EXPLOSION
« V,\\e formidable Q\\i\i><\ >ii a jeté réponvaiite dans le quartier de... On ne connaît pas encore retendue du sinistre. »
(V. la collection des faits divers.)
Explosion de colère. — Moins dangereuse que la première.
ExpoiiK. Faire l'exposé des forces du royaume. — C'est toujours une imprudence; il y a tant de rôdeurs de frontières.
Exposition.
a L'ensemble de rexposition est satisfaisant celte année, et le niveau de l'ait semble, etc. »
Chaque année à Fouverture du Salon c'est la même note.
Extension. Le commerce a pris une nouvelle extension. — Soit à la tribune, soit en voyage, inter pocula^ celte phrase fait partie du bagage de tout ministre du commerce et de l'agriculture.
liK DICTIONNAIRE
ExTKRMiNATKrR. Lc glaivc de Vange exterminateur,
{G^wre biblique.^
Extirper. Extirper les abus, — Plus difficile que d'extirper les cors aux pieds.
FaiTIvïN.
t« La faction, qui ensanj^lanta la France api'ès Uierniîi1or« aifriiiso «le nouveau ses poignanls. »»
^LcUix* du cénôr.il di\isionnaîro Lannes aux membrc5 de radmînbtfatiott centrale de la Haute-Garonne. Toulouse, 14 pluviôse an VIII.^
Malheureux pays livré aux faetions, — Cliché dont on ne s'est que trop servi, en parlant de la Finance.
« Approfondisseï rhistoii^e de notre pays, de cette France si belle et presque toujours malheureuse, pour avoir êt^ livi-ée aux factions. »
(Dupin aille. Discours d'outertwr* à la roiifêrrmct de tm, bibUothcçue dfs avocats ^ l»*" décembre 18i9.'
Faim. La faim fait sortir le loup du bois, — Villon a dit :
« Nécessité fait gens mesprendre • « Et faim, saillir le loup des boys. »
Fait. Des faits^ pas de paroles! — Combien Ton [>erdrait moins de temps, si Ton suivait toiyours ce précepte î Ou coup les avocats seraient ruinés.
• Il faut lies actions, et non pas des paix)les. »
\^Racine. /phigcnif, acte Ul, se tm.)
Faîte. Atteindre au faite des gi^ndeurs. — Le rêve réalisé de rorg^ucil humain. 11 faut, quelquefois, commettre bien des infamies et passer sur bien des cadavres.
« Et monté sur le fahe, il aspii*e à descendre. »
(Corneille. Ciiiwrt, acte. Il, $c. t.)
« Plus léiêvalion est srrande, plus la chute est pix>roiu1e.'»
(Ki-KJun-Tsianç. LOrphclin de hx CAÎne, acte II, se. m. Trad. Stanislas Julien.)
' Se ma) conduire
f>»E5 UECX OOIOCO» ^^
♦ C«« «î*e plus baïui iqpiKe §e Umt !<e« pî-uis gïajii.J<^ cfe-yrt*^. •
* Ur ^^ ï*u«r"!i'U:!rj<e letiitïf/ir'r éO'jmH't lrr.-> p-C''i^..'r.*!^^it^^ *
Gieore d^^f^cripUI â p^u de frais.
rviuBALA, En rirhit pAkhslfi. — Ce qo^airoeoUant l<e< femmes,
à. u'amp^rte qu*^! pris.
Fjubjujumté- In f'imilMfkrît^ entendre k mépris. — Bien d'aotu)»nime»« par exerii{>S'e.
difîkUe de »<» jour?. Pour qa'îl y ait faiiaU^me, il Uni\ qu'ai T ait eroTaoce; or^ on croit m peu.
FA^KATî-CfiE. Lf p^À</n*ir4 e$t Vmrme fUi ffiwiUqu>>$. — U t a fort peu de faoatîqueif. Tous les ré:ri«:ii-i«:* moderne* fie ferrent do pôsitoiet ou du fu^ii. Il fiut en exx-epter pourtant TastscLSHn du roi Humhert : n^t> •:*.']uÉ-id ét^it un cui- «ioser k qui le maniement du couteau i^uit pîus familier que ceSui du pistolet.
F.ft3crA££« DijoyevM fanfare. — Certaine* f»-nime« ne con- D;atî^^ot pas de pl^'^joyeu.*e fanfare- que le bruit de Tor. C'e^l au tj>nut de celte fanfare, qu'elles font tinter leurs bonnets par-dessus les moulins.
* En un c!îo d'oeil, tO'j*.e >a %ie pa«v^ oommeune fanta^
Cette phrase est employée par les romanciers, lorsque leur* liéros ^nt en présence d'un fçr'iud danger.
F«9T<d«c. Lt$ fimHôme» d^ Vimft'jination, — Moins effrayants quelquefois que la réa:ité.
F.USICC. Fabuil
• Cest une force Imïignfi d'un théâtre qui se respecte. »
{Cri de ia aitijwf indiçnée.J
Farcir un discours de citations, — Très pratiqué lorsqu'on n'a rien à dire, et qu'on veut passer pour éruilit.
Faro. Farder. Le fttrd du mensonge, — Un fard qui enrichirait à lui seul le commerce de la parfumerie» si les parfumeurs en débitaient.
Farder la vèiité.
« Tu m'as été fidèle, tu me le jures? — Je te le jure! »
« Je répondrai, madame, avec la liberté « D'un soldat qui sait mal (iirder la vérité. »
(Racine. BritanHiems, acte 1» se. u.)
Farouche. Faivuche tyran. — Au théâtre, le farouche tyran porto une forte barbe noire ou rousse, roule de yros yeux, fait ronfler les r et trembler Tinnocenee persécutée. Pour la glorification de la morale, il est génêlement massacré à la vi* ou vu* scène du V« acte, vers onie heures et demie.
FASCi.NATKrR. Ecijard faseinateur. — Les fermiers généraux passaient, auprès des femmes du temps jadis, pour aroir le regard fascinateur. — Aujourd'hui, les gros fînanciei^ possèdent le regard fascinateur.
Fasoner. Fasciner tes esprits, — ^ En général, ce ne sont pas des esprits forts qui se laissent fasciner à première vue.
It avait fascini^ la timide jeune fUle, comme le serpent fascine l'oiseau, — Voilà comment opèrent les don Juan de mman.
« Les Y^^ix du despote attirent les esclaves, comme le^ regards du serpent fascinent les oiseaux dont il f^it sa proie. «
(Cbateaulmacd. Itinéraire de Ptvis « Jèrmsuttfm^^
Faux. La ftwx du temps. Une faux qui jamais ne s'use, ni ne s'êhi ècbe.
La faux du fiVp^s.
« C en est t>iit, la faux du trépas « Se lève sur ma jeune amie. »
^Patruy. Poésies mêlél»
« La faux du temps vient les moissonner au milieu de leui^ travaux. »
CDucrftT-DuuaU. /Vtit-JMfM» et (kotfHte.''
Faveur. Briguer la /InTur des grands, — Il faut être bien petit pour cela. Aussi que de nains dans ce monde !
Obtenir les faveurs de Vohjet aimé. Ot^tenir h s dernières
DES LIRUX COMMITIS 131
fatrvrt. — Qui sont quelquefois les premières tant certaines femmes sonl pressées, Uni leur vie est remplie
Fatoa.%fle. Regard fatornlle,
• Jeiex Ti»rs moi un regard favorable. 6 mon père ! c*esl TOtr*^ fill** infi'rtuih'^e qui \ous en conjure à genoui. »
S<rno lie la FtUe compabU.)
F^TOMTisMB. Le facoritîsme envahit tout. U n'y a phts fie piaee ou plus de places pour le vrai mérite.
Remarquez que c'est presque toi^ours un crétin qui lance cette jérémiade.
FAT«mi5i.B. L'oUcurité de la nuit a favorisé sa fuite. 7*^ traître nous êKluifq^'.
Uclodrmines de l'andea boulcraH da CrioM.)
Fico5n.
« Le fécond romancier vient de publier un ouvrage qui, ccfftaînemeni. sera une des curi^Hïtés littéraires du moment. Jjmais il n'a été mieux inspiré dans le choix du sujet, jamai-^. »'tr. »
yB*»'lctin biUU >j:raphique en échan^ d« devx cicmpUtrts déposés par i aut<tir au pivinicr joutimI veou.j
iir..
« La féerie repréS4t>ntée, hier au soir, a parfaitement réussi Llnlellij;ente direction du th^^àtn» du.. ..qui ne recule devar aocon sacriGce. a déployé un luie de cosium^s et de déror^ inconnus jusqu'à ce jour. Les trucs les plus iu^énitMix. etc. les situations les plus francht^ment Cf^miques ont |tn»\»4|ii>' pendant toute la soirée rhilanlé t;<^nf^raie. »
t'onpeé rtiviu 4e la enttqme ih^atraU uk!iifAtle.\
¥zwm% Faible feinme. — L'expre5sîon e>l d'.Xlexandrc Dumas. L^es hercules femelles qui pèsent 200 livres, les femmes qui portent des artilleurs à lu as tendu, et celles qui portent des couronnes royales — f«irdeaux autrement lourds ^ ne craignent pas de >'in Ululer : faibles femmes.
« Cf^l ainsi qu'ils ont comiTu^nc»* a\v^c iroi, i|u;iit.I, f jLle femme, je ne pouvais fairi' c«^ «|ue tu d«MN r.uiv. etc. >•
T*i*ijr*tmmt mir\tM>* p-^ • àa rv:i»«c l«*U île 11 am ro* Ài^^t>tèse Xli et rrprjûfimt par V (i^tro dm Mê utlùbrt ièlt,
La plus noble d<s fmmes.
* Je reconnais Marie p«iur U plus mitJe, puur la plus pun^ dtn femmes. >
(ft'>(4Ml Baadwrr d L4>ui4 Coniitt. Deammutinrh >*>. tctc 1. «<. t. 1^46 )
t Oh! ne rinsultf^ pas !... c'est la plus uuble, la pliis gén*'raille des femmes. •
132 DICTIOX!(AIRE
« Dis-leur que j*ai donné la mort la plus affreuse « A la plus digne femme, à la plus %'ertueuse. » « (Voltaire. Zaire, acte T, se. z.)
Les femmes sont légères,
« Moins légère que la femme est la feuille qu'emporte le vent. »
(Tb. Bal. ÀBgdo Patàîano. Orpkéet acte T. xt« stède.)
Fer. Fer crtteL
« La porte de la prison s*ou¥Tit, une tête adorée tomba sous le fer cinieL »
(M">« Aacelot. Sahms de Pmrù.]
« Mais pour TenscYdir, les cachots sont ouTerts; « Il y descend, courbé sous le poids de ses f^rs. »
(MilleToye. VtmdépemdoMee de TAowMe de tettres.)
Briser les fers de resciavage. — Cela fait toijgours bien dans une tragédie et dans un gros drame.
« Je lui dirai qu^il n*est qu*un seul coupable ici. et que ce coupaUe, c'est moi, et que moi seul, je dois eshaler ma vie dans les fers. »
vPixéréoooK et Ànioet-Boiirgeois. Lahtde, acte II, se. n.;
Fer vengeur. •
m S'il avait pu.^.. plonger un fer vengeur dans le sang de ceux mêmes qui lui avaient ravi ses deux fils. »
(V. Dncange. Lèoni^l^ ou fa lleilie de Smresme.y
« Tous (les soldats français) brûlent de porter au loin la gloire du peuple français; tous veulent humilier ces n>is t)rgueilleux qui osaient méditer de nous donner des fers; tous veulent dicter une paix glorieuse. »
(Bona]>artc. Proclamatitm à Viumée. 21 avril 1796^'
«i Et ceux qui, restés seuls, ont perdu, sous le fer des assassins, tout ce qui embellissait pour eux la terre natale. »
'^Talleyrand. Jimtoire lu à Vlnstitut^ séamce du 1S mesùdor «m T.;
Ferment. Ferment de discorde. — Une parlie perdue aux billes, une place donnée à un concurrent, un coupd'oeil donné à un rival, une toilette éclipsante, voiiù des ferments de discorde chez les enfants, chez les hommes, chez les femmes.
Fermentation. La fermentation des esprits — Une fermentation qui détermine les émeutes.
Fermer. Fermer les yeux. Je n'aurai personne pour me fei^nwr les yeux.
« Longtemps il ferma les yeux sur les honteux déboitlc^ meuts de son indigne épouse. »
DES UEVX COMMÏJN» 133
Sur combien de choses faut- il fermer les yeux, pour vivre en paix avec son prochain !
Febrer. Être ferré à glace sur un sujet. — Qu'il est à plaindre rinterlocuteur d*un bavard ferré à glace sur un sujet !
Fertile.
« Esprit fertile, il aborda tous les sujets et les traita tous avec bonheur. »
Cela se dit quelquefois de Voltaire.
Fête. Fête de Vesprit. — Un dîner d'hommes de lettres et d'artistes.
« A sa table, notre illustre poète avait réuni IVlite de la lîtt/'rature et des art». Ce fut une de ces U'Uts de Tesprit comme il n'est pas donné d'en voir soiiv<*nt. »
Peut-être parce que les poètes ne sont pas assez riches pour en donner souvent de pareilles.
« La (été s'est terminée après minuit et Ton s'f'st donné rendeï-vous pour Tannée proctiainf*. »
[HepOM de corpg, repat d'ancien» condUriplei.)
Cette fête est charmante. Votre petite fête était charmnnte, — Compliment obligé de tout invité qui tient /i dire quelque chose d'aimable au maître ou à la maltre!»se de la maison.
Feu. Le feu de h. discussion. — Un feu où rôtissent bien des bêtises.
« Le feu des regards du jeune Alfred avait embrasé le ca*ur de la «ensible Amélie. »
il y a encore, dans les romans, des jeunes filles qui S4Ï laissent embraser par des regards.
« Avant que vous eussiez soupçonné les feux dont il t>rùlait. M
(M** Cottin. Âfalvina.f
Vn feu caché, un feu qui dort.
« ÏA* feu qui semble éteint nouvi-nt dort s^jus la cendre. »>
(Cornc'iUi'. Ho'iogune, acte 111, te. iv.)
Fki'-Follet
« Pareil à ces feux-foUcts, qui, la nuit, parcourent les iKjrds inaré<-ag<*ux, S'jn esprit parc^^urail etc. »
^ Style âe roman.)
y^viLLKCE. Le citant des oiseaux dans le feuillage» Fait toujours bien dans le paysage.
134 DICTIONNAIRB
« Les hauts marronniers, qui projetaient sur la route Tombre de leur épais feuillagei atténuaient Taideur du soleil. »
[Boman champêtre.)
Fkuillée. Danser sous la feuillée. — Souvenir des romans champêtres.
Fiction. Ingénieuse fiction, — Toutes les fictions de nos politiciens ne sont malheureusement pas ingénieuses.
Fièvre. La fièvre politique, — Se guérit généralement par Tapplication d'un emplâtre électoral ou par celle d'un portefeuille ministériel.
Fil. Filer. Fil de la vie, — Un fil bien embrouillé.
Trancher le fil de la vie. La Parque cruelle a tranché le fil de nos jours.
H Le dieu, qui partapre Tannée en quatre saisor.s qui S6 pi^cipitent, remet aussi le fil de nos jours aux Parques im patientes d'en trancher le cours. »
(Sénèque. ffenule au mont Oita^ acte III, se. ui.)
Filer des jours heureux, des jours tissés d'or et d^^ soie, — Ce sont des choses qui se voient de temps on temps, et qui n'ont d'autre but que de désespérer encore plus le commun des martyi^ de la vie.
« Calmez un emportement qui peut rompre le dernier fil qui la retient à la vie. »
( M» Cottin. Claire d^Alke.)
« En conGant à de tendres mains le Aisoau sur lequel e^t roulé le fil délicat des jours du beau housard. »
(V. Ducangc. Léoniile ou ia Vieille de Surtsne.)
Dévider le fil d'un discours, le fil des événements.
« Mais dévidons le fil des événements, il nous conduira comme le fil d'Ariane hors du labyrinthe.
[Mémoirta de Fouehéy 1826.)
FiLANOiÈRE. Les scBurs filandièi'es, — Pour les Parques. 11 y a beau jour que parques et sœurs fîlandières sont rentrées au bercail.
(Littérature du premier En^ire.)
Filandreux. Discours filandreux, — Discours de M. X... Plus le discoui*s est filandreux, plus les collègues de l'orateur Aient... à la buvette.
Filet. Filet de voix, — Souvent n'est qu'un filet de vinaigre. /
DES LipUX COMMUNS . 135
a M''-^ X..., dont les débuts étaient attendus avec impatience ilppuis longtemps, s'est fait entendre, hier au soir, dans le... Elle n'a qu'un filet de voix, mais elle s'en sert de manière à gagner les suffrages des dilletanti les plus difficiles. »
N. B. — Ledit filet de voix est du dernier mieux avec le critique qui se permet cette appréciation.
Filiation. Filiation des idées. — Que de bâtards souvent dans cette filiation !
Fils. Au demeurant, le meilleur fils du monde. — Se dit pour terminer la nomenclature des défauts de quel-
2u*un, comme le dernier coup de griffe d'une critique, 'est le dernier vers d'une épître de Marot :
tt J'avais un jour un valet de Gascogne, « Gourmand, ivrogne et assuré menteur, a Pipeur, larron, jureur, blasphémateur, « Sentant la hart de cent pas a la ronde, a Au demeurant, le meilleur fils du monde, »
Fils d'Apollon. — Poète. — Fils de Mars, — Guerrier.
[Dans l'argot des académiciens.)
Fils de ses œuvres. — Celui qui ne doit rien à perfonne, qu'à... ses créanciers, quelquefois.
Filles. Les filles de Mémoire. — Les Muses.
Filles de l'air. — Les abeilles.
u Fille de l'air, industrieuse abeille. »
(Dorai. Imitations de poètes latins, J.-B. A. lalthée.) '
Pille du ciel. — Abeille.
tt Quand on eut, des palais de ces filles du ciel, « Enlevé l'ambroisie en leurs chambres enclose. »
(La Fontaine. Le Cierge.)
Fin. Telle vie, telle fin. Triste fin d'une triste vie. — 11 n'y a guère que les gens heureux qui ont une belle mort. La plus belle de toutes est la mort par apoplexie ou par rupture d'anévrisme. Elles semblent particulièrement réservées à ceux à qui tout a toujours souri.
Finis coronat opus.
« Les Romains, après les dernières lignes de leurs manuscrits, dessinaient, pour indiquer la fin, une petite couronne, cwonis, comme nous mettons dans nos Hvres un cul-delampe. De là le proverbe : « Finis coronat opus. »
(Bau. Notes et commentaires sur Martial.)
En toute chose, il faut considérer la fin. »
(La Fontaine. Le lienard et le Boue.)
« Cesi la fin qiril Tant considérer en toutes choses. »
(Machiavel. La Mandragore, acte 111, se u.)
Les plaisants ont ainsi orthographié :
« En tout, il faut considérer la faim, »
FkNIR.
« Ainsi finit ce jeune prince, qui eût donné au inonde le spectacle d'un j^rand inonarqni\ si la mort ne fût venue moissonner, avant Tlieure, cctlc tendre lleur. »
/ [Panégyrique de n imparle quelprineet mort-néau besoin,)
« A partir de ce jour tout est fini entiH} nous, madame. «>
Paroles d'amant vexé, qui demain reprendra sa chaîne.
FiîiiV en qiicue de poisson. — Pour dire qu'une chose qui coninicncc bien se termine mal. Toutes les reformes promises pai* les souverains finissent en queue de poisson.
u Desinit in piscem mulier formosa supeme. «
(Horace.)
Firmament. Les étoiles brillaient au firmament. — Elles ne peuvent briller que là ; mais ce pléonasme fait la phrase plus longue cl plus sonore.
Fixer. Fixer l'attention du puhKc, — Et dire que des saltimbanques, qui travaillent sur la place publique, obtiennent souvent ce résultai, tandis que beaucoup de leurs confrères, qui travaillent dans la politique, nV peuvent parvenir.
Flagorneur. VU flagoimeur, — C'est toiyours un vil flagorneur, celui qui flagorne un autre que nous.
Flagrant délit.
« Mais, monsieur, puisque le flagrant délit a été constaté. »
[De mari à avocat.)
ft Je ne tx)ra prends pas qu on tue les coupables, disait un célibataire à un mari qui avait fait usage du pistolet coiyugal. — C'est une alTaire de convention », répondit ce sanguinaire George Dandin.
11 n'y a qu'un sot qui puisse se mettre dans le cas de surprendre sa femme en flagrant délit. Quelquefois il a une excuse, c'est lorsqu'il ne sait comment se débcuTasser d^elle.
Flambeau. Flambeau de V amour.
« Amour, amour, me seras-tu fidèle?
tt Viens sur mes sens agiter ton flambeau. »
(H. Imbert. Le Jugement de Paris, chant II.)
Un des flambeaux de la science. — Qui sera un jour flambé par la mort, tout comme le plus maigre des lampions..
Le flambeau du jour.
Le flambeau des nuits, — L'astre cher aux amants et aux voleurs.
