MORALISATION
« La moralisation des classes laborieuses a M le but
principal de cet ouvrage. »
{fStfte biblioffrttphiqmg^
Connaissez-Tons beaucoup de livres qui aient moralisé quelqu'un on quelque chose ?
Mordre. Mordre au pnnt défendu, — Depuis Eve, c'est pour les demoiselles et les femmes toujours le même procédé qui est en vigueur.
Mort. Mortel. La mort est la fin de nos maux.
{Maxime épicurienne. — On la troaTe d«iks les
de Sophocle, acte Y, se. rr.)
« La mort est simplement le terme de la vie; c De peines ni de biens elle n'est point suivie: « C'est un asile sûr, c'est la fin de nos maux. »
(ChanUeu. Sur te Mort. I7SS4
La mort avec toutes ses horreurs.
« An lieu de ses soins (du médecin) pour la conservation de la vie, la mort, la mort avec toutes ses horreurs; la mort flroidement combinée. »
[Proeét Cmstaing, 1823. BéfukiÊoire de Tm. fén, de ^«§4
la mort est le remède à tous les maux.
« La mort est de nos maux le mùdccin suprcmo. »
(Sophocle. Frag. de Philortàte à Troie.)
« La crainte de la mort est plus cruelle cfue la mort m«*'mo. »
(Sentence d'un frag. des mimes de Publius Svrus, cité pur Aulu-Gelle.)
Pensée que La Bruyère a ainsi retournée :
« Il est plus dur d'appréhender la mort que de la souffrir. »
N'oublions pas le beau vers de P. Corneille :
<( Chaque instant de la vie est un pas vers la mort. »
ÇTitc et IJeWnice, ;u'tc, V, nv. i.)
Avoir la mort dans l'âme, La mort du juste est nlififintr. Tous les hommes sont égaux devant la mort, La {/lunrr est la mort du commerce. Triste jusqu'à la mort.
Accompagner la dépouille mortelle de quelqu'un à sa dernière demeure. Quand l'âme a quitté son enveloppe mortelle pour s'élancer vers son Créateur,
Les martels j pour les hommes, dans le style académique.
u QuMIs sont incompréhensibles les mortels agités par les passions ! »
(Chateaubriand. Atala.)
o Quel i'aait Theureux mortel à qui mademoiselle Dégodet donnait la préférence 7 »
(L.-B. Picard. L'Honnête Homme ou le Niais.)
a Venez, mortels, si fiers d'un vain, d'un faux éclat. »
(Andrieux. Poésies diverses.)
Nous sommes tous mortels. — Ou, du moins, presque tous, comme se hâta de dire certain prédicateur en voyant entrer Louis XIV, qui, à ces mots: « nous sommes tous mortels», avait déjà froncé ses sourcils olympiens.
Cette vérité, si elle rî'est pas consolante, est très ancienne, et c'est peut-être la seule vérité vraie, incontestable.
« Nous mourons tous. »
{Deuxlimâ tiwê deê Bais.)
« Tout mortel est réservé à la mort. »
(Sophocle. Electre, acte II, w. it.)
Mot. Le mot de la fin. Ce ne sont pas des mots qu'il nous fautf ce sont des actes,
MouBiB. Je sens que j'en mourrai. — C'est, au thc/llre, le nec plus ultra de la douleur chez la jeune première amoureuse.
« Comme Je tremble que vous condamniez cet amour! car
«08 DICTIOXNAIBB
si TOUS le condamnez, mon ami, il fkiulra bien que j*y lenonoe ; mais je sens que j'en moun'ai ! »
{L. d^Ennery et H. Crèmieox. Le Saceiitr 4ê Im me (^tiMxntpùiT^ tu m, «c u. ISS9.)
« Ohl noni... mais j'en mourrai I »
.Scribe et Legou^-é. BtUtdUê de Dames, «cte m, se. zr. ItSI.)
Mourir pour la patrie. — On a tant abusé, en paroles, de ce refrain pendant la gaerre de 4870-74 principalement; on Ta tant cbanté et recbanté, qu'il a pris place parmi les clicbés.
Lamartine l'a emprunté à Rouget de Hsle (Boland à Roncciauxjy et Ta transporté, avec uae légère Tariaote, dans son cbant des Girofidins.
Le refrain de Roland est :
« Mourons pour la patrie,
« Cest le sort le plus beau, le plus digne d'envie. »
Qui n*est lui-même qu'une imitation rigoureuse du Ters d'Horace :
« Dulce et décorum est pro ))atriâ mori. »
(Oden,Lm4
Il est doux et glorieux de mourir pour la patrie.
Mouton.
« Pauvres moutons, to\\jours on yous tondra. » A Retournant à nos moutons. «
(Babdais. ^kvfmftM, L I.)
Mouvement. Un beau moiœenictit oratoire digne de Cicéron*
Mure. Mimqa- des mûres le long des haies en faisant técole biiissouniire,
{St^lê d€ roaun.)
McRMi'RE. Le murmure du ruisseau dans la prairie,
iGeore idytte.)
MiRMi'RER. 3furmurer contre les dtrrets de la Providence. « Ah! Bv^né. je ne murmure point contre la Providence. »
^rJiateaabriand. Ataia.)
Scribe a dît : savoir se taire sans murmurer.
Muse. Cultiver les Muses. Nourrisson des Muses, Muse^
inspire-moi!
» L:\ nmse de la poésie n'a pas été mieux inspirée. >
^JouT. Guillaume le FraHC-Partew, ISIC)
« Et les muses de Grenoble ont chanté ses louanges (d M. Comte, prestidigitateur et ventriloque. »
Idem, ià
UEVX COMMUNS i09
« Il Pir'j;it eut le bonheur de mourir si y^nim. ^uaucui*^ «je Ke-fe lîiu-îoîi* u'afait pu se df-iruiie. et <ju li eui|>oru daiit» la touiiMi toute sa foi à la ii3Ui^<5 ti^ique, •
(]l»« AjKKi<4. J^oW <20 /'arû. 4^2A à 1964.)
McsvTTB. Les vUiageois dansaient au son de la musette,
« Je vis un jeune pâtre qui. aux accorda de sa iDiL<^tte, diascait son troupeau devant lui. •
'Bonaitc dumpétres.)
Dan? !a vie réelle, k Paris, le» musettes sont des bals publics où se réuiussent les Auvergnats : là rien de ebampétre.
M csiocE. McsicAL. La musique adoucit Us mr^urs,
« La matinée musicale dono^^e par M^^ X... a été parlF culièreinent brillaoie. •
« Les matinées musicales tendeot de plus en plus à s*im« planier dans nos mœurs. •
{Reportage mondain.)
ÀTez-Tons remarqué qu'à mesure que la musique eourt de plus en plus les rues, les bons musiciens de- Tiennent de plus en plus rares ?
If Y'^TèBB. Mystérieux. Mystère impénétrable.
« Le mystère impénétrable qui enveloppe ce crime n'a pas encore été soulevé, et, josquà ce jour, les investij-'ation» de la justice sont restées &aos réAultau »
« 00 événement mjrstérieux préoccupai viYC'in''nt dc^pwis quelques jours l'attention publique. Y a-t-il eu fTirne ou f^uicide? Telle est la question sur Inau^'ll»^ la justice aura à ^e prononcer. Nous n en dirons pas uavantage Jîur ce mY«ïtérieux événement p'jur ne pas entraver l'aclion de la justice. (lÀh^iX : Nous n'en savons pa-s davantajçe.) •
♦ Sous nous sommes rendus, hier à... afin de recueillir «»jr les lieui les bruits qui circulent sur le mystérieux crime découvert dans la soirée du... »
(Spédment de faiti divert.)
Puissance mystérieuse.
m. Il est des destinée» tellement îneipîicables, qu'on est obligé de reconnaître qu elles sont le jouet d'une puissan^je mystérieuse et ftmeste, qu'ils (les anciensy appelèrent la lata* lité. «
(X** ADoelot. Salons de Parû.f
St« DICTIONNAIRE
>JAnui:. f'fifiY' tutitrc di$ >y«m^>ow5.
« Nô de paivnts panvtvs mais hoiim^les, le jouiie £iiiîK' ne sut pas suivre les Ihmis exemples de sa rumillc. »
N\i\>LKO\\ Le phis f/iM«ï/ c^ipitiiinc d^rs tirmps miMU^imcs, — Si vous appelei ainsi Napoléon devant uu royaliste : Et Moreau, pourquoi le coniplei-vous? répondra le royaliste. Devant un ivpublioain, tous obtiendrai cetie ré-
» pouse : Et Hoche, vous n'en parlez pas?^
NARcoTiorK. — Que de livres, que de discours, joe de couversifiions peuvent lutter avec les plus puissants narcotiques!
t Commei.i? le s*iis-je moi-même? Surprise, entrahntv dans ce dîner laul... il mêla à mon vin un puissant narci>lique... neuf mois apivs, jViais mèiw.. mais Je ne suis psis cxHiiKible, ob! non, je le jutv devant Dieu qui nous entend! »
Nasillard.
«V Li>i^<|ue I imissieiN d'une vois nasillarde, eut fUiTappel
des lêmoms. »
* Le l>aiHi. d'nue voix nasillanle, me demanda si.., »
Natal. Salut à mon iMiys fUit4MU II faut qu*U aUk Viiir natal.
<^Phmsc de médecin qui tous caton ■oiih chu TOtt&j
Nation. National. Fam* appel anjr foires vives de la iialîoii.
