‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 7 sur 370 · ABR · texte numérisé non relu

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Une ordonnance da mois d'août i681, en Tiguenr encore de nos jours, règle de la manière suivante les dommages que se doivent réciproquement les propriétaires des bfltimens qui s'abordent : « Si un vaisseau qui est à l'ancre dans un port ou ailleurs vient à chasser et à en aborder un autre et qu'en l'abordant il lui cause quelque dommage, les intéressés le supporteront par moitié. Si deux vaisseaux sous voile viennent à s'aborder par hasard, le dommage qu'ils se causeront sera payé par moitié ; mais s'il y a de la faute d'un des pilotes ou qu'il ait abordé exprès, il paiera seul le dommage.»—Un bâtiment en aborde un autre de bout au corps, lorsque son avant frappe le côté du bâtiment abordé. — Deux bâtimens s*abordent de long en long, lorsqu'ils se joignent côte à côte. — Ils s*abordent par Favant, lorsque ce sont les deux avants qui se heurtent; par la hanche, par l'arrière, etc. — La manœuvre d'aborder â un bâtiment, d'aller à Fabordage d'un bâtiment pour l'accrocher et s'en emparer, exige une grande précision. Comme elle dépend de la position des deux bâtimens, et qu'en outre celui auquel on veut aborder cherche ordinairement à éviter l'abordage, elle varfe parconséquent à l'infini. C'est au marin à saisir ou à faire naître l'occasion favorable pour aborder. On peut néanmoins toutefois donner quelques exemples généraux : — Aborder au vent : un bâtiment qui veut en aborder un autre sur lequel il a l'avantage de la marche doit se placer au yent, à portée de pistolet, sur la hanche de son adversaire et ensuite l'allonger vivement BUT son travers ou de l'arrière, en arrivant tout d*un coup. Le bâtiment ainsi attaqué ne peut éviter d'être accroché qu'en culant; s'il y parvient, Tassaillant doit culer de même, et il pourra encore le joindre en continuant son mouvement giratoire par sous le vent. Il faut veiller dans cette manœuvre, comme dans toutes celles qui ont l'abordage pour but, à ne point se laisser enfiler par les batteries de l'ennemi , car il suffit quelque fois d'une seule bordée lancée à propos pour décider de la victoire. — Aborder par sous le vent lorsqu'on est au plus près : On prend le plus près du vent â portée de pistolet du bâtiment qu on attaque, on approche en partant un peu pour l'ajlonger par derrière et sous le vent, et lorsqu'on s'est engagé jusqu'à avoir le gaillard d*avant par le travers du grand mât deson adversaire, on vient au Tentavec vivacité et on Taborde ainsi de long en long. On peut éviter cet abordage en coiffant ses voiles au moment ou l'assaillant lance ses grappins» cette manœuvre fera rompre les liens qui uniront les deux bâtimens, l'un ayant le vent dans ses voiles et l'autre dessus. On peut aussi rendre cet abordage très dangereux pour l'abordeur en laissant arriver tout plat lorsqu'il n'est plus qu'à une longueur de vaisseau, il est rare qu'il ait le temps d'arriver, alors son beaupré

s'engage dans les grands haubans de son adversaire, qui peut le mitrailler impunément dans cette position. Il faut bien observer dans celte dernière manœuvre que si l'on n'est pas assez do Tavant, on peut faire un faux abordage en arrivant court et engager son beaupré dans les haubans de misaine de l'ennemi, et que, dans le cas contraire, si on est trop de Tavant , on peut passer sous son beaupré sans le toucher , il est vrai qu'on peut alors lui lancer une bordée en enfilade. — Aborder un bâtiment à l'ancre : il faut se mettre en panne, au vent du navire qu'on veut aborder, et se laisser dériver sur lui en lui présentant toujours le côté et en manœuvrant ses voiles de manière à ne point le dépasser. On mouille une ancre avant de l'accrocher, afin que s'il venait à couper ses amarres pour s'échouer, on puisse le retenir et éviter ainsi d'aller à la côte avec lui.

ABORDEUR, s. m. On nomme abordeur le bâtiment qui fait l'abordage , et abordé celui qui le reçoit.

ABOUGRI, adj. {Voy, rabougri.)

ABOCT, s. m. , synonyme de Bout ; about de bordage, about de planche. — C'est aussi une certaine longueur qui a été coupée d*un bordage ou autre pièce de charpente pour remplir l'espace qui se trouve dans une virure de bordages , ou faire joindre des pièces qui ne sont pas assez longues.

ABOUTEHENT, abouemeiyt, f. m. Jonction par les abouts.

ABOUTER , V, a. s'abouter, v. r. Joindre ou se joindre par les abouts.

ABR AQUER , v, a. Haler sur un cordage qui a du mou, jusqu'à ce qu'il ait la tension qu'on juge nécessaire.

