‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 10 sur 607 · COKE · texte numérisé non relu

COKE

distillxtoires dans la fabrication du gaz d'éclairage, ayant été surchauffé , et en quelque sorte épuisé pour en extraire tout ce qui était volatilisable, c’est un combustible fort inférieur en valeur aux autres espèces de coke. PeLouze père.

CORKE (Sir Enwanb), grand juge du King's Bench sous Jacques 1°", et l’un des jurisconsultes les plus distingués qu’ait eus Angleterre, né en 1549, à Milcham, d'une ancienne famille du Norfolk, après avoir étudié à Znner Temple (Londres), netarda point à se produire comme avocat. Les villes de Norwich et de Coventry le choisirent pour leur recorder (syndic), et quelque temps après il vint au parlement représenter le comté de Norfolk. En 1592 la chambre des commuues lélut pour président, La même année la reine Élisabeth le nomma at{orney general, eten 1593 avocat général. En 1603, lors de son avénement au trône, Jacques I le créa baronet ; et au mois de novembre de la même année il fut chargé de diriger à Winchester comme accusateur public la procédure criminelle intentée contre sir Walter Raleigh, A cette occasion Coke traita cet homme aussi célèbre que malheureux avec une dureté qui est demeurée une tache pour sa mémoire. L’année suivante le zèle dont il faisait preuve pour le service du roi fut récompensé par la place de grand juge des Common Pleas. En 1613 il fut nommé grand juge du King's Bench et membre du conseil privé. En 1615 il figura dans le procès intenté au comte de Somerset à l’occasion du meurtre de sir Thomas Overbury.

Mais , quoique prêt à obéir aux volontés du roi jusqu'aux limites extrêmes de la loi, s'étant refusé à se prêter à des mesures arbitraires, il tomba en disgrâce, fut éloigné du conseil privé, et perdit sa place de grand juge. Dès lors il figura à la chambre des communes parmi les champions des droits du parlement contre les usurpations de la couronne, et en 1623, ayant dans un discours des plus éner- . giques nié que les proclamations royales eussent la moindre valeur tant qu’elles n’avaient pas été confirmées par le parlement, Jacques le fit arrêter et enfermer à la Tour. Cependant Coke ne tarda point à être remis en liberté. Sous Charles Ier il fut de nouveau élu membre de la chambre basse, où il figura au nombre des plus ardents adversaires du favori Buckingham, que, dans la session de 1626, il accusa personnellement d’être la cause de toutes les calamités auxquelles le pays était en proie. Ce fut lui aussi qui présenta à la sance tion de la chambre la célèbre petition ofrights. Coke mourut en septembre 1634. Quand il fut à l’agonie, le gouvernement fit mettre sous scellés son testament et tous ses papiers.

Coke jouit en Angleterre d’une grande autorité comme jurisconsulte. Bacon , quoique son rival et son ennemi personnel, avait coutume de dire que sans Coke la loi ne serait plus qu’un vaisseau sans lest. Ses Znsfitutes el ses Reports constituent la base du droit anglais; et il en existe d’innom- « brables éditions.

CORE (Wizrau), comte ne LEICESTER, célèbre agronome anglais , né en 1757, mort en 1839, mérita bien de ses concitoyens par les efforts qu’il fit pour transformer son domaine de Holkham, dans le comté de Norfolk, en établissement agricole modèle, pour introduire la culture alterne, pour améliorer les races bovine et ovine, et faire adopter des méthodes de culture basées sur des principes scientifiques. Sa vie est un des plus remarquables exemples qu’on puisse citer de la riche rémunération réservée aux travaux de lagriculteur patient et intelligent. Dans l’espace de trentesix années, il réussit en effet à élever le produit annuel de ses domaines de 7,000 livres sterl. à 90,000. I était en outre l'ami et le conseil de ses fermiers, qui en suivant ses avis s’enrichirent en même temps que lui, et qui le vénéraient comme leur père. C’est lui qui le premier pratiqua rigoureusement la célèbre méthode d’alternage de Norfolk en quatre campagnes : {° des navets ou des fèves, fumier; 2° blé; 3° trèfle etr'ay-grass ; 4° pacage, Ce fut lui aussi qui le pre-

mier recommanda à ses compatriotes la culture du maïs et des turneps. Consultez, outre les ouvrages de Thaer : Rigby, Holkham , its agriculture, ete. (Londres, 1821); Molard, Système d'agriculture suivi par M. Coke (Paris, 1821).