* Ce n'est pas en vain que le gxnivemement aura fait appel au sentiment naliona! qui a chei nous de si praFondes raoittes,«
« Nous sommes les irardiens de ce droit national, qui avait lail la France forte et irJ'^riense, et où se tixmve, avec la vraie slabilittsla plus sûfi^ jiajaiaie des liliertés publiques. »
(P9lit èonfttiif mifiiir)
Natgre. Naturel. Beautés de la naJtmt.
n Et peut-être faut-il avoir entendu la voix ravissante et M»*» Â, de Saînt-C.., la tmsse bamionieuse de M. de la Marre, sous Tawr d'un beau ciel, dans le calme de la «Ht
et des bois, pour se faire une idée de la toute-puissance d'un art qui prête un nouveau charme aux beautés de la nature. »
(Jouy. L'Ermite de la Chauêiée-dAntin,) « Et toujours la nature « Embellit la beauté. »
(Marie, mus. d'Hérold.)
Le cri de la nature. — Dites du mal de quelqu'un, il lèvera les épaules s'il est philosophe, séduisez sa femme et courtisez sa fille, il n'y fera pas attention ou s'en moquera s j1 est également philosophe ; mais si par hasard vous touchez à son argent, c'est alors qu'il vous sera donné d'entendre le cri de la nature.
Le printemps est le réveil de la nature.
« La nature n'a rien fait en vain. »
(Bernardin de Saint-Pierre. Études de la natMre.)
« Chassez le naturel, il revient au galop. »
(Destoncbes. Le Glorieux, acte III, k. r.)
Naufrage. Le naufrage des illusions, La vie est une mer semée d'écueils et fertile en naufrages. Les débris qu'il put sauver du naufrage de sa fortune.
Nautique.
« L'art nautique demande à être encouragé. En honneur chez les anciens... n ^
(Ici, deux ou trois pages sur l'art nautique dans lantiquite.) Personne ne vous empêchera de commencer ainsi le compte rendu d'une course de régates.
Navire.
« Le navire, qui l'emportait loin de la mère patrie, voffuait sur 1 immence Océan, poussé par une brise légère qui enflait ses voiles. » © m »••
[Style de rùman.)
Nkant. Le néant des grandeurs humaines. Dieu a tiré l'homme du néant. — 11 aurait peut-être mieux fait de 1 y laisser. Ce qu'il y a de consolant c'est qu'il s'y replonge. '^
a Ah 1 si tu l'entendais raisonner sur le néant des irrandeurs humaines 1 » °
(Éti«nne. Une Heure de mariage, se. ? . 1801.)
Nep.
« Notre nef sans gouvernail, perdue au milieu des floia. menaçaitde s engloutira chaque instant et de se briser contre les récifs. »
ifityle de roman.) ' 13
Négociant. Les négociants de la me du Sentier font retendre de justes plaintes. — TaOl été une ritournelle chantée et rechantée sur tous les tons par les organes de la démocratie, après le 4 6 mai, qui, à ce que prétendaient les mêmes organes, avait entravé les affaires — Ouanc? on forçait un peu la note on obtenait ceci :
« Une pétition des principaux négociants de la rue du Sentier a été adressée au gouvernement, pour demander de faire cesser un état de choses si contraire au développement du commerce déjà si éprouvé par,. » On a dit alors : « Les négociants de la rue du Sentier se plaignent » comme on dit dans les bons vieux mélodrames historiques : « Le peuple murmure ».
Honneur du négociant.
« Tu ne sais pas comme lui ce que c*est gue Thonneur du nég:ociant; tu ne sais pas quelle tache ineffaçable la faillite imprime sur sa vie. »
(Boulé, Raimbaat et Dupré. Emery le Négociant, I84S.)
L'honneur du négociant consiste à payer ses billets à l'échéance.
Neige. La neige des ans, La neige qui couvre sa tête.
Néophyte. Le jeune néophyte tout plein d'ardeur et de foi,
NÉPOTISME. Nous sommes dans le siècle du népotisme. Le népotisme administratif envahit tout. (Plaintes et doléances des gens sans place.)
Neptune. Le royaume de Neptune. Le sceptre de Neptune.
tt Le trident de Neptune est le sceptre du monde. »
(Lemierrc. Le Commerce.)
Neuf. Quoi de neuf ? — Depuis la plus haute antiquité on n'a rien trouvé.de mieux à se dire en s'abordant que le quid n<yoi2
Neutralité.
« L'Autriche (ou une autre puissance, ad libitum) a promis de garder la neutralité. )>
(Phrase consacrée lorsque deux puissances sont près d'en venir aux coups de canon.)
Niable. Tout mauvais cas est niable.
Nid. 17m nid d'amoureux, loin des regards indiscrets.
u L'aimable Angélina s'était fait un nid charmant au premier étage d'une maison de... »
Nid caché sous la feuillée.
tt Le boudoir de la baronne était un vrai nid, un nid délicieux, tout capitonné de satin gris perle rehaussé de boutons d'or. »
[Roman, genre Beîot.)
Nièce. Les yoltairiens trouvent que les curés abusent beaucoup des nièces.
« Ma nièce, souvenez-vous qu'un oncle est un second père. »
(( Et madame est madame votre épouse ? — Non, c'est ma nièce. »
Niveau. Élever le niveau des intelligences.
tt C'est ce grand mouvement politique et social de 80 qui a élevé le niveau des intelligences dans notre pays. »
(Le docteur Véroa. Cinq cent mille franet de rente, 4856.)
Belever le niveau des arts.
a La belle avance, et l'étrange manière de relever le niveau de l'art dramatique I »
(A. Yitu. Fifforo du 43 nov. 1878.)
Noblesse. 89 a sonné le glas de la noblesse. Je ne connais •pas d'autre noblesse que la noblesse des sentiments.
tt La noblesse de ses sentiments se lisait sur son beau visage empreint d'une douce tristesse. »
Nœud.
tt L'amour acheva de serrer les nœuds de cette union touchante. »
(M»» de Gcnlis. Pétrarque et Laure, 1819.)
« Le nœud sacré se proposa « Et chacun la sienne épousa. »
(Verger. Fables. 1750.)
« Pour resserrer davantage les nœuds de l'amitié qui avaient toujours été entre leurs familles. »
(Verger. Don Juan et Isabelle. 4750.)
« Si l'ange de la mort m'appelle devant lui,
« Surprise dans les nœuds d'un hymen sacrilège. »
(C. Dclavigne. Le Paria, acte III, se. v.)
« Après quatorze ans d'une séparation volontaire, dont aucun rapprochement n'a troublé la douceur, vous ne pouvez être guidés que par le désir de contracter de nouveaux nœuds. »
(Empis. Julie ou la Séparation, acte I, se. ix. 4837.)
Nœud de l'intrigue ^ Les nœuds de l'hymen. -« La mort
2U DlCTIONiNAlRE
esl rAlexandre qui le Iranche ce nœud là, mais c'est plutôt un nœud coulant qu*un nœud gordien.
« Puissé-je... former moi-même de si doux nœuds. »
(M«« CottiD. Claire é^Aibe.)
ti Ma mèi-e avait ^avé dans mon âme le plus profond respect pour les nœuds sacrés du mariage. »
(M»« CoUia. attire dTAibe.)
« Un ingrat, abusant de ma faiblesse, a brisé les nœuds sacrés qui m'attachaient à mon époux. »
(M- CotUn. CltàrÉ dAlbe.)
« Mes prières, mes larmes même, te feraient-elles rompre un tel nœud? »
(Népomucène Lemercier. Let Deux FiUêi tpeetrtt, «ete I, se. m.
Noir: Les points noirs à Vhorizon, — Phrase prononcée par Napoléon lil dans un discours du trône et qui, tant elle fut répétée, ne tarda pas à devenir un excellent cliché.
Nom. Par le saint nom de Dieu. Far le nom respecté de nos aieuxy il en sera ainsi.
« Le nom de mes ancêtres, vous voulez donc le flétrir?» « Ces noms chers et sacrés, et d'amant et d'époux. »
(Voltaire. Zaïre^ acte I, se. n.)
Les doux noms d'épouse et de mère.
(t Ce doux nom d'<'>pouse, quand me sera-t-il donc permis de le prononcer, ô Angèle ! »
Ce nom^ il me le faut î
« Obi ce nom, ce nom, je donnerais la moitié de ma vie pour le connaître! » (Monologue du mai4 outragé.)
(Scribe. L'Honneur de ma Fille, acte 1, se. t. 1836.)
« Et il transporte Ennance sur un canapé, la serre sur son cœur, rappelle des plus doux noms. »
(Sophie Gay. Cln Mariage aoui VEn^ire.)
Nomination.
« Cette nomination sera favorablement accueillie dans le monde des lettres où notre confrère compte tant d'amis. »
« Cette nomination est une juste récompense due aux travaux de réminent, etc. »
[Style de JounuLUtU.)
Traduisez par : due à Tintrigue.
Normale.
« 11 ilit un des plus brillants élèves de cette Ecole Nor
mnio, qui est la pépinière de nos illustres professeur», de crtto Kcolc Normale qui a ilonné h la presse et aux lettres tant et de si remarquables écrivains. »
[Séance de I7)i8titui.)
Nostalgie.
<« Atteint de nostalgie, le pauvre soldat traînait une vie languissante sous les drapeaux. Sans cesse sa pensée se reportait vers son village, et bientôt, etc. »
(Style de roman.)
On a vu des coquins, enrichis par le vol, avoir la nostalgie du vol et se remettre à filouter des objets de plus ou moins de valeur dans les magasins. Comme ils sont riches, les médecins prétendent qu'ils exercent leur industrie sous l'empire de la monomanie.