Flamboyant. L'épée flamboyante lc r archange saint Michel. {V. le monument élevé sur la place de ce nom.)
Flamme. Objet de ma flamme. Couronner la flarnme. — C'est quelquefois l'éteindre.
Brûler d'une flamme discrète.
Les flammes éternelles. — Les prédicateurs en ont-ils assez abusé!
« Oui, notre hymen est léj^itime, notre flamme est sacrée, j'en porte dans mon cœur l'auguste témoignage, et si nos liens sont réprouvés, c'est donc aux yeux des hommes, et non devant le ciel ! »
(Victor Ducange. Adolphe et Sopkiet acte III, se. ix.)
Répondre à sa flamme.
« L'orpheline, attendrie des accents du baron, éprouvait une sorte de regret de ne pouvoir répondre h sa flamme. »
(V" d'Arlincourt. Les Trois Châteaux^ ch. m.)
« Analyser les transports de sa flamme. »
(Bcrnis, Epitre I.)
Amoureuse flamme.
« Qu'un grand cœur soit épris d'une amoureuse flamme, a C'est l'ouvrage des sens, non le faible de i'ûme. »
(Crébillon. Catilina, acte I, se. i.)
a D'un air plein d'amoureuse flamme
« Aux accents de ta douce voix,
« Je vois les fleuves et les bois
« S'embraser comme a fait mon âme. »
(Théophile.)
« Us se sont juré tous deux « Une Ilamme vive et pure. »
(CazoUc. Le Diable amoureux, romance de l'aveugle.)
« Le ciel même bénit leur amoureuse flamme. »
(Racan. Ydalie, égloguc.)
« Je vous aime Zaïre, et j'attends de votre Ame a Un amour qui réponde a ma brûlante flamme. »
(Voltaire. Zaïre, acte I, sc.ii.)
<3ft MC.TIOXNAIRK
Fi.ATTKrR. Vi7 ptittvur, — Quand c*ost nous qu'il tlall«\ o*e$l un anù 5incèrc, un lldèlc ami.
Flktrir, L\dm$ des plaisirs flt^tnt /o jeunesse. — Tri:^le< plaisirs» plus triste jeunesse !
Flkur» La fieur de h jeunesse. — Cela se dit en parK nt de la jeunesse en sabols^ de la jeunesse eanipagnanto. et des coqs de village.
« Au bal?... Eh bien et ma toilette?.,. Voyous... quclîc fleur mettrai-je dans mes cheveux. »
(B<>ul<^. RîmbAut. cl Dupré. Emery hnéfoekmit l$4i. S<xpc lie U folio..)
En général, au théâtre, celle scène do foli»^ réminii:«^ se traite par le souvenir du bal, do la toilette cl do> rteui*s.
Tapis de fleurs. Benouvelè des Romains. (Uoraoc.
« Sur un tapis de fleurs, dans ce lieu soUtaiiv. «
« Sur un l«pis de fleurs, sur Pherbe priulanicre, « Qu'iguoi^^, je sommeille à Poinbrt) de^ ormeaux. »
*Pour nous, jeune nol^lesse française, sans ivim»! |Kni«- U passé, saus iuv|uiClude pour TaviMur. nous marchions sr.iùlucnt sur un lapis de Ûeui"^ i^uî nous oa^ bail un abhne. *
hleur de /Vj/c. Le printemps de la vie. Il y a de^gx^ns pour qui quarante ans est la lleur de làsTC. — Quelqu'u!'» annonv^ut à Aubcr, aloiv plv^que octogénaire, la mort d*un pei*sonnai^> politique. « O^^^l "âg^* a\ait*il ? demanda le niacsti». — Soixante ans, — Soixante ans. tu le vert et encore galant vieillard, soixante anss, Ktleur de l agv ! »
Heureuse en ellel moi. qui, à la fleur de Tàgts nxvvrai le nom de giandinère.
Einkeè à Ui fi'Cur de Cdge.
* Tn ranc b'icu émiuoul. cîiîiy les |hvîcs fîXiJïCAis. éuil ttscrxv à ÀuiîîV Cheuior. eukné à îa licar de ràs^e. *
Lc$ fiU)-^ «<î*s-s/w/ ^l'WS >>rs ptîs.
» Lds fleurs ne peu\enl iwiiux* aijîoîïrs «ijut* sk-^is $e$ |vas^ »
DES LTECJX COMMUNS. 139
Le quatrain s^uivaiit (3ât attribué à M. de Maurepas :
« Iris, on aime vos appas,
« Vos grâces sont vives et franches
« Et les fleurs naissent sous vos pas,
^f Mais, hélas ! ce sont des fleurs blanches. »
Flelve. hcMendre le fleuve de la vie.
'* Ma canne à la main, je cbîsconds doucement le fleuve de
la vie. »
(Jouy. f/JErmite de la Chamtée-d'Antin.)
H aurait mieux valu mettre « la rame à la main », ou <' la ligne à la main » ; mai» M. de Jouy a voulu entendre, sans doute, la canne à pêche. ^
« Sans esprit il est lort habile, « Son domicile est chez autrui; « De la sorte il a dans la ville « Quinze ou seize maisons à lui.
« Dans Tune, il a table servie, « Dans Tautre, des ^ens, son loyer, « Et traverse ainsi sans payer « Le fleuve de la vie. »
(Scribe, Mék'svillc et Safnt-Ocorgc». L'Bearîé, 182i//
ft Mais hélas ! vers le dénouement, u Arrive la j^^endarnierie, « L'on me saisit et Ton me pend...
« Et je descends ainsi calment « Le fleuve de la vie. »
(Dupin, Rocherort et F. LftDglé. L'Âpothéose de
Polichinelh'.. \WU.)
Le flot populaire.
« On se souvient 4|ue la duchesse d'Orléans. .. fut séparée de son fils par le flot populaire. »
(Fif/firo <lu a junsier 1879.)
m Vfï flot d^auditffurs se pressait au pied de la chaire, avides d>nlendre la parole sacrée du Père a... Variantes : Au jîied de la chaire, tw pressait un flot d'aurliteurs, etc. — Avides d^enteiidre la parole sacrée, un flot d'auditeurs, etc. »
Le flot des révolutiom.
« Impassible, au Luxenif>our^, sur saehiii>e cmule, il a vu - «e briser c<>ntre son immobilité le flot de toutes les révohi-
(e. Scribe. La Camaraderie ^ acte I, se. it. 1B27.)
Vlf]ft$ àe sang.
« Vf irànti de Charles le parjure tombe avec fracas au gnïliev des flots fie sanjç des citoyens. »
[IHteourê d'inutaHatwn de M. lAojw: . proc . gén. prci la tour roy. de Grenoble^ 2 sept. IdSO.)
Les flots en courroux.
Flotter.
Le drapeau fiançais a flotté dans toutes les capitafes du monde,
{Paroles de Chawein.]
Ses longs cheveux (couleur ad libitum) flottaient sur ses blanches épaules,
(Portrtit de femme, o6té du romaa.)
Flux.
« Le flux les apporta, le reflux les emporte. »
(Tableau des grandeurs humaines, jouet des capriees du pe<ip1e, et dernier > ers d^une fable de P. Lachambaudie : Le CoçHilhige,
« Le peuple, dont la vague est bouillonnante el forte, « Sait les (ambitieux) rendre aussitôt à leur obscurité : « Le flux les apporta, le reflux les emporte. »
Foi. Jamais je ne renierai /fi'fot de mes pères, — C'était bien au temps jadis que les pères avaient une foi quelconque, mais aujourd'hui que les pères... Aussi la phrase u^a* t-elle plus cours que dans les anciens mélodrames.
ITawir ni foi m toi. — C'est le propre des gredins fieffés.
« Tout le monde disait de moy * Que Je n'avais ni foy ni loi. »
' (Théophile. 1623.)
FoLiK. Folle. Aimer à la folie, — Encore un pléonasme ; Tamour n*est-il pas lui-même la pire dosfoiies?
La folie agite ses grelots, — A combien de journalistes n'a-t-elle pas servi celte phrase, le jour de rouverlure du cai*naval ?
« La plus courte folie est toijgours la meilleure, v
(Ch. Bevs. L'Hôpittil des fous, 1639.)
Ce vei^ est reproduit, mot pour mot, dans les Cousins de. Ducerceau, acte III, se. v.
La folle du logis, — Cette périphrase pour désigner Fimagination appartient à sainte Thérèse. Elle a éli? répétée par Montaigne, Malebranche, Voltaire et tant d'autres après eux. Sous ce titre^ Léon Gozlan a écrit un roman.
Folliculaire. Un méchant follienlaire a osé avancer que,., <^ Propos d'auteur qui se fâche.
Fonction. Graves fonctions. Remplir de gt*av€S fonctions. —
l»ES LIEUX COMMUN» 141
Chaque foid que le minislére public veul onlraincr l'élan de MM. les jurés, il ne manque pas de faire appel à leurs graves fonctions. C'est traditionnel.
• Me^ieurs les jurés, jamais peut-être vos fonctions ne furent plus graves, plus importantes qu'aujourd'hui, etc. »
(VUiicaa,preiR. av. gén. Cour Rassises du Loiret, 9 nov. i830.\
Fo5CnOXNAIRE.
« Fonctionnaire de l'Etat, investi de la confiance publique, mes principes me défendent de transiger avec ma conscience. »
Réponse étonnante du pot de terre au pot-de-vîn.
FoxD. Dteu voit le fond des cœurs. — Que d ordures il doit y voir!
FoBCE. Lfi force de Vh'ihitude. — Les trois quarLs dc> bêtises que font les hommes, ils les font p ar la force de Thabitade.
Il faut que for*:e reste à la loi. — C'est toujours ce qui arrive... quand la loi est la plus forte.
« Mon Dieu! donnez-moi la force de continuer le rôle que je me suis imposé. •
;BouIé, RimlMat el Oupré. Enwry le nêgfjciant. ihii.)
FuRÊT. Le bourdontiement des insectes d^ins la forêt. — fl T a aussi le bourdonnement de la fouie, cette réunion à'autres insectes plus nuisibles que ceux de la forêt.
• 8ur la rivière... se tenaient de nornhreiix navires qui, comme les arbres d'une forêt, emmêla it'iit les uns dans les autres leurs mâtures, leurs cordages, etc. »
(H. MaloL SoA* famille. 1676.)
FoEGEB. Se forger des chimères. — Ce n'est pas précisément ce à quoi les maris perdent leur temps.
Forger dfs armes pour se faire battre. — Un mari, qui fait trop d'éloges de sa femme devant des amis, forge des armes pour se faire... battre.
FOBMC. •
... ^ / La Monart'hie hérfiditaire.
La meilleure for- ^ j^ Monarchie constitutionnelle. m^ ^ie gouvernement, \ 2^.£.,^^„y^,
«'^'- \ La République.
(Koj'r au rayon des fantaisies politiques.
Fort. Fart comme un Turc. —Très fort Se dit encore»
liieii qu'il n\y ait rien de moins fort, aujourd'hui, qu'un Turc, si ce n'est deux Turcs.
« Il est ferme dans la dispute, fort comme un Turc sur ses prineipes. »
(Molière. Z« Malade imaginaire, acte II, se. vi.)
Fortune. Uaveugle fortune. — Pas si aveu gle qu'on croit.
La fortune des aimes.
Fortune paternelle.
a 11 dissipa, dans la ciél)auc]ie et le jeu, la fortune paternelle si laborieusement acquise. »
La fortune paternelle d'un dissipateur a toujours été laborieusement acquise... à ce que l'on prétend.
« De l'aveugle fortune il dirige la roue. »
(Colnct. L'Art de diner en ville, chant I.)
« Tu peux me faire perdre, ô fortune ennemie I tt Mais me faire payer, parbleu, je t*en délie I »
(Regnard. Le Joueur, acte T, se. iv.)
Ces deux vers sont la devise des joueurs sans scrupule. D'ailleurs les joueurs qui paient, ne paient en général leurs dettes de jeu que pour ne pas perdre leur crédit, et pour pouvoir encore jouer.
Fortune scandaleuse.
« Je vois, avec un profond sentiment d'indignation, les manœuvres de l'intrigue et les déceptions de ces hommes cupides, dont les fortunes scandaleuses s'élèvent sur la ruine des malheureux qu'ils ont dépouillés; de ces hommes qui, après avoir semé le deuil et la pauvreté dans les familles, étalent un luxe insultant, etc. »
[Gazette des T^bunaiix. Procès Aguado contre le Constitutionnel^ plaidoirie de M. G. de Beaumont. av. du roi, 25 mai 1829.)
Audaces fortuna jttvat. — Souvenir virgilien, légèrement estropié, que se permettent, de temps en temps, les novices du journalisme, et, très souvent, les vétérans de 1^ presse. Les vrais puristes, eux, disent ; Audentes fov^ tuna juvat. Les poètes ont ainsi* accommodé cette
pensée :
« La fortune favorise la folie et la force. »
(Soudraka. Le Chariot d'enfant, drame indien, acte IV. Tnd, de l'anglais par A. Langlois.)
« La roVliine est toujours pour les audacieux. »
(Destoucbcs. L'Ambitieux, acte 1.)
« La fortune bizarre
< Favorise toujours le plus audacieux. «
(D'Epa|;ny, Lanciutret acte lY, 8C. ni.)
(c La fortune ôte le jugement à celui qu'elle veut perdre. »
(Publius Syrus. Sentences.)
C'est la même pensée que celle d'Euripide, ainsi traduite du grec en latin par M. Boissonnade :
QtW8 vult perdere Jupiter dementat priiis.
C'est, mieux encore, une variante du texte latin de Publius, introduite par M. Boissonnade, qui a substitué Jupiter à fortuna et ajouté priiis.
(V. Sentences de Publius Syrus, trad. Jules Chenu, 1835.)
Fortuné. Union fortunée. — Une de ces choses qu'on ne voit que rarement.
« mortels fortunés, ô villageois heureux, trois et quatre fois heureux, vous qui, loin du bruit des villes, jouissez en paix des dons de Gérés! »
(Genre bucolique.)
Fou. Fou d'amour, — Une des manifestations les plus dangereuses de la folie.
Foudre.
« Le vent fait rage, la foudre sillonne la nue, le tonnerre gronde avec fracas, répercuté, par l'écho, de montagne en montagne, et le jeune pâtre, saisi de crainte, confiant son âme à Dieu, tombe à genoux à l'entrée de la Roche-Noire. Au nom du ciel, gémit une voix plaintive, qui que vous soyez, ayez pitié d'une infortunée qui, etc. »
(Jeune pâtre surpris par l'orage^
Foudres de Véloquence.
« Bossuet, annonçant la fin de sa carrière oratoire, et déposant, pour ainsi dire, les foudres de l'éloquence sur la tombe d*un héros qui avait lancé les foudres de la guerre, s'élevait, etc.. »
{Journal des Débats, 17 pluviôse an YIII.)
Foudre de la guerre.
a Là se perdaient ces noms de maîtres de la terre, tt D'arbitres de la paix, de foudres de la guerre. »
(Malherbe. Ode.)
Foudroyer. Foudroyer du regard. — Les femmes foudroient du regard les insolents qui leur font des propositions intempestives, ceux qui ne savent pas prendre l'heure à la montre du berger.
lU DICTIONNAIRE
ForcL'E. Il faut pardonner à la fougue de la jeunesse, — Osl ce que tant de Gérontes ne veulent pas comprendre.
Fouilles.
« Dos fouilles pratiquées à cet endroit mirent à découTeit le corps d'un enfant du sexe masculin qui, apn>s les constatations légales, a été reconnu être né viable. Des marques de stiangulation, etc. «
(De la eoUeetion des faits diters."
« En pratiquant des fouilles sur l'ancien emplacement du... les terrassiers employés à ces travaux ont découvert un certain nombre do monnaies anciennes d'or et d'argent à reflig-ie de, etc. »
{Article édiUté,)
Fouler.
« Fouler avec bonheur le sol natal, après une longue
absence. »
{Geitre attendri etpatriatiqme,)
Foyer. Foyer de rébeliion. Foyer de discorde, La jok du foyer. Le foyer paternel.
Depuis le jour où le malheur est venu s'asseoir à fwire foyer.
11 y a encore le foyer de TOpéra, où les habitués de Forchestre vont chauffer ce qu'ils appellent leur amour.
Fragilité. La firagilité dei choses humaines. — Et parmi tant de choses fragiles , rien de plus fragile que les serments de femmes, si ce ne sont, peut-èliv, les serments politiques.
Fr-\gment.
« Parmi les morceaux les plus remarquables qui ont été exécutés avec une maestria incomparable par le jeune et déjà célèbre virtuose, il faut citer, en première ligne, un Aragmeut de... »
[Compte rendu de n'w^^orte fuel concert.)
Frapper.
Frapper l'air de ses cris. Ouvrage frappé au bon com. Frappé de teireur. Frappé d'un coup mortel.
La mort frappe tous les hommes. — Et l'idée seule de la mort les frappe... d'épouvante. Pourquoi? puisqu'on prétend que Fànie est immortelle et que, dans la vallée de Josaphat, l'humanité sera reconstituée encore mieux que les mastodontes ne l'ont été par Cuvier.
Fraternité. — Un jour, tous les peuples seront unis par les liens de la fraternité.... à ce que prétendent les utopistes.
Salut et fraternité. — En 93, ces mots au bas d'une lettre jetaient un froid... de guillotine.
Frein.
Le frein de la loi.
tt Mettre un frein aux mauvaises passions d'une vile multitude.
[Propos des classes dirigeantes.)
Fréquentation. Les mauvaises fréquentations perdent la jeunesse, — Quel est le père de famille qui n'a pas tenu cent fois ce langage à ses fils ?
Frère. Tous les hommes sont frères. — Qui s'en douterait?
Fresque.
a Les belles fresques de Raphaël sont un objet d'admirsr tion pour tous les touristes qui visitent la Ville Eternelle. »
(V. les Guides Joanne.
Frimas.
« Les frimas de novembre avaient répandu sur la campagne un linceul de neige. »
(Tableau de l'hiver.)
Fringant.
a Le fringant vicomte donnait le bras à la femme du ministre de..., une des reines de la mode. »
{Echos du monde.)
<i Un fringant attelage parcourait la grande allée des Champs-Elysées. »
{Style de roman.)
Friper.
a Palsambleu, dit le vidame en fripant du bout de ses doigts aristocratiques la dentelle de son jabot, l'aventure est piquante; continuez, vicomte. »
{Roman genre xyiu* siècle.)
Friser. Friser la police correctionnelle. — Interrogez-les tous ces coquins qui frisent sans cesse la police correctionnelle : tous vous répondront que la plupart des métiers honnêtes ne nourrissent pas leur homme.
u Ses cheveux d'un blond cendré frisaient naturellement et formaient un contraste étrange avec ses yeux d'un noir velouté. »
• [Boman, côté des portraits.)
Frissonner. Frissonner des pieds à la tête. Frissonner d'hoi*reiir au récit d'un drame épouvantable. Frissonner d'horreur à la vue d'un hideux reptile. — Les pauvres gens, eux, frissonnent de froid six mois de ranuée. C'est encore plus triste.
Frivolité. La frivolité est le caractère de la nation française. — La routine cependant est puissante en France : définisse qui voudra ce contraste.
Froisser. Il ne faut froisser les opinions de personne. — On ne sait pas à quelle opinion on pourra un jour appartenir soi-même.
« Je ne voudrais froisser les opinions de personne; mais pour rendre hommage à la vérité, je suis forcé de dire que la fraction, que le parti (ad libitum) ne paraît pas entrevoir la question avec tout le patriotisme qu'elle commande. — A l'ordre! A l'ordre I »
{Chambre des députés.)
Frondeur. La bourgeoisie en France est essentiellement, frondeuse. — Oui, mais le jour où elle est menacée dans ses intérêts, comme elle fait volte-face! Grattez le bourgeois, vous trouverez le boutiquier.
Front.
« Son front vaste et légèrement bombé, où le ffénie semblait avoir élu domicile, frappait au premier abora. »
Portrait du front du monsieur* qui joue les grands premiers génies dans les romans, et que, souvent, le romancier fait parler et agir comme un imbécile.
Front serein.
« Et sur son front serein celte noblesse empreinte. »
(Longepierre. Médée, acte I, se. i.)
Front d'airain
<( J'ai vu que l'impudence est la reine du monde, « Et qu'il faut, quand on veut y faire son chemin, « Aller à la fortune avec un front d'airain. »
(La Chaussée. La Gouvernante^ acte I, se. m.)
« Il faut un fix)nt d'airain pour devenir hcui'eux. »
(Lafont. Les Trois Frères rivaux ^ sc.'v.)
DES LIEUX COMMUNS l'i7
Frou-Frou.
« Le frou-frou d'une robe de soie m'annonça rarrivée de la princesse. Elle s'avança {gracieusement à ma 'rencontre, et, me tendant la main à l'anglaise... »
[École moderne.)
Fruit. Détruire son fruit, — Plaidoyer comme un autre en faveur du rétablissement des tours.
Les fruits de Vétude, — Quelquefois bien indigestes pour ceux auxquels on les fait goûter.
Les fruits d'une bonne éducation — Des fruits qui, aujourd'hui, arrivent rarement à maturité.