COL, du latin collum, qui a la même signification. On s’est d'abord servi de ce mot pour désigner la ‘partie du corps qui joint la tête à la poitrine. En ce sens il n’est plus en usage, et on lui a substitué le nom de cou ; mais il est encore employé dans les acceptions suivantes : 1° espèce de cravate sans pendants; 20 partie supérieure d’une chemise, d'un rabat, etc., qui embrasse le cou; 3° passage. étroit entre deux montagnes (/e Col de Pertuis, le Col de Tende, le Col d'Argentière); 40 rétrécissement entre la têle et le corps d’un os long (co de l’humérus, col du fémur, etc, ); 50 extrémité rétrécie de certains organes creux (col de la matrice, col de la vessie) ; 6° en géographie, échancrure arrondie que le faite ou la crête d’un rameau de montagne présente à la naissance d'une vallée , lorsque les sillons qui donnent lieu à celle-ci semblent avoir emporté une partie de ce faite en y aboutissant; 7° en botanique, prolongement que le fruit des synanthérées offre assez souvent au-dessus de la partie occupée par la graine, et qui à la forme d’un cylindre plus ou moins étroit.

Col est aussiune abréviation usitée dans les formules pharmaceutiques , pour colature. L. LAURENT.

C’est plus particulièrement dans les Alpes quecenom de co est appliqué aux étroites échancrures qui se rencontrent dans quelques crètes de montagnes, où elles forment un passage naturel pour communiquer d’une vallée dans une autre. Dans les Pyrénées centrales , au lieu du mot co! on emploie celui de port, en espagnol puerto ; et les Allemands se servent dans le même sens des mots joch et furca. Les cols les plus importants des Alpes, où, toutes proportions gardées, ils sont moins nombreux que dans les Pyrénées, sont : le Col du Géant, sur le Mont-Blanc, et que des glaciers rendent tout à fait impraticable (3,526 mètres) ; le Co Cervin ou Matter Joch (3,490 mètres); le Col Longet, sur le Monte-Viso (3,869 mètres) ; le Co! de Fenétre (2,833 mètres) et le Co! de Tende (1,866 mètres). Les plus remarquables des | Pyrénées sont : le Col de Jeganne (2,956 mètres); le Co! Rouge (2,890 mètres) ; le Co! de Liousès (2,896 mètres) ; le Col de Jau (2,600 mètres) ; et le Co! d'Espitalet (1,920 mètres), le moins élevé de tous.

COLARDEAU (CuanLes-Pierre ), né à Janville, près de Chartres, le 12 octobre 1732, était fils d'un receveur au grenier à sel , qui jouissait de quelque aisance; il n'avait que treize ans lorsqu'il perdit son père. Un oncle, curé de Pithiviers, se chargea de diriger son éducation; il l’envoya au collége de Meung-sur-Loire, puis dans la capitale, pour y apprendre les mathématiques; mais cette science parut aride au jeune homme, déjà possédé du démon de la poésie. On voulut alors en faire un avocat, et on le plaça chez un procureur, dont les dossiers ne lui servirent qu'à griffonner des vers. Nesachant plus à quel état le vouer, l’honnôte pasteur le rappela près de lui. Colardeau, voulant à la fois lui plaire et se livrer à son goût favori, traduisit en vers bon nombre de psaumes, d’hymnes, de cantiques ; ce qui enchanta le curé, qui eût été moins satisfait sans doute s’il eût connu la traduction del'Épitre d'Héloïise à Abailard | de Pope, déjà commencée en secret par son neveu. Quoi. qu’il en soit, en faveur des pieuses occupations de sa muse, il fat permis au jeune Colardeau de se livrer au culte des lettres , et il vint se fixer dans la capitale. L'héroïde était | alors en faveur ; celle dont nous avons parlé attira l’attentica | sur le poëte de vingt-trois ans, dont on admira le style racinien et la brillante versification.