Nourrisson. Le nourrisson des Muses.
tt Je vous ai écrit que c'était un jeune nourrisson des Muses. »
(B. Scribe et Moreau. Les Deux Préceptews, se. n. 1817.)
Nourriture. Nourrir. La science est la nournture de l'esprit. — D'aucuns sont morts de faim pour n'avoir pas eu d'autre nourriture à se mettre sous la deut.
Esprit nourri par de saines lectures.
Notabilité.
(( On remarquait à cette brillante soirée uu gi*and nombre de notabilités appartenant au monde des lettres, des arts, de la finance. La magistrature et l'armée étaient représentées par, etc. »
(Style de reporter.)
Note,
tt La dernière note diplomatique échangée entre les cabinets de... et de... a un caractère d'aigreur qui nV^chappera ceilainement à personne. »
(Style de tartinier politique.)
Notice.
a Une courte notice était nécessaire pour Tintelllgence de cet ouvrage conçu dans un esprit si libéral et si ferme à la fois. »
{Article bibliographique.)
Notion. N'avoir aucune notion du juste et de l'injuste. .Ne pas avoir les premières notions de la politesse. — Dans ce siècle d'argent, dans ce siècle où l'on se met à plat ventre devant la pièce de cent sous, il y a des gens qui croient pouvoir se passer des premières notions de
politesse et môme de beaucoup d'autres premières notions.
Nouer.
« L'intrigue se noue dès les premières scènes du second acte, et l'action ne languit pas un seul instant jusqu au dénouement qui est des plus heureux et des mieux amenés. »
. (Style de feuilletonniste drumatique.)
Nouveau. Quoi de nouveau ^ — C'est une variante pour ne pas toujours dire : « Quoi de neuf? » Le public est un sultan blasé à qui il faut chaque jour du nouveau.
(Axiome do journaliste.)
Il n'y a rien de nouveau sous le soleil,
u Nil novi sub sole. »
[VEcelésiattê.)
c On dit quMl n*y a plus rien aujourd'hui, qui ne se soit dit autrefois. »
(Tôrcnce. L'Eunuque, prologue.)
Si cela était vrai du temps de Salomon et du temps de Térence, que dirons-nous aujourd'hui?
NouvKLLE. Cette nouvelle a couru toute la presse. Cette nouvelle a défrayé toutes les conversations pendajit une semaine, — A Paris c'est énorme ; en province ce n'est rien. On vit quelquefois six mois et plus sur une nouvelle.
A l'affût de toutes les nouvelles. Colporter de fausses nouvelles. A ce métier on gagne encore bien sa vie dans certains j^ournaux. Certains journalistes prétendent même qu'il faut toujours commencer par donner une fausse nouvelle pour avoir le plaisir de la démentir ou de la rectifier le lendemain. Inutile d'ajouter que cette opinion est particulière aux journalistes payés à la ligne.
u Le temps ne nous a pas encore permis de contriMer cette
nouvelle. »
{Style de joumaU)
Nu. JYu comme un ver.
« Et desnuez comme le ver. »
(Villon.) ^
Le beau nu est chaste,
(Rengaine des artistes.)
Nuage. Nuage de tristesse. Le soleil sortit tout resplendissant du milieu des nuages.
« Les nuages qui obscurcissaient la douce clarté de la lune se dissipèrent et nous pûmes distinguer, etc. »
(Style de roman.)
« Cette réfleiion répandit un nuage de tristesse sur le visage rayonnant de Pétrarque. »
(M""» de Gcnlis. Pétrarque et Laure.)
« Les nuages qui souvent obscurcissent le front du roi, me font craindre un changement trop prochain peut-être. » (Pixérécourt et Anicet-Bourgeois. Latude, acte I, se. ix.)
L'idée de comparer les nuages blancs à de la ouate appartient à Chateaubriand. Plusieurs romanciers l'ont imité, quoique la trouvaille ne soit pas des plus heureuses.
« Ces nues formaient dans les cieux des bancs d'une
ouate éblouissante, si doux à l'œil qu'on croyait sentir leur mollesse et leur élasticité. »
{Le Génie du Christianisme.)
Nue. L'éclair sillonne la nue. Élever jusqu'aux nues : c'est le sic itur ad astra de Virgile. Les comédiens disent Toucher aux frises.
Montagne dont les dmes se perdent dans la nue.
« Ce tableau riant et varié, est bordé par des montagnes.... dont les cimes, se perdant dans les nues, rappellent, etc. »
(Ducray-Duminil. Petit-Jacques et Georgette.)
Nuit. —- Moment terrible pour ceux qui n'ont pas la conscience saine et pour ceux qui souffrent.
Plonger dans la nuit étemelle. Se perdre dans la nuit des temps. Le flambeau de la nuit. La nuit porte conseil, traduction de l'adage latin,: In nocte consilium.
« La nuit devait être fertile en événements... Déjà les ombres enveloppaient les tours séculaires de Notre-Dame. »
(Aug. Ricard. La Grisette. 1829.)
Nuit sinistre.
a Tu étais masqué durant cette nuit sinistre. » (Ad. d'Ennery et Ferdinand Dagué. Marie de Mandnif act« I, se. viii.)
Nuit fatdte.
« Depuis cette nuit fatale... il y a trois mois de cela à peu près. »
(Ch. Lafont. La Famille Moronval, acte II, se. i.)
« bis moi une parole de pardon avant que je descende dans la nuit éternelle!... »
(Ch. Lafont. La Famille Moronoal, acte T, jCt vni. 1034.)
« Mes yeux, habitués à la nuit du tcfinbeau, sont brûlés par ces flots de lumière. »
(Pixérécourt et Anicct-Bourgeois. Latude. acte 111, se. iv.)
« Quand la nuit du tombeau se n'pand sur mes yetix. «
(C. Dclavijrne. La Paria, acte III, se. m.)
« Les ombres de la nuit qui s'épaississaient A chaque instant. »
(Benjamin Constant. Adolphe t ch. yi.)
Le flambeau de la nuit,
« Du pâle flambeau de la nuit
« L'incertaine lueur qui devant eux vacille. »
(Uonvel. Les Deux Chiens, — Fables.)
Chateaubriand a appelé la lune « la reine des nuits ».
Oastr.
• Pareil au voyageur exténué qui aperçoit une riante oasis au milieu des déserts de l'Afrique, à cette vue il reprit courage et... »
[Style de roman.)
« Tous deux seuls dans la foule, « Nous faisant dans notre âme une chaste oasis. »
^Th. Gautier. Poésies divenei.)
Obéir. Obéir aveuglement, obéir en aveugk.
a II obéit en aveugle à tous ses instincts belliqueux. »
(Jules Janin. Notice historique sur l'abbé Prévost^ en tête de > Védition de Manon Lescaut publiée par Ernest Èourdin.J
Obélisque. L'obélisque se dresse comme un gigantesque point d'exclamation devatit les Champs-Elysées, — Une vieille plaisanterie de Parisien consiste à demander aux provinciaux naïfs, en extase devant les beautés de la capitale, s'ils n'ont pas encore visité l'intérieur de l'obélisque.
Obligeance. Obliger. Voulez-vous avoir l'obligeance de me prêter cent francst c'est pour payer un billet,
N. B. Si l'emprunteur éprouve un refus, de réduction en réduction^ il se contentera parfois d'une pièce de quardhte sous.
DES LIEUX COMMUNS 2id
On n'oblige que des ingrats. — Le^nombre des ingrats alors ne doit pas ôtre considérable.
En général tes hommes aiment peu à obliger leurs srp-blables. ^ Il ^ en a qui prétendent que c'est pompas les humilier.
Obuqdeb. Obliquez à gauche et plus vite que ça!
(Propos de sergent.)
Oblique.
a Elle jeta un regard oblique sur ce nouveau personnage. »
{Style de roman.)
Obole. Dieu bénit l'obole du pauvre. L'obole de la veuve. — Si l'obole du pauvre est plus facile à obtenir que l'offrande du riche, c'est que le pauvre compatit aux maux dont il souffre lui-môme.
Obscène. Obscénité.
tt Vous les avez vus se livrer à des attouchements obscènes? CTest bien, allez vous asseoir ! »
(Question adressée par un président de chambre à un témoin dans une affaire contraire aux bonnes mœurs.)
Obscénité.
a Depuis quelque temps, le théâtre ne met plus sous les yeux de nos femmes et de nos filles que des scènes d'une obscénité révoltante. »
[Propos dCvn Juoénal de pacotille.)
« Quand donc aurons-nous fini avec ces exhibitions de femmes, avec ces spectacles obscènes dont la vue indigne tous les gens de bien? Quand donc pourrons-nous conduire nos filles et nos femmes au théâtre, au théâtre qui devrait être l'école des mœurs et qui n'est que Técole du dévergondage?»
[Autre Juvénal au rabais.)
Obscubantisme.
« Guerre à outrance à l'obscurantisme, cet instrumentum regni des jésuites! »
{Orateur dans les réunions publiques.)
Obsèques.
« Les obsèques de... ont été célébrées en Téglise de... avec une grande pompe. Parmi les personnes de distinction qui se pressaient dans la nef on remarquait, etc... L'absoute a été donnée par Ms^ de..., évèque de... »
{Style de reporter.)
iS.
MCTIONNATIUB
Obstacles. 17 est comme Guzman, il ne cannait pas d'ohstacks. — C'est une légère variante du :
u Gusman ne connaît plus d^obstacles »
du Pied de Mouton, et une allusion au Guzman de Lope de Vega.