Le fruit de ses entrailles.
Elle nous demanda, à mains jointes, et d'un ton à fendre le coeur, de lui montrer ce tendre fniit de ses entrailles. » (V. Ducange. Léonide ou la Vieille de Suresne.) « Enghien, de son hymen le seul et digne fruit. »
(Boileau. Épitre IV.) « Sais-tu biejï qu'à l'instant que son flanc mit au jour « Ce triste et dernier fruit d'un malheureux amour. »
(Voltaire. Zaïre.)
tt Je suis de cet hymen le fruit infortuné. »
(Voltaire. La Mort de César, acte III, se. u.)
« Au nom des tendres fruits d'un hymen malheureux. »
(Longepierre. Médée, acte II, se. v.)
Fruste. Son visage fruste commme une médaille antique. — Littérature de numismate.
Fugitif.
« Ces poésies fugitives ont vu le jour dans un de ces moments de tristesse où l'àme, à défaut de confident, aime à s'épancher sur le papier et à le rendre, pour ainsi dire, témoin de nos plus secrètes pensées. »
Préface de n'importe quel volume de poésies que Tauteur appelle fugitives, et qui n'ont pas encore assez fui au gré de l'infortuné lecteur qui s'y est laissé prendre.
Funèbre.
« Les honneurs funèbres étaient rendus par un peloton du... de ligne, auquel le défunt avait droit en sa qualité de membre de la Légion d'honneur. »
[Xécrologip.)
Furki il. Les fureurs de Bellone,
« La fureur des vagues menaçait 'à chaque instant de précipiter leur frêle esquif au fond du gouffre amer. »
{Surpris par la tempête.)
« Les fureurs révolutionnah*es pénétrèrent jusque dans nos camps. »
(L.-B. Picnrd. L'Honnête Ifomme, ou le Niais.)
Fusion.
u La fusion des partis est une de ces nobles utopies dont la réalisation est impossible dans notre malheureux pays, où les germes de divisions ont des racines si profondes. »
{Tartine politique.)
Gaieté. Gaieté communicative. N'être pas ennemi d'une douce gaieté, La gaieté 7i*avait pas perdu ses droits. Il y aura encore de beaux jours pour la vieille gaieté gauloise.
« La décence, le bon ordre et la joie la plus franche ont présidé à^elte fête. »
[Journal des Débats du 8 ventôse an VIII. Compte retidu du bal masqué donné le 7 ventôse au théâtre de la Hépublique et des
Arts.)
Gage. Donner des gages à son parti, — S'être compromis plus ou moins pour un parti. — Avoir fait de la prison, s'être fait condamner à mort par contumace : autant de gages donnés à un parti.
Gage de l'amour.
« Mais ce malheureux gage de notre coupable amour, cet enfant abandonné comme sa mère... »
(Ch. Desnoyers et Nus-Follet. Jacques le Corsaire. 1844.}
Galon. « Quand on prend du galon on n*en saurait trop pi^endre. »
[Parodie d'un vers du Jtoland de Quiaault, acte II, se. t.)
t Quand on prend de l'amour, on n'en saurait trop prendre. >»
Alors, fait obsei^ver M. Ed. Fournier {l'Esprit des autres) pour un ncBud de ruban, une faveur, un galon^ on disait
un galant... Pour désigner un galon et un amoureux^ un même mot suffisait donc, et dès lors jugez des équivoques. Pourquoi n'aurait-on pas fait dire à quelque fine mouche de soubrette :
Quand on prend du galant,.., etc. ?
« Vous vendez dix rabats contre moi deux galans. » fCorneilie. La Galerie du Palais^ acte IV, se, xiii.)
Garde-du-corps.
« C'était, à cette époque, un sémillant garde-du-corps de Charles X. »
(Portrait d'un vieillard sympathique.)
Gaze.
« Une gaze légère enveloppait son corps, et en dessinait les contours harmonieux, qui eussent tenté le ciseau de Praxitèle et rendu Phidias rêveur. »
Voilà comment les romanciers les font belles à peu de frais.
Gazouillement.
« Elle s'endormit, doucement bercée par le murmure de Tonde et par le gazouillement des oiseaux. »
C'est ainsi que s'endorment, à la campagne, les amoureuses de roman.
Gémir. Gémir dans les fers. Gémir sur la paille humide des cachots. Gémir sous le joug d'un prince barbare. Faire gémir lu presse. — Il faut avouer que, souvent, ce n'est pas «ans motif.
« J'ai déjà fait gémir la presse, et, sans me vanter, avec assez de succès. »
(L.-B. Picard. L'Honnête Homme^ ou le Niais.)
« Plus de vingt volumes de moi firent, en moins de deux ans, gémir la presse. »
(Ducray-Duminil. Petit-Jacques et Gforgette.)
tt Alors gémit la presse, et, foulés avec bruit, « Ces types variés, que le métal produit, « Gravent d'un seul instant, ouvragei indélébile « Sur la feuille mouvante, une empreinte immobile. » (Bignan. Epître sur la découverte de l'imprimerie. t820.)
GÉMONIES. Traîner aux gémonies. — C'est le revers de la médaille de bien des popularités, qui n'ont pas d'autre base que l'engouement aveugle des masses.
GÉNÉREUX. •— Un vocable dont toutes les femmes rêvent. — Généreux ami. Généreux coursier.
îoO DICTIONNAIRE
Gk.me. Avoir le gèiiie de Vintrigue. — C'est un excellent moyen d'arriver à quelque chose, et quelquefois à tout.
Génie tutélaire,
« Et puisse le génie tutélaire qui présida à notre naissance.... »
(M»* Gottin. Claire d'Albe.)
« On dirait que ce fleuve (le Rhin) est le génie tutélaire de l'Allemagne. »
(M"*" de Staël. L'Allemagne, t. I., chap. i.)
« Ce génie tutélaire (l'homme providentiel), une nation nombreuse le renferme toujours dans son sein. »
(Las Cases. Mémorial de Sainte- Hélène. 1823.)
L*empreinte du génie.
« S*il n'est pas ravi, pour ainsi dire en extase à la vue de l'empreinte sacrée du ^nie. »
(Lacépéde. Discours sur la maniée (Jtétudier laphysique.)
Génie infernal, — Les orateurs de la Révolution donnaient avec plaisir « du génie infernal » à Pitt.
« Prenez donc des mesures contre le génie infernal de Pitt. »
(Fabrc d'Eglantine. Convention nationale, rapport sur Vt^iotage. Séance du 13 août 1793.)
Germe. Le germe des mauvaises passions. Semer le germe de la discorde.
Germer. La pitié , comme une plante bienfaisante ^ germe de bonne heure dans le cœur de l'homme vertueux.
Glaive. Le glaive des lois. Le glaive de la justice.
u Le glaive de la justice, auquel bien peu de coupables parviennent à se soustraire, saura atteindre un criminel comme vous, qui n'a pas craint de tremper ses mains dans le sang d'une mnocente viclime. »
(Péroraison du ministère public.)
« Je laisse le glaive des lois « Pour porter celui de Bellone. »
(Scribe et Dupin. La Jarretière de la Atariée, se. xri. 181C.)
« Tant que subsistera le glaive de la justice. »
(Victor Séjour. Les Noces vénitiennes, acte 1, se. xii. IS55.)
« Qwo le crime poussé jusqu'à cette insolence, « Du glaive seul des lois tienne sa récompense. »
(Fabrc d*Églantine. Le Philinte de Molière, acte IV, se. \.)
Glaive vengeur,
« Armé du glaive vengeur, la justice attend, etc. »
{Procès des assassins de Fualdès. Plaidoierie de M« Dubemard.)
Le glaive de la justice, qu'on a fait étinceler si souvent, apparait déjà dans VOrestie d'Eschyle.
« Le glaive de la justice atteint toujours le cœur du coupable. »
Glaner. Glaner des idées dans le champ d'autrui, c'est le fait d'un plagiaire, (Pensée de M. de la Palisse.) — S'ils ne glanaient pas un peu dans le champ d'autrui, bien peu d'écrivains auraient quelque chose à dire.
Glapissant. Voix glapissante. — L'avocat, à la fin de sa péroraison, l'orateur, à la fin d^un discours, ont la voix gl apiss ante. Il y a en qui ont même la voix glapissante il es IÇ "fléblîl d'une harangue.
Glas. Le glas funèbre. — On n'ouvre pas, là-haut, à tous ceux pour qui l'on sonne le glas funèbre.
Glisser. S'engager sur un terrain glissant. — La gloire est un terrain glissant qu'il n'est pas donné à tout le monde de parcourir.
« Glissez, mortels, n'appuyez pas! »
(Roy. i730.)
Mis au bas d'une gravure représentant l'hiver (les Patineurs.) Ce vers a été ainsi parodié pour l'usage des arracheurs de dents : N'arrachez pas, guérissez!
Globe. Les globes d'albâtre. — Ce qui veut dire, en vile prose, des « seins blancs ». Les poètes du premier Empire ont beaucoup donné dans les globes d albâtre.
« Mais, Dieu ! qui n'aimerait d'une ardeur idolâtre. « Cette plaine de lait, ces collines d'albâtre, « Cette neige qui fond et brûle les amants, « Ces globes animés d'éternels mouvements? »
(Colletet. Les Amours de Claudine.)
« Qu'ont-ils fait ces deux jolis globes que lu retiens, pour mériter des fers et languir dans une prison? »
(Dorât. Imitations de poètes latins. Muret.)
Glorieux.
« Les vieux débris de nos glorieuses phalanges ont accompli leur pieux pèlerinage annuel au pied de la colonne. »
Phrase consacrée le 5 mai de chaque année sous le second Empire.
Encore tin glorieux débris de la Grande-Armée qui vient de s'éteindre.
Phrase consacrée chaque fois que meurt un vétéran de la Grande- Armée.
Nos glorieuses institutions.
Gouffre. Le gouffre amer, — Pour la mer. (Style prétendu poétique.) Flongvr au fond du gouffre amer pour satisfaire le luxe effréné de nos Lais modernes.
Gouffre immense, gouffre infini. «t Malheureux! un rocher inconnu, sous les eaux, « A-t-il, brisant les flancs de les hardis vaisseaux, « Dispersé ta dépouille au sein du gouffre immense? »
(André Chénier. Œuvres posthumes.)
Gouffres de Vinfini.
u Vrmé de cet admirable bon sens que j'ai signalé déjà,
ne ciai'niez pas qu'il (J. Autran) se laisse emporter au large,
avec ces poètes audacieux qu'attirent les gouffres de 1 nifani. »
(Victorien Sardou. Discours de réception à l'Académie française,
S5 mai 1878.)
Goutte. Les gouttes de sueur brillent sur son visage.
« Les gouttes d'une sueur pénible brillaient sur son front, m
(Ch&teaubriand. Atala.)
Gouvernement. Gouvernement protecteur.
« Le gouvernement, protecteur de nos droits et de nos libertés,paraît cependant sentir à la fin, mais trop tard, la nécessité de purger les administrations et tous les emplois Sublics de ces hommes de sang, reste ipi)ur de nos fatales discordes, de ces hommes dont le patriotisme a sa source
dans les rapines, etc. » , , ^ . , ,«,•« x
[Chronique indiscrète du xix» stècle. f Ma.)
Grâce.
« M™e de X... a fait les honneurs de ses salons, avec son amabilité et sa grâce habituelles. »
{Fin obligatoire d'un compte rendu de bal ou de soirée,) a Au milieu d'elles parut une jeune déesse éclatante de
ffràces et de beauté. »
*" (M-* D... Maria.)
Le droit de grâce, la plus belle prérogative d'un sauve-
rain,
« Au moment où le chef de l'État prélude au droit de irrâce et de pardon, la plus noble de ses prérogatives. «
(A. Wolff, Figaro du 19 nov. 1878.)
Grandir. Grandir dans V estime publique Grandir dans Ves- Um^ de ses concitoyens. - On grandit souvent d autant
plus qu'on en a plus imposé ou que les autres se font plus petits.
Gras. Gras comme un moine. — Réclame une légère valante : Gras comme un moine... avant l'expulsion.
« Ainsi vivait dans ce nid délectable,
« En maître, en saint, en sage véritable,
« Père Vert-Vert, cher à plus d'une Hébé,
« Gras comme un moine, et non moins vénérable. »
(Gresset. Vert-Vert, chant II.)
Graver. Graver sur l'airain,
« Le souvenir de ses bienfaits restera gravé dans nos cœurs en traits ineffaçables.
{Éloge d'un Montyon queleonqtie.)
a Ce sont des choses que la vertu grave en lettres de feu dans les âmes élevées. »
, (M«« Cottin, Claire dAlhe.)
a C'étaient de naïfs aveux, c'étaient de tendres serments qui, pour n'avoir jamais été prononcés (sic)^ n'en étaient pas , oins gravés au fond du cœur. »
(Mnllian, P. Tournemine et Bernard, Le curé Méritio, act. l's se. V. {834.)
« L'amour lui-même en traits de flamme « Grava leur image en votre àme. »
(Tissot.)
« Tandis que vous prononciez ce discours, gravé en traits Ineffaçables dans ma tête et dans mon cœur. »
(M«« de Genlis. Pétrarque et Laure.)
a Le nom de mère, hélas ! qui fit tout mon bonheur, tt Ses accents douloureux l'ont gravé dans mon cœur. »
(M™* Badois. Elégies maternelles. i805.)
Les soldats, pleins d'une amoureuse flamme, gravent encore sur Técorce des arbres leur nom et celui de leur belle enlacés autour d'un cœur percé d'une flèche. C'est du classique sentimental, de la pastorale, de Féglogue à coup d'eustache. Nombre de bancs de nos promenades publiques sont illustrés de lettres enlacées et de cœurs percés de flèches.
« J'ai gravé son beau nom sur l'écorce des hêtres.
(Segrais. Eglogues.)
Grelot. Attacher le grelot.
« La folie agite ses grelots et convie à la lutte les gais enfants de Momus, »
C'est ainsi que les journalistes du bon vieux temps annoncent Tarrivée du carnaval.
Grelots de Momus,
« Le vaudeville est forcé de s*emparer des grands hommes
Sour les faire aimer davantage, au milieu des grelots de [omus. »
{Journal des Débais, 22 Tent6se au VIII.)
Grisettk. La gentille grisette, La grisette, cette race aujourd'hui disparue comme les carlins, — C'est la faute à la prostitution qui marche à pas de géant.
Grossir. La peur grossit les objets. — D'autres fois, ce sont les objets qui grossissent la peur.
Grotte.
u Ils s'assiren' à rentrée d*une grotte creusée par les mains de la nature, et firent un frugiU repas, composé de figuos sèclies, de lait et de pain. »
^Excursion d^amowreux dans un pays de montagnes.J
Le soir, ils sont ordinairement surpris par un orage.
GrÈPE.
« Elle avait une taille de guêpe, qui eût tenu dans les dix doigts. »
« Sa taille de guêpe avait la souplesse d'une liane. » « Sa taille de guêpe, aussi souple qu'un roseau. »
{Tire des romans contemporains. J
La taille de guêpe, c'est le triomphe du corset et lo martyre de bien des femmes.
G r EURE. La guerre et ses horreurs,
u Le fléau de la guérie avait porté la désolation au soin de ces riches contrées. »
La guerre civile, k plus horrible des fléaux.
Ci Les agents de l'Angleterre, unis à des brigands, soulùvont les habitants des campagnes, et préparent le plus terrihl.» des fléaux, la guerre civile. »
{Proclamation du général en chef Brune aux habitants de^ départements de VOuest, i pluviôse an VlII.)
Guerrier.
« Cette ç^loire militaire de l'Empire, tant regrettée do nos fiers guerriers. »
{Almanachde la Bonne Duchesse, dédié aux dames firancaist^. par J.-A Gautier, 1833.)
« Geoi^s aussi admirait nos guerriers. »
(L.-B. Picard. L'Honnête Homme ou le Niais, chap. i.^
Hagard.
« Elle promenait un œil hag^ard d'un côté et de l'autre. » « Les cheveux dénoués, l'œil hagard, elle regardait sans voir. »
[Héroïne de roman en proie à un violent chagrin.)
Haleine. L'haleine du zéphyr. Son souffle aussi pur que l'haleine du zéphyr,
tt Elle racontait avec un son de voix aussi doux que l'haleine du zéphyr. »
(Arra. Charlcmagne. Les trois B... ou Aventures et Mémoires d'un boiteux, d'un borgne et d'un bossu. 1>'09.}
a D'un zéphyr indulgent, si les douces haleines
tt Ont conduit mon vaisseau sur des bords enchantés. •
(Ducis. L'Amitié.)
« Le zéphyr amoureux vous suit, haletant après vous, et vous pousse de son haleine chaude et humide. »
(Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature.) « Des nocturnes zéphyrs je sens la douce haleine. »
(Marie-Joseph Chénier. Élégies. 1806.)
Hanter.
« Le vieux château, perché sur le sommet de la colline, passait pour être hanté par des esprits. »
(Roman genre Anne Radcliffe.)
Harmonie. Harmonieux. Verser des ton^ents d'harmonie,
« Les sons harmonieux du violon la plongeaient dans une douce rêverie, dans une sorte d'extase. »
(Roman hystérique.)
Herbe. La mauvaise herbe pousse vite. — Cela se dit familièrciTient d'un enfant qui grandit beaucoup, u Mauvaise graine est tôt venue. »
(La Fontaine. L'Hirondelle et les Petits Oiseaux.)
Hêtre.
« Ils s'assirent à Tombre d'un hêtre toulTu, dont les branches formaient un abri naturel contre les rayons ardents du soleil. »
Cela n'est pas prudent. Que de jeunes filles, en s'asseyant ainsi, s'exposent à voir les feuilles à Fenvei's!
Hki UE. L'heure de la vengeance a sonné. Quand donc sonmm Vhemr de /a liberté ?
« Les lieures s'envolent sur Taile du temps. » Un joli sujet do pendule.
HKiREra. Heureuse comme une reine. — Aii^ourd'huî, ce n*esl pas dire grand'chose.
Us fuirent heureujT et ewrent beaucoup d'enfants^ comme dans les contes de fées.
Couler des jours heureux au sein d*une nuHleste aisancCm
Heureux l'homme qui sait se contenter de peu ! — C'est co que disent ceux qui ne cessent de tirer la couverture à eux. Us n'ont pas eu encore la franchise dégoûter : u Plus heureux encore celui qui sait se contenter de rien 1 »
Et rendez-la heureuse! — Recommandation de beaupère à gendre.
« Pourvu qu'il la rende heureuse !.. »
^Paul Foucber. Bianea ConinrinL acle 1. se tiu. 1S40.^
« Son âme est bien plus belle ! ali ! i-endez-la heureuse î » (V, Ducange. LAinide om ia Vieille de Suresme..
Les heureux de la terre,
« Et voilà donc comment les heureux de la terre « Savent se dispenser aujourdluii de bien faire, *
(Fabre d'ÉgUntine. Le Philinte de M&liére, acte H. $c. n.)
Heureux du monde.
« Oh ! le vent déchaîné sème en vain la tempête, « Heureux du monde ! il passe et respecte vos fêtes. »
(TurquelT.)
« Donnez à l'indigent, donnez, heureux du monde! »
,Reboul.)
« On n'est jamais plus heureux « Que quand on le croit être. »
(Legrand. Le Roi de Coeagmet acte I, se. vr.)
HiPPOCRATK. Comme Hippocrate^ il a refusé les présents (tArtaxeirés, — C'est que probablement il a trouvé le5 présents d'Artaxercès trop maigres. Un médecin, aut se respecte, doit posséder, ouli^e^ le buste en bronze d Hippocrate sur sa cheminée, la gravure où le même Uippo-
craie est représenté repoussant les présents d'Artaxercès, gravure dédiée à la Faculté de médecine.
HiPPOCBÊNE.
« On sent que notre aimable poète a bu à la source sacrée de l'Hippocrène. Son vers facile, etc.. »
(Petite réelame, genre élastique, en faveur dun petit poète.)
Hjrondelle. Hirondelle légère. Hirondelle gentille. L'automne voit s'envoler l'hirondelle, qui va demander à un ciel plus clément, etc. — Les peintres et les poètes, qui se sont complus à faire du sentiment bourgeois, ont mis l'hirondelle à toutes sauces. Murger lui-môme, qui n'était, après tout, qu'un bourgeois révolté, a chanté Thirondelle :
« Hier, en voyant une hirondelle... »
tt Et moi, je reviendrai sous ces toits éclatants, « Ainsi que Thirondelle, au souflle du printemps. »
(Millcvoyc. Homère mendiant.)
a Je les ai vus partir comme trois hirondelles,
« Qui vont chercher bien loin des printemps plus fidMes. »
(V. Hugo. Les Feuilles d'automne.)
Et les Hirondelles de Déranger :
« Hirondelles que Tespérance
« Suit jusqu'en ces brûlants climats, »
a L'hirondelle nous abandonne
a Et quitte, en gazouillant, ces lieux. »
'Efsméaaxd. Le Dernier beau jour d'automne, chanson.)
