‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 66 sur 370 · BLI · texte numérisé non relu

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BITTES, s. f. p» Assemblage de charpente composé de deux montans qui s*élôyent à l"", 30 au-dessus du premier poot d'un vaisseau , dans un plan parallèle à celai du maître couple, et dont le pied descend* à"0^, 33 au-dessouB du faux pont. La tôle de ces montans a Tépaissear de la quille ; ils s'appuient par leur avant sur la face arrière du second baa en arrière du mât de misaine, et dans l'autre sens ils s'entaillent dans un faux bau ayoisinant. Un fort taquet taillé en coupole est appliqué sur la face antérieure de chaque montant jusqu'à une hauteur de 0*", 98 au*degsus du premier pont. Sa branche horizontale s'entaille avec tous les barroti de l'avant et lea chevilles qiii unissent les -taquets aux barrots portent à leur tète de grosses boucles nommées cosses. Les montans sont éloignés l'un de l'autre du diamètre du mât de misaine; et une pièce -de bois transversale , nommée traversin^ les croise en s' entaillant de 27 millimètres sur leur face arrière. Le traversin a moins d'épaisseur que les montans, et les dépasse de 54 centimètres de cha<pie côté. Quatre erochets placés sous la face latérale des montans et deux taquets à queue cloués â ces montans sous le traversin servent è le maintenir. Enfin la tète des montans est garnie d'une barre de fer nommée paille de bitte. Les bittes serveat à présenter un appui solide aux amarres, aux câbles.à l'aide desquels on retient un vaisseau dans un endroit désigné. Ces amarres ou câbles embrassent le traversin et la tète des bittes par certains points dé leur longueur, tandis que leur extrémité hors du vaisseau est fixée aune ancre. Les cosses servent à les saisir A l'aide de bosses, et les pailles de bitte empêchent le câble dese décapeler • Quelquefois, afin d'être plus maître des câbles , on établit un autre assemblage semblable sur l'arrière du mât de misaine. On en établit aussi d'autres de moindres dimensions dans certains endroits du vaisseau pour y tourner et amarrer diverses manœuvres. Ces derniers portent généralement le nom de bit' tons.

BITTER , V. a. Tourner un câble ou un cordage sur les bittes. {Foy. ce mot.)

BITTONS, s. m. Petites bittes fixées sur l'avant et l'arrière des bas mâts. {f^oy. bittes.)

BITTURE , s. f. Partie de la longueur du câble qui doit suivre â la mer une ancre qu'on se propose de mouiller. Elle est réglée sur le brassiage, éi on la développe sur le pont avant de jeter l'ancre afin que. la chute de celle-ci ne puisse être retardée. On augmente ou on diminue la bittnre 6*il y a lieu, toutefois sans la retirer de dessus les bittes où elle a dû être capelée à l'avance. BLANC, odj. Nom qu'on donne â tout cordage composé de fils qui ne sont pas goudronnés.

BLIN, s, m. Piècede bois épaisse et carrée, garnie de bout de cordages ou traversée par des petites barres

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de bois, qui, manœuvréepar plusieurs hommes, estemployée^ comme un bélier à frapper par une de ses extrémités. On pousse avec le ùlîn des coins placés sous le pied des accores de Tétrave d*un bâtiment qu'on veut lancer, afin de l'ébranler lorsqu'il est retenu sur si cale par le frottement. — Cet appareil sert aussi â produire la réunion précise des diverses pièces qui composent un mât ou une vergue d'assemblage — Dans certains ports on nomme blin les cercles de bout dehors qu'on place sur les vergues principales.

BLINDAGE, s: m. Réunion d'un très grand nombre de vieux cordages sur les ponts ^'un navire, de manière â les couvrir â une certaine hauteur. On blinde les ponts des vaisseaux qui ont à essuyer lé feu d'une batterie pour les garantir de l'effet des bombes. — On place aussi le blindage le long des bords pour prévenir l'effet des boulets.

BLINDER, v. a., un Vaisseau, y établir un bliti'

dàge. {Voy. ce mot.)

BLINER, V. a. Employer le blin. (Foy. ce mot.) . BLOC (en), adv. Les poulies sont à bloc^ de bloc en bloc, lorsque les huniers étant hissés trop haut, les poulies de dessus la vergue et celles du capelage se touchent. Il faut alors amener lïn peu la vergue de crainte que les itagues se raguent.