Obtenir.
« Serai-je assez heureux pour obtenir la main de M^^^ votre fille? Ce mariage comblerait tous mes vœux... Ma fortune, sans être considérable, permettra à ma femme de tenir un certain ran^ dans le monde où sa grâce et sa beauté Tap- ')ellent à bnller. »
(Les banalités d'une demande en mariage dans le monde de la bourgeoisie.)
Occasion. L'occasion est chauve. — C'est ainsi que les anciens la représentaient, avec une seule touffe de cheveux sur la tôte. (Les malins trouvent le moyen de lui faire porter perruque.)
L'occasion est belle,
« Jamais Toccasion ne s'offrira si belle. »
(Corneille .Héraclius, acte II, se n.)
Saisir l'occasion au cheveu, — Je penche pour le singulier. Etant chauve, l'occasi jn me parait plus dans son rôle en n'ayant qu'un seul cheveu et la saisir par ce cheveu unique, voilà ce qui constitue la difficulté. — Combien de femmes, parmi les élégantes, pourraient poser pour l'occasion, si les fausses nattes n existaient pas!
Océan. Océan de délices.
a Ils échangent les plus doux serments, les plus tendres caresses ; et tout leur être est bientôt plongé dans un océan de délices. »
(Mars et Raban. Les Cwamiém. 1837.)
Odéon. — Fut pendant longtemps une source de plaisanteries aussi rances que de la charcuterie d épicier. Exemples : L'Odéon est au bout du monde. L'Odéoh est un désert. Il pousse des champignons sur les banquettes de l'Odéon. Je lui ai donné un tnllet pour l'Odéon. — EtU ne vous apas envoyé ses témoins ? Vous allezà l'Odéon! aïoezr vous fait votre testament *i Cela s'imprimait couramment dans les petits journaux du temps, voire même dans les livres. Aujourd'hui, l'on est plus sobre et les espiègleries littéraires ont cédé la place aux espiègle-
ries politiques... C'est que la politique ofiRre aussi un champ bien plus vaste... à la plaisanterie.
Les plaisanteries sur l'Odéon étaient déjà très répandues au commencement de ce siècle.
« Potier fait aussi le petit Talma. On prétend qu'il va quitter le monde : il s'engage à TOdéon. »
(Lettres normandes. Paris, 1818.) « Mais du pâle Odéon quittant la colonnade. »
(Sainte-Beuve. Poésies de J. Delorme.)
« Vénérable Odéon, va I Passons vite de peur qu'on ne nous force à entrer comme au banquet de TEvangile. »
(L. Huart. Quand on a vingt ans. 1834.)
Odeur. Odeur délicieuse qui porte au cerceau et trouble les sens, — Le poète des odeurs fut Baudelaire, poète farouche, qui ne craignait pas d'aller chercher des odeurs dans les émanations cadavériques. Il a fait des élèves qui, hélas ! sont loin d'avoir son talent.
Odyssée. Aujourd'hui la Presse s'est faite l'Homère des plus minces commis-voyageurs en politique; elle nous raconte par le menu les Odyssées de ces vendeurs d'orviétan électoral, de ces camelots, de la démocratie, de ces placiers en élections.
Œdipe. Jene sais pas comme (Edipe deviner les énigmes. Il n'y a pas mal d'OEdipes parmi les lecteurs de journaux illustrés. — Tous les huit jours on publie la liste de ces QEdipes du rébus et de la charade, et c'est pour eux un honneur que de voir leurs noms imprimés. — On a constaté des désabonnements parmi ceux qui ne sont jamais cités.
Œil. Rien n'échappe à Vasil de Dieu.
« Non... c'est impossible... J'ai tout calculé... c'est impossible... pourtant... oui I... l'œil de Dieu !...»
(Ch. Deslys et Ch. Barbara. Le Pont-Rouge^ acte V. se. i.)
« Seule 8t se confiant à l'œil de l'Étemel. »
(Fontanes. Le Cloître des Chartreux.)
L'œil de la justice,
« L'œil de la justice est sans cesse fixé sur eux. »
(Vilneau, premier avocat général. Cour d'assises du Loiret, 9 novembre 1830.)
« Gei)endant ici d'infâmes calomniateurs avaient essavé de soustraire les véritables coupables à l'œil vigilant ae la justice. »
(Causes criminelles célèbres du W siècle. Procès des 09909-' ' de FuaUis,J
Œuvre. Nous serons récompensés selon nos (Biuvres.
C'est certainement consolant pour ravenir, mais ce n'est peut-être pas suffisant pour le présent.
« A 1 œuvre on connaît Taitisan. »
(La Fontaine. £e« Firelons et les Mouches à miel.)
C'est ainsi que, rien qu*à l'inspection d'un vol et d'après la manière dont il a été commis, un policier habile désignera le voleur, comme un bon expert désignera à quel peintre il faut attribuer un tableau non signé.
La Fontaine a pris cette pensée devenue proverbe dans le Mystère ae la passion du Trouvère, de Jehan Michel.
a A rœuvre on connaît l'exploit. »
(Première journée, scène de Judas et de Pylate, Tf âéde.)
Officiel. L'Officiel aparlè. — Antienne de la presse, chaque fois que le journal officiel enregistre un changement depuis longtemps attendu, soit dans le personnel administratif, soit dans la magistrature, cnaque fois qu'il s'agit d'un changement de ministère.
Offrir.
« Mademoiselle, voulez-vous me permettre de vous ofirir mon bras ? Je suis un galant homme : vous n'avez rien à craindre. »
(Abordage d'vn amoureux dans la rue.)
« Mademoiselle, voulez-vous me permettre de vous offrir un abri sous mon parapluie? »
(Abordage du méme^ un jour de pluie.)
N'offrir plus qu'une faible résistance.
C'est le moment, c'est l'instant où la tendre jeune fille va succomber, vaincue par l'amour.
« Atala u'oftrait plus qu'une faible résistance; je touchais au moment du bonheur, quand tout à coup etc. »
(Chateaubriand, AtaUL)
Oiseau. Manger comme un oiseau. Comparaison absolument fausse, car, proportion gardée, les oiseaux sont, de tous les êtres vivants, ceux qui mangent le plus ; et quels gaspilleurs!...
« Elle (la Providence) nourrit les petits oiseaux. »
(Bossucu Sermon siof' la Provideiiee,)
Et Racine :
« Aux petits des oiseaux il donne la pâture.»
CAtkalie,)
Rara hvis. (Juvénal, sat. VI.) Oiseau rare. Un caissier fidèle, rara avis; un ami sincère, rara avis; une femme discrète, rara avis; un médecin sobre, rara avis,
Olivier. L'olivier , V emblème de la 'paix, — Le fruit de Voli' vier, la principale richesse de nos cOffripagnes du Midi.
Olympe
« D*un froncement de ses sourcils, Jupiter faisait trembler roiympe : tel un monarque absolu, qui se croit le représentant de Dieu sur la terre, prétendrait; etc. »
{Discours d'une vieille barbe démocratique.)
Ombrage. Ombrager. Un vert berceau répandait son ombrage bienfaisant. Une moustache soyeuse ombrageait sa lèvre.
« Les noirs soucis qui ombrageaient son front prirent une teinte plus sombre. »
(U-o Gottin. ElUabeth.)
Ombre. Les ombres de la nuit. — Le séjour des ombres. — Déjà les ombres de la mort étaient répandues sur son visage. — chère ombre, est-ce vous que je vois ?
tt Ici la voix d'Atala s'éteignit ; les ombres de la mort se répandirent autour de ses yeux et de sa bouche.»
(Chateaubriand. Atala.)
» L'ombre de la mort se présente; on commence à sentir rapproche du gouffre fatal. »
(Bossuet. Sermons.)
« Elle s'était évanouie pendant le combat, et sou évanouissement durait encore... Elle paraissait environnée des ombres de la mort. »
(Le Sage. Gil Blas^ ch. x.)
On. On dit. — Qui ont -^ On : ce n'est personne; précisez ! — Un pronom indéfini dont font grand usage les commères, les faiseurs de cancans^ et les petits-fils de Basile.
Oncle. Des oncles d* Amérique, il n'y en a plus que dans les romans. — Les oncles ont été d'un grand secours au théâtre, où ils dotaient nièces et neveux. L'oncle était ordinairement un vieux général, généreux mais bourru, qui chantait le couplet chauvin et faisait rimer France avec espérance et laurier avec guerrier.
Onde. Ondée. Onde amére.
u Longtemps nous fûmes le jouet des ondes, et notre frêle
M4 DicnoimATRE
esquif battu par la tempête se serait inf^lliblement brisé si..., etc. »
{Style de roman.)
Perfide comme l'onde, en parlant de la femme ^Shakspeare.) Et Ovide (Méiamorph. LXIII) en parlant de Galatée : FaUador undis, plus perfide que Tonde.
Et le poète indien Soudraka.
« Les vagues de rOcéan sont înoins inconstantes et les teintes du soir moins incertaines que la tendresse d*une femme. »
fLe Chariot dCenfant, scène de Sarvillaka, Traduit de l'anglais par Laoglois.)
Onduler.
« Ses cheveux ondulés encadraient délicieusement un front aussi pur que celui d*un ange. »
Quel autre qu'un romancier oserait écrire une pareille phrase?
Opérâ-Comiquk. L'Opéra 'Comique, ce genre éminemment français.
(M. de Tillancoort, Chambre des députés, séance du SS novembre 4878.)
