite en se défendant avec les canons de l'arrière contre un ennemi qu'on veut fuir. — Battre lu mer, c'est rester long-temps dans les mêmes parages A croiser ou A attendre. — lin LAtiment est ^atttt par le mauvais temps. — Le vent et la lame battent en côte, lorsque leur direction étant perpendiculaire A la côte , elles y poussent un bAtiment. — Les calfats battent les coutures d'un bAtiment, lorsqu'ils enfoncent A coups de masse, dans les joints des bordages, l'étonpe qui doit remplir les vides. — Enfin les voiles

battent le mAt , loinque, le vent étant très falMe , eHes se gonflent un instant , et retombent ensoîle sur le mil par des mouvemens périodiques.

BATTURE, 8. f. SuHe d'écneils sous l'eau ou en partie sous Teau. EHe diflîère de la bane en ce qu'elle a plurf d'étendue.

BAU, s. m. Les baux d*mi bAtiment sont de fortes poutres placées transversalement dans le sens de sa largeur, et qui supportent les planchers des batteries. Ils sont arqués ou bombés pour offrir plus de résistance aux poids qu'ils supportent, pour que le recul des canons soit moins considérable , et pour faciliter l'écou*» lement des eaux. Les baux servent en outre A réunir étroitement les couples du vaisseau d'une branche A l'autre du bord opposé ; pour cet effet leurs extrémités sont taillées A queue d'aronde , oe qui empêche la nsuratlle de s*éloigner ou de se rapprocher du pian diamé* tral. L'épaisseur des baux du premier pont est égaie A celle de la quille. Cependant ceux de Tarrière sont un peu moindres. Quelquefois ils sont d'une senfe pièce , quelquefois de deux on plus liées fortement ensemble. Souvent pour donner au pont la renflure voulue, au lieu d'employer des baux arqués , on place sur des baux droits des pièces de bois plates en dessous et circukîreB en dessus. Comme dans la construction d'un pont on ménage des ouvertures nommées écoutMles , alors les bauXf qui sont placés vis A vis les côtés de ces ouvertures , ne peuvent s'étendre sur toute la largeur du pont, et se divisent en deux parties qui prennent le nom de demi -baux. Le grand bau ou maître ban d'un bAtiment est celui du premier pont qui traverse le couple le plus ouvert , il se trouve généralement un peu en avant du centre de là longueur. Ce bau sert éd terme de comparaison pour fixer la longueur des «Éts, des vergues , etc. La sienne n'excède jamais 17", 2ft dans les grands bAtimens.

BAUQUIÈRE , s. f. Ceinturé en bois fixée A fintérieur d'un bAtiment, et qui sert A fortifier fe portage des baux et A lier les couples entre eux. Il y a une bauquière A la hauteur de chaque pont, du faux pont de chaque gaillard ; celle de la première batterie d'un ralaseau a la largeur de la quille et la moitié de l'épaissettr. Au dessous de ces ceintures sont des Taîgres , appelées serre*bauquières , épaisses et larges comme les ^uquières , et endentées et goujonnées avec elles. Les bauquièret reçoivent les extrémités des baux dans des entailles en queue d'aronde.

BAZARAS , s. m. Grandes embarcations A fond plat qui naviguent sur le Gange.

BEAU-FRAIS , adj. Un vent beau-frai» est un vent d'une force modérée , favorable A la navigation.

BEAUPRÉ , s. m. Le mAt de beaupré , l'un des m&ts majeurs , s'élance de la poulaine en saillant obli-

'i yà'

Page 1