« Que j'aime à voir les hirondelles « A ma fenêtre tous les ans, « Venir m'apporter des nouvelles a De l'approche du printemps! »
(Florian. Les Hirondelles, chanson.)
u. Quand vous reviendrez, hirondelles, a Trouverez-vous encor vos nids ? »
(Cabasiol. Les Nids d'hirondelles.)
« Je t'aimerai tant que les hirondelles
a Feront leurs nids au retour du printemps. »>
{/e t'aimerai, vieille romance.)
Henri de Latouche a aussi rimé en faveur de l'hirondelle :
« Dès qu'avril renaîtra, j'ouvrirai ma fenêtre, « Plutôt et du plus loin pour te voir apparaître. »
Donnons asile k la ronde du vaudeville le Passe-Port, de Menissier et A. de Courchamp :
« Si j'étais hirondelle, « Que je puisse voler,
« Sur le sein de ma belle « J'irais m'y reposer. »
Une des plus célèbres hirondelles connues, une d^^î hirondelles qui font la ioie des bourgeois sensibles, figure, peinte à Thuile, dans le tableau de M. Prolais, « la Sentinelle. »
Histoire. Voilà comme on écrit Vhistoirc. — Se dit lorsqu'on dénature un fait. Vient d'un vers d'une méchante comédie de Voltaire, intitulée Chariot.
« Et voilà justement comme on écrit Thistoire! »
Qui donc peut se flatter d'écrire l'histoire impartialement ? On la juge comme on juge tout, avec ses nerfs, avec son tempérament.
Hiver. L*hiver et ses frimas. L'hiver jette sur la ftattire s»»» manteau de neige.
« Ces longues soirées d'hiver pendant lesquelles, assis autour du feu, etc. »
« L'hiver, cette saison où la nature semble se reposer, est le temps de l'activité pour les cabinets des puissances. »
{JoHnwl rf« ùrbats du li pluviôse an MUA
C'est pendant l'hiver que les cabinets préparent ki guerre pour le printemps : douce occupation, hvnmo aimable en l'honneur du réveil de la nature !
Hommage. Veuillez mettre mes hommages aux pieds de mudame votre épouse. Rendre hommage à lavéï'ité. — Devant les tribunaux, cette dernière phrase se prononce la main droite posée sur le cœur ou étendue dans la direction de l'image du Christ.
Homme. L'homme, cet animal intelligent. — Qui a dit cela ? — L'homme.
Le meilleur, le plus généreux des hommes.
« Le comte est le meilleur, le plus {généreux des hommes, v (Alph. Arnault et Louis Juiiicis. Lçs Cosaques., adir \. se. \iii. 1853.)
« Le plus noble, le plus généreux des hommes. »
.Scribe. La Cahmniet acte Y, se ii. 1840.)
u Vous tjtes venu surjjrendre mes paroles, épier les adieux que j'ailressais... que j adresserais encore au protecteur do
mon enfance, au plus noble, au plus jçénéreux de tous les hommes. »
(Ch. Desnoyers et Eug. Nus. Le Testament d'un garçon, acte III, se. it.)
« Si j*existe encore, je le dois au plus noble, au plus généreux des hommes, à éelui que je vous ai donné pour mari. »
(Scribe. Une Faute, acte I, se. th. 1830.) « L'homme s'agite et Dieu le mène, »
(Fénelon. Sermon pour VÉpiphanie.)
On a émis plus d*une variante de cette belle pensée du cygne de Cambrai, entre autres la suivante,' qui est la plus répandue :
tt L'homme s'agite, et la femme le mène. »
Et encore :
« L'homme s'agite, et la femme le m^ne... à l'hi^pital. »>
Boutade d'un homme qui avait, sans doute, beaucoup à se plaindre des femmes.
« Homo sunif humani nihil à me alienum puto. » « Je suis homme et sensible à tout ce qui touche les hommes. »
(Térencc. La Uourreau de lui-même, acte I, »«c. i.)
« La première fois qu'on entendit prononcer à Rome, sur la scène, ce beau vers, il s'éleva, dit saint Augustin, dans l'amphithéâtre, un applaudissement universel. Il ne se trouva pas un seul homme, dans une assemblée si nombreuse, composée des Romains et des envoyés de toutes les nations déjà soumises ou alliées à leur empire, qui ne parût sensible à ce CI i de la nature. »
(Cité par Le Poitevin de L'Égrcville. L'Esprit du tMàtre.)
« Tous les hommes sont égaux devant la mort. »
(Sénèquc. La Troade, acte IV, se. i.)
Mais alors, pourquoi les uns ont-ils des tombeaux grands comme des villas, tandis qu'on enfouit les autres dans la fosse commune, et de là à l'ossuaire où on empile leurs crânes comme des boulets dans un parc d'artillerie ? 11 faut même que les pauvres diables soient dérangés pendant leur sommeil éternel 1
// ne faut pas se fier aux promesses des hommes, on^ coutume de dire les femmes, lorsque les hommes leur font des protestations d'amour.
Le poète chinois, Kouan-Han-King, a dit :
« Les femmes doivent se garder de croire légèrement aux promesses des hommes. »
{Le Ressentiment de Ténu, acte 1, se. vi. Trad. Bazin aîné.)
« Un homme en vaut un autre. »
(Df^stouchos. L'Homme swffidiçr, ado II. se. v.>
« Ce sont de grands enfants que la plupart des honunos. >
(Desfauchercts. Le Mariage sect^ety acte I, se. i.i
Honnête homme, — Ce que chaque homme veut faire croire qu'il est. Un homme trompé par sa femme peutil être un honnête homme ? — Presque toujours.
« Le bruit est pour le fat, la plainte pour le sot; a L'honnête homme trompé s'éloigne et ne dit mot. » (Lanoue. La Coquette corrigée, acte I, se. m.)
Et encore combien passent pour d'honnêtes hommes, qui ne s'éloignent pas, et qui, pareils au grognard de Scribe, savent souflrir et se taire sans mwmiurer !
Honneur. Le champ d'honneur. Mort au champ d'honneur.
« L'amant de Gabrielle était le premier au champ d'honneur. »
(Victor Ducangc. Adolphe et Sophie, acte I, se. i. 1816.)
« Et je puis montrer mes blessures :
« Au champ d'honneur, j'ai su les acquérir. »
(Scribe, Mclesville et Xavier. Le Témoiny se. i. iSiO.)
« Le ciel, au champ d'honneur, combat pour la vertu. >>
(Du Bclloy. Gaston et Bayard,)
« Le reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé. »
(Corneille. Cinna, acte V, se. i.)
« J'ose dire pourtant que je n'ai mérité
« Ni cet excès d'honneur, ni cette indignité. »
(Racine. Britannicus, acte II, se. iii.)
« L'honneur parle, il suflit. »
(Idem. Iphigènie, acte 1, se. n.1
« Un mari qui vous a confié l'honneur d'un des plus beaux noms de France. »
(Sophie Gay. Un Mariage sous l'Enqtin. 1832.)
L'honneur de.,.
« L'honneur de s'asseoir parmi vous est la plus douce comme la plus brillante récompense, etc. »
[Discours de réception du citoyen Parny, Académie française, 26 décembre«1803.)
« L'honneur d'être admis » ou « l'honneur de s'asseoir » est un cliché fort usité au début d'un discoure de réception à l'Académie.
« L'honneur d'être admis parmi vous, et de faire entendre ma faible voix dans cette enceinte. »
(Discours de réception de Ch. Nodier, 26 novembre 1833.)
Horizon. Bientôt le soleil disparut à l'horizony derrière les hautes montagnes.
Horizon politique. — L'horizon politique se rembrunit, l'horizon politique s'éclaircit.
« Alors rhorizon de la France était chargé de nuages. »
{Discours de rentrée prononcé par M. Berville devant la cour royale de Paris , 3 no-vembre 1830.)
« Décidément l'horizon politique s'éclaircit. »
(Le Français du 11 mai 1878.)
Horreur. La sublime horreur d'une tempête.
« C'est plus que de la haine, plus que du mépris... c'est de Thorreur que je lui inspire. »
(Ch. Desnoyers et Nus-Follet. Jacques le Corsaire. 1844.)
Tenez, vous me faites horreur ! — La femme, qui prononce cette phrase là, est joliment indignée, ou joue joliment l'indignation.
Hospitalité. Les droits sacrés de l'hospitalité.
« L'honneur d'exercer envers eux les droits sacrés de l'hospitalité sera réservé aux citoyens, etc. »
[Rapport du citoyen David sur la cérémonie projetée pour le 40 août i793.)
Houleux. La mer houleuse déferlait ses vagues contre les rochers granitiques.
(Roman plus ou moins maritime.)
Humain. Les humains. Les hommes. Bien souvent, rien de moins humain que les humains.
Dieu est l'arbitre des humains.
Humide. Humide encore des baisers de la presse. — Un journal, la moindre feuille jie chou, au besoin, sortant de l'imprimerie.
Hydre. L'hydre de l'anarchie relève la tête. Il faut écraser l'hydre de l'anarchie. Salut à l'hydre de l'anarchie , un des plus be*aux clichés connus, la joie des rédactions de journaux, la terreur des campagnes ! En plein xix*' siècle, il y a encore des journalistes qui ne craignent pas d'exhiber, detempsen temps, l'hydre de l'anarchie, des cartons où elle dort du sommeil des hydres.
Sous le second Empire, toutes les fois qu*un ivrogne criait : « Vive la République ! » ou chantait la Marseillaise, les journaux officieux prétendaient que « l'hydre révolutionnaire relevait la tête ». On trouve un des premiers exemples de Thydre politique dans Malherbe :
les DICTIONNAIRE
« Que rhydre de la France, en révoltes féconde. »
(Malherbe. Sonnet à Louis XIII.)
Hymen. Le temple de Vhymcn. L'amour , ftére de Vhymen. Un frère adultérin souvent.
Les douctiiirs de l'hymen. — Sans doute une aimable plaisanterie d*un poète célibataire.
Les douces chaînes de l'hymen. — Si douces, que quelqu'un a dit : « L'hvmen est le bagne de l'amour. »
« L'amour est le plaisir d'un jour, tt L'hymen le bonheur de la vie. »
(Seribe et G. DclaTi|^ne. La Somnambule, acte I, se. ii. 1819.)
« En attendant que je trouve à m'enchaîner dans les tendres liens d'un hymen convenable. >»
(L.-B. Picard. L'Honnête homme ou le Niais.)
« Je ne connus <|ue pendant un an les douceurs de l'hymen. »
(V. Ducange. Lêonide ou la Vieille </? Sui-t^sHe.)
Molière n*a pas hésité, le cas échéant, à repousser le ridicule « hymen », pour le remplacer par le mot : mariage :
« Presser l'heureux moment de notre mariagre. »
{Les Femines savantes, acte I, se. m.)
Le flambeau de l'hymen. — Un flambeau q[u!on a \'u souvent s'allumer aux torches de la discorde.
« L'autel où de l'hymen vont briller les flambeaux. »
(C. Dela^i{|fne, Le Paria, acte 111, se. m.)
« AU milieu des combats, et près de son tombeau, « Pourriez- VOUS de l'hymen sdliimer le flambeau? »
(Voltaire. Adélaïde du Guesclin, acte I. se. iti.)
« Et quand l'hymen pour nous allume son flambeau. »
(Corneille. Horace, acte II, se. >.)
« Ce n'est pas à des torches Ainéraires que Ton va allunuT le flambeau de l'hyménée. »
{Procès Descoutures, janvier 18ff7. Défense de H* Uauguin.)
« Que je quitte à regret la rive fortunée
« Où je vais allumer les flambeaux d'hyménée. »
(Racine. Iphigénie, acte Itl, se ir.)
Idéal. — Le rêve de quelques jeunes filles.
C'était Vidéal qu'elle avait rêvé. — Souvent rien de plus grotesque qu'un idéal descendu des nuages où l'imagination Tavait placé. Un idéal qui porte et bonnet de coton, et gilet de flanelle.
Idole. L'idole du peuple, — Recette pour faire une idole du peuple : prenez soit un journaliste politique, soit lin souspréfet, au besoin un petit avocat, faites-lui écrire ou débiter quelque flagornerie à l'adresse du peuple, mêlée de quelques bonnes injures à l'adresse du gouvernement ou du clergé, obtenez son incarcération ou sa démission, et, au bout de quelque temps, vous aurez une idole sous les espèces de député ou de sénateur, à moins que l'engouement populaire ne se soit déjà porté ailleurs.
Illusion. Se nouninr d'illusions, — Une nourriture peu substantielle.
'Zes illusions de la jeunesse sont de courte durée. — Elles durent encore assez de temps pour faire commettre beaucoup de bêtises, et souvent des bêtises irréparables.
lUiUSTRATiON. On remarquait dans la salle un grand nombre d'illustrations de tout'genre,
(Compte rendu d'une cérémonie quelconque.)
• Etonnant est le nombre d'illustrations de l'existence desquelles on ne se doutait pas.
Image. L'homme est fait à l'image de Dieu, — Mettons quelques hommes, et ce sera bien assez.
Séduisantes images du plaisir. •
« A cet aspect renaissent, dans le souvenir des fidèles, dans leur cœur peut-être, les séduisantes images de ces plaisirs dont Paris est le théâtre. »
{Chronique indiscrète du m' siècle.)
Un aperçu des séduisantes images des plaisirs pari-
siens: le tour du Bois, le lourdes théâtres, le tour des bals plus ou moins publics, le tour des maisons de jeu et des maisons de filJes. Que de tours ne fait-on pas voir à tous les niais avides des plaisirs parisiens ! V'ià le plaisir, messieurs)... Ce sont ces dames qui le vendent.
Immensité. Combien l'homme se sent petit en présence de l'immensité ! — C'est, paraît-il, l'opinion de tous ceux qui ont fait une ascension en ballon.
Imhknitence. Mourir dans Vimpénitence filiale. — Probablement des gens qui ont grelotté de froid, Ja moitié de leur vie, et qui croient se chauffer aux flammes de l'enfer.
Impératif. Le mandat impératif, — La domesticité du mandat de député.
Accepter le mandat impératif. — S'engager à dire amen à toutes les folies qui passeront par la tête de vos électeurs.
Impérissable. Sa mémoire impérissable vivra éternellement dans le souvenir des générations, — Encore une de ces phrases hyperboliques en l'honneur de quelque soidisant grand homme à qui Ton ne pense plus deux mois après sa mort, ou le lendemain même.
Imperturbable. Posséder un sang-froid imperturbable, — Cette qualité est nécessaire pour garder son sérieux en présence de tant de stupidités débitées chaque jour par tant de graves personnages.
Impétueux. Impétuosité.
« Le torrent impétueux projetait au loin la blanche écume de sesomles, qui, bondissant dérocher en rocher, allaient se perdre dans la verte campagne qu'elles fécondaient. » *
TJn vent impétueux soufflait à travers les planches disjointes de la misérable cabane. — L'impétuosité de leurs passions aveugle les hommes.
Impitoyable.
• « Il ne trouva que des juges ruipitoyables. Ces tigres altérés de sanj», sur un signe du farouche Fouquier-Tinville, ce monstre à face humaine, renvoyèrent à la mort. »
Naturellement l'historien qui lâche cetje phrase u*est pas précisément un panégyriste de la Révolution.
Implacable. Vouer une haine implacable, — Allons donc 1
il y a bien peu de gens capables d'une haine implacable, aujourd'hui. Adieu la haine implacable l... dès que l'intérêt l'exige.
Importance. Uimportance^de la question n'échappera à personne,
(Chambre 4es députés. — Conseil municipal.)
Imposant. Figure imposante. Voix imposante, — H y a des niais à qui certaines figures, certains sons de voix imposent.
Impossible. Impossible n'est pas français.
(Napoléon !•'.)
u Impossible est un mot que je ne dis jamais. »
(CoUin d'Harleville. Malice pour malice, acte I, se. tiii.)
Impression. Faire une profonde impression.
« Tout cela fit beaucoup d'impression sur l'âme des spectateurs. »
(Ducray-Duminil. Petit- Jacques»et Georgette.)
Ressentir une profonde impression. Sa vue m'avait fait une profonde impression. L'impression favorable que vous m'avez laissée, lors de notre dernière entrevite, etc.. Il m'a laissé une très bonne impression. — Les femmes mesurent à l'étiage de la générosité d'un homme le degré d'impression qu'il leur produit.
Impression durable et salutaire.
Impressionnable.
« Pareille à une sensitive, la jeune Caroline, si vivement impressionnable, ne put, à ce récit, retenir ses larmes. »
(Style de roman.)
Impressionner. — Vivement impressionnée par le magnifique spectacle qu'offrait le soleil disparaissant derrière rOcéan, elle se taisait, muette d'admiration, lorsque, etc.
{Paysage littéraire à l'usage des commençants.)
Imprévoyance. Sa fatale imprévoyance a causé bien des maux.
Ceci peut s'appliquer à plus d'un homme d'Etat, à plus d'un souverain.
Imprimer. Impnmerla crainte, hnpnmer le respect,
« Il imprime à ses moindres actions Un caractère de jjran
deur qui forcfî radmiration des masses et impose le rospeci. »
Improvisation. Dans une Mllante improvisatix>nf vivement applaudie, Vélégant orateur, etc. -3- Le plus souvent les brillantes improvisations ont été hmgtemps préparées dans le silence du cabinet; quelquefois même, préparées par d'autres.
Imprident. Jeune imprudent, ne jouez pas avec l'amour !
(DeTise de confiseur ou de mirliton.)
Impulsion. Donner une nouvelle impulsion.
« Sous un sage gouvernement, il sut donner une nouvel^? impulsion aux idées libérales. »
{Cotq» d'encensoir sur le nez d'un souverain.)
Inaccessible. Cœur de roche, inaccessible à la pitié^ rien ne peut donc vous émouvoir ?
(Pin de tirade de femme suppliante.)
Inanimé.
u Éléonore poussa un cri déchirant, et se laissa tomber inanimée dans les bras du fidèle Pedro. »
{Style de roman, genre espagnol.)
Inauguration. Inaugurer.
« Aujourd'hui a eu lieu, en présence d*un grand nombre de notabilités de tout genre, l'inauguration de... »
{Style des journaux.)
« Il faut inaugurer une ère nouvelle, où les idées franchement libérales ne courront plus le risque d*ètre entravées dans leur essor. Nous réclamons toutes les sages libertés qui, etc.. »
(Fragment d^une tartine politique.)
Incarnat. L'incarnat des lèvres,
« Ses yeux noirs, ainsi que ses cheveux et sa barbe, contrastaient d'une manière remarquable avec son teint asseï blanc et fort pâle, ce qui faisait ressortir le bel incarnat de ses lèvres que couronnaient les plus belles dents que Ton pût voir. »
(M"** Guénard de Méré. Les Souterrains de Birmingham. 49iS.)
a Bouche dont les souris découvraient avec gloire « Un petit double rang de ses perles d'ivoire ; « Lèvres dont l'incarnat faisait voir à la fois « Un rosier sans épine, un chapelet sans croix. »
(Le père Pierre de Saint-Louis. La Magdûlenéide.y
L'incarnat de la pudeur.
« Le vif incarnat de la pudeur, uni à la joie la plus pure, donne à son visage enchanteur un éclat surnaturel. »
(M"»» de Genlis. Pétrarque et Laure.)
Incestueux.
« La morale ne réprouvera jamais as8«z, Tarsenal de nos lois n'aura jamais assez d'armes pour combattre ces accouplements incestueux qui sont la honte d'un peuple civilisé. »
CCri de moraliste qui souvent joue Tindignation.)
Incident. Ici se place un incident.
« Au cours des débats, il s'est produit un incident que nous ne saurions passer sous silence. ::>
Un pénible incident a impressionné l'assemblée. Un triste incident a interrompu la séance,
(Échos de^la Chambre.)
Incohérence. Incohérent. — L'incohérence du langage,
« Bientôt l'incohérence de ses idées ne laissa plus de doute sur son état mental. Le malheureux était atteint de folie à la suite de, etc. »
« Des mots incohérents s'échappaient, par intervalles, de sa gorge oppressée. »
(Style de romancier. — Le chapitre qui suivra a beaucoup de chance de commencer chez le docteur Blanche.)
Incomparable.
« Notre incomparable diva s*est surpassée dans le duo du...»
(Critique théAtralc.)
Il y a cinq ou six diva proclamées incomparables. Du temps de Ch. Maurice, ce qualificatif avait beaucoup de prix.
Inconduite. Les funestes effets de Vinconduite. — Certains pères de fantille, qui pourraient poser pour la statue de f économie, ne manquent jamais de s'écrier, lorsque leurs héritiers ont dépensé une pièce de cinq francs : « Craignez, mon fils, les Amestes effets de l'inconduite ! »
Inconsolable.
« Sa veuve inconsolable lui a fait ériger ce monument. »
(Littérature funéraire.)
N. B. — La veuve inconsolable est, en général, remariée dans Tannée qui suit le décès de Tépoux. Une de . ses plus douces émotions est d'aller, le jour des Morts, ^ au bras de son deuxième, jeter quelques fleurs sur la \ tombe de son premier.