Opérateur. Un bon opérateur doit avoir le coup d*œil juste et la main légère, — Depuis la découverte du chloroforme, la légèreté de la main est un luxe inutile. C'est peut-être pour cela que presque tous les chirurgiens célèbres ont des mains énormes ; vu leur taille, ces mains ne doivent pas être précisément légères.
Opérette.
« L'opérette, ce genre faux, qui tend à envahir toutes nos scènes, et qui finira, si l'on n'y prend garde, par détrôner rOpéra-Gomique, ce genre éminemment français. »
(Plaintes et doléances des critiques de i'école Saroey.)
Opinion.
« Toutes les opinions sont libres, monsieur! — Oui, monsieur, pouiTu qu elles ne blessent ni la décence, ni les bonnes mœurs, et qu'elles ne battent pas en brèche Tordre de choses
établi. »
fBourgeoisiana.)
L'opinion reine du monde,
« On a dit que Topinion était la reine du monde. »
(Discours de réception de M. Jay, 19 juin 1832.)
« Oui, c'est Topinion qui gouverne le monde. »
(Stienae, Le* Deux Gendres^ acte II, se. xv.)
. DES LIEUX COHMITIf 8 2t6
C'était déjà une vérité du temps des Romains, qai avaient coutume de dire : Opinione regitur mundus.
Opium.
tt L'opium, avec lequel rAngleterre bat monnaie, en abrutissant Tempire chinois, monsieur! — Prenez garde, monsieur I vous entravez la liberté du commerce sans laquelle un Etat ne saurait subsister longtemps. »
{Bourgeùisiana.)
OpposrriON.
« Il faut en finir avec cette opposition tracassière et systématiquement hostile à toutes les sages mesures d*un gouvernement, qui n*a d*autre ambition que la grandeur et la prospérité du pays. »
(Rengaine des journaax officieux sons l'Empire.)
Opprimé. Les gémissements d'un peuple opprimé. Gémir avec les opprimés.
u Nos vœux vous accompagnent, ô noble peuple opprimé, ô Polonais, nos frères! La Pologne, ce boulevard de Éi chrétienté, dont un lâche attentat, en dépit du droit des gens, arracha, etc. »
(Toait à la Pologne sons le gouTernement de Juillet.)
Or. Métal jaune, et que les philosophes appellent : vil métal, cause de presque tous les maux qui assiègent l'humanité; qui a fait couler des flots de sang-, quia armé le fils contre le père, la sœur contre le frère, le vice contre la vertu; qui a eu raison de l'honnôte homme, et qui continuera son rôle démoralisateur jusqu'à la fin des siècles.
« C'est de Tor qu*il vous faut? tenez!... Mais, au nom du ciel ! parlez I Où est mon enfant ? »
(Style de théâtre.)
« Oui ! oui! C'est cela, de Tor... Je le ferai briller aux veux de Marie, et elle ne résistera plus. »
(Fr. Cornu et H. Auger. Pauvre Mère.)
Le l'or pour payer son silence.
(Phrase mélodramatique.)
€ Tiens! voici de l'or pour payer ton silence. »
(A. d'Ennery et G. Lemoine. La Grâce de Dieu, acte IV, se. I. 1841.)
Oracle.
« Cet oracle est moins sûr que celui de Calchas. » Variante dénégative d'un vers de Vlphigénie^en Au-
226 BTGTIONNATRK
Kde, de Racine, pour dire qu'il ne faut pas ajouter foi aux paroles, aux prédictions de quelqu'un.
Obage. Affronter l'orage révolutionnaire.
Orages de ki vie. — Chercher dans le silence du cloître un refuge contre les orages de la vie.
L'orage des passions.
« Une tempête afifreuse termine notre existence ; mais elle nous soustrait aux orages des passions. »
(M<"* de Genlis. Pétrarque et Laure.)
<c Une tempête qui soustrait aux orages » est un peu risqué.
Oranger. Elle est digne de porter la fleur d'oranger. — C'est tout de même flatteur pour un. mari, le jour de ses noces... Quelle revanche souvent après !
Orbite. Il était effrayant à voir; les yeux lui sortaient de l'orbite!
Ordre. Troubler l'ordre de choses établi. — En république, il suffit, par exemple, de crier « Vive Napoléon 1 » pour être poursuivi comme ayant voulu troubler l'ordre de choses établi. — Sous Napoléon, c'était tout le contraire ; il suffisait de crier « Vive la République ! » pour être accusé, etc., et ainsi de suite...
« Oh! par pitié I... par pitié, monsieur! rétractez cet ordre crael! »
(Fr. Cornu et Àuger. Pauvre Mire.)
Le bon ordre, le respect des lois et la tranquillité publique.
(Cliché à Tusage des souverains.)
« Je serais trop heureux si... je parviens à l'associer (la liberté) au bon ordre, au respect des lois, et à la tranquillité publique sans lesquels elle ne saurait fleurir. »
{Réponse du duc d*Orléans au discottra de bienvenue du prem. prêt, de la eow de cassation, 7 août 4830.)
Oreille. L'oreille est le chemin du cœur. — Ce privilège de l'oreille est fort ancien. Je le trouve pour la première fois mis en couplets par M>i° de Scudéri, et reproduit dans le recueil des chansons choisies, publié à Londres en 4783. Voici le couplet :
« Tircis vous apprend des chansons
« Où le cœur s'intéress e ; « On dit qu'il y joint des leçons
« Qui parleni de tendresse;
« Fuyez ce charmant séducteur,
« C'est un plaisir funeste.
« L'oreille est le chemin du cœur,
« Et le cœur Test du reste. »
Orfèvre.
« Vous êtes orfèvre, monsieur Josse. »
(Molière. L'Amour médecin, acte 1, se. l.)
C'est-à-dire VOUS plaidez pour votre saint, vous voudriez bien vous débarrasser de tel objet.
Orgeat. Orgeat, limonade, bière,., groseille! — Le cri qu'on entend dans les théâtres de Paris, et qu'on entendait principalement aux Français, jadis, pendant les entr'actes.
Orgie. — Plaisir à toute vapeur. Orgie éckevelée. Que l'orgie commence! disent les gommeuz à qui les mélodrames ont laissé des souvenirs. Dégénérer en orgie,
m La belle nuit pour une orgie à la touri »
(F. Gaillardet et A. Dumas. La Tour de Nesle, acte I, se. ▼.)
Depuis le succès de la Tour de Nesle, c'est-à-dire depuis i 832, toute la jeunesse dorée ou ruolzée qui s'est succédée, a fait retentir de ce cliché les murs des cabarets à la mode, en imitant l'intonation de Mélingue.
Folle orgie.
tt Pendant que les joueurs de Frascati iront s'étourdir sur leur perte en achevant la nuit au milieu d'une folle orgie. »
(L. Huart. Quand on a vingt an»,)
Ornement.
tt Celle qui la regardait comme le plus bel ornement de son sexe. »
(M- Cottin. Claire d^Albe,)
C'est le prœcipuum decus d'Ovide :
tt et de Latio, ô et de prente Sabina tt Prœcipuum matrona decus ! »
reine, le plus bel ornement des Romaines et des Latines.
{Bfétamorph., liv. XIV.)
Ornière. L'ornière de la routine. Se traîner dans l'ornière de la routine.
Orphelin. Qui aura pitié du pauvre petit orphelin? Défenseur de la veuve et de l'orphelin. Pauvre orphelin dont Tétat est si digne d'intérêt. - . - ^
« Orphelin de bonne heure, il sut, à force de travail et de persévérance, se créer une position indépendante qui le mit pour toujours à Tabri du besoin. »
{Style de biographe.)
Oser. Oseriez-^ous douter de mes paroles ?
« Pourquoi ce sourire ?... Oseriez-vous douter de mes paroles?»
(Anoelot et A. Decomberousse. Le 7Vipis«ter, acte III, se. ti. 1835.)
Ostentation. L'ostentation est le défaut des parvenus. — (Encore s'ils n'avaient que celui-là !)
Otage.
« Nous ne consentirons jamais à être les otages de Tavenir. »
Défi jeté par la presse conservatrice & la presse radicale.
Oter.
u Un être pour qui elle s*est ôté le pain de la bouche, se conduire ainsi! les hommes, c*est de fieres canailles, tout de même I »
(Pr(^)OS de faubourg.)
Ouailles. Un bon pasteur a soin de ses ouailles. •— Souvent on dit ouailles pour ne pas dire oies.
Oubliettes.
tt Nous frémissions d'horreur en pensant au nombre des malheureuses victimes précipitées dans les oubliettes de cet • antique château seigneurial. »
(Styte de roman,)
Oui. Prononcer le grand ^< oui ».
« Maudit soit le jour où j'ai prononcé le oui fatal qui enchaîna ma destinée à la vôtre. »
(Rengaine des gens mariés.)
Ourdir.
n Vous avez ourdi une trahison inf&me que je saurai déouer. »
{Styie de Ûiéàtre,)
Oudii* une trame, ,
« Mais lorsque nous nous abandonnions trop à cette con^ fiante sécurité, de nouvelles trames s'ourdissaient sous le masque de l'amitié et de l'alliance. »
(Napoléon !•'. Proclamation à la Grand&'Àrmée, t oct. 1806.)
« Frères et amis, « Une correspondance de Pitt, qui a été inter»
ceptée, nous apprend la trame infeinale qui a été ourdie par
ce scélérat, pour assassiner les plus fermes soutiens de la
liberté. »
(Avis du conseil général de la Commune sur la fermeture des barrières^ 2 août 1793.)
Ourdir un complot. — De temps en temps, sous les gouvernements monarchiques, principalement, la police ourdit des complots aux mailles desquels se laissent toujours prendre quelques niais.
