COLCHIQUE — COLÉOPTÈRES
taire, et sans aucune qualité malfaisante. C’est ainsi que la cassave, nourriture habituelle d'un si grand nombre d’Américains , est tirée du manioc, dont un des principes s0lubles dans l’eau est un poison très-dangereux. FERRY. COLCOTAR, nom donné par les anciens chimistes, et conservé dans le commerce, au peroxyde de fer que on obtient en calcinant la couperose verte (sulfate de fer) à une température très-élevée. Si la couperose employée pour cette opération est bien pure, et si le feu a été poussé assez loin, le produit solide est du peroxyde de fer; mais souvent la Couperose contient du sulfate d’alumine, quel- ‘quefois du sulfate de cuivre; dans ce cas, le résidu est mélangé des bases de ces deux derniers sels. Si d’ailleurs la calcination n’a pas été complète, on n'obtient qu’un soussulfate de fer insoluble. Pour les usages auxquels on destine le colcotar, tels que le polides glaces, de certains métaux, etc., il faut que la calcination ait été poussée à son dernier terme, Plus, d’ailleurs, elle sera lente et longtemps continuée, plus le fer s'oxydera complétement, et mieux vaudra le colcotar. C'est la même matière qui est appelée aussi potée rouge, rouge-brun d'Angleterre, rouge de Prusse. COLD CREAM (c'est-à-dire crème froide). C’est le nom qu'on a donné, d’après les Anglais, à une espèce de powmade ou d’onguent, devenu fort à la mode parmi les dames dans ces dernières années, à cause de sa bonne odeur et de sa propriété comme moyen d’embellir la peau. On le prépare en broyant avec soin une partie de cire fondue et deux parties de blanc de baleine, avec huit parties d'huile d'amande et six parties d’eau de rose. COLDSTREAM GUARDS. C'est le nom d’un régiment d'infanterie de la garde anglaise ou de la brigade de la maison de la reine, Le général Monk leva, en 1660, à Coldstream, petite ville, située sur la frontière d’Ecosse, un corps soldé qui s’appela d’abord régiment de Monk, mais qui entra, sous son nom actuel, dans la brigade des gardes que le parlement consentit à donner à Charles II. COLÉAH, ville d'Algérie, dans le département d’AIger, à 37 kilomètres de cette ville, à l’ouest de la Métidja, sur le versant méridional des collines du Sahel, est bâtie dans un vallon qui débouche dans la vallée du Ma zafran. Sa population, à la fin de 1866, étail de 6,190 habitants, dout 3,213 sont indigènes. Coléah est d’une construction mauresque : ses maisons n’ont qu’un seul étage et une terrasse ; ses rues sont assez régulièrement percées. Au centre de la ville se trouve une petite piace triangulaire autour de laquelle sont de pauvres boutiques dans le genre de celles d'Alger, un café avec une fontaine et deux petites mosquées, dont les minarets s'élèvent à peine au-dessus des terrasses avoisinantes, Les cigognes, qui nichent sur les toits, se promènent librement dans les rues ; les Arabes, qui les regardent comme sacrées, s’estiment heureux de les voir s'établir au-dessus de leurs maisons. Lés indigènes s’adonnent principalement à l’agriculture; quelques fabriques d'étoffes de laine, deux ou trois ateliers de maréchaux ferrants et de cordonniers, occupent le reste des bras. La ville est entourée de jardins superbes, où croissent tous les arbres fruitiers de l’Europe ; les eaux sourdent de toutes parts, abondantes et pures ; elles sont distribuées avec art pour arroser de magnifiques vergers d’orangers, de citronniers et de grenadiers. Le général Damremont poussa le premier une recon-
naissance vers cette ville, en avril 1837. Après lui, le maré- :
chal Valée s’y rendit le 26 mars 1838, et en prit possession, afin de maîtriser la place, qui avait une grande influence sur le pays, et de contenir les Hadjoutes. L'armée ne s’établit pas tout d’abord dans l’intérieur de la ville; elle prit position sur un plateau qui domine Coléah et la défend à très-courte distance. Cet arrangement, qui parut le plus convenable sous le point de vue militaire, offrait en outre Yavantage de ne gêner en rien la population , qui s'en montra satisfaite, On jeta un pont de bateaux sur le Mazafran , pour
la facilité des communications, quelquefois interrompues par les crues subites de la rivière, et le camp fut sérieusement fortifié par un parapet en terre sur les fronts de l’est, du nord et du sud, et par un mur d'appui sur les fronts de l’ouest. Lors de la reprise des hostilités , en 1839, on crénela et on organisa la mauvaise enceinte de Coléah, qui consistait alors en vieux murs de pisé, lézardés et croulant sous la seule action des pluies. Un hôpital fut établi dans la mosquée de Sidi-Embarek, et l’on organisa des magasins de vivres, de poudre et d’habillement.