BLOCUS, s, m. On appelle ainsi l'ordre donné par une puissance maritime débloquer un ou plusieurs ports, ou une certaine étendue de côte d'un État avec lequel elle est en guerre , pour rompre toute communication par mer et empêcher qu'il n'y puisse entrer aucuns secours et munitions de guerre.

Comme les puissances belligérantes ont quelquefois abusé du droit de blocus qu'elles ont introduit depuis la fin du dernier siècle dans le droit public et maritime des nations, en interdisant les communications par mer, avec une certaine étendue de côte déclarée en état de blocus, sans en faire effectivement le blocus par uno station suffisante de vaisseaux de guerre , les neutres pour remédier â cet abus qui entravait leur commerce et leur navigation , ont généralement adopté la maxime qu'ils ne reconnaîtraient en état de véritable blocus que les côtes ou ports de mer que les vaisseaux de guerre de l'état qui fait cette déclaration, surveilleraient de manière à pouvoir intercepter toute communication.

C'est l'Angleterre qui a introduit dans le droit maritime de l'Europe le système de blocus et qui en a fait aussi le plus grand usage pendant la dernière guerre maritime avec la France et ses alliés. Elle appliqua le régime du blocus fictif â la France continentale; le 10 mai 1806 un ordre du conseil britannique déclara le blocus des côtes de l'empire français depuis l'Elbe jusqu'à Brest. Napoléon, par représailles, déclara â son tour le blocus des Iles Britanniquei.

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Le blocus est un. puissant moyea qu'emploie uoe puissaoca prépondérante sur mer, pour contraindre une puissance plus faible A se soumettre à ses exigences, par l'interruption de son commerce et de sa navigation et de toute reUition avec les autres pays, ce qu'aucun peuple ne pourrait supporter fort long-terops sans en éprouver le plus grand préjudice. Nous dirons môme que tout blocus est contraire aux droits de la neutralité et des gens, en interrompant par la force les rapports d'amitié et d'intérêt que toutes les nations ont entre elles , et qu'aucune puissance n'a le droit d'intercepter suivant son intérêt et sa volonté.

BOEUF , s. m* Embarcation des côtes de Provence, de forte oons^uction , avec un mAt gréant des . voiles latines et du port de 60 à 80 tonneaux. £lle sert au cabotage et à la pêche.

BOIRE, V. a. On fait boire une voile, c'est-à-dire on la tient lAche en la cousant à sa ralingue pour que celle-ci ne la déchira pas en allongeant.

BOIS DE CONSTRUCTION. Les boit dont on se sert pour la construction des bàtimens se divisent, quant à leur forme, en bois .droits, tors et courbes*

Les bois droits ont peu ou point de courbure , Une longueur et un échantillon convenables pour former des pièces de quille , et des plançons ou pièces droites pour bordages. ^

Les bois toA sont plus ou moins courbes , et forment les différentes pièces de la fnembrure , telles que varangues , genoux ^ allongés^ porqueê. Lorsqu'un bâtiment a ses couples de levée et de remplissage dressés sur sa quille, on dit qu'il est monté en bois tors.

Les bois courbes sont des pièces à deux branches qui lient les baux avec les membres et différentes pièces entre elles.

Les bois ne sont reçus, et leurs dimensions ne soot fixées qu'après avoir été parfaitement nettoyés de l'aubier, de cette partie blanche et molle qui se trouve entre l'écorce et le bois fait. On dresse un tarif des dimensions des bois et de leur forme , d'où résultent leurs classes par espèces , et la- désignation de leur emploi.

La détermination de l'emploi des bois dépend encore de leurs qualités. On doit se servir pour les parties submergées de bois compactes et solides, et prendre des bois légers, tels que le sapin , pour border les ponts supérieurs et la portion de la coque du bâtiment qui a^élève au dessus des préceintes. Cest avec du chêne qu'on fait la membrure, ainsi que la plus grande partie des bordages. Pour border la partie submergée, on emploie quelquefois le hêtre qui se conserve très bien dans l'eau.

Il y a des Uitimens de commerce entièrement con« struit en sapin; on a pour but, dans ce cas, de di^

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mtnner les frais, et de rendre les navires plus légers. ,

Le cèdre est le meilleur de tous les bois pour les constructions navales*

On fait des avirons avec le hêtre , le sapin et le frêne.

Le bois d'orme sert pour les pompes , caisses de poulies , moques, barres , affûts , anspects. • Le gayac pour réas de poulies.

Le peuplier pour la sculpture.

Le noyer pour meuble.

