COMMERSON — COMMIS
considérable qu'un particulier ait jamais possédé, à Montpellier, où il fit ses études, et où il obtint le titre de docteur en médecine. À la demande de Linné, il composa, pour la reine de Suède, sa description des poissons les plus rares de la Méditerranée; ouvrage qui dans ce temps-là produisit une grande sensation, car c’éfait le traité d'ichthyologie le plus complet qu’on possédât encore. Après un voyage botanique , fait pendant l’année 1755 en Savoie et en Suisse, il vint se fixer à Châtillon, et y établit un jardin botanique. Plus tard il parcourut les montagnes de l’Auvergne et du Dauphiné dans les intérêts de sa science favorite; puis, sur l'invitation de son ami Lalande, il vint à Paris. En 1767 Louis XV le désigna, avec Bougainville, pour faire letour du monde. Il rapporta de la Nouvelle-Hollande en Europe la fleur généralement connue sous le nom de Hortensia, ainsi nommée par lui en l'honneur d’une jeune femme, Hortense Barré, qui l'avait suivi, déguisée en homme, dans cette longue et périlleuse navigation, pendant le cours de laquelle il mourut à l’ile de France, en 1773, léguant son herbier, ses papiers et ses nombreux dessins au Muséum de Paris. Ces dessins ne sont pas seulement précieux à cause du soin tout particulier avee lequel ils sont exécutés, mais encore à cause de leur exactitude, et parce qu’ils représentent des êtres fort rares, et qui depuis l’époque de Commerson n’ont pu être aperçus que par un petit nombre d’explorateurs. On a de Commerson, indépendamment de quelques autres ouvrages de moindre importance, un HMartyroluge de la Botanique, contenant la biographie de ceux qui sont morts victimes de leur zèle pour les progrès de cette science.
COMMETTAGE, terme de l’art du cordier, qui signifie duplicature ou tniplicature d’un brin quelconque. Voyez CoRDE, CORDAGE.
COMMETTANT (du verbe latin committere, confier, commettre ). Le commettant est celui qui confie à un autre la gestion de ses intérêts, qui le charge d’une affaire, qui lui délègue des fonctions et des pouvoirs déterminés, pour représenter sa personne et exercer ses droits, Celui qu’on a ainsi chargé du pouvoir d'agir en son nom prend le titre de mandataire. Aux termes de l’article 1384 du Code Napoléon , le commettant demeure responsable du dommage causé à autrui par son mandataire ou son préposé dans l'exercice de la fonction particulière dont il l’a investi.
Bien que le terme de commettant soit assez en usage dans le commerce, il est plus spécialement consacré pour exprimer, dans les affaires publiques, la relation qui existe entre les électeurs ct les députés. Aug. Husson.
COMMINATION, terme de rhétorique, fait du latin comminalio, menace , et qui a été autrefois employé dans ce sens; s'applique à une figure de pensée qui a conservé la même acception, puisqu’elle a pour objet d’intimider ceux à qui l'on parle par la peinture ou l'image de maux qu'on leur préserte comme inévitables, ou dont on leur rappelle le souvenir. C’est ainsi qu’£sther, dans la tragédie de ce
m , repousse les offres de service que lui fait l’orgueilleux Aman :
oo Va, traitre, laisse-moi!
Les Juifs n’attendent rien d’un méchant tel que toi, Misérable! le Dieu vengeur de l'innocence, Tout prêt à Le juger, tient déjà sa balance ; Bientôt ton juste arrêt te sera prononcé ; Tremble, ton jour approche, et ton règne est passé.
acine se sert encore de la même figure quand il fait dire par Pyrrhus à Andromaque, insensible à son amour :
Hé bien, madame ! hé bien! il faut vous obéir; Il faut xous oublier, ou plutôt vous hair.
Oui, mes vœux ont trop loin poussé leur violence Pour ne plus s'arrêter que dans l'indifférence. Songez-y bien; il faut désormais que mon cœur, S'il n’aime avec transport, haïsse avec fureur.
Je n’épargnerai rien, dans ma juste colère ; Le fils me répondra des mépris de sa mère, Edme Héreau,
COMMINATOIRE ( Clause), du latin comminari, menacer. Voyez CLAUSE.
COMMINES (Puuzrppe DE). Voyez COMINES,
COMMINGE. Voyez Bone.
COMMINGES, pays avec titre de comté, dans l’ancienne Gascogne, était borné au nord par l’Armagnac, au midi par les Pyrénées , à l’ouest par le Bigorre et une partie de l’Armagnac , et à l’est par le Conserans et le bas Languedoc. IL fait maintenant partie du département de la Haute-Garonne. Ce comté se divisait en haut el bas Comminges , la partie haute vers le midi, et la partie basse au nord, Tout le pays était dans le ressort du parlement de Toulouse , et dépendait de la généralité d’Auch. Le principal commerce du pays de Comminges consistait en bestiaux, et surtout en mulets, en bois, en vins et en grains. La province jouissait de plusieurs anciens priviléges, entre autres de celui des Lits et des passeries; c'était un droit par lequel les habitants des frontières de France et d'Espagne, placés sur une certaine ligne, pouvaient faire librement entre eux. commerce de marchandises permises, sans pouvoir être inquiétés, que l’on fût en guerre ou en paix.
Les anciens habitants du Comminges s’appelaient Convenæ. On prétend qu’ils prirent leur nom de leur union et de leur établissement au bas des Pyrénées du côté des Gaules, lorsque Pompée les força d'abandonner le sommet de ces montagnes', d’où ils exerçaient de nombreux brigandages. Ainsi que les Consorani ( habitants du Conserans ), ils firent partie (après la conquête de l’ancienne Aquitaine par César) de la Novempopulanie, qui tomba au pouvoir des Visigoths au cinquième siècle. Ceux-ci furent dépouillés de cette province par Clovis au commencement du sixième siècle, et le Comminges, comme le Conserans , fit dès lors partie des possessions frankes : l’un et l’autre entrèrent dans le partage de Charibert, roi d'Aquitaine, en 628, et furent ensuite possédés par les ducs héréditaires d'Aquitaine. Ces derniers furent plus tard dépouillés par Pepin le Bref. Charlemagne et ses successeurs firent gouverner le Comminges et le Conserans par des comtes particuliers bénéficiaires. Asnarius, qui avait réuni les deux comtés au commencement du dixième siècle, les rendit héréditaires dans sa famille. Il eut deux fils, Arnaud 1°" et Roger I‘", à qui il partagea ses domaines, et qui furent en partie ou par indivis comtes de Comminges et de Conserans. Arnaud 1° unit à son domaine les comtés de Carcassonne et de Rasez en épousant Arsinde, héritière de ces deux comtés. Il eut plusieurs fils, qui donnèrent naissance à plusieurs branches, et qui partagèrent les comtés de Comminges et de Conserans avec les descendants de François 1°’; Bernard III, comte de Comminges, qui mourut en 1150, recueillit toutes ces portions, et donna le Conserans, à titre de vicomté, à Roger, son fils puîné. Sa postérité masculine continua de posséder le comté de Comminges sous la mouvance des comtes de Toulouse depuis lan 1244 jusqu’à Marguerite, comtesse de Comminges, fille et héritière de Pierre-Raymond IH, qui mourut sans enfants. en 1453, après avoir fait don de cé comté au roi de France Charles VII. Louis XI le donna, en 1478, à Odet d’Aydie, dont la postérité masculine manqua en 1548. Alors le comté de Comminges fut réuni à la couronne.