Le plus remarquable des combats livrés devant Coléah fut celui du 1° mai 1841 : 2,000 cavaliers et 200 soldats réguliers, conduits par le bey de Milianah en personne, vinrent, sur les deux heures de l'après-midi, attaquer la place, qui n'était défendue que par trois compagnies du 1°" régiment de la légion étrangère et quelques soldats de l'artillerie et du génie, commandés par le chef de bataillon Poério. La déroute des soldats du bey de Milianah fut générale, et ils repassèrent en désordre le Mazafran , empor- {ant 50 cadavres et autant de blessés. L'agha Ben-Saama était au nombre des morts.
La ville de Coléah fut constituée en commune en 1851. Eñe a pour annexes, dans ses environs, une dizaine de villages, notamment Fouka, sur une colline, où l’on à découvert des débris romains signalant l'antique Casæ calventi; puis Castiglione et Bérard.
COLEBROOKRE (Hexry-Tuomas), savant pour qui la langue sanscrite et la littérature indienne n’eurent point de secrets, né en 1765, vint de bonne heure s'établir dans l’Inde, et fut d’abord juge à Mirzapor, puis résident anglais à la cour de Berar. En 1816 il revint en Europe, et fit présent à la Compagnie des Indes orientales de sa riche collection de manuserits indiens. 11 mourut à Londres, le 10 mars 1837, président de la Société Asiatique, après une longue et doulourense maladie. Pendant son séjour dans l’Inde il avait eu occasion d’étudier les ouvrages les plus rares et les plus difficiles de l’antique littérature indienne, tels que les Védas et leurs commentaires, ainsi que les ouvrages didactiques des grammairiens, des philosophes et des mathématiciens. Dans les divers écrits qu’on a de lui, il ne fait pas seulement preuve d’une érudition solide et profonde, maïs en outre d’une critique judicieuse. Nous mentionnerons ici plus spécialement ses dissertations insérées dans les Asiatic Researches, recueillies plus tard dans les. Miscellaneous Essays (2 vol., Londres, 1837). Il traduisit et publia plusieurs anciens livres de jurisprudence indienne, par exemple, À Digest of Hindoo Law on Contracts and Successions, with a commentary by Jagannatha Tercapanchanana (4 vol., Calcutta, 1797 ); Translation of Two Treatises on the Hindoo Law of Inheritance (Calcutta, 1810); il fut aussi l'éditeur de quelques ouvrages originaux, tels que le Mitakshara-Dharma sastra (Calcutta, 1813), le Daya bhäga ( Calcutta ,1844), etc. On lui doit aussi la publication des Principes Grammaticaux de Panini (Calcutta, 1809), du Dictionnaire Amara Koscha, avec traduction anglaise en regard (Serampore, 1808), ainsi que d’une Grammar of the Sanscrit Language (1 vol., Calcutta, 1805). En traduisant les ouvrages mathématiques des Indiens, notamment des ZLilévati et des Vijaganita dans l’A/gebra of the Hindus, with Arithmetic and Mensuration from the sanscrit of Bramaguptaand Bhascara (Londres, 1817), Colebrooke a singulièrement contribué à enrichir l’histoire des mathématiques. 11 a examiné dans diverses dissertations, On {he Philosophy of the Hindus, et dans les Asiatic Transactions, les systèmes philosophiques des Indiens dans leurs diverses ramifications, et leurs livres didactiques avec leurs commentaires.
