‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 9 sur 607 · CHAMPOLLION-FIGEAC · texte numérisé non relu

CHAMPOLLION-FIGEAC

Quand un artiste moderne est chargé de la confection des pièces qui doivent servir à imprimer des figures, des caractères, etc., sur des médailles, des jetons, des monnaies, il fait d’abord en cire un modèle en grand de la médaille, du jeton, etc. Le modèle en cire est moulé en plâtre, puis reproduit en bronze, ou même en fonte de ter. Après l’avoir réparé, on le place sur le tour à portrait, qui réduit ce modèle aux proportions demandées , telles que celles d’une pièce de 5 francs, de 2 francs, de 1 franc, etc. Toutes ces pièces sont parfaitement semblables entre elles, puisqu’elles sont des copies d’un même original, dont les diverses parties on varié de grandeur, maïs toujours dans une même proportion. Chaque copie en acier que l’on obtient ainsi , et que l’on trempe ensuite, s'appelle poinçon original. Le poinçon original sert à former la matrice originale : c'est une pièce d’acier non trempé, sur laquelle on imprime en creux les traits du poinçon. Comme l'acier même non : trempé est encore une matière fort dure, la matrice originale ne s’imprime pas loujours d’un seul coup de poinçon. Le puinçon original porte seulement en relief le sujet principal de la médaille, comme une eflige, une couronne, etc. ; la légende,

| les grenelis, etc. , s’impriment avec d'autres poinçons.

ë COIN -— COIRE

La matrice originale étant tournée et trempée, on l’emploie pour former le poinçon de reproduction : celui-ci est complet, c’est-à-dire qu’il peut former à lui seul le creux de la pièce. Avec le poinçon de reproduction, on forme les coins, où poinçons-matrices , servant à frapper les monnaies , les médailles, etc.; les poinçons, les matrices, les coins, se font aujourd’hui en acier fondu ; autour de leur masse est soudée une forte virole de fer ; sans cette précaution, ces instruments, qui sont trempés fort dur, se briseraïent sous la pression du balancier. Les coins sont imprimés à plusieurs reprises : pour les tremper, on les introduit dans une boîte de cuivre rouge, et le tout est placé dans une petite caisse de fer, que l’on ferme avec un couvercle; on prend ces précautions afin que les traits, plus ou moiñs délicats, des reliefs du coin ne soient pas altérés par le feu. On conçoit donc facilement pourquoi toutes les monnaies d’un même système sont parfaitement semblables entre elles, puisque les coins sont produits par une série d'instruments qui ont une même origine. TEYSSÈDRE,

COINCIDENCE (du latin incidere cum, tomber, arriver, survenir avec). Le mot coëncidence exprime les rapports qui existent entre divers faits ou diverses circonstances qui concourent à un même résultat. Des. faits coïncident lorsqu’ils ont entre eux des relations déterminées. Les preuves diverses que l’on réunit , soit pour établir une vérité historique, soit pour justifier un principe de morale, de politique ou de philosophie, doivent également coïncider, sans quoi la preuve ne sera point faite. Dans la langue des mathématiques, on dit de deux lignes qui s’appliquent parfaitement l’une sur l’autre, qu’elles sont coincidentes ; ce mot se dit dans le même sens de deux surfaces ou de deux volumes.

COIN DU ROI, COIN DE LA REINE, noms et

signes de ralliement de deux célèbres factions musicales, -

dont les querelles éclatèrent vers le milieu du siècle dernier. Tout ce qu’il y avait en France de gens de goût et d’esprit frouvait absurde , ennuyeuse et ridicule la triste psalmodie de la musique française, outrée encore par les élèves et les imitateurs de Lulli, les Colasse, les Campra, les Destouches, etc. La dauphine ayant fait venir à Paris, en 1752, une troupe de bouffons italiens, qui jouèrent dans la salle de l'Opéra, les dilettanti de cette époque, qui se compo saient de ce qu’il y avait alors de plus distingué parmi les beaux esprits, les gens de lettres, les artistes, et de plus aimable parmi les gens du monde, se montrèrent zélés partisans de la musique italienne, et, réunis par un même goût, se placèrent au côté gauche du parterre, sous la loge de la reine, Les habitués de la vieille musique avaient adopté pour quartier général le côté opposé, sous la loge du roi. La guerre éclata entre les deux factions, mais seulement en paroles et en écrits. Le coin du roi était protégé par M"° de Pompadour; le coin de la reine avait pour principaux chefs D’Alembert et l'abbé Canaye.

