COMMUNICATION — COMMUNION
vernements auront compris qu’en le mettant par le bon marché à la portée de toutes les bourses, ils peuvent y trouver le plus fécond' et le plus abondant des impôts de consommation, il est impossible de prévoir les heureux résultats qui seront obtenus. Nous ne terminerons point non plus sans payer un tribut d’admiration aux hommes courageux qui tentent en ce moment de perfectionner la science à peine naissante de l’aéronautique, et de frayer aux voyageurs la route inconnue de l’air. * Ch. LEMONNIER.
COMMUNION. Dans le sens catholique, c’est la participation au sacrement de l'autel, l’union spirituelle et corporelle avec Jésus-Christ dans l’eucharistie. Que ceux qui seraient tentés de regarder la communion comme une exaltation mystique , comme une singularité particulière au christianisme , étudient l'antiquité, et ils verront que tous les peuples ont pratiqué une espèce de communion : tous ont cru se sanctifier et communiquer d’une manière plus intime avec la Divinité en mangeant avec le prêtre la chair des sacrifices. L'usage de la communion sacramentelle dans l’Église remonte au berceau du christianisme, Ce fut dans cette cène mystérieuse que le Sauveur fit avec ses apôtres la veille de sa passion, qu’un Dieu devint pour la première fois la nourriture de l'homme. Depuis ces premiers jours il y eut dans tous les temps des âmes pures qui se montrèrent affamées de cette nourriture céleste. Il est dit au livre des Actes des Apôtres que les premiers fidèles persévérèrent dans la prière et la fraction du pain, c'est-à-dire dans l'usage de la communion. Dans le cours du premier siècle, saint Clément; au second, saint Ignace et saint Justin ; au troisième, Tertullien et d’autres écrivains de l’époque, nous racontent avec quelle pureté d’âme et de corps, avec quelle ferveur les fidèles de leur temps recevaient l’eucharistie. C'était leur consolation et leur force au temps des persécutions; ils l'emportaient dans leurs maisons, et ils communiaient entre eux avant de marcher au martyre. Dans le temple, les diacres distribuaïent l’eucharistie, On la donnait aux enfants après leur baptême, et on la portait aux malades. Les fidèles, d'après saint Cyprien et Tertullien, la reçurent d’abord sous les deux espèces. Cependant les absthèmes (ceux qui avaïent pour le vin une répugnance invincible) ne la recevaient, dit Bingham, que sous l’espèce du pain, et suivant Origène et Eusèbe on a toujours cru dans l’Église que cette communion était aussi efficace que celle des deux espèces. Mais le danger de l’effusion, la répugnance qu’on éprouve à poser ses lèvres sur-une coupe où plusieurs bouches ont déjà posé les leurs, la nécessité de bien faire comprendre enfin à certains hérétiques que la communion sous la seule espèce du pain est tout aussi réélle que celle sous les deux espèces, toutes ces raisons ont déterminé l'Église à retrancher le calice aux simples fidèles. C'est à partir du treizième siècle que cette discipline commença à être observée.
Au commencement, tant que la @i et la ferveur furent grandes parmi les fidèles, ils communiaient souvent, disent saint Cyprien et saint Ambroise. Saint Jean Chrysostome exhorte les chrétiens de son église à communier toutes les fois qu'ils assistent au saint sacrifice (c'est aussi le vœu du concile de Trente); mais le relâchement devint si grand qu’au neuvième siècle le concile de Latran fut obligé d’imposer à tous les catholiques l'obligation de la communion annuelle, Le respect pour le sacrement, la faim corporelle , symbole de la faim spirituelle, cette heureuse disposition où se trouve l'âme lorsque le corps n’est pas agité par un excès de vie, amenèrent peu à peu l'usage de communier à jeun, Depuis le concile de Trente, c’est une loi pour tous les fidèles ; les malades seuls en sont excepltés.
La communion est l’action la plus auguste et la plus sainte de la religion. Elle est l’abrégé de tous les mystères, l'accomplissement de toutes les figures, la plus touchante de toutes les cérémonies, la plus étonnante de toutes les merveilles ; elle résume et complète toutes les alliances de Dieu avec l’huma-