COLÉOPTÈRES (de xode6c, gaine, étui, et rep), aile), insectes qui constituent le cinquième ordre dans |: classification de Latreille, La dénomination de coléoptères
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a prévalu sur celle de vaginipennes (de vagina, galne, et venna, aile), par laquelle on avait proposé de les désigner, et qui rappelle également que des quatre ailes dont sont pourvus ces insectes les deux supérieures sont en forme d’étuis ou d’élytres, caractère. qui leur est commun avec les orthoptères et les hémiptères. Mais ce qui lesdifférencie de ces deux autres ordres, c’est que les élytres des co- Jéoptères se joignent au bord interne suivant une ligne droite ; de plus elles sont crustacées, en forme d’écailles, horizontales; les ailes proprement dites, pl'ées seulement en travers, sont recouvertes par les élytres. Les autres caractères des coléoptères sont : des mandibules et des mâchoires nues et libres, d’où le nom d’éleuthérates (du grec ëevbepos, libre), donné à ces insectes par Fabricius ; antennes de formes très-variables, en général composées de onze articles ; yeux à facettes au nombre de deux, point d’yeux lisses; dans quelques espèces, les élytres, soudés sur la ligne médiane, forment une sorte de bouclier :lesailes inférieures manquent alors. Quelquefois les élytres sont rudimentaires, mais ils ne manquent jamais complétement. Le nombre des articles du tarse varie depuis trois jusqu’à cinq. C’est sur ce caractère que Geoffroy à eu l’heureuse idée d'établir les quatre sections suivantes : 1° coléoptères pentamères (de xevre cinq, et de uépos, partie ou article), c’est-à-dire ayant cinq articles à tous les tarses ; 2° héféromères (de Etepoc, variable), cinq articles aux quatre tarses antérieurs et quatre aux derniers; 3° tétramères (de xexpè, quatre), quatre articles à tous les farses; 4° frimères (de “pci, trois), trois articles à tous les farses. Ces quatre sections sont subdivisées en familles, dont les plus importantes sont : parmi les pentamères, les cicindélèles (genres cicindèle,etc.), lescarabiques, les hydro-canthares, les brachélytres, les malacodermes, les clavicornes, les palpicornes, les Lamellicornes, etc. ; parmi les hétéromères, les mélasomes (blaps, etc.), les taxicornes, les ténébrioniles, les vésicants (cantharides, etc.); parmi les tétramères, les curculionites (char ançons, etc.), les xylo- Phages, les longicornes, les eupodes et les cycliques ; et parmi les trimères, les aphidiphages (coccinelle, etc.) et les fongicoles. ”
Les changements de forme que les coléoptères subissent après être sortis de l’œufsont complets. Leurs larves ressemblent à des vers mous. Elles ont une tête écailleuse, une bouche analogue à celle de l’insecte parfait et ordinairement six pieds. Dans quelques espèces ces pieds sont remplacés par de petits tubercules charnus. Leurs yeux sont de petits Corps granuleux, qui paraissent résulter de l'assemblage d’un certain nombre d’yeux lisses. La nymphe est toujours inactive, tantôt nue et tantôt renfermée dans une coque faite des débris de diverses substances unies avec une matière visqueuse et soyeuse. La durée des métamorphoses et Ja manière de vivre , tant des larves que des insectes parfaits varient dans les diverses familles des coléoptères. Leurs caractères anatomiques offrent des différences nombreuses relatives à la variété de leursmœurs. 6
Parmi ces insectes, quelques espèces (calan dres) sont très-nuisibles, par les ravages qu’elles font aux différentes graines, en rongeant la substance farineuse ; d’autres (anthrènes, der mestes ) attaquent les pelleteries et toutes les substances animales. D’autres encore (cétoines, criocères, chrysomèles, hannetons, etc.) rongent les feuilles des plantes; enfin, la substance même du bois n’est pas épargnée par les capricornes, les leptures, etc. Mais tous ces insecles ne sont le plus souvent nuisibles que dans l’état de larve. Ilen est de même à l'égard de certains coléoptères qui nous font des dummages, en attaquant soit les larves et les nymphes des abeilles que nous cullivons, soit les cochenilles. Ce sont toujours les larves des clairons apivores et des coccinelles qui nous les font éprouver. Les insectes parfaits ne sont point malfaisants, Hs n'excitent la solicuuuc