Mais ce n’était pas seulement au spectacle que les deux camps étaient séparés par une ligne de démarcation : elle existait dans tous les concerts , dans toutes les réunions où sa musique était pour quelque chose, dans les églises même. C’est ce qu’on remarqua à la messe de la Saint-Louis en 1753, dans la chapelle du Louvre, où le célèbre soprano napolitain Caffarelli chanta un motet italien; il eut constamment les yeux fixés sur le coin de la reine, qui était à la droite de sa tribune. Le coin de la reine triomphait; Jean-Jacques Rousseau avait donné son Devin du Village, dont la musique était plus analogue au chant italien qu'aux longs fredons fran-

. ais. La révolution musicale allait s’opérer. La contre-révolution éclata par les intrigues d’un compositeur médiocre, Mondonville, auteur de l’opéra de Titon et l'Aurure. Craignant pour le succès de son ouvrage, il négocia sourdement auprès de messieurs du coin de la reine, protestant de son respect pour leurs oracles, ainsi que de son admiration pour la musique italienne, et promettant, s’ils laissaient réussir Titon,

de composer un opéra dans le genre italien (ce qui lui auraït été impossible). On s’amusa de sa requête, qu’on mit pourtant en délibération. Les fanatiques, toujours prêts à détruire les anciennes idoles, opinaient pour un refus et une chute complète de sa pièce. Les hommes d'esprit, plus accommodants et plus gais, quoique passionnés pour la musique d’outre-monts, penchaient pour la modération, sans tirer à conséquence. Mais dans l'intervalle, pour plus de sûreté, Mondonville avait persuadé à ses protecteurs que le succès de sa pièce était une affaire nationale, Le patriotisme se réveilla. M®° de Pompadour s’alarma pour la musique française. Le jour de la première représentation ae Titon et l'Aurore, le coin de la reine fut occupé de bonne heure, ainsi que le parterre, par les gendarmes du roi, les mousquetaires et les chevau-légers. Messieurs du coin, trouvant leurs places prises, se dispersèrent dans les corridors, d’où ils entendirent les bruyants applaudissements prodigués à un ouvrage qu’on a depuis longtemps oublié. La défaite du coin de la reine fut complète. Les bouffons italiens furent renvoyés , et l’on continua de brailler à l'Opéra.

Il ne résulta de cette querelle que la Lettre de Jean- Jacques Rousseau à D'Alembert sur lamusique française. Mais le coin de la reine prit sa revanche en 1754 au Thé4tre-Italien, où La Servante Maîtresse, parodiée sur la musique de Pergolèse, et d'autres opéras du même genre, joués les années suivantes, écrasèrent la musique française, et habituèrent les spectateurs et les compositeurs eux-mêmes à une mélodie plus naturelle et plus agréable.

Lorsque Gluck, en 1774, commença la révolution musicale à l'Opéra, les gluchistes, ses partisans, furent en opposition avec les fanatiques de Rameau, qu’on appela ramisles ; puis, à l’arrivée de Piccini, en 1777, il y eut guerre entre les gluchistes et les piccinistes ; maïs il ne parait pas que ces factions aient eu pour centre et pour foyer tel ou tel coin , pas plus que, depuis eux , les rossinistes et les anti-rossinistes, qui ont fait pendant quelques années tant de bruit. H. AUDIFFRET.

COING, fruit du cognassier. On en prépare un sirop de coing qu’on administre dans les cas de diarrhée rebelle. L'eau mucilagineuse qu’on obtient par immersion des pepins du coing est employée comme collyre dans plusieurs inflammations ophthalmiques. C’est ce même mucilage qui constitue la bandoline dont se servent les coïlfeurs pour lisser les cheveux et leur faire conserver la disposition qu'ils leur donnent.

Le coing sert à faire des confitures. Les plus estimées se préparent dans le midi, et sont connues sous le nom de co/ignac, qu’elles empruntent sans doute à une ville. du département du Var, d’où il s’en expédie une grande quantité,

COIN SPHÉRIQUE. Un coin ou onglet sphérique est une portion de sphère comprise entre deux positions du demi-cercle générateur. Son volume est égal au produit de la sürface du fu seau qui lui sert de base par le tiers du rayon.