Inconstance. Inconstant. L'inconstance de la fortune, La fortune est tnconstante, elle est femme. Les femmes sont inco7istantes. — 11 ne faut pas trop nous plaindre de cette qualité. Quand on n'aime plus une femme, on aime assez qu'elle soit inconstante. Quand on l'aime, "on ne i^aperçôîl jamais de son inconstance ; on n'y veut jamais croire. Toujours la magique^ puissance du bandeau de l'amour!
Inconstitutionnel. — Un des mots les plus longs de la langue française, un mot à grand effet, quand il est bien lancé, par un orateur, du haut d'une tribune parlementaire.
« Messieurs, vous remarquerez, ai-je besoin de le dire, que cette proposition est inconstitutionnelle. Vous la repousserez. »
Avoir bien soin de prononcer, en scandant chaque syllabe, in... cons... ti... tu... tion... nelle... C'est là un de ces mots interdits aux bègues.
Inconvénient.
« Les inconvénients attachés à ce système ne peuvent souffrir l'examen. Vous repousserez donc ramendement. »
[Littérature de Chambre.)
Indéfinissable. Un trouble indéfinissable s'empara de son esprit.
C'est le moment, c'est l'instant où l'amour frappe le premier coup à la porte du cœur d'une jeune fille.
Indépendance.
« L'indépendance de son pays toi sa seule préoccupation et le but de toute sa vie. »
{Éloge d'un homme d^État queleonque^ de Cavour par exemple.) *
L'ingratitude est l'indépendance du cœur.
A Paris surtout, on a trop d'occupation, pour sacrifier quelques instants à la reconnaissance. Et puis, il faut tout dire, les bienfaiteurs, en général, sont trop exigeants.
INDESCRIPTIBLE' Bonhcur indescriptible, — Encore un de ces adjectifs qui ne font pas perdre de temps à l'auteur, et qui lui permettent de passer illico à d'autres exercices littéraires.
Indignation. A cette vue, à ces paroles, une noble indignatUm le saisit. Laisser éclater son indignation. Il ne put
contenir son indignation en entendant prononcer de telles paroles. — Tel étale en public son indignation pour un coquin enrichi, qui, au fond du cœur, le jalouse et lui porte envie.
Inépuisable. — La bonté de Dieu est inépuisable. Sa bourse, qui semblait devoir être inépuisable, fut tane à la fin. — Il n'y a pas de fortune inépuisable pour l' homme inactif . La générosité n'est inépuisable que lorsqu'elle s'appuie sur la vanité!
Inespépé. bonheur inespéré! je pourrai donc revoir celle que faime.
(Style d*aracureux qui puise ses inspirations dans la lecture du Parfait Secrétaire des amants.)
Inestimable. Posséder des trésors inestimables. »— Bien rares sont les maris qui trouvent de pareils trésors dans la personne de leurs femmes ; plus rares sont ceux qui s'en aperçoivent, ou qui savent les apprécier.
Inexpérience. L'inexpérience du jeune âge. — Ce qu'on lui reproche le plus, et ce qui au fond plaît le plus.
Inextuicable. Le cœur humain est un labyrinthe inextricable. — Mais non : vanité, ambition et envie, en général, voilà le fond du cœur humain.
Infaillible. Le succès de l'affaire me parait infaillible, et une première émission de.'., nous permettra de...
(Ce que l'on peut entendre dans une réunion d'actionnaires.)
Meu seul est infaillible, — Permettez ! Et le pape donc?
Infâme.
« Bas le masque ! vous êtes un infâme, qui n'a pas craint d'abuser de - la candeur et de rinexpérience d'une faible femme. »
a C'est une infâme trahison dont Dieu vous demandera compte un jour. »
« Les infâmes! Courage, courage, et nous pourrons poursuivre vos assassins: je les reconnaîtrai, moil »
(Joseph Bouchardy. La Sœur du muletier.)
« Jeanne était en son pouvoir! l'inftlme! et vous l'avez souffert, mon Dieu!... »
(Paul Foucher et Àlboise. La SalpêtrièrCi acte III, se. vu.)
« Les infâmes ! Gomme ils m'ont trompé I comme je leur
ii sei-vi de jouet et de risée!... Oh! qu'ils tremblent!... Marguerite, il te faut un supplice mille ibis plus afifrcux que la mort ! »
(Ch. DesDoyers et Nus-Follet. Jacques le Corsaire, t8f4)
« Tu mens, infâme*! ,tu mens. »
(F. Cornu et H. Àuger. Pauvre mère!)
MM. les comédiens sont priés de bien appuyer sur l'accent circonflexe en prononçant ce mot.
Infâme ravisseur.
« Et de cruel tyran, dMnfâme ravisseur,
« Te fasse vrai monarque et juste possesseur. »
• (Corneille. Phocas, acte IV.)
Infanterie. LHnfanterie française est la première du monde. L'infanterie française est le plus beau fleuron de Vannée.
Infanticide. Encore un infanticide.
« Des vidangeurs, en opérant le curage de la fosse d'aisances de la maison du... n"..., ont découvert le cadavre d'un enfant nouveau-né dont la mort est le résultat d'un crime. » (Sic.)
« Depuis quelque temps les infanticides se multiplient d'une manière enrayante. »
« Encore un nouvel infanticide dont les circonstances rappellent celui qui, la semaine dernière, etc.. »
{Tire' de la collection des faits divers.)
Infernal. Machination infernale. Ruse infernale. Déjouer une ruse infamale.
(Style romantique).
Infernal et divin. — Deux mots (jui font l'effet d'un chien et d'un chat accouplés.Ils étaient fort à la mode, il y a quelque vingt ans, dans la conversation des admirateurs des romantiques. Cette antithèse a hurlé pour la première fois dans le Journal d'Eugénie Guérin.
« Quel homme que Hugo ! je viens d'en lire quelque chose : il est divin, il est mfernal, il est sage, il est fou, il est peuple, il est roi, femme, peintre, poète, sculpteur, etc., etc. »
On le voit, M. Victor Hugo a presque autant de titres à la postérité qu'avait de noms ce gentilhomme espagnol qui effraya tant son aubergiste en les lui énumérant.
« beauté ! ton regard infernal et divin. »
(Baudelaire. Fleurs du mal.)
Infini. Contempler Vinfini Comme Vhomme se trouve petit quand il contemple l'infini! — S'il est sincère, il avouera
gu'il n'a pas besoin de contempler Tinfîni pour avoir celle opinion de lui-même.
Infortune. Infortuné — Infortune noblement supportée.
« Le récit de votr» infortune nous a touchés jusqu'aux larmes. Courage ! dei «ours meilleurs luiront pour vous. »
« Infortuné I Qu'ai-jt fait au ciel pour mériter un toi châtiment, pour subir un sort si rigoureux? »
[Style de théâtre).
Ingénue.
« Le rôle de... a été tenu avec beaucoup de charmes par notre gracieuse ingénue. »
{Feuilleton théâtral.)
Ingrat.
«Fils ingrat, qui déshonore les cheveux blancs de son père ! »
(Scène de la malédiction.)
Innocence. Le sommeil de Vinnocence. Le langage de V innocence est empreint d'une éloquence irrésistible,
a Innocente créature, lâchement persécutée, combien vous avez dû souffrir ! »
« Vous n'avez pas craint d'abuser de l'innocence d'une enfant ? »
« Oserais-je abuser de sa candeur et de sa sensibilité, pour lui faire trahir son devoir et lui ravir à la fois l'innocence, la paix et le bonheur? »
(M"«« de Genlis. Les Chevaliers du Cygne, chap. m. 1795.)
Innocence opprimée*
« Non, messieurs, l'innocence, tout opprimée qu'elle soit, ne prend jamais l'attitude des coupables. »
(M>>>« Roland. Mémoiret,)
Innovation. Sa>ge innovation,
« Partisan éclairé de toutes les sages innovations, il Ait un des premiers qui propagèrent, etc. »
Inspirer. Jamais l'illustre écrivain n'avait été mieux inspiré, — Dire «que c'est la même rengaine, chaque fois que rillustre écrivain accouche d'une œuvre nouvelle !
Institution. Nos glorieuses institutions,
« Imitons l'exemple de notre nouveau roi, qui préside à nos institutions épurées et raffermies, et qui, fidèle à la gloire dont il s'est couvert dans les plaines de Jemmapes, vient d'ordonner qu'on rétablît la statue de Napoléon sur la
17â »R,1'U)NNA1RE
colonne, veuve de son héros, et dont il n'aurait jamais dil descendre. »
{Réponse de M. Parseval-Grandmaison au discours de rt'cep" Uon de Af. Viennet à l'Académie françaisey 5 mai 1831.)
Instruire. Instruire en amusant. — C'est la prétention do tous ceux qui écrivent des livres à l'usage des enfants ; c'est aussi la prétention de quelques autres. Sur mille, un réussit à peine.
« Et c'est rendre, à mon avis, un service considérable au public que de l'instruire en Tamusant. »
(L'abbé Prévost. Préface de Manon Lescaut.)
Intention. Mes intentions sont pures. — Les hommes en ont pas mal dupé de femmes, avec ces quatre mots. u Si vous m'assurez que vos intentions sont pures. »
(Beaumarchais. Le Barbier de SéviUe.)
Intérêt. L'intérêt soutenu d'un ouvrage. L'intérêt palpitant d'un bout à Vautre de l'ouvrage.
(Art. bibliog^raphique.)
L'Intérêt est ce qui nous divise le plus.
<* Qu'on soit riche ou pauvre, l^intérèt est ce qui nous divise lo plus. »
(Théâtre chinois. Le Vieillai^d à qui il nait un fils, comédie, acte II, se. m.)
Intestine. Malheureux pays en proie atix divisions intestines !
Investigation.
« Les investigations de la police ont amené la découverte d'une bande de faux monnayeurs. »
« La police se livre à d'activés et nouvelles investigations, qui ne tailleront pas à aboutir. »
(Tiré de la collection des faits divers.)
Irréparable. Perte irréparable.
« C'est une perte irréparable dont le contre-coup se' fera sentir en Europe. »
C4cla se dit à Foccasion de quelque grand homme, oa réputé tel. •
Italie. L'Italie, ce berceau de la musique.
« Car voir Tllalie, ce beau berceau de la musique, c'étaU le rêve de ma jeunesse. »
(Cogniard frères. Pauvre Jacques, se. yui. 1S35.)
Ivoire. V ivoire du cou.
a Son cou plus blanc que l'ivoire... »
(Stjle de tourneur liUérairc.)
Tous les poètes de toutes les écoles se sont servis de la comparaison : «plus blanc que l'ivoire, blanc comme rivoire», sans songer que l'ivoire est presque toujours d'un blanc-jaune.
« Jusqu'à terre à longs plis pendait leur cape noire, « Mais leur coiffe brillait blanche comme l'ivoire. »
(Brizeux. Hist. poétiques, 1855.
« Son poil était si beau, d'une couleur si noire !
« Trois marques seulement plus blanches que l'ivoire,
« Ornaient son large front et ses pieds de devant. »
(Andrieux. Poésies diverses.)
a Ces épaules d'ivoire aux gracieux contours. »
(C. Brifaut. L'Horoscope d'une femme, conte.)
tt Sur l'ivoire d'un cou flexible « Son bras reposait incliné. »
(Dorât. Les Baisers,)
Jais. — Chez les romanciers et les poètes, le jais partage, avec le /noir « aile Me corbeau» et « l'ébène », l'honneur de servir de comparaison à la couleur des cheveux des brunes.
« Ses cheveux, noirs comme du jais, et naturellement frisés, tombaient en longues boucles sur son cou de cygne » ou « sur son cou plus blanc que l'ivoire. »
Jalousie. Jaloux. Dévoré de f'alousie. Enflammé de jalousie. Sentir les aiguillons de la jalousie. Les serpents de la jalousie lui déchirent le cœur. La jalousie ne se commande
pas.
Jaloux de son ombre. Plus jaloux qu'Othello. Jaloux comme un tigre.
Jauais.
« Jamais le romancier célèbre n'a été mieux inspiré qu'en écrivant le Fiacre n® i3; jamais récit plus étrange, plus dra
niatique, plus attendrissant, n'aura passionné, nos lecteurs/»
{Petit Journal da S4 janvier 1880. ]
<« Jamais Tintelligence de l'illustre écrivain ne s'était montrée dans plus de clarté, jamais son langage n*avait été plus net. plus précis, plus persuasif, jamais sa pensée ne s*était élevée plus haut. »
Et toat cela, le plus souvent, pour un mauvais roman d'un prétendu grand homme.
Jâmbb. Jambe fine. Jambe aristocratique,
« Une jambe aristocratique emprisonnée dans un bas de soie qui en dessine les contours dignes du ciseau de Phidias. »
Jardin. La Touraine est le jai'din de la France,
« Connaissez-vous cette partie de la France que Ton a surnommée son jardin ? »
(A. de Viçiiy. Cinq-Ilars,)
Jarret.
« Fièrement campé, le jarret tendu, Tépée à la main, l'œil en feu, il était beau à voir ainsi. »
(Portrait en jambe d'an duelliste de romao.)
Jatte.
« On apporta du pain, des fruits, une jatte de lait, et, au bord du clair ruisseau, nous primes un frugal repas. »
(Roman genre Florian.)
Jaunissant.
A Les blés jaunissants» doucement agités par Thaleine du «éphyi*. »
{Genre F^ian,)
Jeter. Jeter Vépouvante dans les cœurs, — Une demande d'argent jette Tépouvante dans le cœur d'un avare. Les assiduités d'un beau jeune homme, auprès de la femme d'un mari jaloux, jettent l'épouvante dans le cœur du jaloux.
Jeter de profondes racines.
Jeter des fleurs sur la tombe» — Flatter un cadavre.
(I Jetons aussi quelques fleurs sur la tombe do Dezede, compositeur charmant, à qui rOpéra-Comique doit plusieurs ouvrages pleins de naturel et de giàce. »
(Feuilleton du Journal des Débats du 26 pluviôse an VIIl.)
« 11 est d'usage à la Chambre haute, que le président jette
quelques fleurs sur les touibci qui se sont'ouvertes entre la session passée et celle qui commence. »
{Figaro du 29 oct. 1878).
Ji: j. JouEUK. Les jeux sanglants de Mars, Les jeux et les ris marclient sur ses pas.
Faites le jeu, messieurs! Litanie des croupiers des maisons de jeu.
«G'estdans le jeu qu'on voit les plus {grands coups du sort.»
(Molière. Les Fâcheux, acte 11. se i.}
La fatale^ la funeste passion du jeu,
« Mais une coupable ambition avait^fait naître en lui la passion fatale du jeu. »
(Boric, Carmouche et Poojol. Les Deux Forçait, acte III, se. \i.)
« Charles Dautun..., avant de poignarder son frère, n'aurait peut-être jamais eu l'idée du crime, s'il n'avait pas nourri dans son cœur la funeste passion du jeu. »
(Procès de Uautun et Girouard. Uèsumé du prés, des assises).
En 48H, vers la fin de l'Empire, un mendiant vint s'installer sous les arcades du Palais-Royal, en face du numéro H 3, cette usine à mendiants. Celui-là, vêtu comme un notaire dans le malheur, tenait à la main, non pas sans une certaine cranerie, un chapeau pisseux et gondolé au fond duquel étaient colles trois as. Et chaque fois qu'un passant s'arrêtait intrigue : « Monsieur, s'écriait le truand, en avançant son chapeau, qu'auriez-vous fait?... Moi, j'ai joué sur ce coup ma iortune, et j'ai pekdu... J'étais tombé sur un brelan carré. »
« Ce sont là jeux de prince. »
(La Fontaiae. Là Jardinier et son Seigneur.)
Des espiègleries sanglantes que quelquefois les heureux du monde se permettent. Des infamies que les riches croient pouvoir racheter avec de l'or. Sous l'ancien régime, ces gredincries étaient très fréquentes. La guerre pourtant est toujours encore un jeu do prince. L'expression se trouve déjà dans le DicUonn. de l'Aead. de 1G43.
u La destinée du joueur est écrite sur les portes ac l'enfer. »
(Y. Ducan^c et Diiiaiix. Trente Ans OU la Vie d'un Joueur.)
Joie. Joie infernale. — La joie d'an don Juan qai triomphe
de l'innocence. Joie qu'on éprouve en voyant une méchanceté réussir.
« La première impression de la duchesse d'Alvano fut une }oie infernale. »
(Sophie Gay. Un Mariage sous VSmpire. 1832.'
Joie infernale appartient à la littérature dramaliqi.o. Benoncer aux joies de ce monde.
Joindre. •— Joindre l'utile à l'agréable,
Miscuit utile duld.
(HOIAGB.)
JoufiR) Bien joué^ Marguerite !
(Fr. Gaillarde! et A. Dumas. La Tour de NèsU.)
JotiG. Le joug des passions. Setxmer le joug de resclavfige.
(Roman hamaaitaire.)
Le joug des tyrans.
« Du joug de ces tyrans, et si vils et si fiers. »
(Parny. Poésies méléèg.)
« Quel joug ne brise point un peuple audacieui? »
(Longepîerre. Médée^ acte II, se. m.)
Le joug salutaire des Uns.
« Ainsi à Tabri des firoissements d'un iiouToir qui ne médite aucune usurpation et d'un peuple qui ne cherche point à s'affranchir du joug salutaire des lois les magistrats, etc... »
{Discours de rentrée prononcé, par ta», gén. Blnard, dtiKmt la cour royale de Caen, 3 dot. 1830.)
Jour. Les jours de l'homme sont comptés. L'auteur de mes jours. Jour de bonheur et d'ioresse. Jour à jamais mémorahle. Béni soit le jour où je la vis pour la première fois.
Les pkis mauvais jours de notre histoire.
Nous ramener aux jours les plus néfastes de notre ' histoire.
(ïartiniois politiques et consertatears.
Le plus beau jour de la vie.
« Je te retrouve enfin, et c'est le plus beau jour de ma vie. »
(Boirie, Carmoudie et Ponjol. Les Deux Forçats, acte III. se. kiv.)
k Moment enchanteur!... Oui ce jour sera le plus beau de ma vie. » >
(VIel. Ducan^. Àdotphâ et SepUe, acte II, se tiv.)
a Je vous ai arraché de leurs mains... G*est le plus beau jour de ma Vie I »
(Ch. Desnoyers, Bonlé et Gbabot de Booin. Mita l'JSspc^nole, acte II, se. ui.)
« Ce jour charmant, dans tout Paris « Semble ranimer la folie :
€ Le premier jour où je te vis « Fut le plus beau jour de ma vie. »
(Défaugiers à Sophie, le premier jour de Van.)
« Partons I partons I c'est aujourd'hui le plus beau jour de ma vie I »
(Ch. Desnoyen et Eng. Nus. Le Testament d'un garçon, acte II, 8C. X. 1851.)
Il y a des gens qui prétendent que le jour du mariage est le plus beau jour de la vie !
« Du jour où je vous ai vue, je me suis senti naître à rame une de ces passions qui font le bonheur ou le malheur de la vie. »
(X. Arago et A. Uartin. L'Éclat de tire, acte I,8e. zi. 1840.)
Depuis le jour où ieticfuB ai vue, j'ai senti naître l'amour dans mon cœur.
(Le Parfait Secrétaire det aaumte.)
La mort tranche les jours de Vhomme,
a On croit qu*iin mal cruel trancha soudain mes jours. »
(Dacis. ffamlet, acte II, se. v.)
« On disait que la Parque avait tranché ses jours. »
(Voltaire. AdéUAde du Gueselin, acte I, 8C i.)
Attendre des jours meilleurs.
Le jour de l'an, ce jour si impatiemment attendu par les concierges et les enfants.
Faire du jour Içl nuit.
« Jetais las, attendant chez moi votre retour,
« Qu'on fit du jour la nuit, et de la nuit le jour. »
(Regnard. Le Joueur, acte I, se. vu.)
« Enfin, gorgé de mets, de Champagne et d'amour, tt Tu fais du jour la nuit, et de la nuit le jour. »
(L. Festeau. Chansons.)
a Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur. »
(Racine. Phèdre.)
Jours filés d'or et de soie.
« Heureux dix fois nos pères, s'il est vrai qu'ils coulaient, dans une paix profonde, des jours filés d'or et de soie I »
(T. Docange. Limdde ou ta YieUU de Suresne.)
f'i DICTIONNAIRE
« Je passerais des jours lilés d'or et de soie. »
(Regnard. Le. Distrait, acte III, se. ix.)
Filer d'heureux jours, couler des jours heureux,
« Oli I vous, qui nous tenez de fort graves discours « Sur l'art et les moyens de filer d'heureux jours. »
(Bcrchoux. La Gastronomie, chant IV.}
« Un bon mari, sa femme et deux jolis enfants, > « Coulaient en paix leurs jours. »
(Florian. Le Château de cartes, fable.) « Xai coulé des jours sereins et doux. »
(Àndrieux. Le Irésor, acte III, se. v.)
Journée. Les immortelles journées de Juillet. — Malheureusement mortelles pour bien des gens. (Consulter le nécrologe de la colonne de Juillet.)
« Sous le rè^ne d'un roi patriote, d'un roi dont l'illustre Bolinbroke avait cru ne tracer qu'un portrait imaginaire, et dont le peuple irangais, dans les immortelles journées de Juillet, a couronné le modèle. »
{Beponse de M. Jouy au diêcoun de réception de M. Dupin,
30 août 1832.)