de l’agriculteur qu’à cause de la ponte. Les coléoptères sont répandus avec profusion, On en rencontre partout, sur la terre ou sur le sable, dans les fientes des animaux, sous les pierres, dans la terre, à la racine des plantes, dans les troncs des arbres morts ou vivants, dans les charpentes, les boiseries, dans les cadavfes frais ou desséchés, dans l’eau ou à sa surface; on en trouve aussi sur les fleurs et les feuilles des plantes. Aucun coléoptère n’est armé d’aiguillon venimeux pour piquer l’homme et les animaux domestiques ; cependant quelques-uns, tels que les scarites, les carabes, les cicindèles, mordent ou pincent fortement lorsqu'on les saisit. Les buprestes passent pour être dangereux aux bœufs qui en avalent. L'action toxique des cantharides ingérées est très-connue. Les Romains nourrissaient avec de la farine plusieurs larves de coléoptères, appartenant, à ce qu’on croit, aux genres Zucane etcapricorne, pour les servir sur leurs tables. Les Indiens et les Américains préparent avec les larves du charançon palmiste des mets qu’ils mangent avec délices. Si l’on excepte la cantharide vésicatoire et le milabre de la chicorée, qui en Chine et dans tout le Levant sont employés de la même manière, aucun coléoptère n’est utile à la médecine ni aux arts. Cependant, les couleurs brillantes et métalliques de plusieurs genres (cétoines, buprestes, quelques charançons, carabes) permettraient de substituer ces insectes, pour l'éclat, dans des ouvrages de bijouterie, à l’or, à l’argent et aux pierres précieuses. Les couleurs vert-doré, azur et pourpre du charançon royal font un tel effet que quelques amateurs en ont fait monter des bagues. Plusieurs de ces insectes servent d'ornement et de parure aux Indiens; leurs femmes s’en font des colliers, des pendants d’oreille et des guirlandes.
Le nombre des espèces de coléoptères est si considérable qu’il s'élevait en 1824 à 6,692, dans la collection du comte Dejean , l’une des plus riches de notre époque; depuis, ce nombre s’est encore beaucoup augmenté. L. LAURENT.
COLÉORAMPHE ( de xodcéç, gaine, et péugos, bec ), genre de l’ordre des échassiers, dont on ne connaît bien qu’une espèce, que les voyageurs ont décrite sous les noms de pigeon ou poule antarctique, espèce qui est très-rare dans les collections, quoiqu’on la rencontre fréquemment dans la grande mer du Sud, Cet oiseau est remarquable par son bec dur, gros, conique, comprimé, fléchi vers la pointe et recouvert en haut, ainsi que l'indique son nom, par une enveloppe ou gaîne de substance cernée, découpée par-devant et garnie de sillons longitudinaux ; cette enveloppe parait pouvoir se soulever et se rabaisser, d’où les dénominations de bec en fourreau et de vaginalis que Latham et Cuvier lui donnent, et celle decoleoramphus, queM. Duméril asubstituée à celle de chionis, sous laquelle Forster avait établi ce genre. Le coléoramphe est de la taille d’une perdrix. Son plumage est entièrement blanc. Ses jambes sont courtes comme celles des gallinacés, et les tarses écussonnés, I] porte au-dessus des yeux une grosse verrue brune. Ses joues sont nues ou garnies de petites verrues jtunes ou orangées. La gaine cornée du bec est jaune ou noire. Les coléoramphes se tiennent en petites troupes, sur les bords de la mer, où ils vivent des animaux morts que la marée laisse en se retirant ou que les flots rejettent sur le rivage. L. Laurenr.
COLÈRE ( mot dérivé du grec oXñ, bile). L’exaltation de la colère émeut en effet la bile, et l’homme ou les animaux chez lesquels prédomine l'humeur bilieuse sont éminemment irascibles : a furor brevis. Tel est ce bouillonnement impétueux suscité par la haine, l’injure, le mépris, l'offense et tout ce qui suppose l'intention de blesser ou de nuire. 11 y a des individus qui se mettent en colère contre eux-mêmes, par dépit d’avoir fait quelque faute, éprouvé une perte, subi une peine où un affront par leur propre erreur, par inattention, ou par suite de leurs passions. Hors ces circonstances, presque toujours la colère est une explo- Sion exterieure, qui se manifeste par des actes violents, par