« Instrument d^une faction nombreuse, M°^ Le Bon avait ourdi contre le clergé cette trame infernale. »
(Procès ContrafattOt plaidoirie de M* Ledni. oct. 48t7.)
« Si mihi lanificœ ducunt non puUa sorores « Stamina. »
Si les sœurs filandières ne m'ourdissent pas une trame mauvais teint.
(lUrtUl. Epig.)
Outrage. OutragebI Subir les outrages du temps. — Quelle désolatiou pour une femme !
« On a senti de loin cet énorme fromage.
« Qui doit tout son mérite aux outrages du temps. »
(Berchoux. La Gastronomie, chant IV. 1803.)
Cessez par vos discours d'outrager la morale. — La m(h raie outragée se voile la face.
OuTBANCE. La guerre à outrance. — Le dos au feu, le ventre à table, comme ils l'ont décrétée, la guerre à outrance, tous ces avocats que le sort des révolutions avait mis i la tête du pays, en 1870!
Ouverture.
« L'ouverture de... a été brillamment enlevée par Texcellent' orchestre du... dirigé par son habile chef M. X. »
u L'ouverture d'un opéra doit être comme la façade d'un monument qui en indique la disposition intérieure. »
OUVBAGE.
tt Le dernier ouvrage de Téminent publiciste jette un jour nouveau sur la question de l'adultère, question toujours palpitante d'actualité.
« Le dernier ouvrage de l'illustre écrivain est un chefd'œuvre de plus à ajouter à tant d'autres œuvres impérissables. »
« Le dernier ouvrage de Tinfatigable écrivain semble marquer un temps d'arrêt; son heureuse veine semble s'épuiser. »
{Style bibliographique.)
Ovation. La foule Va reconduit jusqu'à sa voiture en lui faisant une chaleureuse ovation. — Il sortit par la porte de,., pour se dérober à l'ovation. — Il monta dans un fiacrr pour se dérober à Vovation. — 11 faut rendre cette justice aux rares hommes qui jouissent de la popularité, il faut leur rendre cette justice, que ce n'est pas précisément par la modestie qu'il? brillent. Si on en a vu quelquesuns, par hasard, se dérober à l'ovation, c'est que l'heure de dîner avait sonné depuis longtemps et, comme on dit : «Ventre affamé n'a pas d'oreilles».
Pactiser. Pactiser avec sa conscience, — Une des exigences des événements. — Chef indigne d'une brave armée, il ne ci*aignit pas de pactiser avec l'ennemi.
Paganisme.
(i Paganisme immortel , es-tu mort? >
Tout ce qu'on a retenu des poésies de Joseph Delorme. Notre précédente génération littéraire avait érigé ce vers en scie.
Octave Feuillet qui, lui aussi, est de TAcadémie française, comme le fut l'auteur des poésies de Joseph Delorme, a bien écrit quelque part, peut-être même dans son discours de réception : « plus immortel ».
Page.
« Le jeune et tendre page tourna un regard lan^ureux vers la noble dame. mon beau page ! dit-elle, en lissant de ses blanches mains la blonde chevelure de Tadolescent. »
{Moman de cKeotUerie,)
Paix. L'empire c'est la paix, — Oui, avec les guerres d'Italie, de Crimée, du Mexique, de Chine, de Cochinchine et Sedan pour le couronnement de l'édifice.
La paix du cosur, — La paix qui fait fleurir les arts, le commerce et l'industrie.
^ , ^ „ qui
hué à rabaissement de la France, la corruption est leur seul
DES LIEUX COMMUNS 23t
moyen de gouverner, ils ne connaissent pas d'autre Dieu que le dieu Plutus, d'autre temple que le temple de la Bourse. y>
(L*oppositioa sous le gouvernement de Juillet.)
Palais. Valais somptueux,
« Tous ces palais somptueux, toutes ces demeures princières dont le luxo effréné semble insulter à la misère du peuple. »
FaMs enchanté, — Palais dont le séjour enchanteur,..
Palanquin.
« La belle et nonchalante créole m'apparut dans un riche palanquin porté par quatre esclaves.»
(Roman dont l'action se passe aux colonies.)
Pale. Pâle lueur de la lune, — La pâle lueur de la lune éclairait cette scène.
Le pdle automne, affectionné des poètes et particulièrement de Millevoye dans ses élégies :
tt Plus pâle que le pâle automne. »
CL'Anmversaire.J
« Ah I quand le pâle automne aura jauni les bois. »
{La Chute des feuilles.)
Palefroi.
«Holal page; hola! écuyer, menez-ci mon palefroi. »
uLe prince, monté sur son palefroi, daignait sourire à la foule des vilains prosternée sur son passage. »
f Romans du moyen âge.}
Pâleur.
<( La pâleur répandue sur son visage la rendait encore plus
intéressante. »
[Style de roman.)
« Il fut une époque où la pâleur du visage constituait la suprême élégance. »
Pâleur mortelle. Pâleur de la mort.
« La pâleur de la mort couvre leur front. »
(Ducray-Duminil, Petit-Jacques et Georgette. )
tt Le lieutenant civil (Dreux d'Aubray) arriva ensuite avec une pâleur mortelle sur le visage. »
(De Retz. Mémoires, t L)
Palissandre.
tt De Tacajou I vous voulez rire.
tt Eh ! bien, Amanda, soyez à moi, j'irai jusqu'au palissandre» »
Aujourd'hui le palissandi^e est bien insuflisaut comme moyen de séduction auprès des femmes. Il est vrai qu'il nV a plus de grisettes.
Pâlisse (la). Monsieur de ia Palisse esi mort. .
Réponse que Ton fait à quelqu*un qui vient de dire une grosse naïveté ; en souvenir de la vieille et fameuse chanson de Bernard de la Monnoye : Monsieur de la PaUssc,
C'est le premier vers d'un couplet ajouté par un anonyme à la chanson de la Monnoye :
u Monsieur de la Palisse est mort « Il est m oit de maladie ; « Un quai t d'heure avant sa mort « Il était encore en vie. »
Palmier.
« Le doux fruit du palmier leur offrait une nourriture saine et rafraîchissante. »
(Roman africain.}
Palpiter. Palpiter de crainte^ de joie, d^espérance, — Son sein palpitant d'émotion,
» matin I ton aspect Deût palpiter mon cœur. »
(Léonard, Idylles. Ut. I.)
Panorama.
tt Devant nous se déroulait un magnifique panorama. »
{Style de roman.)
Panthéon. Ce gra.id citoyen à qui la Grèce aurait décerné les honneurs du Panthéon. — En France on a vu traîner à régoût des cadavres qui avaient eu les honneurs du Panthéon. Toujours de rexagération en politique comme en tout. ^" ••
Pâquerette. La fleur des amoureux. On en effeuille beaucoup dans les romans.
Les champs tout étnaillés de coquelicots et de pâquerettes,
Pâques. A Pâques ou à la, Trinité. — C'est-à-dire dans un temps très éloigné ; réminiscence de la célèbre chanson de Malbroughj encore plus célèbre en 1781 que de nos jour$. Ce fut M™« Poitrine, nourrice du Dauphin, fils de Louis XVI, qui la propagea ; Poitrine, quel nom prédestiné pour une nourrice I L'auteur de Malbrough est
inconnu. La chanson date probablement de 4709, après la bataille de Malplaquet.
Paradis. U faut croire que le paradis est dans l'autre monde, puisque l'enfer est dans celui-ci, pour tant de gens. — Faire son paradis sur cette terre. — Paris est le paradis des femmes et l'enfer des chevaux. — Ceci est, pour les femmes, un peu exagéré ; demandez aux ouvrières en lingerie qui gagnent en moyenne de 90 cent, à i fr. âO à faire des chemises, en travaillant douze heures par jour. Déjà du temps de Corneille, Paris avait la réputation d'être le paradis des femmes.
« Il est riche, et de plus, il demeure à Paris, « Où des dames, dit-on, est le vrai paradis. »
{Ba Suite du Menteur^ acte II, se. t.;
Pahc.
- » Ce soir à minuit, à la petite grille du parc. — J*y serai, silence I on nous observe. »
tt On a sonné, je crois I à la grille du parc. »
{Style de théâtre.)
« Eh bien, Jacqueline, est-ce que tu n'a pas entendu sonner
là-bas, à la petite porte du parc?»
(Scribe et C. Dclavigac. Le Vieux Garçon et la Petite Fille, 18S2.)
a Une voiture vient de s'arrêter ; on a sonné à la grille du parc. »
(E. Scribe. Le Valet de ion rioal, se. ii. 1816.)
Pardon. Pardonner. Pardon pour une fUle égarée.
« Je vous pardonne. Puisse Dieu, lui aussi, vous pardonner ! »
{Style de théâtre.)
a Peut-être, alors. Dieu me pardonnerait un joiirl... oh! onil... Dieu!... (avec doulew) mais luil... jamais! »
(Boulé, Rimbaut et Dupré. Emery le Négociant.)
Là mort ne pardonne à personne. — Il ne manquerait plus qu'elle pardonnât à quelques-uns! C'est pour le coup qu'il y en aurait des mécontents 1
Parer.
« On était aux premiers jours du printemps. Déjà la cam* pagne se parait des plus riches couleurs. »
{Style de roman. Commencement d'un chapitre.
Paris. Paris j la capitale des arts et de la cicil.'siUI'm. Paris ^ la Babylone moderne.
PariSy le cerveau du monde.
Paris, l'auberge du monde.