COIRE (en langue romane Coë'a, en allemand CAur), chef-lieu du canton des Grisons, avec 7,560 habitants, pour la j lupart protestants, est située à 583 mètres au-dessus . du niveau de la mer, au pied du mont Bazokel, dans une belle vallée, entourée par de hautes montagnes, sur les bords de la Plesseur, qui se jeite à une demi-lieue de là, dans le Rhin. Elle est unie au réseau suisse par un chemin de fer qui doit être continué jusqu’à Milan, Ce torrent, qui exerçait autrefois de grandes dévastations, est maintenant endigué et porte un pont en pierre par lequel on arrive dns la ville, où on l’a distribué au moyen de canaux, Aux environs de Coire on cultive la vigne et toutes espèces d'arbres fruitiers. C'est près de cette ville que le Rhin commence à devenir navigable pour de petits bâtiments. Elle doit en grande partie sa prospérité au commerce qui s'y fait par le Splugen, entre l'Allemagne et l'Italie, On y trouve

COIRE lusieurs bons établissements d'instruction publique. Le palais épiscopal, situé à peu de distance, offre les points de vue les plus pittoresques, On y remarque une vaste salle contenant un grand nombre de portraits d'évèques et de membres célèbres de la confédération helvétique, tous avee le costume de leur époque. La cathédrale, située dans la ville, contient de remarquables tombeaux, qu'on dit dater du huitième siècle. De beaux bâtiments adjacents furent incendiés en 1811. L'église protestante de Saint-Martin, l'école cantonale sont aussi de beaux édifices.

La ville de Coire est d’origine toute romaine ; cependant le seul monument romain qu’on y trouve est la tour de Marsæl (Mars in oculis), adossée au palais épiscopal, Vers lemilieu du quatrième siècle, Coire reçut le nom de Curia Rhætorum. L'empereur Constantin l’agrandit assez pour en faire une ville. Elle devint siége d'évêché dès 452; en 4419, quand elle se détacha de l'Emnire d’Allemagne, elle accéda à la ligue de la maison de Dieu, qui plus tard fut presque tout entière soumise à la juridiction de l’évêque. €n 1460, elle devint ville libre imyériale. Ensuite, tout en consertant ses priviléges, elle passa en 1498 sous la suzeraineté de l’évêque. Les possessions temporelles de V'évéché furent confisquées en 1802, et accordées à la république helvétique à titre d’indemnité pour d’autres pertes.

COISLIN (Faille pu CAMBOUST pe). Originaires de la Bretagne, les Coislin reçurent en 1663 le titre de ducs. Leurs membres les plus distingués furent : Armand, lieutenant-général en 1668, et que sa politesse rendit célèbre à la cour de Louis XIV ; Pierre, son frère, mort en 1706, évêque d'Orléans, grand-aumonier de France et cardinal] ; Henri, né en 1664, évêque de Metz, membre de PaAcadémie française et de celle des inscriptions. De la branche cadette sontissus Pierre-Louis, marquis DE CoisLin, député de la Loire-Inférieure et pair de France, mort en 1837; et son fils, Charles-Ferdinand ,né en 1822, riche agriculteur, qui a siégé dans l’Assemblée législative.

COKE (en anglais coak), produit de lacarbonisation de la houille. Cette espèce de charbon, d'invention anglaise, porte chez nous le nom que les Anglais lui ont donné, 11 est aujourd’hui en France, comme chez eux, d’un grand usage, qui s'étend tous les jours, et qui doit nécessairement s’accroitre beaucoup, car, en concurrence avec le charbon de bois, il a sur celui-ci avantage de l’économie dans le prix, et pour un grand nombre d'emplois il lui est bien supérieur. Ce n’est pas seulement dans les travaux des fonderies et pour la fonte du minerai de fer dans les hauts fourneaux que le coke est utile, ainsi que pour toutes les opérations qui nécessitent un haut degré de chaleur , on en reconnaît aujourd’hui l’avantage pour le chauffage domestique, et même pour le service des fourneaux de cuisine. Toutes les espèces de houille ne donnent pas un coke également propre à tous les usages. Si la houille que l’on veut soumettre à la carbonisation ne produit pas un coke tout à la fois compacte, peu terreux et. totalement dessoufré, dans beaucoup d’arts il n'aura pas de succès. Quand à ces qualités le coke joint la propriété d’être resté encore un peu collant, mème après sa débituminisation presque complète, c'est-àdire s’il se prend en une masse, s’il est de la nature que les Anglais caractérisent par l’épithète de caking coak, s’il a laspect d’une frite , ou d’une porcelaine, ou terre cuite, il est ordinairement d’une qualité supérieure ; et la houille qui donne un tel produit offre d'autant plus d'avantages que les moindres fragments en sont en quelque sorte meilleurs pour la carbonisation que les morceaux plus volumineux. Dans le procédé de la carbonisation de la houille, tous ces petits fragments se dessoufrent plus vite et plus complétement ; ils se soudent d’ailleurs entre eux, de manière à ne plus offrir que de grosses masses adhérentes et compactes.

Quant au coke qu’on obtient comme résidu dans les cornues de fonte hermétiquement fermées qui servent de vases

DICT. LE LA CONVERS, — T, Va.

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