ABREUVER v. a. un vaisseau. Autrefois avant de lancer un bâtiment à la mer on l'abreuvait, c'est-à-dire on introduisait de l'eau entre son franc bord et son vaigrage pour voir s'il n'avait pas de voie d'eau. On a reconnu le danger de cette expérience. La partie du vaisseau qui avait été inondée, restant humide et privée d'air, pourrissait promptement.

ABREYER, v. a. abriter. Lorsqu'un bâtiment court vent arrière, les voiles de l'arrière abreyent celles de Tarant, c'est-à-dire les abritent, les cachent et par suite les neutralisent. — Un navire qui passe près des côtes est abreyé par les hautes terres. — Les petits bâtimens sont quelquefois abreyés par la lame. — Lorsqu'on est en escadre , il faut veiller à ce que les signaux ne soient point abreyés par les mâts et les voiles.

ABRI , 5. m. Mouillage où l'on peut se mettre à couvert du mauvais temps. On peut aussi se mettre A l'abri des attaques d'un ennemi supérieur, sous le canon d'une batterie ou d'un fort.

ABRITER , V. a. C'est mettre un bâtiment à l'abri. ^^ Une voile abiiie une autre voile lorsqu'elle inter^

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eepte le rent ai Tempèche de frapper cette dernière.

ABUTER, V. n. Toucher du bout» être arrêté par le bout. Ou dît : Dégagez ce bordage dea pierres qui rebutent. — Deux pièces de bois abutent Tune contra l'autre y lorsque leurs extrémités sont en contact im* médiat.

ACADÉMIE royale de Marine. En 1752, plusieurs officiers de marine fondèrent à Brest une académie qui «▼ait pour objet tout ce qui concerne la science de la marine. Elle fut protégée par Louis XIV et supprimée par la rérolutîon.

ACCALMIE ouG\LMic, s. m» Cessation ou dirai'» tiution momentanée d'un grand yent. Vogue à la calmie ! commandement aux rameurs pour les exciter à profiter d'un intervalle plus calme. *

ACCASTILLAGE, s. m. On désigne ainsi quelquefois toute la partie du bAttment qui est hors de Teau, mais plus ordinairement on comprend sous ce nom les deux gaillards et, par extension, la coursive qui les joint.

ACCASTILLER , v. a. Faire Faccastillage , travailler à raccastillage. Un bâtiment est accasiiUé avec goût , lorsque ses lisses et préceintes ont une tonture agréable à Tœil , et que leurs distances offrent des rapports convenables. Depuis long-temps on a reconnu la nécessité de diminuer la hauteur et la pesanteur de raccastillage, qui tend par son poids à élever le centre de gravité du navire et lui fait perdre ainsi de sa stabilité. (P^Oy, CONSTRUCTION.)

ACCON , s. m. CHALAN. Espèce de bateau dont le fond , les côtés, l'avant et l'arriére sont plans. On emploie les accons à transporter le chargement des navires de l'endroit où ils sont mouillés au débarcadère, et réciproquement. On les faik remorquer par des chaloupes, parce que leur construction qui les rend propres à porter beaucoup empêche de les manœuvrer facilement.

AGGORAGE, s. m. Résultat du travail d'accorer. {f^oy. le mot).

ACCORDER , t;. a. s'accorder , v. r. Agir ensemble, de concert. .

ACCORE, adj. ou icoRc. Côte accore, escarpée, taillée à pic dans la mer.

ACCORES) ». m. Pièces de bois qui servent à -éiayer les bâlîmens en construction. On les distingue en accores du fond , ceux qui soutiennent le fond du bâtiment; accores du fort, ceux qui supportent le fort, et accores d'entre deux ceux qui sont placés entre les premiers et les seconds. Il y a aussi des accores d'élrave et d'étambot. Les accores disposés régulièrement sur trois lignes reposent sur des soles [en bois, souvent même le terrain sur lequel ils sont placés est renforcé par un ouvrage en maçonnerie. On les empêche de {lifaer en quelque aeos que ce aoit arec des coins et

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des morceaux de bois en forme de couaaina appelés taquets.

ACCORER, V. a. Poser des accores* On emploie généralement ce root pour exprimer l'action d'étayer, de soutenir, de fixer. On accore le lest, on accore les cuisines, etc., d'un b&timent abattu en carène , afin qu'ils ne tombent pas sur le côté du bâtiment qu'on submerge.

ACCOSTABLE, adj. Accessible , qu'on peut ac« coster sans danger.

ACCOSTER , V. a. Toucher par le côté, se mettre à côté , s'approcher. On dit accoster la terre, accoster l'embarcadère, etc. — Accoste à bord ! commande* ment à une embarcation de venir à côté du bâtiment.