Etre venu à Pmis en sabots, — Moi qui vous parle, monsieur, en 48.. je suis venu à Pans en sabols, et maintenant je roule carrosse.
« On peut dire de lui ce qu'on se plaît à répéter de beaucoup d'enrichis et de parvenus : Il vint h. Paris en sabols. > (Le Df Véron. Cinq cents mille fratuis de rente. 1S56.)
Que de gens prétendent être venus ù Paris en, sabots, qui omettent de parler d'une bonne gredineric qui les a enrichis 1
Tout Paris. — Les heureux du monde parisien, ceux qui épuisent la coupe de tous les plaisirs, ceux qui ont la virginité de tous les spectacles, de toutes les fêtes.
« Du reste, excepté vous, tout Paris était là. »
(CoUiQ d'HarloiUe. Les Mœurs du jour, acte II, se. xi. 1800.)
Parfum. Le parfum de la femme aimée. Respirer le doux parfum des fleurs,
« Le uarfum enivrant de sa chevelure avait porté le trouble dans mes sens embrasés. »
Le parfum des fleurs embaume Voir.
(i Âh! mon ami, quel pai'fum mes fleurs répandent sur cette terrasse! Tair en est embaumé. »
(Aacelot et A. Decomberousse. Le Tapissier, acte II, se. i. 1833.)
Pakler, Il parle comme un Uvre, — C'est-à-dire il parle bien. Et, pourtant, combien de livres parlent mal!
« Il semble que vous ayez appris cela pai- cœur, et vous parlez tout comme un livre.
(Molière. Le Festin de Pierre, acte I. se. ii.)
Parler au cœur. C'est le plus souvent le langage des yeux qui parle au cœur.
« £n vain à Tesprit on s'explique, « Quand on ne parle pas au cœur.
{Système de plaisir. Chaos, choisies. 1783.)
Parodier. — On ne parodie «juc les œuvres qui sortent de Tordinaire. Voilà pourquoi l'on ne compte pas beaucoup de parodies, surtout depuis quelque temps.
Parole. La parole a été donnée à Vhomme pour déguiser sa pensée. Et au besoin pour déguiser la pensée des autres.
La parole est le plus bel attnbut de l'homme. ~ Peutêtre, mais à condition qu'il n'en abusera pus Ivop comme font certains orateurs à la tribune.
« Quel misérable emploi du don de la parole, i\-i ce bci
alhibut de rhomme, et que Dieu n'a donné qu*à lui seul entre ses créatures ! »
(Andrieux. Mélanges en prose.)
Parque. La Parque cruelle a tranché le fil de ses jours.
[Genre classique.)
<i Et dans l'instant fatal où la Parque ennemie « Coupera de mes jours le fil délicieux. »
(Louis Racine. Odes.)
Tous les chansonniers du Caveau, à l'exemple de leurs prédécesseurs, ont chanté la « Parque » en la narguant. C'était le couplet final d'usage, comme le couplet chauvin fut l'avant- dernier couplet des vaudevillistes.
« Si jusqu'ici du noir trio
« La mam meurtrière,
« N'a pas mis d'un coup de ciseau
« Fin a ma carrière. »
(Désaugiers.)
« Puis quand la barque arrive « Gaîment sautons le pas, « Qui sait si l'on n'a jpas « Des banquets sur 1 autre rive. »
{Ibidem.)
tt Grisons le dieu de l'Averne « Et faisons de sa caverne « Notre dernier cabaret. »
(Morcau.)
« Et malgré le diable et ses cornes, « Aux enfers un jour nous rirons. »
(Armand Gouffé.)
« En chemin si la Parque, a Par hasard, nous remarque « Et tire son ciseau. »
(Ibidem.) tt De marbre ni de porphyre « Qu'on ne fasse mon tombeau, a Pour cercueil je ne désire « Que le contour d'un tonneau. »
(Maître Adam.}
tt Le sage sait que le trépas
a Veut renverser sa table.
tt C'est un accident.
tt Mais, en attendant
« Qu'à mon convoi le chanlre,
« En mauvais latin,
tt Braille un beau matin :
tt Moi, Je remplis mon ventre. »
(M.iicillac.)
« SMl faut qu'à la sombre ri\e, « Tôt ou tard chacuu arrive, « Vivous exempts de chngriii, « El que la Pai'que inhumaine, « Au tombeau ne nous entraîne « Qu'ivres d'amour et de vin. «
(Laujon.)
II nous faut bientôt aussi « Quitter ce beau pays-ci ; « Caron, dit-on, nous attend, « Souvenez-vous-en ; » Quand on a fini soir cours « Il faut partir pour toujours. »
(M»* Cosson. Les Scmoadn,)
Partager. Partager Copmton de l'honorable préopinant.
[Style de député,)
Pas.
«J'entends des pas dans le jardin... c*est lui I mon cœur luc Ta dit. »
(Style de tkéàirt^J
c( Ces pas» qui, au théâtre, fout palpiter le cœur de la jeune première, ont été (ainsi parodiés:
« Les pas d'un cheval l... ciel ! c'est mon amani !.•• »
« Le premier pas se f^t sans qu'un y pense « Craint-on jamais ce qu*on ne prévoit pas? »
(Boiiilly, Le Premier pets.)
C*cst eo premier pas que tant de femmes regreftonl ; d'autres sont assez adroites pour laisser croire que lo centième est le premier. Les hommes sont si naïfs quand leur amour-propre est en jeu l
Passage. La vie n'est qu'un passage. — Pour bien des gens ce n'est qu'un cui-de-sac.
Passer. Passen' au fil de Vépée. — Toute hi garnison fut passée au fil de Vépée, — On ne peut pas se passer d'argent, — Tout passe avec le temps. — Passer sa vie entre l\imouv et l'amitié. — Passer du grave au doux, du pUiisant au sévère.
Passion. Passionnément. Passionner. La passion ne raisonne pas, ne calcule pas, — N'écouter que sa passion, — i^ti^ le jouet de ses passions, ^ Ma passion ne cannait plus de bornes, — Le torrent des passions. Le déchainement des passions.
rt DES LIEUX COMMUNS 237
« Si elle (la Révolution) n'était que le renversement des trônes, le déiliaîni3mont des passions populaires. »
[Journal officiel. — Compte rendu de la séance de la Chambre des députés du 16 novembre 1878. Discours de 51. de M un.)
a On apprit ({u'une Anglaise avait allumé dans son âme la plus ardente passion.»
(Jules David. Lucien Spalma, liv. II. 1835.)
Passionnément, — Il m'aime un peu, beaucoup, passionnément!
Passionner. — Du calme!... ne passionnez pas la discussion !
(Style de président de la Chambre.)
La plupart des hommes sont esclaves de leurs passions.
Lâcher la bride à ses passions.
« ileuieux, heureux Thomme sagOi
« A qui CCS réflexions
« Ont appris à faire usage
«Tour a tour des passions;
« Qui, conducteur intrépide,
« Sait et leur lâcher la bride
a Et, s'il (aut, les retenir. »
(La Farc, Odes.)
Pastel.
« Sa tête aux moelleux contours, ses traits, pleins de finesse, rappelaient un de ces délicieux pastels de Latour. »
{Boman genre xviw siècle.)
Pateb. Ça lui est défendu comms le Pater aux ânes. — C'est une cnose qu'il n'est pas capable de faire.
Paternel.
a Le respect que je dois à l'autorité paternelle ne saurait exiger un pareil sacrifice ; mon père I je Taime ! cette femme ! je Taime plus que ma viel je Faime à en mourir! »
(Style de roman.)
Pateimoine. Vhonneur est mon seul patrimoine.
» Mes ancêtres m'ont légué, pour tout patrimoine, un nom pur et sans tache. »
Patrie. Patriotique. Fouler le sol sacré de la patrie. — Vaincre ou mourir pour la défense de la patrie.
Voler au secours de la patrie en danger,
a Comme en 9:2, j'aurais volé le premier au secours de la patrie en danger. »
(Empû. Julie ou la Séparation^ acte n se. i.)
Animé des plus purs sentiments patriotiques, — Animé d'xme patriotique ardeur.
Pavé. Favé de Vours. — Eloge exagéré et maladroit. Que de pavés de Tours Ton rencontre, dans les éloges des journaux! C'est une allusion à la fable de La Fontaine, L'Ours et l'Amateur des jardins :
« Rien n*est si dangereux qu'un ignorant ami. »
Pavot. — Combien de livres ne sont que des infusions de pavot !
Morphée vei'se ses pavots,
« Garde-toi, Dieu du repos, « De tromper ma douce attente ; « Sur les yeux de mon amante c Ne verse point tes pavots. »
(ParnY. Poéties mitées.)
« Un jour la belle Dionée, « Dans un de ces bosquets qui couronnent Papbos
« Fit enlever le fils d'Enée, « Tandis que le sommeil lui versait des pavots. »
(Dorât, Les Baisers.)
Payer. Qui paye ses dettes s'enrichit. — Ce pourrait bien n'être qu'un bruit que les créanciers font courir.
Fin... jepairai d M... ou à son ordre la somme de...
(Littérature de fils de famille.)
Traduction : Trois mois en moyenne de tranquillité ; sans compter la ressource du renouvellement.
Payer sa dette à la nature.
« Le fiuneux Zoèga venait de payer sa dette à la nature, »
[Chronique indiscrète du xn* siécie.)
Pays.
« Le pays sait déjà de quel côté se trouvent le bon sens, la modération et le patriotisme ; le pays jugera. »
Et la même phrase est consignée, dans des termes à
§eu près semblables, dans deux organes de la presse 'opinions diamétralement opposées.