« Les immoitelles journées de Juillet avaient licencié de fait la garde du roi parjure. »
{Gaxette des Tribunaux du 5 novembre 1 830.)
« Nous touchons à cette glorieuse révolution que trois immortelles journées ont vu s accomplir. »
[Discours de rentrée, lYib. d'Orléans, 3 novembre 1830.)
11 n*y a pas moyen d'ouvrir un journal de l'époque sans tomber sur rapologie de ces « trois immortelles journées ». Il a fallu attendre dix-huit ans la réponse. C'est Février qui a répondu à Juillet. Il a mis, du reste, le temps de la réflexion.
JoGE. Souverain juge.
H Au moment terrible de comparaître devant le trAne du
souveraiq j^ige. »
(H"« Cottin. Elisabeth,)
« Madame, savez-vous que vous n'êtes plus devant un époux, mais devant un juge? »
(Albert Labrousse et Alpb. Brot. Juliette. 1834.)
(Prière à MM. les comédiens de marcher très nobloblement au devant de l'épouse, qui doit reculer et finalement tomber anéantie sur un siège, en se cachant la tête dans les mains.)
Jus. Le doux jus de la treilky qui a inspiré tous nus chan-
sonniers, et qui rime si bien à « vermeille » et à « bouteille. »
a 11 vaut mieux s'enivrer du doux jus de la treille. »
(Recueil d'airs sérieux et à boire, Paris, Ballard, 1698.)
JCSTICE.
« Sire ! Sire I justice ! »
{Le Cid, acte IT, «c. ix.)
Les hommes ont pu vous absoudre, mais vous n'échapperez pas à la justice de Dieu. La justice humaine est une émanation de la justice de Dieu,
a Quelques secondes après, la justice des hommes était satisfaite. »
(Petit Journal du 16 juillet 1878.)
C'est la dernière phrase, la phrase inévitable des comptes rendus d'exécutions capitales.
<( Oh ! la justice des hommes I... Mais il y en aune autre... Ne vous est-il jamais arrivé de penser à la justice céleste? » (Dumanoir et A. d*Ennery. Les Drames du cabarett acte II, bc. v.)
Rendre justice à la pureté des intentions,
a Mais lorsque vous me connaîtrez mieux, vous rendrez justice ti la pureté de mes intentions. »
(Poujol et Maréchalle. A Minuit l acte U, se. vi. 1839.)
« Si ce malheureux fut coupable, la justice de ce monde n'a plus de droits sur lui. Il n'appartient plus qu'à la justice de Dieu ! »
(Ànicet-Bourgeois et MicHel Masson. Les Orpheline du pont Notre-Dame.) ,
La justice informe, — Chute d'un fait divers relatant soit un vol, soit un assassinat, dont l'auteur désire encore garder l'anonyme.
Laboureuh.
« Le laboureur courbé sur la charme. »
(M"» Cottin. Claire âTAlhe.)
Un sujet bien souvent traité, et encore plus souvent maltraité par les peintres. Le tableau du Boldat laboureur a notamment été célèbre.
DICTTOHNATRE
Lac, -- Chanté par les poètes amis d'une douce rôverie.
« Dans le lointain on apercevait le lac, dont les eaux tranquilles réfléchissaient la couleur des cieiiz. »
(H-* D... Maria.)
« Les eaux bleuâtres et transparentes du lac s*étendaient au loin, et les vapeurs qui s'élevaient de son sein ne permettaient pas d'apercevoir ses bornes. »
(M«* Cottia. Màlvbta),
« Souvent, bien souvent, pendant nu>n sommeil, je vois se dérouler devant moi comme un passé confus... un lac avec des cygnes. »
(Â,d. d'Eonery et Fefd. Dngsé. JHœrie de Memebù, aete I, se t.)
c II (le voyageur) voit d'un coup d'œil ce beau lac dont les eaux réfléchissent le bleu du ciel, mais plus pur et plus profond. »
(CDTier. Les Bévolutiotu du globe.)
Lâche. Il n'y a qu'un Idcîie qui puis^ insuUer une femme, — Il y a pourtant bien des femmes qui ne sont pas dignes de ce nqm. Est-ce qu*on peut jamais les insulter celles-là?
« Je ne sais rien de plus lâche qu'un homme qui insulte une femme. »
(Victor Séjonr. Zm Noùes vénitietmes. acte IV, se. m.)
Laisser.
« Laisses-moi ! au nom du ciel, laissez-moi 1 vous ne savex pas le mal que vous me faites. »
(M— Gottia. CUàn dTAlbe,)
Dernière résistance de la pudeur prête à succomber. Lait. Avoir sucé le même lait.
On lui presserait le nez qu'il en sortirait encore du lait. C'est-à-dire il est encore bien jeune, sans expérience.
Lambeau. Lambeaux de chair tout palpitants. (Littérature de boucher.) La peinture réaliste ne dédaigne pas de traiter des sujets où s'étalent des lambeaux de chair tont palpitants. M. Commère, prix de Rome, a envoyé au Salon de 1878 une mère Jézabel en train de se faire dévorer par une meute. Et M. Commère est censé suivre les traditions académiques. Est-ce que les traditions se perdraient? Est-ce que le poil da réalisme pousserait sur la tète des prix de Rome ?
Lambris. Lambris dorés, plafonds dorés.
Ls bwheurn'habits pas toujours sous les lambris dorés.
Encore moins souvent habite-t-il sous les toits de chaume.
palai^^"^ "6 sommes plus ici sous les lambris dorés d'un
(M««de Genll«. Pétrarque et Lattre. 1819.)
« Passer des mansardes d'une maison du faubourg aux plafonds dorés d'un hôtel superbe. » ^
(Àug. Bicard. La Griotte. 1829.)
a Vrais libertins du ciel, dévots sardanapales, « Voiis, tieux moines chenus, et vous, novices odles « Foyers couverts de cendre, encensoirs ignorés. ' « Quoi don Juan a jamais, sous des lambris dorés. « Senti des voluptés comparables aux vôtres ?»
(T. Gautier. Poésies diverses. 1838.)
« Les lambris dorés » nous viennent des Bon^ains. laibri'•^dorés!^'^^ "'''"' ""^ "" ^"""^ "* '^* richesses, ni les
(Senèquc. Thyeste, acte H. Trad. VUlemain.)
Deiille a appelé le ciel : « Célestes lambris. » « Du haut des célestes lambris, « Sur ce séjour de douleur et d'alarmes.
« Nous jetterons un regard de pitié. >»
{L'Immortalité de fdme.)
Lampe. Lampe qui s'éteint faute d'huile. Lanmc oui jette une de)7iié'e flamme. ^ ^ ''
« Je me serai ranimé sur la fin de ma vie. comme unp lampe qui jette une dernière flamme avant d»expirer ?
(Ch. Lafont. La Famille Mwonval, acte IV, »c. i.)
Lano^cb. Langage fleuri. Parler le law/age de l'amour la langue polyglotte par excellence. ' *
Le langage des dieux. -— La poésie, u Maudite soit l'erreur du goût pernicieux « Oui me fit méditer ton langage des dioux ! »
(Sénecé. Les Tramux cTApoUon.)
* Il ne m est pas pennis, il est vrai, de vous e\nrimprmp« sentiments dans le langage des dieux! 7 <?^pnmermes
,- . <*■• ^ ^'^^»' Pétrarque et Laure. 1819.)
^ 11 faut avoir appris cet art mélodieux
- D*.' parier dignement le langage des dieux. ^
(»r. de Neufchâtean. L'Art de lire les vers.)
Le langage des yeuœ. - Télégraphie de l'amour u Et tant d'heur se rencontre en ma sage conduite
• Qu au langage des yeux son amour est rSmW
(Cproeme. U Suivante, acte I. m. n.\
18t mCTIOXNAlRE
Languir. Langiiir dans les fers. Il prononça ces mots d'un r voix languissante. Ses regards languissants longtemps attt.chés sur, etc.
« Ainsi on voit un arbre transporté hors de sa patrie lan- , giiir dans une ten'e étrangère. »
(M** CoUin. Elisabeth.)
Labme. Larmes du désespoir. Verser des larmes de sang, ^Fondre en larmes. Tirer les larmes des yeux,
« Ces mots s'exhalent à travers les sanglots et les larmes corrosives du désespoir. » ^
CAlmanaeh de (a Bonne Du^esse. 1833.)
« rirai dans la solitude pleurer mon crime avec des larmes de sang. »
(Ch. Laront. La Famille Aforonval, acte T, se. n. 183^}
Larmes qui sillonnent les joues.
« Un jour du moins, quand mes traits flétris par la souffrance et les années, quand mes joues, sillonnées par mes larmes, vous diront que j'ai assez pleuré ma faute, alors... »
(Scribe. Une Faute, acte II, se. ix. 1830.)
On a dit que les larmes étaient la grande ressource des femmes. Chez elles, ce sont les orages de la jalousie qui, en crevant, laissent couler le plus de larmes.
« tt si mes paroles ne peuvent vous convaincre, mes larmes, mon repentir, vous fléchiront; et vous me paixiomierei, et vous me rendrez votre amour et votre tendresse. »
(Fr. Cornu et H. Auger. Pauore Mère. 1837.)
Arroser, baigner de ses larmes. — On arrose de ses larmes les genoux de son généreux bienfaiteur, dans les romans lacrvmatoires. On arrose également de ses larmes le médaillon d'un époux adoré dont la Parque cruelle a tranché les jours.
« La viei*ge, baignant de larmes les genoux du roi, n*en> tend qu'à peine les dernières paroles d'OEdipe. »
(Ballanche. AntifftmeJ)
Confondre les larmes,
« Doutez-vous qu'îV ne lui eût ouvert ses bras, que leurs huâmes ne se fussent délicieusement confondues ! ^
{Pièces de Lescoutures, janTicr 18â7. Plaidoirie de M" Honnequin.)
Ruisseau de larmes,
« Que de ruisseaux de larmes coulèrent de nos yeux ! » (Vergier. Paraphrase du psaume Super fimnina Babylonis.)
Laubéat.
« L'intéressant lauréat que nous Tenons de couronner a su se rendre digne de vos suffrages, i»
Se dit également et sous les voûtes du palais Mazarin et sous la tente de toile du plus mince concours régional, soit qu'il s'agisse de couronner des efforts en faveur de la littérature ou des efforts en faveur de la race porcine.
Laurier. Cueillir de nombreux lauriers. Enfant chéri de Bellone, il fit une ample moisson de lauriers. Sr couvrir de lauriers. Se reposer sur ses lauriers. Couronner son front du vert laurier, — U y a encore les lauriers... culinaires dont les cordons bleus ornent leurs i sauces. Ceux-là, indigestion à part, n'ont jamais fait ^ de mal à personne.
u Le front ceint des lauriers qu'il venait de cueillir. »
(Millevoye. L'Indépendance de t homme de lettres,)
« C'est enfin vos lauriers qu'ils (les Prussiens) veulent arracher de votre front. »
(Napoléon I«'. Proclamation à la Grande-Arme'e, 6 octobre 1806.)
« Laisse, en entranfid, tes lauriers à la porte. »
(Corneille. Horace, acte IV, se. ni.)
« Laisse, en entrant chez nous, ta grandeur à la porte. »
(Destouches. Le Glorieua, acte II, se. xit.)
Laurier de Mars, laurier d'Apollon,
tt Généreux Montausier, dont Tâme \igilante « Assure le repos des bergers de Charente :
« Qui des lauriers de Mars tant de fois couronné, tt Des lauriers d'Apollon fait gloire d*être orné. »
(Segrais. Eglogues.)
Les lauriers de... l'empêchent de dormir, — Est une réminiscence de la phrase du jeune Thémistocle jaloux de la gloire de Miltiade. 11 ne cessait de répéter : « Les trophées de Miltiade m'empêchent de dormir. »
Leçon. Les leçons de l'adversité. Les leçons de Vexpérience, € Puisque les leçons du malheur et de Texpérience... »
^Journal des Débats, 22 \cntôsc an VUI.)
Ce sont des leçons gue l'on apprend à grands frais dans le livre de la vie, livre avec de nombreuses gravures à Teau-forte et à la manière noire.
Lecturk* Une saine lecture. Une lecture édifiante, « La mère en prescrira la lecture à sa lille. »
(Piron. La Mélromanie^ acte ll(, se. vu.)
Ce vers ainsi parodié : « La mère en défendra la lecture à sa fille » est principalement applicable aux œuvres poétiques et badines du même Piron.
f84 DICnONNÂTRK
LÉGiTiiit. Ma demande est trop légiUme pour n'être pot tnen ( 'îlie. — Il s'affit souTont d'une petite coquinerie, ou môme d'ane inniinie.
l Lev in. Levain de discorde. — Encore un de ces mots in-
^ ^ s:oparables, uq de ces frères Siamois de la langue fran-
çaise, qui en compte tant, et dont Toici les plus répandus : Lecture attachante, — amoureux larcin, — le labyrinthe des lois, — la mort du juste, — juge incorruptible, — réminent juriconsulte, — aounrances intolérables,— verve intarissable,— répugnance insurmontable,
— bonheur insolent, — propos insidieux, — discours nibvcrsif, — soif insatiable, — reçkrd inquisiteur, — i : di innovateur, — armée innombrable, — injustice i oitante, — soupçon injurieux, — sentence inique, — hoi hospitalier, — caractère inflexible, — ruse infernale,
— joie infernale, — piège infernal, — écrivain infatigable, — soif inextinguible, ~ joie inexprimable, — 1 ^ors inestimables, — souvenir ineffaçable, — orgueil i..ài)mpté, * fol orgueil, — attachement indissoluble, ^ bonheur indescriptible, — nature inculte^ — écint incendiaire, — historien impartial, — noble hidalgo. — le fflas funèbre, — le flegme britannique, — le noble faubourg, — Tillustre maestro, — magistrat intègre, —
— œuvre magistrale, — malaise indéfinissable, — marcheur infatigable, — épaules marmoréennes, — généreux Mécène, — superbe mausolée, — douce mélodie, — - accents mélodieux, -~ vaste métropole, — vil métal,
— riche minerai, ^ minois chiffonné, — modeste aisance, — monstre d'ingratitude, — drame mouvementé, — muet de terreur, ~le mugissement des flots, ^ la vile multitude, — munificence ro^e, — murmure du ruisseau, — nageur intrépide, — air narguois, — vaste nécropole, — la divine ambroisie, — noble victime, — pure victime, — nourriture céleste, — yeux noyés de larmes, — la vérité toute nue, — crime odieux, — forêt oiiibreuse, — Thonorahle organe du ministère public,
— rillustro orateur, — savante orchestration, — nabile organiste, — les ornements du s^le, — frapper d'ostra» cisme, — le pacificateur de la Vendée, -* pacte infernal, — le pain des anges, — nos premiers parents, — désopilante parodie, — la parure du printemps, — vieux passionné, — le pavé de l'ours, — puissant patronage,
— pente fatale, — pente du crime, ^ perclus de rhunia.ismds, — noire perfidie, — péripétie bien amenée.
— roman qui abonde en pènpéties, — penpective bien
ménagée. — pétri d'orgueil^ — pétillant d'esprit, — esprit pétillant, — yeux (jui pétillent d'esprit, — philanthropie éclairée, — piété touchante, — éloquente plaidoirie, — brillant polémiste, — la police aux yeux de lynx, — populace effrénée, — port de reine,
— portique grandiose, — puissant potentat, — l'éniinent praticien^ — rhonoranle préopinant, — constante préoccupation, — voix prépondérante^ — sinistres présages, — secret pressentiment, — prestige de la gloire,
— Vhabile prestidigitateur, — sage prévoyance, — procédé inqualifiable, — programme attrayant, — prompt comme Véclair,— -un puits de science,— quadrille écbevêlé, — vaines récriminations, — effort surhumain, — pouvoir surnaturel, — heureuse surprise, — nature sympathique, — sang-froid imperturbable, — barbe d*; sapeur, — rire sareastique, — orgie sardanapalesque, — savante dissertation, — noir scélérat, — séance orageuse^ — sécheresse du cœur, — toilette tapageuse, — situation tendue, — esprit tentateur, — tenter un saint,
— ternir sa répotation, — têtu comme un âne, — brillante thèse, — chaleur torride, — marcher comme une tortue, — tonrbillon des plaisirs, — amoureux tournoi,
— ourdir une trame, — génie transcendant, — transes mortelles, — les trésors de Cérôs, — trembler comme la feuille, — chaleur tropicale, — les fruits de la réflexion, — la reine des fleurs, — personnage remuant,
— juste répartition, — piquante répartie, — le champ du repos, — réprobation générale, — résolution inébranlable, — résolution suprême,— ressemblance frappante, — beauté resplendissante, — resserrer les liens de Tamitié, — juste rétribution, -» notre immortelle Révolution, -— les rouages de la politique, — roucouler comme] deux amoureux^ — cœur de roche, — heureux rival, — ronger son frein, — les jeux et les ris, — ça n'a ni rime ni raison, — nature romanesque, — la route de Timmortalité, — rugir de colère, — sourire amer, -- sourire de résignation, — supplices de Tenfer,
— esprit superficiel, — supplier à genoux, — vil suborneur, — esprit sublime, — parfum suave, — voix stridente, — courage stolque, — stoïcisme digne de Tantiguité, — soiirire stéréotypé, — notre spirituel confrère,
— intérêt soutenu, — souple comme un gant, — discours soporifique, — avarice sordide, — front soucieux, . — sémillante soubrette, — soldatesque effrénée, — «irtae attrayante, -i* Ame servile,— - sève de la jeunesse,
186 DICTTOXXATRE
— sévère mais juste, <— voix sépulcrale, et toute la
séquelle, — sérénité de l'âme, — purée septembriilo, —
propos séditieux, — lâche séducteur, — les séducliors
, de l'esprit, — sentinelle vigilante, — le joug de l'esol.i-
• vage, — main sccourable, — le bras séculier, — 1«^ soin
I des commissions, — splendide végétation, — veh:
i comme un ours, — âme vénale, — fragile comme lo
. verre, — esprit versatile. — nos braves vétérans, — le
' timon de l'Etat, — le sceptre de la poésie, — les torches
' de Mars, — le fruit de la vigne, — le coq vigilant, etc.
Libation. Libations à Bacchiis. Libations an dieu de tu treille. De joyeuses libations en Vhonneur de Bacchus.
(Poésie bachique.)
Libéralisme. Partisan d*tm libéralisme éclairé. — Une de ces phrases qu'il est bien rare de ne pas rencontrer au coin d'une profession de foi d'un candidat à la députution.
Liberté. — Un des mots dont on a le plus abusé.
Combattre jusqu'à la moi*t pour le triomphe de la liberté. Sage liberté.
« Si ces pauvres imbéciles, qui feignent d'avoir peur des révolutionnaires, race éteinte en France, et qui ne demandent les baïonnettes étrangères que pour renverser cette sage liberté que notre roi a consacrée dans sa charte... >»
[Chronique indiscrète du xix« siècle. 1825.)
Sous quel régne a-t-on joui de plus de liberté? — Rengaine des journaux officieux sous tous les régimes^ Slarlial, qui était un vil tlagorneur et un insigne meudiant, bien qu'il fût bon poète, n'a-t-il pas dit, s* adressant à Domilien, eu lui tendant la main :
« Sub que libertas principe tanta fuit? »
Sous quel prince la liberté fut-elle aussi grande?
Licence. Licence effrénée. La licence compromet la liberté et finit jjar la détruire. Les rér.olutions se font au nom de la libei'té et engendrent la licenee.
Lien. Les liens du sang. Unis par les liens du sang. Lien conjugal. Briser ses liens. Les liefts de Vesclavage. — Quel est l'homme qui peut se dire affranchi de tout lien d'esclavage? Tel a cette prétention, qui, au lieu de lien, porte bel et bien un licol.
Lion infcimal.
« Pourquoi ai-je aimé cet homme?... Je vq voulais pas
DES LIEUX COMÎfUNS 187
être sa complice.., et un lien infernal m'enchaîne à lui!.,. »
(Anicet-Bourgeois et Michel Masson. Les Orphelins du pont Notre-Dame^ acte I, se. rni.)
Liens les plus sacrés.
« Je suis prêt à m'unir à Laure par les liens les plus sacrés. ^>
(Etienne. Le Pacha de Surène, se. u. 1 802.)
Lierre. Je suis comme le lierre, je meurs oii je m'attache. — Ceci ne saurait être raisonnablement la devise de beaucoup de femmes et encore moins de beaucoup d'hommes. Quand par hasard quelqu'un, à n'importe quel sexe qu'il appartienne, homiT|e ou femme et^même^ Auvergnat, quand quelqu'un essaye de justifier ce proverbe, on ne manque pas de l'appeler vulgairement : « un crampon ». Comme c'est encourageant pour les autres!
« De la fenêtre de la rustique cabane cach^îe sous le lierre, apparut une délicieuse tête de jeune fille. Elle pouvait avoir seize ans. »
{Style de roman.)
« De Mouy ; Je puis donc m'attacher à lui. — Goligny : Comme le lierre au chêne. »
(Al. Dumas et Aug. Naquet. La Reine Margot^ acte I, se. v. 1847.)