Le pin et le sapin qui ac'quièrent une grande hau- ' teur sans cesser d'être droits, qui ont une grande flexibilité A cause du parallélisme de leurs fibres, fournissent les mâts des bàtimens. Les meilleurs mâts sont tirés des forêts de la Russie et de la Pologne.

Les bois sont dits flottanp ou tondriers suivait que leur pesanteur spécifique est moindre oa plus grande que celle de l'eau de mer. Us sont en grume , lorsqu'ils ont encore leur écorce. Le bois de rebut a des déhuts qui le rendent impropre au service de la marine.

De tous les bois le chêne est celui qui entre en plus grande quantité dans la construction des bàtimens de guerre. Le chêne qu'on a regardé comme sacré , et nommé le roi des forêts , crott dans la plupart des contrées de l'Europe. Parmi les chênes qui s'élèvent sur un sol favorable > tel qu'une ierte compacte et visqueuse (terre glaise) , plutôt sèche qu'humide , ceux des parties méridionales de l'Europe méritent la préférence. Dans les contrées où le chêne est indigène , il est reconnu que lo bois est d'autant meilleur que la temp^ rature du climat est plus élevée ; et que les arbres venus sur les hauteurs prennent peu d'accroissement. Les chênes d'Amérique , â l'exception du chêne vert {quercus virens ou iemperviren»)^ sont très inférieurs à ceux de toute autre contrée.

La force dans les fibres » et la faculté de se conserver long-temps , sont les signes caractéristiques d'un bon

bois.

Le tronc des arbres est sujet â un grand nombre de vices provenant de la qualité du sol sur lequel ils croissent, d'accidens occasionnés par le vent, d'un âge trop avancé ou de la rigueur des saisons. La première cause produit souvent la carie du cœur. Les bois tourmentés par de gros vents sont sans liaison et sans force : on les appelle bois roulés. Le bois le plus vieux se trouvant dans l'axe du tronc, â la partie la plus voisine de la racine, les sucs, en approchant du centre, .deviennent insensiblement moins actifs; les vaisseaux des vieux troncs perdent leur élasticité et amènent le dépérissement du bois. La rigueur des hivers , dans les cUmata froids, attaque fréquemment la partie extérieure de l'aubier qui se couvre dès lors d'une couche

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de bon bois. Ce déraut , qui s'appelle veine oa double aubier^ est commuD dans les chônes qui croissent isolément, et qni sont exposés A la gelée sur les bords de la Baltique ; il se remarque souvent dans les bordages. ' Le double aubier est un bois tendre et spongieux qui » en absorbant l'humidité, occasionne la détérioration des couches Yoisfnes.

Les bols sont encore sujets à d'autres défauts. Les arbres qui croissent sur un mauvais terrain, ou qui proviennent de vieilles touches, ont une couleur rousse particulièrement sur Taxe. Le chêne du nord de l'Angleterre est en général sujet à ce défaut. Le bois qui présente des taches jaunes et noires est déjà détérioré/ et ne doit jamais être employé dans aucune construction. On trouve dand ce cas plusieurs sortes de chênes et beaucoup de hêtres. Le bois marécageux ou gras et cassant est presque toujours carié au cœur. Ce vice se trouve en général dans les arbres produits par un terrain mou et sablonneux. D'autres défauts résultent encore d'un ébranchage mal entendu lorsque les arbres sont sur pied.

« Pour- avoir de bon bois , les arbres doivent être «r coupés à un âge moyen : les arbres trop jeunes ou < trop vieux sont également impropres pour des con- «r structions durables, (^linb, liv* xti, chap. 3^.) i Aussitét que les arbres commencent A diminuer de vigueur, ce qui se reconnaît par la chute précoce des feuilles , et le dépérissement des brAnches supérieures, 'ils doiveiït être abattus; s'ils restaient sur pied, le cœur commencerait par se pourrir près de la racine , et le reste de l'arbre serait graduellement attaqué du même mal.

Sous le rapport de la densité, et conséqUemment de la force, le bois le plus pesant et le plus fort dans les arbres qui profitent encore est au centre, près des racines ; ces qualités vont toujours en décroissant jusqu'à la surface extérieure. Mais dans ceux qui ont déjà décliné pendant quelque temps, on rencontre le contraire ; car le bois le plus fort et le meilleur se trouve près de l'aubier, tandis que le plus faible est au cœur. On peut dire avec raison que, dans le même arbre, il n'existe pas deux parties égales en poids, en force et en âge , puisque le cœur est plus Agé , plus fort et plus pesant que les cercles extérieurs. Il en est de même du bas de l'arbre par rapport au sommet , eu égard toutefois aux différences d'Age et de qualité dont nous avons déjA fait mention.