Euhardi par ce succès , il publia, avec beaucoup moins de succès , celle d’Armide à Renaud , dont le fond et les idées appartiennent au Tasse. Puis il voulut aborder la tragédie : l'épisode de Pygmalion du Télémaque \ui fournit le sujet |

COKE — COLBACIL

d'Astarté. L'ouvrage est bien écrit, maïs faible de conception et de plan : il n’eut qu’une réussite médiocre, malgré tout l'art de M'°Clairon, chargée du rôle principal. H! en fut de même de sa seconde tragédie, Caliste, où cependant il s’élait inspiré d’une pièce anglaise d’un grand effet, La Belle Pénitente, de Rowe. Colardeau n’était pas né tragique, etune comédie posthume, insérée dans ses œuvres (Les Perfidies à La Mode), a achevé de prouver, malgré plusieurs traits ingénieux , que le théâtre n'était pas son élément. J1 fut mieux inspiré dans ses £pitres à M. Duhamel et à Minette, dans son poëme des Hommes de Prométhée , et dans son élégante traduction des deux premières Nuits d'Young. On lui sut moins degré d’avoir misen vers Le Temple de Gnide, de Montesquieu. C'était une singulière idée de vouloir traduire ainsi non-seulement les poëtes, mais les prosateurs les plus célèbres; car on prétend qu’il avait commencé la même opération sur le chef-d'œuvre de Fénelon. La crainte du ridicule la lui fit abandonner.

Colardeau était d’un caractère doux et mélancolique : il aimait beaucoup les femmes, les fleurs , la campagne. Quant aux premières, ses affections ne furent pas toujours heureusement placées : il futl’adorateur bien fidèle, bien trompé, de la coquette Verrières, Aspasie moderne, qu'avait rendue fameuse sa liaison avec le maréchal de Saxe. Il eut du moins des amis sincères, même parmi ses confrères, etil méritait d’en avoir. Sachant que l’un d'eux, Watelet, s'occupait d’une traduction de La Jérusalem délivrée, nonseulement il discontinua celle qu’il avait entreprise, mais il jeta au feu plusieurs chants déjà terminés. Un autre motif non moins digne d’éloges, la modestie, le fit renoncer à traduire l’Énéide, lorsqu'il sut que l'abbé Delille entreprenait cette grande tâche.

A une époque où la correction du style décidait surtout des choix de l’Académie Française, Colardeau ne pouvait manquer d’y être élu. Xl obtint cet honneur en 1776; mais sa faible santé, épuisée par le travail, ne lui permit pas d'y être admis. 11 mourut le 7 avril de cette année , à peine

| âgé de quarante-quatre ans, et La Harpe, qui lui succéda,

eut deux éloges funéraires, au lieu d’un, à placer dans son discours de réception. Doué d’une bienveillance inépuisable, il n'avait pas fait une seule épigramme dans sa vie. Il s'en permit une au lit de mort; maiselle n'eut rien d'acerbe : le poëte Barthe imagina de venir lui lire dans ses derniers moments sa comédie de l’Égoïsme. « Mon ami, lui dit Colardeau, tu as oublié un trait d’égoïsme : c’est celui d’un auteur qui vient accabler un mourant de la lecture d’une comédie en cinq actes. » Trois ans après la mort de Colardeau, en 1779, on publia une édition complète de ses œuvres, en deux volumes in-8°. Ses œuvres choisies ont eu plusienrs éditions; il n’en restera guère que son Epitre d'Héloïse, dont les âmes tendres et les amis des lettres apprécieront toujours la poésie touchante et harmonieuse. Ourey.

COLATURE (en latin colatura, du verbe colare, couler) , expression employée en pharmacie comme synonyme de filtration, mais par laquelle on désigne plus spécialement le liquide filtré.

