COLCHESTER — COLCHIQUE
tigramme suffit pour tuer un chat. La colchicine est colcrée en brun jaunâtre par l’acide sulfurique, ce qui la distingue de la vératrine, avec laquelle on l'avait d’abord confondue.
COLCHIDE, contrée de l'Asie, fertile en vins, et en fruits, située sur la côte orientale du Pont-Euxin ou de ia mer Noire, aujourd'hui la province de leur empire à laquelle les Russes donnent le nom d’Iméréthie, avec les districts de Mingrélie et de Gourie, fut célèbre à une époque extrêmement reculée de l'antiquité, comme la patrie de Médée et le but de l'expédition des Argonautes; mais les Grecs n’en eurent connaïssance que par les culonies qu’y fondèrent les Milésiens. Les habitants de la Colchide à l’origine avaient leurs propres rois; mais plus tard ils passèrent sous l’autorité de Mithridate, roi de Pont. Ils finirent cependant par avoir des souverains particuliers, . qui à l’époque de l’empire romain étaient dépendants et tributaires de Rome. Leur cité la plus importante avait nom Dioscurias; plus tard on l’appela Sebastopolis : on la nomme aujourd’hui Zsgaur. De tous les cours d’eau de la Colchilde, le Phase était le plus important,
COLCHIQUE, genre de plantes unilobées, à fleurs tubuleuses et radicales , assez semblables à celles du safran (crocus). La corolle est monopétale, très-longue, à limbe campanulé , à six découpyres profondes : six étamines, plus courtes que la corolle; l'ovaire est an fond du tube de la corolle, sur la racine de la plante, et supporte trois styles filiformes, prolongés jasque au-dessus des étamines. Le fruit est composé de trois capsules cohérentes aans leur partie inférieure, séparées par le haut, et contenant plusieurs graines arrondies et ridées.
Ce genre ne contient que trois espèces, dont l’une peut contribuer à lornement des parterres en automne; c’est le colchique panaché (colchicum variegatum , Linné), dont la fleur présente un limbe taché de petits carreaux pourpres, disposés en forme de damier. Mais la plus intéressante à connaître est le colchique commun (colchicum autumnale, Linné), connue sous les noms vulgaires de /ue-chien et de safran bâtard, qui infeste les prairies, dont les bestiaux repoussent les feuilles et les tiges, et dont la nature vivace semble braver tous les eflorts du cultivateur pour l’extirper. Sa racine est un bulbe globuleux, aplati d’un côté, couvert de tuniques noirâtres. La fleur, qui paraît en automne, avant la tige et les feuilles, a jusqu’à douze centimètres de longueur ; elle est d’un assez beau rose, et cependant son apparition aux approches de l’hiver ne plait nullement aux yeux. Les feuilles et les tiges chargées de fruits ne paraissent qu’au printemps; la plante alors est trèsvolumineuse, et usurpe un grand espace dans les prairies. Les feuilles sont larges d'environ trois centimètres, droites, lancéolées , engaînées trois ou quatre en faisceau. Toutes les parties de la plante ont une odeur forte et nauséabonde, et le bulbe est regardé comme très-vénéneux. Cependant, le célèbre docteur Stark en préparait un remède contre l’hydropisie, en ne l’employant qu'avec les précautions dont il ne s’écartait jamais lorsqu'il faisait usage de l'extrait de ciguë. Quelques cures opérées avec succès ne peuvent suffire pour accréditer ces préparations, justifier la confiance des médecins et celle des malades. L'aversion de tous les herbivores pour toutes les parties des colchiques, quelle que soit l’espèce ; est un avertissement qu’on ne doit pas négliger. Du reste, la chimie a constaté dans ces plantes l'existence de la colchicine, poison très-énergique, qui, dit-on, serait un de ceux dont se servait Médée, Les auteurs qui avancent ce fait prétendent que le colchique commun est très-abondant en Colchide, et ils voient duns le nom de ce pays l'étymologie de celui de la plante.
Les bulbes des colchiques contiennent beanconp d’amidon, matière très-invtfensive pour l'organisation de l'homme et des quadrupèdes en genéral ; 1l est donc possible d'extraire de ces plantes si dangereuses une substance alimen-