L'hiver a généralement été considéré comme le temps propre A l'abatage des arbres» Parmi les anciens et les modernes , dont le sentiment A cet égard peut faire autorité, nous citerons : Hésiode , Théophraste, Pline , Golumelle , Plott , Evely n , Du Haniel , Buffon , Huuler et Knight. Le bois abattu en hiver est moins

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sujet A ëe fendra , ou A se tordre lorsqu'il sèche , que celui qui est abattu A toute autre époque de l'année. D'ailleurs tout bois de bonne qualité est durable dans quelque saison qu'il ait été coupé , pourvu qu'il soit bien séché avant d'être mis en œuvre. Rien n'est plus important que de donner au bois le degré de dessèchement convenable ; lorsqu'il n'a point atteint ce degré » il doit se détériorer promptement,et, en se contractant, rendre les constructions imparfaites.

On s'est beaucoup obcupé du procédé le plus propre A la conservation du bois ; les uns ont proposé de laisser le bois dans son état brut; les autres de le travailler sur le droit, d'autres enfin de le façonner entièrement. La première de ces propositions est sans^oute la meilleure, si le bois est expodé aux vicissitudes des saisons, et s'il y en a un assez grand approvisionnement pour qu'on puisse le garder de trois A cinq ans; mais les deux dernières sont préférables, si on le conserve dans un lieu abrité , ou si la nécessité oblige de le mettre en œuvre A une époque peu reculée, attendu que le dessèchement sera plus rapide. Dans les endroits dépourvus de canaux , il est avantageux de travailler le bois sur le droit , le transport par terre étant très dispendieux. Les piles de bois doivent être disposés de préférence sur un terrain élevé , car dans ua lieu bas le dessèchement serait retardé , et la qualité détériorée par les vapeurs humides. Les piles seront abattues et formées de nouveau une fois par an; les pièces qui étaient dans la partie supérieure seront rangées dans le bas , et toutes seront rangées de cêté.

On plonge aussi les bois dans Feau douce , «ou dans l'eau salée ,*soit pour les empêcher de se fendre, soit pour prévenir la corruption de la sève. Ce procédé les met A l'abfi des vers de terre, et les protège contre les injures du temps. L'eau douce pénètre le bois bien plus promptement que Teau salée. Si par l'immeraioa l'on se propose la saturation des bois , ou la macération de leurs fibres portée A un assez haut dc^ré, Teau douce est préférable A l'eau de mer dont le sel se fixe* rait jusqu'A un certain point A la sève. L'eau courante agirait encore avec plus d'efficacité que l'eau stagnante. C'est A tort qu'on espère saturer complètement de grandes pièces jusqu'A leur centre ; car on a vu de très petits cubes , plongés dans l'eau douce, augmente^ de pesanteur pendant un grand nombre de mois* Le printemps est la saison où il convient de mettre les bois dans l'eau, afin que la température de ce fluide augmente graduellement avec la chaleur de l'été.

Le tenaps nécessaire pour donner au bois le dessèchement qu'il doit acquérir avant d'être mis en œuvre dépend de sa densité, de la situation od on l'a maintenu , de la manière dont on l'a conservé , et de l'état où il se trouvait , soit qu'il lût brut ou travaillé sur le

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droit. Ed principe général, «ucmie espèce de bois ne de- Trait être employée dans les constructions navales avant trois ans d'abatage. Toutefois le bois ne doit être considéré comme sec que lorsqu'il est parvenu au point de pouvoir devenir hygrométrique, en pesant plus ou moins selon l'humidité ou la sécheresse de Fatmosphère.

D'après un examen attentif de ce qui concerne les bols la meilleure manière de les dessécher, et de pré« venir leur dépérissement pendant cette opération, semble être de les tenir à Tair, dans un état d'humidité modérée, et de les mettre à l'abri de la pluie et du soleil par un toit élevé au dessus de leur surface , à une hauteur suffisante pour empêcher, conjointement avec le secours de quelques autres moyens, qu'ils ne soient frappés par un courant d*air trop rapidOi