Lieu. Les lieux qui m'ont vu naître.
a Cependant pour plus de sûreté, sa mère l'envoya chercher du service loin des lieux qui l'ont vu naître. »
(Victor Ducnngc. Adolphn et Sophie, acte 1, se. vu.)
a Dans ce lieu sauvage et solitaire. »'
(Fabro d'Egiantine. Le Philinte de Molière, acte I, se. vï, 1790.)
LiLAS. Vous souvenez-vous quand nous allions cueillir des /i/as? — Le lilas fleurit facilement dans les œuvres de nos modernes romanciers. 11 n'y a guère de chambres d'élégantes qui ne soient, en hiver, fleuries de quelques branches de lilas blanc.
LmiEu. Limier de police. — Le gibier-voleur n'aime pas ce chien-là.
u On lança à ses trousses un des plus fins hmiers de la police. »
u Serait-ce un limier de police? »
(Pixérécourt et Anicet-Bourgeois. Latude.)
Limiter. L'esprit de l'homme est limité. — Il faut regi'etler qu'il ne le soit pas davantage ; nous entendrions, peutêtre, moins de bêtises et nous verrions moins de folies.
ist ncnoNNAniB
Limon.
« Pétri de timon, llioi&me est trop endin à oublier sa misérable origine. »
N'a-t-il pas les infiimités pour la lai rappeler?
Lion. Bien rugi, lion ! Le réveil du lion. La part du iion. Unir la force du lion à la prudence du serpent.
« Pareille à une lionne qui défend ses petits, ce n*était plus une femme. »
LmB. J'ai lu votre amour dans vos yeux. Je lirais dans son âme comme dans un livre ouvert. — On n'a pas besoin d'être allé à l'école pour lire dans le livre de Tamour.
« ie lis dans TOtre âme, cette àmé délicate autant qu'elle est sensible. »
(H"* de Gealia/Xtt CktoaUers du Cygne, ohap. sn.) « Lisant, sans qu'il le sût, jusqu'au fond de son âme. » (Deotooches. L'Homme nmguU», acte Y, ac. vn^ « Je yeux lire une fois au fond de votre cœur. »
{Idem, idem, te. n.)
« Je lis, à fi?re ouvert, dans le fond de son Ame... »
(A.ndriesx. Le Drétor, acte U, se. tr^
«... Vous même avouerez, en lisant dans mon âme. « Qu'il faut plaindre Dorante au lieu de l'accuser. »
(Corneille. La Suite du Menteur, acte Y, se. m.)
Lis. Teint de Us et de roses. — Le teint poétique par excellence.
« Les lis, les œillets et les roses « Couvraient la neige de son teint. »
(Voiture. Poésies,)
c Toutes demandent les mêmes dkoaas, un teint tout de lis
et de roses. »
(MofièM. Le 5idiiM. se. zi.)
Lit. Lit de mort.
« Il lui jura à son lit de mort de servir de guide et de père à son fils. »
(M-« C6ttin. CMre^AUeJ)
« Si j'ai tenu, moi, le serment fait au lit de mort de ma pauvre femme... »
(Ch. Desnoyeis, Bonléet Chabot de Bomn. ASto tSeaaonùte acte I, se. n. 1887.) /«^«^t
Litièrk. Faire litière de tous les bons sentimaUs. — G'^eaU à-dire prendre les bons sentiments pour sommier: s' seoir dessus^ dans le langage vulgaire.
DBS tlEUX COMHTTNS IM
LiTT^iuLnms. CeMe UMérature malsaine, dont le pubUc est' infecté depuis longtemps ^ menace, etc. On ne saurait ti^p s'élever amtre ce courant qui^ etc.
(Style des moralistes du jow à prc^os de féeries et de revues théâtrales.)
Livre. Ce livre est appelé à un très grand siuxés,.. Ce livre, fruit d'études consciencieuses,
a Habent sua fata libelli. » Les liyres ont leurs destinées.
(Terentiamis Maorus. I>e Syllaéis.)
Livrée. La Uorëe de la misère. — Une livrée souvent moins méprisable que les livrées dorées.
Loi. Esclave des lois, de l'honneur et de l'équité. Nul n'est au-dessus de la loi en France. La loi est pour tout le monde. Tous les Français sont égaux devant la loi* Armei* la vengeance des lois.
« Dès sa jeonesse, il a «outré jusqu'à quels excès pouvait entraîner la fougue des passions... il arma contre lui jusqu*à la vengeance des lois. y>
(Victor Dacange. Adolphe et SopUê, aete I, le. it.)
La juste rigueur des lois.
« Et quelles précautions aviei-vous prises contre la juste rigueur des lois ? »
(Sedaine. Le Philotqpke sa$u le Bavoir, acte III, «c. v. 1705^
c Les lois sont des freins salutaires. ».
(Favart. L'Ànigkài à Bordêoug, se. v.) Longévité.
« Le journal de... siniale un cas de longévité dans la commune de... La femme a... vient de s*éteindre & Tâge de cent deux ans, dans la presque plénitude de ses fecul&. Malgré un âge si avancé, elle lisait encore sans hmettes, et faisait souvent plus de deux lieues à pied les jours de marché. »
Pour les abonnés d'un journal, la relation de ces cas de longévité a toute la saveur d'un gros lot eu perspective.
Longueur. By a des longueurs. Ça fait longueur. — • Ce que disent en général les rédacteurs en chef, lorsqu'on leur apporte un article. Opinion de plus d'un directeur de théâtre sur plus d'une pièce. Scribe coupait impitoyablement tout ce qui faisait longueur eu disant : «c Tout ce qu'on coupe n est pas sifûé. »
Tous les faiseur» à'ana ont attribué à Rivarol cette
i90 BIGTTONNAIRB
vers célèbre parmi les latinistes, un yers deTenn proverbe:
< Sed tu, Gosooni, disticha longa fkcis. »
(Mais toi, Gosconi, tes distiques ont des longueurs.)
Loyauté. La loyauté de mes irUenUons ne saurait être suspectée, ~ A la tribune, cela se déclame la main sur le cœur.
LnciDK. Lucidité. Ce sujet est hteide, extra-lucide. (Boniment de magnétiseur.) — lia conservé^ jusquà ses derniers momentSj cette lucidité d'esprit qui rendait sa conversation si vive et si attrayante. — Que de fois pourtant, de son virant, ses amis Tout traité de « crétin et d'idiot >\ surtout quand il n'était pas de leur avis.
LuiBB. Un jour nouveau va hnre. Le soleil kdt pour tout le mande. — C'est peut-ôti*e s'avancer un peu : est-ce qu'il luit pour les misérables? est-ce qu'il luit pour les aveugles?
Lumière. Les lumières de l'esprit. Apporter les lumières de la civilisation. Ce fut une des lumières de son siècle^ qui brilla d^unpur éclat et dont le reflet, etc.
LuMiNKUx. Une idée lumineuse lui traversa l'esprit.
(Style de roman.)
Lune. La lune, cet astre cher aux amants. La lune, comme une curieuse, regardait entre deux nuages. La lune émergeait des nuages.
« C'était par une belle soirée de juillet : la lune projetait sa douce lumière sur la cime des arbres • qui couvraient la terre de leur épais feuillage. »
(Comtesse de Bassantille. Let Sûltm» d^OMtrefbis. 1862.)
Les Parnassiens appellent la lune « le pain à cacheter de l'immensité. »
Lutte. Lutte courtoise. Lutte o^'atoire. Les luttes de Vesprit. — Heureux ceux pour (jui la vie n'est pas une latte incessante contre l'adversité !
Lyre. La lyre du poète.
« La lyi^e de ce dernier (Baour-Lormian), qu*on a compara à la harpe éolienne, rend des sons si purs, si doux. etc. »
(JouT. L Ermite de la Chmài§é6 cTAuftit, disoouK piéli-
minaire, 1825.)
M. Jony n'était pas difficile. Combien de poètes du
DES LIEUX COMMUNS i9t
calibre de Baour-Lormian ont brisé leurs lyres sans qu'un seul écho en soit parvenu à la postérité !
Déposer sa lyre. — Métaphore de haut goût que les hommes de lettres d'aujourd'hui traduisent par : n'avoir plus rien dans le ventre, être vidé. C'est aussi remiser Pégase et les alexandrins, mettre sa lyre au clou, casser sa lyre.
« Si Lebrun avait déposé sa lyre, Delille faisait admirer encore sa brillante fécondité. »
(Vinet. La Littérature de l'Empire, Chrestomathie franeaiset t. IIL)
Faire vibrer la lyre, — Aligner des alexandrins.
« On est revenu au grand padre Alighieri; et les Alfleri, les Parini ont fait vibrer, avec une force nouvelle, les cordes longtemps amollies et détendues de la lyre toscane. »
(Ginguené. ffist. littéraire de l'Italie,)
« Ombre divine et tutélaire, « Cette lyre qui t'a su plaire « Je la suspends à tes cyprès. »
(Ecoucbard-Lebrun. Ode à Buffm»)
Machination. Grâce au ciel, j'ai pu déjouer votre infâme machination.
(Style romantique.)
« Non, il faut que je reste pour déjouer les machinations de Saint-Marc. »
(Pixérécourt et Anicet-Bourgeois. Latude.)
Magistrature. L'austérité de la magistrature. Exercer la magistrature avec une dignité qui en rehausse encore le prestige. — En dernier lieu nous avons eu le cliché de : la magistrature insurgée.
Magnanime.
« Héros magnanime, ayez pitié de mes angoisses, j'embrasse vos sacrés genoux. »
{Style elaeeique.)
Magnifique, l^alais magnifique, tout resplendissant d'or et de marbre.
(Genre descriptif à peu de frais.)
Main. Main du destin. Main de Lieu. La main de Lieu s*est appesantie sur cette malheureuse famille. Tendre une main secourabk.
« £lle tendit au docteur sa main aristocratique, maigre, presque diaphane. »
tt Vous êtes sans fortune, mais vous avez des vertus... Et cette dot vaut à mes yeux tous les trésors du monde... Marie, je vous donne mon cœur et ma main. Marie, voulez-vous être ma femme? »
(P. Gonra âl H. Auger. Pcifvr* Mère,)
La main de pUmh du malheur,
« G*était sur elle que le sort venait d'appesantir la main de plomb du malheur. »
(Y. Dacange. Léonide ou la Vieiîia de Suresne.)
La main du temps. La main du temp$ détmit tout,
« La main du temps, et, plus encore, celle des hommes qui ont ravagé tous les monuments de Tantiquité, n'ont rien pu jusqu'ici contre les pyramides. »
(Yoloey. Voyage en Syrie et en Bgj/pie,)
tt II semble que de Dieu la main appesantie. »
(Corneille. Béraeliu», «cte II, se. ii.)
Maison. La maison n'est pas au coin du quai. — Fin d'une réclame d'une maison d'habillements confectionnés. Cette réclame illustre tous les murs de Paris et de la banlieue. C'est-à-dire: ne nous confondez pas avec le voisin. C*est le me, me adsum de Virgile^ mis au service de la réclame.
Maître. Bon maître, — llny a plus de bons maîtres, disent les domestiques ; il n'y a plus de bons serviteurs, disent les maîtres... Pardon, il y en a encore dins quelques romans d'autrefois. Voici ce que disait, des domestiques, Meicier dans son Tableau de Paris, il y aura bientôt cent ans :
« Aujourd'hui, le? domestiques passent de maison en maison, indifiérents à quels maîtres ils appartiennent... Ils ne se rassemblent que pour révéler les secrets qu'ils ont pu découvrir; ils sont espions, et comme on les paie bien, qu'on les habille bien, qu'on les nourrit bien, mais qu'on les méprise, ils le sentent, et sont devenus nos plus grands ennemis. »
C'est fort juste ; mais pour bien juger la cause, il faudrait entendre la défense des domestiques, il faudrait que l'un d'eux prît la peine de prendre la plume pour formuler les griefs mie ses semblables et lui ont contre leurs maîtres. Déjà La Fontaine avait dit :
a Notrô ennemi, c'est notre Tiattre. »
« Du c(*urage, Gadichet I courage, mon ami I II f^ut sauver ton mattr^, ton bon maître. »
(Scribe* Vfformeur de ma fille, %cU II, se. n.)
Dr3 LIEUX COUMUNS iC3
« Est-ce miiment vous, mon bon maître, oui apportez le diable dans votre maison? »
(CmnteMe de Basstmviile. Lêt SaUnu é^aatrefùitt I862.)
<( On le ferait voir couvrant surtout son bon mattre d'une protection de chaque, moment. »
(Charies Brifant. Dialogue» et Contes. 1824.)
Ma iTRisER. Maîtriser ses passions,
« Mais, au moins, j'ai l'avantage de savoir maîtriser mes passions. »
OL-B. Picard. L'HmmêU Bmme w le IHeit, 1825.)
Majesté. Majesté suprême.
« Chaque jour, prosternée devant la Majesté suprême, j'rdmire sa puissance et j'implore sa bonté. »
(M—Cottfn. Claire d'Albe.)
Majbstukiu. Son port de reine, sa démarche majestueuse,
(Genre dassiqiie.)
Mal. Il fntt prendre son Tnal en patience. — Voilà tontes les consolations que, malade ou afQigé, ron peut attendre des hommes, qui, pour la plus grande gloire de leur égolsme, ont élevé à la hauteur d'un axiome cette pensée de Plante. (Les Captifs, acte II, se. i.)
De deux maux, il faut choisir le moindre. — C'est l'abrégé de cette pensée de Machiavel :
u De deux maux, c'est le fait d'un homme pmdent de dioisir le moindre. »
(La Mandragoret acte in, se. i.)
ft'Ai.iDiE. Les maladies de l'dme sont souvent plus difficiles à guérir que celles du corps.
« La maladie présente un caractère de gravité anquel ii fallait s'attendre après une si forte secousse. »
Malédiction. La malédiction d'un père appelle la malédiction de Dieu. — Malédiction I le traître nous échappe! A cheval, à cheval, messieurs, et sus au misérable ravisseur !
(Bcole Bourcbavdy.) AlALFArrBUR.
« La police de sûreté a an-:: ', la nuit dernière, un individu qui, etc. Cet individu, qui a été reconnu pour un forçat en rupture da ban, est un malfaiteur de l'espèce la plus danger reuse. »
(Genre Gazette des TrilneuuuB.)
Malheue. Malheur aux vaincus ! — C'est le vse victis I de notre ancêtre Brennus, jetant son épée dans la bahnce.
i9i DICTIONNAIRE
« La loi de TunWers, c'est malheur au vaincu! »
(Saorin. Spartactts, acte. III, se. ni.)
Un malheur n'arrive jamais seul.
« Le bonheur vient toujours seul; mais le malheur n'arrive jamais sans ses compagnons. »
(Kao-Tong-Kia. L'Bist du Luth. Tab. ZIIL Trad. Bazin
aîné.)
Malin. L'esprit malin. — Autrefois, on invoquait Tesprit malin ; il y a quelque temps l'on faisait tourner les tables ; mais, en réalité, c'étaient les têtes qui tournaient à ce jeu-là. On continue toujours à consulter les somnambules extra-lucides.
Malléable. L'esprit des enfants est malléable comme la cire. — Voilà pourquoi les empreintes (ju'ils reçoivent dès le jeune âge ne s'eifacent jamais entièrement.
Malveillance. Ses paroles respirent la plus insigne malveillance. La plus noire malveillance préside à toutes ses actions.
Mandat.
« Le mandat que je sollicite de vous me permettra, si j'obtiens vos suffrages, de me dévouer à la défense de vos mtérèts les plus chers. »
C'est toujours ce que le candidat assure, avant Télection; mais après... quantum mutatus.
« Vous m'aviez honoré de votre mandat ; si je n'ai pas démérité, je vous demand-^ de le renouveler, afin que je puisse continuer à défendre les intérêts sacrés de la patrie menacés par les menées du cléricalisme, radicalisme, ou bonapartisme. »
Ad libitum, selon l'opinion que le candidat a adoptée. Mânes. J'en fais le serment sur les mânes de mes ancêtres.
(Genre soleimeL)
Manger. Manger des yeux. — Un amoureux mange des yeux celle qu'il aime. Une coquette mange des yeux un objet de toilette dont elle a envie. Les militaires mangent des yeux les bonnes d'enfants. Les enfants mangent des yeux les bonshommes en pain d*épice, en
^attendant de les manger à belles dents. Ghacan mange
* des yeux ce qu'il convoite.
Manie. La manie de la politique. — Les manies sont des passions en bas &ge. 11 faut au moins avoir une manie, faute d'une passion, pour que la vie ait un buU
Èifc atteint d'une douce manie. Il faut respecter les innocentes manies des autres»
iMvNiEMEM. Le maniement des affaires. — Des tripotages, le plus souvent, avec la banqueroute à l'horizon.
Le maniement des deniers publics. — Souvent très dangereux.
Manière.
« Ceci, ne vous y trompez i)as, pourrait bien être un Vêlasquez, c'est du moins sa manière. »
(Insinuation du conimi?saire-priscur, sous le feu des enchères.)
Manifestation. Manifestation de la pensée. Une bruyante manifestation populaire a éclaté à la suite de...
«c Ce fut une imposante manifestation, pleine de dignité et de calme ; plus de 50,000 personnes accompagnaient le cercueil du grand citoyen. »
£t la variante :
a Ont accompagné jusqu'à sa dernière demeure le grand citoyen, au milieu des cris, mille fois répétés, de : « Vive im tel I Vive la République I »
Manifeste. Message. — Si la parole a été donnée à l'homme pour dissimuler sa pensée, le manifeste a été inventé à rasage des princes, dans le inême but.
« Ce manifeste rassurera tous les honnêtes gens. »
« Ce manifeste^ où le souverain dévoile toute sa pensée, est, pour ainsi dire, l'expression de la pensée du pays tout entier. »
« Ce manifeste laisse dans Tombre bien des questions importantes ; il ne réi)ond qu'à demi aux vœux de la nation et ne satisfera que les journaux officieux, toujours prêts à chanter sur tous les tons les louanges du gouvernement. »
« Ce manifeste est une sorte de défi jeté à Topinion publi-
2ue. Jamais le pouvoir personnel ne s'était affirmé avec plus e hauteur. Jamais, ni sous Louis XIV, ni sous Napoléon ler, etc. »
« Le manifeste du souverain aura un grand retentissement, non seulement dans notre pays, mais encore dans toute rÈurope. Ces paroles sa^^es, mesurées, ce langage si net et si patriotique ne saurait être désapprouvé que par les ennemis de la nation. »
Manifester. Le Toitt-Fuissant se manifeste dans ses œuvres.
Manoir. L'antique manoir, tout vlein du souvenir de mes aïeux.
« Cet antique manoir, aujourd*hut triste et désert, avait été autrefois le séjour des m et de» jeux, alors que votre
(96- mcnoNNims
illustre aïeul, le mestre de camp, venait s*t délasser des travaux de BeUoiie, et reposer ses lauriers à I ombre des grands chênes. »
Manœdvee. Déjouer les manœuvres crimhielles.
(littér&tare administrative et judiciaire.)
' tt J aurai Ténergie nécessaire pour déjouer les manœuvres criminelles des ennemis de notre pays, qui tenteraient d'égarer le peuple. »
{Discourt de rentrée prononcé par M. Unroc* eu roi Chemiaeau devant te tria, de Moehefott, 5woo, 48S0.)
Mansarde.
c Hier est mort, dans une misérable mansarde de la rue des..., le dernier des ducs de».., qui a compté un doge dans sa famille. »
(Faitgdinen.)
Mantille.
« Sous sa mantille, ses yeux brillaient comme deux étoiles où TAmour eût pu allumer son flambeau. •
(Style ronmtiqM.)
Marasme. Les arts sont dans le marasme.
BIarche. Marghee. La marche du progrés. Entraver la marche du progrés.
< Le voyage du souverain dans les départements du... et de... a été, pour ainsi dire , une marche triomphale. »
{Reportage politique,)
« La pièce a fort bien maiché d*un bout à l'autre. L'action n'a pas langui un instant ; l'intrigue bien conduite et le dc^noùment bien amené, etc. »
{nuOtêiom dramaiiqme.)
Mariage.
« Le mariaffe de... a été célébréen Téglise de..., au milieu d'une foule élégante et sympathique. »
(Echos du mande.)
Le mariage est une loterie.
c Se marier, c'est jouer aux dés avec la fortune. »
(Epieharme. 71* OuanABs, f)ra§uiÊiU$.)
Le mariage est le tombeau de ramour.
« Ou dit que le marii^^e « Est le tombeau de l'amom*, « Que jamais dans le ménage « On ne coule d'heureux jours. »
(Palisaot VHewreuM MoHaee, '^^-n".)
Marine. la puissante marine de l'Angleterre.
Marquis.
« Le marqds éttfl im de œs gentOshommes de vieille
DES LIEUX COMMUNS i97
roche dont la devise était : « Tout pour Dieu et mon pays. »
(Style de roman.)
i< Saute, marquis ! », comme on dirait : Saute, paillasse ! Regnard, dans le Joueur ^ acte IV, scènes x et xi, fait dire plusieurs fois à son faux marqaisy au comble de la jubilation :
tt Allons, saute, marquis I »
Mahseillâise. Les patriotiques accents de la Marseillaise.