COLBACH ou KOLBAK, mot qui est une corruption du ture calpak, kalpack , passé dans le valaque, le moldave, le hongrois, et naturalisé en France dès le commencement de ce siècle. Notre colbach est une coifiure Militaire de peau d'ours, sans plaque, dont la partie supérieure est plate: il en sort parfois aussi, comme ornement inutile , un long bonnet de drap terminé par une houppe. La carcasse de ce bonnet à poil tronqué est en carton, sans visière, cordons ni tresses, Hideux accoutrement, il n’est connu dans l'armée française que depuis qu’il fut adopté par les chasseurs à cheval de la garde consulaire, qui en avaient trouvé le modèle en Égypte ; ils l'avaient pris lorsqu'ils composaient le corps des guides du général en chef,

COLBACH — COLPBERT 11

C’est d'eux qu’il a été imité sous l’Empire et la Restauration comme coiffure de quelques corps d'élite, de hussards , de chasseurs à cheval et d'artillerie volante. Bientôt il devint et est resté jusqu’à ce jour le partage presque exclusif des tambours-majors de l'infanterie française. G#! BARDIN.

Après le rétablissement de l'empire, le corps des guides reprit peu à peu son ancien uniforme, y compris le colbach, dont le volume fut seulement diminué ; les artilleurs de la garde furent aussi affublés de cette coiffure, avec une bavette rouge. Les remarques faites à l’égard du bonnet à poil, dont celui-ci n’est qu’une variété, sont applicables au colbach.

COLBERT (Jean-Baprisre), marquis de Seignelay, le célèbre ministre de Louis XIV, était né le 29 août 1619, à Reims, où son père faisait le commerce des draps. Il avait un oncle établi à Troyes et qui fut le véritable auteur de sa fortune. Cet oncle, Odart CougerT, qui avait épousé la fille d’un épicier de Troyes, et qui au début de sa carrière tenait à grand honneur de pouvoir s'asseoir comme marguillier au bane-d’œuvre de sa paroisse, faisait le commerce en gros des grains, des vins et des étoffes. Ses opérations arrivèrent avec le temps à prendre tant d’extension, qu’il finit par avoir à Anvers, à Francfort, à Lyon, à Venise, à Florence, etc., des comptoirs où, par des représentants de sa maison, il faisait de grandes affaires en produits tant naturels que manufacturés de la Champagne; et par suite il acquit une rare habileté dans les diverses opérations de change et de banque, à cause de l’importance des recouvrements qu'il avait à faire sur ces différentes places et de l’extrème mobilité à laquelle étaient alors sujettes les valeurs monétaire. Parvenu à une grande et belle fortune , il acheta une savonnette à vilain, la charge de secrétaire du roi, et la terre de Villacerf, située à peu de distance de Troyes. Il compta assurer l'avenir et faire la fortune de son neveu, Jean-Baptiste Colbert, en le tirant de la boutique enfumée de son père, pour le faire entrer dans la maison de deux banqu'ers italiens, appelés Maserani et Cenami, ses correspondants à Paris, où il devait s'initier aux mystères de la banque et aux grandes opérations du haut commerce. Maserani et Cenami étaient précisément les banquiers de Mazarin, à qui ils recommandèrent leur jeune commis ; et bientôt le tout-puissant ministre, appréciant la capacité réelle de Colbert, lui confia la direction de ses affaires particulières. Ensuite, il le fit pourvoir du titre de secrétaire des commandements de la reine, et d’une charge d’intendant des finances, supprimée plus tard. En 1654 il fut nommé conseiller d’État. A ce moment Louis XIV commençait à s’occuper d’affaires d’État. Par suite de l’état maladif de son patron, Colbert ent souvent l’occasion de travailler en particulier avec ce prince, et dé s’insinuer peu à peu dans sa confiance. La situation financière de la France était alors déplorahle. Colbert eut la franchise de s’en expliquer sans détour avec le roi et de lui ouvrir les yeux sur l’abime vers lequel on marchait. Quand Mazarin se sentit près de mourir, il nomma Colbert l’un de ses exécuteurs testamentaires, et il crut remplir un devoir de conscience en le recommandant expressément à Louis XIV comme l’homme qu'il jugeait le plus capable de bien mener ses affaires après lui. Le roi fit droit: à cette recommandation , car il avait déjà pu se convaincre par lui-même qu’elle était méritée ; et le cardinal ne fut pas plus tôt mort ( 9 mars 1661), qu’il rétablit en faveur de Colbert la charge d’intendant des finances précédemment supprimée. C'était un moyen détourné employé pour faire de lui un espèce de ministre et pour donner un rival et un surveillant à Fouquet, depuis longtemps tombé dans la disgrâce du roi, quoique celui-ci se gardât encore bien den rien faire paraître. Le 5 septembre suivant, le surintendant Fouquet était arrêté à Nantes en sortant du conseil du roï; tour ses papiers étaient en même temps saisis et enlevés; et Colbert lui succédait immédiatement au minis-