ACCOTÉ, p, n. Incliné , couché sur le côté. Uo bâtiment est accoté, lorsque, surpris par un grain , étant sous Yoile, la force du vent qu'il reçoit par le travers l'abat sur le bord opposé. On est obligé pour se relever de sacrifier ses voiles en coupent ses écoutes et ses drisses, quelquefois même d'abattre sa mâture. Un navire peut encore être accoté par un coup de mer qui jette tout le lest sur le même bord.

ACCOTOIR , I. m. Synonyme d'accore. (Foy. ce mot. )

ACCROCHER, v. a. Saisir, arrêter avec des crocs.— Arrêter avee des grappins d'abordage qu'on a lancésdansles manœuvres d'un bâtiment pour l'aborder,

ACCUL, s. m. Petite crique. Terme particulier aux Iles françaises de l'Amérique.

ACCULÉ, adj. Mot qui s'applique aux varangues pour exprimer leur courbure. On dit uneTarangue acculée, une varangue demi-acculëe, une varangue droite, suivant qu'elle a plus ou moins de courbure, d'acculement. Les varangues sont d'autant plus acculées qu'elles s'éloignent plus de la maîtresse varan» gue qui est droite.

ACCULEMENT , s m., des varangues. C'est la distance perpendiculaire de rextrémilé de la varangue au plan prolongé de la partie supérieure de la quille.

ACCULER, V. n. Un bâtiment accule quand , dans le tangage, il plonge son arriére dans la mer. Ce mouvement, qui fatigue beaucoup l'arcasse, provient en général d'un.e trop grande différence dans le tirant d'eau.

ACORES, s. m., d'un banc. Ce sont les approches, les endroits où il commence â s'élever. Les accores sont désignés sur les cartes par des lignes ponctuées.

ADENTER, v.a. Lier, joindre ensemble des pièces de charpente à l'aide d'adents.

ADENTS, 8. m. Espèce d'ontaillo ou d'omboîture pratiquée dans les pièces de charpente , principalement dans les pièces majeures, pour assurer leur liaison ensemble. On dislingue diverses aortes d'adenta ; lea

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Adents à croc et ù coutre pratiqués dans les pièces qui font fonctions de tirant; les adents carrés qui joignent les pièces formant les bas mâts; les adents à crémaillère qui servent à réunir les deux pièces de bois qui composent une vergue d'assemblage, et sont saillans sur une pièce et rentrons dans Tautre; enfin les adents à queue d'aronde qui sont les plus solides ; ils ont la forme d'un trapézolde, de sorte qu'une pièce de bois étant adentée de cette sorte avec une autre , elle ne peut le quitter sans rompre, rentrée de Tadent étant plus étroite que le fond.

ADIEU-YA! adv. Commandement pour faire iar» guer les écoutes du foc et de la grande voile d'étaie et faire traverser Tartimon lorsqu'on veut virer de bord, yent devant.

ADMINISTRATION DE LA MARINE. Les perfectionnemcns que l'administration, cette branche importante de l'économie politique moderne, a reçus en France, depuis 1789, sont très remarquables. Ils re|K>sent, en principe, sur la centralisation, et, dans l'application, sur la distinction des attributions des fonctionnaires de tous les ordres, qui était une conséquence naturelle de la division nouvelle des pouvoirs de Tétat. Ce système a ses avantages et sesinconvéniens, et, comme toutes les institutions humaines» il est encore susceptible de beaucoup d'améliorations. Il a du moins établi .un ordre sévère dans k comptabilité des revenus et des .dépenses publiques ; il a mis fin aux monopoles ruineux des fermes et des fournitures et établi une surveillance permanente et scrupuleuse dans toutes les parties du service. On objecte qu'il n'est résulté de cette organisation, ni une économie dans les dépenses générales, ni plus de rapidité dans l'expédition des affaires. Xa centralisation qui, dans aucun cas, ne se départ de •sa jalouse souveraineté, entrave souvent la marche des mesures les plus urgentes et nuit à leur enicacilé par des lenteurs inséparables du formalisme rigoureux qu'elle impose à tous les actes des divers fonctionnaires, pour leur imprimer le caractère de Tordre et de la légalité. D'un autre côté, la distinction des attributions qui, au fond, repose sur les idées économiques les plus sages et les plus justes, n'empêche pas des conflits préjudiciables aux intérêts publics et maintient entre les fonctionnaires d'ordres différons un esprit d'antagonisme très fâcheux. Ces objections peuvent être plus ou moinS' fondées , mais il est impossible de ne pas reconnaître qu'à côtéd'inconvéniens, peut-être inévitables, notre système d'administration présente dans son ensemble des avantages réels et une organisation hiérarcliiquo qui rend impossible l'arbitraire et les abus. L'administration particulière de la marine est instituée sur les mêmes bases.

Sous Louis XIV, on donnait le nom d'officiers de plu* me$ ou û'officiers eiviU^ aux fonctionnaires adminislra-

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