Pfxtoral.
(c Notre pâte pectorale a sur toutes celles connues jusqu'à ce jour, l'avantage de... »
« Notre pâte pectorale, dont l'efficacité a été reconnue par plus de cent attestations de nos sommités médicales. 'u^vA\ d'une vogue qui défie toute concurrence. »
«Notre pâte pectorale est le seul remède d'une «
absolue dans les maladie de la poitrine, du larynx, des bronches et des voies respiratoires, »
{Littérature de pharmacien.)
PÉCHÉ. Péché caché est à moitié pardonné.
Axiome de la doctrine des jésuites.
a Le péché que ron cache est demi pardonné. »
(Régnier. Satire XIII.)
« Le scandale du monde est ce qui fait l'offense I a Et ce n'est pas pécher que pécher en silence. »
(Molière. Le Tartuff^e, acte IV, se. ti.)
« Faute cachée est sans offense. »
(F. de Gaufreteau, Chronique bordelaise. 1564.)
Pédantisme. Pédant. Un discours bouffi de pédantisme. Les pédants vous dégoûteraient de la science, si elle n'avait pas de si puissants attraits.
Pégase. — Un cheval qui a supporté bien des mauvais cavaliers.
Enfourcher Pégase. Pégase est rétif.
Peigne. Le peigne mordait sa chevelure luxuriante.
(Style de roman.)
Sale comme un peigne.
Peignoir. — Chez les romanciers, cet objet de toilette a donné lieu à de grands développements :
tt Un pei^oir de mousseline blanche enveloppait son corps digne du ciseau de Phidias. »
tt Par un mouvement de gracieuse coquetterie, elle releva le bas de son peignoir de mousseline, qui découvrit un pied d'enfant et la naissance d'une jambe qui eût fait envie à Diane chasseresse. »
a Un peignoir de cachemire enveloppait la comtesse et dessinait, en les accusant, les contours de son corps admirable auquel la Grèce aurait dressé des autels. »
« Son peignoir entr'ouvert laissait apercevoir la naissance d'une gorge d'albâtre. »
Peindre. Peinture. Peindre sa flamme. — Un moyen d'embraser le cœur des femmes sensibles qui croient encore aux flammes d'un amour éternel.
« L'autre (rose) te peindra la flamme de mon cœur. »
(Dorât. Imitations de poètes latins, Jean Bonnefons.)
« Voilà ce qu'on ne saurait peindre, et ce que tout le cœur de l'homme suffit à peine pour sentir. »
(Chateaubriand. Le Génie du Christianisme.)
2«0 DICnONH^AlRE
« Il peint avec transport le ravissement oaMT a éprouvé en touchant le sol natal après une si longue aosence. »
(L.-B. Picard. L'ffonnéte Homme ou le Niais,)
Une peinture vive et fine des masurs parisiennes,
(Style de journaliste.)
Peindre sous les^ plus heureuses couleurs des pa^sonnages dessinés d'après les régies de l'art le plus pur,
(Critique d'art.)
« Pour vous peindre leurs feux, vos bergers vous attendent. »
(Dorât. La Dante, chant IV.)
Peine. Je viens vous solder mon petit compte. — Donnez-vous donc la peine de vous asseoir.
Monsieur, je viens vous règles* mon petit compte. — Ce n'était pas la peine de vous déranger.
La peine doit-étrc proportionnée à la faute. — Vous étiez à la peine, il est juste que vous soyez à l'honneur,
« M. Halanzier avait été à la peine, il était juste ^'il fût à l'honneur. »
[Petit Journal du 15 noy. 1878.)
Qui n'a pas ses peines? Chacun a ses peines.
tt II n'y a personne en ce monde qui n'ait ses peines. »
(Plaute. L'Amphytrion, acte II, se. n.)
Pelisse.
« Elle jeta sur ses épaules une riche pelisse de marte zibeline dont le prix eût nourri une pauvre famille pendant une année. »
(Romans démocratiques et sociaux.")
Pelletée.
<i Quand la dernière pelletée de terre tomba sur le cercueil avec ce bruit sourd qui résonne jusqu'au plus profond de l'âme. »
« Quelques pelletées de terre, et tout f\it dit. »
Pelouse. Sur la verte pelouse s'ébattait un joyeux essaim
d'enfants.
Penchant. Les penchants autorisés par la nature, — L'amour en dehors du mariage.
u Vous l'avez vu (Papavoine) se privant depuis de longues années des penchants autorisés par la nature quoique réprouvés par la morale. »
{Procès PapavoinCf 48iS. Réquisitoire de Van. gén* d»
Peyronnet.)
Jamais Prudhomme ne prononça rien de plus complet. Faire un crime à un homn^e 4e sa cha^steté !
Pensant. Bien pensant. Celui qui, en politique, pense comme vous, monsieur.
« Les hommes d'ordre, les hommes bien pensants, voteront pour le candidat de... »
{Style de circulaire électorale.)
Traduisez : Tous ceux qui ne voteront pas pour lui ne sont que des scélérats, des pétroleurs.
Pensée. Pensée consolante. Pensée qui ronge le cœur,
(i Et cette pensée ne le quittait point, et elle rongeait son cœm* comme un ver ronge le fruit où il est caché. »
(Lamennais. Paroles éTun Croyanti ch. xvii.)
PÉPiNiÈRB. Notre école polytechnique est une pépinière de grands hommes. — C'est possible, mais comme ils se connaissent mal en tabac ! et combien les produits de ' la Havane qu'ils achètent pour le compte du gouvernement empoisonnent le public !
Perçant. Une vue perçante comme celle de Vaigle, — La vue particulière aux créanciers.
Perdre. Pour un de perdu dix de retrouvés, disent, le cas échéant, les femmes qui ont toujours au moins deux amants à la fois.
« Quand on perd un amant, on se pourvoit d'un autre.
(Àndrieux. Les Étourdis, acte I. se. x.)
« Quand on a tout perdu et qu'on n'a plus d'espoir « La vie est un opprobre et la mort un devoir.
(Voltaire. Mérope.)
Le second vers a subi une variante célèbre :
tt Du pan de sa chemise on se fait un mouchoir. »
<( Quand on a rien à perdre, on peut bien tout risquer. »
(Laya. L'Ami des Lois, acte I, se. iv.)
Perdition. Perdre. Ses yeux sont la perdition de son âme. ' Quand ce ne sont pas les yeux qui perdent une jeune fille, c'est autre chose; les prétextes ne manquent jamais.
« Si d'ici à demain nous n'avons pas trouvé ces vingt mille IVancs pour faire honneur à notre signature, nous sommes perdus. Il ne nous reste plus qu'à déposer notre bilan. »
(Dialogue entre négociants, fin de mois.)
PÈHE. Corneille est le père de la tragédie française, — Un père qui, malheureusement, a laissé trop d'enfants. Espérons que M. Latour Saint-Ybars mourra sans progéniture littéraire.
S4S DICTIONNÂIKE
De même qu'on appelle Corneille le père de la tragédie française, il est convenu que Balzac Tépistolier est : a le père de l'éloquence française» comme Malherbe le rat de la poésie. »
(Palissot. Jugements littéraires.)
46 doux nom de père.
« Dulce patris cognoscere noraen. »
(Clandien. L'Enlèvement de ProserpiMt Ut. I.)
Comme il ressemble à son père! — Cela se dit d'un enfant, lorsqu'on veut faire plaisir au père.
Mon père!,., ma fille!,.. Exclamation mélodramatique poussée au moment de la reconnaissance ; les acteurs doivent tomber dans les bras l'un de l'autre .
Mon viatx père.
« Réduit seize ans après à pleurer mon vieux père. »
(Boileaa. Épitres.)
€ Mon père, mon vieux père, à l'heure où le repos... »
CAdolphe Damas. Le Can^ de» Croisée, acte I, se. ii. 1838.)
Un père est un caissier donné par la nature. — C'est la {)arodie d'un vers d'une tragédie de Baudouin, épicier droguiste de Saint-Germain-en-Laye.
« Un frère est un ami donné par la nature. »
Vers qu'a intercalé dans sa Mort d'Ahely 4798, M. Legouvé.
(V. Ed. Fouroier. L Esprit des autres.)
Ce Baudouin qui, à coup sûr, ignorait le latin, s'était rencontré avec Cicéron :
« Cum propinquis amicitiam natura ipsa peperït, sed ea non satis habet firmitatis. »
[De Amicitiàf cap. VI.)
Un père se voit revivre dans ses enfants. — Souvent il n'y a que la foi qui sauve.
« Un père se survit lui-même dans son fils. »
(Soudraka. Le Chariot d^enfant.)
Perfide. Perfide! vous avez trahi la foi des serments. — 11 parait que, pas plus en amour qu'en politique, les serments ne sont garantis bon teint et inusables.
Perle. Elle avait des perles pour dents. Dents de perle.
[Littérature de joaillier.)
« Sa petite bouche, entr'ouverte par le sourire, semblait montrer deux rangées de perles au fond d'un cœur de rose. >•
(Y. Dacange. Léonide ou la VieiUe de Saonetne.)
DES tIEUX COMMUNS 243
a Tes dents, ces perles que j'adore. »
(Dorât. Les Baisers.)
Lrs perles de la rosée.
« La voit-on (l'aurore) mesurer aux fleuri « LVîmail transparent de ses pleurs « Et les perles de sa rosée?»
(Dorât.)
« Blanches perles sont ses dents, « Roses sa bouche respire. »
[Chanson ancienne.)