A la réception des bois, on fait donner quelques coups d'herminette de distance en distance, et l'on examine les Cbres et la couleur. Il faut aussi voir chaque pièce A ses. deux bouts , et Fy frapper pour reconnaître jusqu'à quel point elle est sonore. Si le centre présente une couleur paille allant en diminuant jusqu'aux surfaces, si les Bbres des diverses couches de bois sont serrées , on peut affirmer que la végétation a été uniforme, abondante, et que le bois est sain. Une couleur rousse et terne, des pores nombreux ou considérables , annoncent un bois gras et tendre, dont les couches ont peu d'adhérence entre elles. Les fentes sont une marque de vétusté ou d'un dépérissement déjà commencé. On sonde avec un fil de fer si les trous pénètrent ou s'ils ne font qu'élonger la surlace. On enfonce la tarière jusqu'au cœur de la pièce , et l'on voit , par le bois qu'elle rapporte , si l'intérieur est sain où s'il est échauffé. Les nœuds généralement mal joints au corps de l'arbre , les fentes occasionnées par les gelées, un mauvais ébranchage, laissent pénétrer l'eau jusqu'au cœur de l'arbre , et sont les principales causes de la pourriture des bois.

* Force de tésistance, — GaKIée s'occupa le premier de la théorie de la résistance des bois. Des pièces tenues par une de leurs extrémités dans une position horizontale, furent, à l'autre extrémité, chargées de poids. La force de résistance était mesurée par le poids qui faisait rompre la pièce. Mais la rupture totale n'a lieii que successivement, puisque le bois pHe avant de se rompre. Mariette avait supposé que les fibres s'étendent proportionnellement aux forées qu'elles éprouvent. En 1570, dans un mémoire adressé à l'Académie des sciences, Jacques Bernoulli fit remarquer que cette extension se fait dans un rapport moindre, qu'une partie des fibres se trouve comprimée, qu'il y a un axe moyen dont les fibres n'éprouyent ni extettsioq ni compression.

Des expériences faites par Buflfon et Du Hamel o^i donné les résultats suivans :

Le bois de chêne ïurpasse tous les autres bois en pesanteur et en force ;

Le jeune bois est moins pesant et moins fort qu'un bois plus âgé i

Le' pied d'un arbre est plus pesant, plus fort, moins flexible que le reste de la tige ;

Les arbres qui , comme le chêne , croissent lentement, ont plus de force ;

La force des bois décroît dans une proportion plus gritnde que la simple raison inverse de leur longueur.

Enfin le degré de résistance que les bois opposent aux boulets a été reconnu à l'aide d'expériences faites sur les différons bois. .

BOISAGE , s. m. Action de boiser un bâtiment, de composer sa carcasse. Les couples principaux étant fixés sur les divers points de la longueur de la quille , on remplit les espaces qui les séparent par de nouveaux couples de levée qui forment avec les premiers la carcasse entière du navire.

BOISER, V. a. Paire le boisage. {Fo^. ce ipot.)

BOITE , s. f. On se sert dans la nurine de diverses boîtes qui sont distinguées^ par leur usage, telles que les boites à compas, à étoupilles, etc. — Des eylindrea en bois, fixés sous la roue du gouvernail, et qui donnent passage aux rabans ou drosses d^ la barre du gouvernail , prennent le nom de ùoUes. — On donnait aussi ce nom anciennement à une garniture en fonte que l'on introduisait dans l'ouverture des rosettes de l'étambot. Depuis que les ferrures du gouvernail sont en cuivre, on les a supprimées.

BOMBARDE, s. /. Navire destiné à porter des mortiers et à lancer des bombes.

Quelques personnes attribuent l!invention des mortiers à Mahomet II, contemporain de Charles YII et de Louis XI. Strada prétend que les premières bombes furent jelèes en 1588 au siège de Wachtendoock, ville du duché de Gueidres. Mais les mortiers n'ont été mis en usage par les Français qu'en 1634 an siège de la Uotlie, alors ville forte du barrois. Enfin, en 1689, le chevalier de Renau, capitaine de vaisseau, proposa de mettre des mortiers sur les bàtimens, à l'occasion de la guerre que Louis XIV faisait aux Algériens. On employa pour ce service des bàtimens à deux mais ( le m&t de misaine était supprimé) appelés galiotes à bombes, qui envoyaient les projectiles par l'avant. Les Anglais ne tardèrent pas à faire usage de mortiers sur mer. Ils préférèrent des bàtimens à trois mâts qui ne pouvaient lancer Iqs bombes qu'en présentant le flanc a l'ennemi ; mais ces navires avaient une marche supérieure à celle des galiotes. Plus tard on fit tourner les mortiers sur le pivOt ou la semelle de leurs affûtSt

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