tère des finances. Il serait à désirer pour l'honneur de la mémoire de Colbert qu’il fût resté neutre dans la longue et monstrueuse procédure instruite contre son prédécesseur ; mais on ne saurait douter qu’il fut l'un de ses plus implacables persécuteurs. En vain Fouquet insistait pour n'être pas distrait de ses juges naturels, et provoquait lui-même le plus sévère examen des charges élevées contre lui dans l'accusation dont il était l’objet; on ne lui permit pas même d'établir ses moyens de défense. Autorisé à présenter des moyens justificatifs par un arrêté du conseil en date du 24 novembre 1662, il avait remis à son défenseur des notes et des observations sur les charges produites contre Ini ; mais à peine avait-on commencé l'impression des deux premiers cahiers de son mémoire, que les feuilles imprimées et le manuscrit furent saisis et enlevés chez limprimeur par le commissaire de police Le Picard, en vertu d’un ordre signé Colbert.

Colbert, d’ailleurs, était devenu l’homme indispensable, et le trône n’allait pas tarder à lui devoir un éclat jusque alors inconnu. Il fit appel à tous les talents, à toutes les capacités ; et tous les arts répondirent à cet appel par des chefs-d’œuvre. Les savants, les artistes, le saluèrent du nom de Grand : ce n’était pas là un hommage mensonger imposé par un orgueilleux patronage, mais l’expression libre de la reconnaissance. La postérité a confirmé ce surnom à Colbert ; elle en a déshérité Louis XIV.

Sans avoir le titre de premier ministre, Colbert, après la mort de Mazarin, en exerça réellement les fonctions. Il réunissait trois portefeuilles dans ses attributions : les finances, la marine et la maison du roi. Il avait acheté le ministère de la marine à M. de Lyonne, premier titulaire de ce département, qui jusque alors avait été administré par une commission spéciale. Tout était à refaire dans cette partie de l'administration , qui intéresse si essentiellement la sûreté de l'État et le commerce. Il est moins difficile de créer toutes les bases d’une administration nouvelle que d'améliorer une vieille administration vicieuse; mais rien rest impossible au génie : ses efforts et ses succès grandissent avec les obstacles. En moins de cinq années Colbert ent augmenté la marine de 50 vaisseaux de guerre, de 8 galères et de 20 brûlots. C’est ainsi que la France comptäit en 1672 60 vaisseaux de ligne et 40 frégates, et en 1681 198 bâtiments de guerre et plus de 100,000 marins pour le service des équipages et de l’artillerie. Les frais d’administration étaient aussi bien moindres qu’ils ne le sont devenus depuis. Colbert ne se borna point à créer des institutions, il s’efforça de les rendre durables par des règlements, œuvre des hommes les plus éclairés et les plus habiles en chaque matière. C’est ainsi qu’il fit paraître successivement l'Ordonnance de la Marine , le Code Marchand, le Code Noir, et lOrdonnance civile de 1667. Ces règlements devinrent autant de lois pour le pays, et plusieurs de leurs dispositions | ont trouvé place dans notre législation actuelle. L’Ordonnance de la Marine est regardée comme un chef-d'œuvre, et régit encore nos établissements maritimes.

Le même homme d’État faisait marcher de front, et sur une échelle aussi large, les finances, les sciences, le commerce, l'agriculture et l’administration si compliquée, si variable, des dépenses de la couronne; l’administration la plus dispendieuse, la plus surchargée de détails, et en résultats

. la moins importante de toutes.

En succédant à Fouquet, Colbert trouva le département des finances dans un état complet de désorganisation et d’anarchie. Il fut à la fois le créateur et le législateur de l’administration des revenus publics. Il décupla les produits de Pimpôt en ouvrant à l'industrie, à l’agriculture, une large voie d'amélioration et d'encouragement. Il savait que ce n’est en effet qu’en assurant le bien-être des producteurs qu’on multiplie à l'infini la valeur des produits. L'exemple de Colbert et ses leçons ont malheureusement été perdus pour

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