« Electrisés par les patriotiques accents de la Marseillaise, nos pères ont délivré le sol sacré de la patrie, refoulé nos ennemis, fait trembler les tyrans sur leurs trônes, et planté le drapeau tricolore dans toutes les capitales. »
« C'est aux mâles accents de la Marseillaise que nos armées sont entrées, victorieuses, dans toutes les capitales de TEurope. »
« Aux armes, citoyens I formez vos bataillons. »
(Bouget de Tlsle. La Marseillaise.)
Très beau comme musique, plus que faible comme poésie. Ce chant a le tort d être mis à toutes les sauces, d'ctre entonné aussi bien en temps de paix qu'en temps de guerre. C'est au refrain de la Marseillaise que le peuple manifeste soit son enthousiasme, soit sa colère ; c'est avec ce refrain qu'il salue les souverains à leur passage, et qu'il jette à l'eau les sergents de ville. C'est encore le cri des ivrognes qu'on mène au poste, et des conscrits de la première heure tout enrubannés et nu* mérotés. Il parait que la Marseillaise est obligatoire pour les musiques de régiments.
Mabque. Prendre le masque de la vérité. Je te connais, beau masque I
(Fropos de caraavaL)
Masse. Agiier tes masses, ^ Un moyen comme un autre de faire sa fortune politique.
Avoir de l'empire sur Vesprit des masses. — Malheureusement, ceux qui ont cet empire ne s'en servent que pour faire commettre des atrocités.
Maese imposunte.
« Sur les débris existants du piédestal de la tyrannie, sera élevée lu statue de la Liberté, dont Tinauguration se fera avec solennité; des chênes toufTus formeront autour d'elle une masse imposante d'ombrage et de verdure. »
port du citoyen David sur la cérémonie projetée pour le 46 aoûtt à la CimmUlon nationale, le 19 juillet I70d.)
{RoMot
Massif. Un massif d'arbres nous dérobait la vue» Cache iLiriérc un massif d*arbrcs.
Matin? Le matin de la vie. — (Style académique.) L*n matin qui pour bien des gens n'a pas de soir.
Médâuxon. — Le médaillon joue un certain rôle dans les mélodrames, et a souvent contribué au dénouement.
« Cet écrit... le voilà... tenez... prenez-le, en détachant le cercle de ce médaillon. (// a tiré de son sein un petit médaillon suspendu à une chaîne cTor.)
(Ch. Desnoyers et Nus-FoUct. Jacques le Corsaire^ acte V, se xi.)
« Pas une ressource, rien, rien que ce médaillon... le portrait de ma mère! Il y a quelques jours, j*ai vendu pour Tivro le cercle d'or !... »
(B. Brisebarre et Bug. Nos. La Route de Bt^est, acte VI, se. ir.)
« G*est donc à Mexico que vous remettrez à Tenrant c^' médaillon, dernier souvenir de son père. »
(Â.Dioet-Bourgeois et Ferd. Dugué. Les Pirates de la SaoOMe, acte I se. iT. 1859.)
Mêdkun. Le prêtre est le médecin de l'âme, EUe se trcUi:c tnal! Vite un médecin! Courez chercher un médecin!
tt Médecin de Tàme, il eu connaît tous les égareineiits, toutes les torturas. »
(Joseph Bouchardy. Les EHfatUS'TrouoesJi
« C'est le ciel qui vous envoie; car les soins du médecin de rame ne serant pas inutiles pour ce qui se prépare id. «
^Anicct-Bourgcois et Michel Uassoii. Les Orphelins du ptmi Notre^ Pâme, acte III.) '
tt Car, api'ès les médecins de rame, qui sont les prètres... »
(De Vigny. Stella.)
Médical.
« Un cas des plus curieux de... qu'aient eu à em^istrer, iusqu'à ce jour, les annales médicales, vient de se ^produire a... dans le département de... »
{Stjfle de jownaHste.)
Souvent le cas des plus curieux n*est qu'un canard.
MÉniTATioN. Méditer. Esprit tourne vers h méditation. Lt' fviiit fies wcditations. Méditer sur tes liritCs vtcrneUcs.
Méduse. Sa vue produisit l effet de la tête de Méduse,
Mëillkuiu
« Xen passe et des meilleurs. »
(V. Hu^o. flenmni, acte III, se. des portraits.)
Ainsi parle le vieux dou Ruy, eu faisant, devant duu
DES LIEUX COMirUNS 199
Cui'ios, Tapologie des portraits de ses aïeux qu'il moutre, peut-être un peu trop, comme on montre la lanterne inagiaue. Le « j'en passe et des meilleurs » passa bientôt à rétat de cliché pour abréger une nomenclature.
Mklancolib. MiLANCouQUE. Une douce mélancoUe ne le quittait jamaiê.
u Une sombre mélancolie s'est emparée de son esprit depuis la mort de sa compagne bien-aimée. »
u Sou chant avait quelque cbose^de fnélancolique qui portait à l'âme. »
HeLEB*
« n se jeta bravement dans la mêlée, et, au péril de ses >urs, il parvint à arracher son colonel à une mort certaine. »
Mêlée furieuse.
Mélodrame. Pièce taillée sur le patron des anciens mélodrames du boulevard. — Avec accompagnement d'enfant enlevé^ de croix de ma mère, de merci mon Dieu, de cette preuve il me la faut, de ft nous deux monseigneur, et autres balivernes.
Membre.
« Membre de plusieurs sociétés savantes, j'ai cru devoir porter à votre connaissance le fruit de mes observations au sujet de... »
[Diicours d^un membre qiÊêleonque éPune tociété quelconque.)
Mémoire. Mémoire impérissable. Sa mémoire ne périra pas. Laisser une mémoire honorée.
Mendicité. La mendicité, cette plaie qui s'étale avec impudence, — 11 y a bien pea de gens qui ne mendient pas.
Menée. MsHBaR. Menée ténébreuse. Mettre à néant les ténébreuses menées de la coaUtion { ^^i,te.
Le peuple sera toujours la dupe des meneurs.
Mensonge. Un pieux mensonge. La poésie vit de mensonges. Sotts ce rapport, que de femmes pourraient poser pour la statue de la poésie I — Mensonges dorés.
Mépris. Mkz, madame, vous emportez mon mépris l
« Madame, c'est donc plus que du dédain, de la colère, de la haine... cest du mépns que je vous inspire? »
(Scribe. L'Hawneur de ma fUlê, «el« I, se i .)
U y a bien peu de gens qui ne vous inspirent pas du mépris, quand on les connaît à fond.
Mer. Ce n'est pas la met' à boire. — Ce n'est pas difficile. Pour exprimer l'idée contraire, La Fontaine a dit dans les Deux Chiens et l'Ane mort :
« Tout cela, c*est la mer à boire. »
Cette expression : « C'est la mer à boire », date du temps des Hébreux, où les rois se plaisaient à se proposer des énigmes et des questions difficiles. Au dén de boire la mer, défi porté par un roi d'Ethiopie à Âmasis, roi d'EgyplCj ce dernier répondit : « Qu'il attendait puur commencer, que son rival eût détourné tous les fleuves qui s'y jettent. »
Boire la mer et les poissons. Signifie être très altéré : Je boirais la mer et les poissons.
Merci. Merci! sauvé! merdj mon Dieu! — Cliché mélodramatique par excellence. Le cri de la mère qui retrouve son enfant; le cri de la jeune fille qu'on arrache des mains du traître ; le cri du père qui arrive à temps pour sauver l'honneur de sa fille, et punir l'infâme ravisseur : le cri de l'épouse qui revoit un époux qu'elle croyait mort. Les mélodrames de i830 fourmillent de « merci, mon Dieu! }>; pas une pièce de cette époque qui n'ait échappé à cette contagion. A la longue, c'a été plus qjaî\iu cliché, une scie.
En voici quelques exemples puisés aux sources :
« La mère : Ah I ma fille!... ma fille I... >^
Làure (tombant à genoux,)
« Merci, merci, mon Dieu! tu as eu pitié de nousl »
(Albert Labrousse et Alph. Brot. /utiêUe, 1834.)
« Lui! oh! merci, merci, mou Dieu! »
(Scribe. L'ffonnetar de ma fille, acte III, se. v.)
« J*ai maintenant une patrie et une famille... une véritable famille ! une véritable patrie! merci, merci mon Dieu! » (Ch. Laront. La Famille Aforonval, acte T, se. vr. 1834.)
a Oh ! merci, mon Dieu ! de ne pas m*avoir fait momir dans ma faute!... »
(Boulé, Rimbant et Dnpré. Emerp le Pfé^oetani, 1842.)
(1 Fuir! quand je suis aimé d'Angélal Ohl hierci, mon Dieu! »
(Poujol et Haréchallc. A Minuit, acte II, se. xi. 1839.)
« Fernando !... c'est Fernando!... merci, mon Dieu! Tiens! voilà celui qui a tué ton père! »
(Lockroy et Aoiœt-Bourgeois. Kmri 9u le ChàHmeni, acte 111. •c TUi. 188Si)
« ^jsAifNB : Mercii mon Diaul Je ne tromperfti pas un l'onnête homme. »
(Dumanoir et d'Ennery. La Paysanne pervertie, acte I, se. si. 1851.)
« Merci, mon Dieu ! merci, mes enfants ! »
(Anicet-Bourgeois et Michel Ma88on. Le$ Orphelins du pont Notre- Dame, acte IV.)
« Ah] mer(Hy mon Dieu, mercii »
(/({#m, afite Y.)
Mers. La mère des Grdce$, Noire mère commune (la terrée Notre première mère. La mère sans danger y conduira s file et, en parodie : La mère sans danser, etc.
« Ma mère!... ma fille !..• dans mes brasl »
« Épouse in/ldèle, mère coupable et dénaturée, vous n*avez pas craint de porter une main criminelle sur le imii de vo5 entrailles I »
V ie suis mèrel Pitié pour mon enfant 1 »
« JpuETTB : Oui, TenCer avec toutes ses tortures, car tu ne sais pas tout encore, mon malfieur est au comble... Laure, je SUIS mère ! »
a Làurb : Et Dieu Ta pennis I »
(Albert Labrousse et Adol|ilie Brot. /uiiette,)
« Quapd j> rae réveillai j-ôtais raèrOf et l'infâme avait foi. »
ma mère !
« Jeaiihb : Ma tête s'apnesantitl ma vue se trouble! mes Ibrces me trahissent!... ma mère! ma pauvre mère! » (Paul Foucber et Alboise. La Salpétriire, acte II, se. ▼.)
L'oMioeté est la mère de tous les vices. « Multam ma^ tiam docttU otiositas », a dit Y Ecclésiastique ^ ch. xxxiii.
MÉRITE. MéEiTEE. Nc dcvoir rien qu'à son mérite. S'élever au-dessus des autres par son seul mérite. — C'est une chpse fort rare, et, dans quelque temps, ce sera une chose prodigieuse, car ordinairemeat on 6 ôlôve par Tintrigue et par le mérite des autres.
Bien mériter de la patrie.
Meaveillbux. Le merveilleux est l'âme du poème épique. Faire preuve d'un talent merveilleux, — A défaut de merveilleux, peu en rapport avec le scepticisme moderne, on recnerche le sombre et le tragique, de là le succès des romians à base de policiers et d'assassins.
Mbubtee. Mburtribr. Un meurtre horrible vient d'ensanglanter la commune de.,,
« Un meurtre horrible a été commis, la nuit dernière, dans les circonstances suivantes, sur la personne de... 9
[Style de journal.)
S02 DICnO?(XAIBS
Meurtrier encore tout eauveri du sang de sa vieUme.
Mésaluancb.
« Une mésalliance, mon fils?... Jamais je n*yconsentinii; jamais le sang de nos ancêtres n*aura à rougir d'une pareille inramie! » {Père noble et théâtral,)
Et le voyou qui assiste à la tirade, de s'écrier :
« Comme tu me fais mal! A Chaillot» le vieux birbe ! »
Messager. Le messager des dieux. Les messagères du firintemps ont fait leur apparition. Messagère du jour,
« Déjà la messagère du jour avait dissipé les ombres de la nuit. »
[Style eléMi^Me.)
Mesure. Mesurer. Combler la mesure. Employer des mesures de rigueur. Savoir garder en tout une juste mesure.
« Cette mesure administrative, que rien ne motivait, va créer un fâcheux précédent. »
Mesurer ses paroles.
Meubler. k
« Je vous meublerai un charmant petit appartement, un joli petit nid. »
ÇjCe que les serpent» tentateurs ont é&t de tout temps aux Èves.)
Meubler sa mémoire de bonnes lectures.
Miel. Avoir le miel sur les lèvres. Ses discours disUUent le miel. Il est tout miel.
Mielleux. Ne pas se laisser séduire par de mielleuses paroles.
Migraine. — rii20 de ces indispositions à la mode qui a fait fureur un moment parmi les femmes. On inventait des migraines qui, souvent, n'étaient qu'autant de prétextes à caprices.
« Madame est-elle visible? — Non, madame a sa migraine. »
« Laisses-moi, mon ami, pas aujourd'hui... j'ai une migraine afit'euse. >
Milice. Milice bourgeoise. — Réunion de couards, fanfarons et tremblenrs, tout à la fois, qui ont eu plus d'une révolution sur la conscience.
Notre brave milice bourgeoise.
Miner.
« Miné par le chagrin, il ne tarda pis à suivre au tombeau sa compagne dévouée, la mère de ses enfants. »
(Petite oraison funèbre et intime.)
Ministère. Ministre. L'honorohle organe du ministère public. Ministre des autels. Ministre du Dieu de justice et de bonté, relevez-vous, je vous pardonne !
Miracle. Miraculeux.
tt Gomment va-t-il, docteur?— Dieu peut faire un miracle I »
Les miracles ne sont plus de nos jours.,, (parce qu'ils ne sont plus dans nos mœurs).
« C'est une guerison miraculeuse dont il faut remercier le Tout-Puissant. »
Mirage.
« Que vois-je? Vous ici! 8ui9-j6 le jouet de quelque mirage? »
{Style de roman.)
Miroir. Le miroir de la vérité. — S'il y avait des fabricants de miroirs pour la vérité, ils feraient d'excellentes affaires, car on doit en briser bieif souvent.
Les yeux sont le miroir de Vàme.
« Purs et sereins, vos yeux, comme un miroir sacré, reflétaient votre âme et le ciel. »
(V** d'Ariincourt. Les Trois Châteaux , ch. x.)
Mis/5. Mise en scène d'une richesse inouie. — La mise en scène est destinée à parer à l'insuffisance d'une œuvre dramatique.
« La mise en scène du... est montée avec un luxe dont on n'avait pas encore eu d'exemple sur aucun théâtre. »
tt La mise en scène dépasse tout ce que l'imagination peut rêver de plus féerique. »
(Style de feuilletonnitte dramatique.)
Misérable.
a Misérable! vous osez insulter une femme, une faible femme I »
{Style de théâtre, seèné de la femme outragée.
Miséricorde.
« Vois combien est grande la miséricorde de Dieu I Tu étais sur le bord de l'abtme : il m'a conduit près de toi. »
(Joseph Bouchardy. Les Enfants Trouvés.)
« Veuillez m*entendre, monsieur, et croyez qu'ainsi que sa puissance, la miséricorde de Dieu est infinie. »
(Anicet-Bourgeois et Michel Masson. Les OrpheHnsdu pont Notre-DamiSy acte lY.)
204 niCTIONNAïRE
Modération. Lu modération dans la victoire est nnr vertu bien rare. ■— 11 y a comme cela une foule de vertus toutes plus rares les unes que les autres ; c'est cette rareté qui eu double le prix.
Mœurs.
tt La dépravation des mœurs semble fairo, chaque jour, de nouveaux progrès parmi le peuple. »
(En tout cas l'exemple vient d'en haut.) Néanmoins, c'est une belle phrase sous la plume ou dans la bouche des moralistes.
Moisson. Moissonner. Moissonnbui^. Bevenir couve^'t d'une moisson de lauriers. Moissonner des lauriers. Le chant des moissonneurs.
Moitié. Ma moitié^ pour ma femme, est un mot qui a été balayé avec le trône de Charles X. Depuis ^830, personne ne dit, personne n'écrit plus « ma moitié ».
<i C'était la femme de M. de la Renaudie, vieux gentilhomme fort jaloux, mii, obligé d'aller suivre un procès à la cour impt^riale de Dijon, avait cr||i devoir reléguer, pendant son absence, sa Jeune moitié dans ce village. »
(L.-B. Picard. L'Bonnite ^ommt au le Niais. ISiS,)
Moitié a pourtant été du style noble. Quelle dégringolade !
« Laisse» à Mené las racheter d'un tel prix, « Sa coupable moitié dont il est trop épris. »
(Racine. Iphigénie^ 4ct« IV, ae. r?.)
« Mais simple, il redoutait
«» Gris et clameurs ae cousin et cousine, « De fr^re et sœur, et ce qu'à sa moitié, <i Avait uni le sang et l'auiitié. »
(Vergier. Fakh$.) « Certes, monsieur Tartuffe, à bien prendi^e la chose, « Nest pas un homme, non. qui se mouche du pied; « El ce n est pas peu d'heur que d'être sa moitié* »
(Molière. Le Tartu/fty «cte II, ac^ m.)
Chaste fnoitié.
« Beuds-toi digne du nom de ma chaste moitié. »
(Coraeillc. Horace^ «ctc lY, se vn.)
Mollessk:. Moderne Sybarite, il se comptait dans la molksse. — La mollesse, oh! til... mais la paresse a quelquefois du bon, no servi rai t>e lie qu'à faire trouver le travail plus agréable quand on s'y met.
Monarchie, La monarchie n'est pbis possible en Franco^
(St^ et r^oblicuii.]
DES LTTOX C0MMTJH8 20B
Seule la monarchie pourra rendre à la France «on prèstige et son ancienne splendeur.
(Style de monarchiste.)
Monceau. Des monceaux de cadavres jonchaient le champ de bataiUe. — C'est souvent siir un monceau de cadavres que s'élève la grandeur d'un pays et que, comme d'un fumier, surgit la gloire d'un souverain; grandeur et gloire toujours éphémères.
Monde. Le monde a ses exigences auxquelles il faut savoir se plier. — Rire quand on a envie de pleurer, pleurer quand on a envie de rire, sont des exigences du monde, et, pour ôtre un homme du monde, il faut posséder une certaine pointe d'hypocrisie acquise ou naturelle.
Monologue.
« Ge désopilant monologue, débité avec une verve étonnante, a beaucoup coutribué au succès de ce petit acte. »
(Feuilleton dramatique.)
Monopole. -^ L'art d'exploiter une industrie quelconque et les antres.
u Combattons ces monopoles des grandes compagnies qui ne tendent rien moins qu'à la ruine du petit commerce. »
'Fbnuu détachée d'un article d'économie sociale en quête d*an fort pot de vin, dép4rtemeQt du chantage littéraire.)
Monseigneur. A nous deux, monseigneur! — Que Mélingue prononçait bien ces quatre mots, et comme il mettait crânement Tépée à la main pour les souligner, lorsque le moment était venu de châtier le traître ou le ravisseur 1
Monsieur. Ecoutez donc, monsieur! — Litanie des filles sur la voie publique, lorsqu'elles cherchent leur proie.
Monstre. Monstre odieux.
« Serait-il vrai, grand Dieul que la France eût pour la
seconde fois nourri dans son sein un monstre aussi odieux 1 »
{Procès Papavoine, 1825. Réquisitoire de l'ai>. gén. de Feyroanet.)
Monstre vomi par V enfer.
« Jean Ghâtel, fils d^m honnête bourgeois de Paris, âgé de dix-neuf ans, lut* le monstre que Tenfer arma contre r:înri. »
(Anquetil. Hist. de France ^ t. IX..)
« Du repos des mortels implacable ennemi, « Monstre le plus cruel que l'enfer ait vomi, % Funeste ambition... »
(La Chaussée. Masgmieikt acte L M^ lO
*•« DICnOXXÂIKK
MoNciresT. Momanent Htfértnre,
« Les œuvres de Racine sont on des plus beaux monuments de la poésie française. »
(Rengaine des adaùntears des classM|oc5.)
Moquer. La moitié du monde se moque de fautre. « La moitié des humains rit aux dépens de Tautre. »
^kstoochcs. L'BomM»e siitçMiiiir, acte 11, $c. t.)
Moral. Le moral des troupes est txceUent. — Celte phrase» peut se traduire ainsi : Nous avons été battus à plate couture et l'armée est démoralisée.
Moral, alk. Ses facultés moT'^ks s'affaiblissent de jour en jour, — Aussi pourquoi lit-il tant de romans-feuilletons à Tusage des concierges?
Morale. Moraliser. Otttrager Ja moraJe puhhque. Action que la morale réprouve. La morale est la clef de coûte de la société. Moraliser les classes laborieuses. — A couji^ de plume dans les journaux, à coups de laneue dans les réunions publiques, combien de moralistes!... profondément immoraux da reste dans la vie privée !