‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 130 sur 607 · COMPAGNIE — COMPAGNIES · texte numérisé non relu

COMPAGNIE — COMPAGNIES

sont que compagnies-pelotons etles endivisionne défectueusement avec des compagnies du centre. En 1814 les faiseurs du ministère semblent n'invoquer l'expérience que pour emprunter du passé ce qui en est blämable : ils rétablissent le tiercement; ils consacrent des principes analogues à ceux des temps où les capitaines étaient propriétaires. Les formations postérieures ne font qu’enchérir sur tant d’erreurs. Sous le ministère de Gouvion-Saint-Cyr les compagnies se numérotent par régiment, et de nouveau on se conforme à l’arrangement tactique de 1791 : ce qui rappelle l'enfance de l'art. Sous le ministère de Latour-Maubourg on numérote les compagnies par bataillon, ce qui rétablit un arrangement sage, mais porte atteinte au règlement de 1791.

Des auteurs ont prétendu que les compagnies avaient été vénales, d’autres l’ont nié. Ce point demande à être éclairci. Sous Louis XIV on n’achetait pas les compagnies d’infanterie, mais seulement celles des gardes françaises , charges honorifiques, qui valaient encore quatre-vingt mille francs sous Louis XV. On achetait aussi les compagnies des régiments étrangers, parce qu’elles appartenaient aux colonels. Quant aux compagnies de cavalerie, ceux qui en étaient pourvus déposaient au trésor une finance, qui n'était restituée qu'avec réduction, et qui, dans certains cas, était confisquée. Cette finance était, suivant les différentes armes, de sept, huit etdix mille livres. Quoique les ordonnances n’autorisassent pas la vente des compagnies d'infanterie, leur possession n’en était pas moins une affaire d'argent, parce qu'il fallait que de capitaine à capitaine on se tint compte de la valeur du matériel de la compagnie, lorsque le partant y avait mis ou était censé y avoir mis de ses deniers. Des règles nouvelles s’établirent sous le ministère de Choiseul, et surtouten 1762 ; ce fut une grande révolution législative : les compagnies passèrent au compte du roi. Depuis que l'admission au rang d’officier a cessé d’être un droit acquis à la noblesse, c’est-à-dire depuis le ministère de Ségur, tous ces marchés sont tombés en désuétude, et Jes dernières traces de vénalité ont disparu. G*! BaRDIN.

Aujourd’hui la compagnie est une réunion d'officiers, sousofficiers, caporaux et soldats, qui forme un des éléments dont se compose le bataillon. Celui-ci est ordinairement

formé de huit compagnies, dans lesquelles, depuis 1868, les srenadiers et voltigeurs ont été remplacés par des premiers soldats pris indistinctement. Dans l'infanterie chaque compagnie se compose de 1 capitaine, qui en est le chef, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant, { sergent-major, 1 fourrier (sergent ou caporal), 4 sergents, 8 caporaux, 80 à 100 soldats, 2 tambours ou clairons.

Dans la cavalerie , les compagnies prennent le nom d’escadrons. Dans l'artillerie et le génie, elles ont une organisation semblable à celles d'infanterie; mais elles sont généralement plus fortes.

Dans toutes les armes , elles sont plus nombreuses sur le pied de guerre que sur celui de paix.

COMPAGNIE (Règle de) ou RÈGLE DE SOCIÉTÉ. C’est une opération arithmétique par laquelle deux ou plusieurs personnes se distribuent les gains ou les pertes qu’elles ont faites dans une entreprise ou spéculation commerciale, en proportion des sommes que chacune d'elles y avait mises. En voici un exemple : Trois négociants, B, C, D, se sont associés pour l’achat et la vente de certaines marchandises : les mises de fonds étaient pour

B de 327 fr.

D 529 Total. 1,258

Quand ils ont réglé leurs comptes, le bénéfice s’est trouvé de 335 fr.; on demande quelle est la part de ce bénéfice qui revient à chacun des actionnaires? Il est évident que si un seul individu avait fait à lui seul la mise de fondsde 1,258 f.,

il aurait eu pour lui les 335 fr. de bénélice ; on établira done ces proportions :

en disant : 1,258, mise totale, est à 335, gain total, comme 327, mise de B, est au gain qu'il aurait retiré s’il avait fait seul l'opération avec sa mise, etc. Pour vérifier le résultat, on ajoute les valeurs de x, y et z, dont la somme doit égaler

On pourrait arriver au même résultat plus directement en raisonnant ainsi : Si 1,258 f., ont rapporté 335 f. combien rapporterait 1 f.? Évidemment la 1,258%° partie de 335 ou 235 de franc. Il suffirait donc de multiplier successivement les trois mises par celte fraction. Cette méthode est plus expéditive et plus conforme à la raison que l’emploi des proportions. TEYssÈDRE.

Si les mises ne restaient pas dans l’entreprise pendant le même temps, il fandrait en tenir compte dans le partage du bénéfice, et la règle précédente recevrait quelques modifications : ce serait alors une rèale de compagnie à temps. Supposons, par exemple, que deux associés aient mis, l’un 950 fr., et l’autre 875 fr. dans une entreprise dont Ja durée ait été d’un an, mais que le premier ait retiré ses fonds au bout de huit mois, le second laissant les siens jusqu’à la fin. Pour savoir ce qu’il revient à chacun, remarquons que 950 fr. pendant huit mois rapportent autant que 950 X 8 ou 7600 fr. pendant un mois, et que 875 fr. pendant un an rapportent autant que 875 X 12 ou 10500 fr. pendant un mois. La question sera donc ramenée à partager le bénéfice proportionnellement aux nombres 7600 et 10500, ce qui rentre dans le cas précédent. Si ies associés étaient plus nombreux, s’il y avait des apports ou des reprises de fonds à des époques quelconques , la même marche conduirait au résultat cherché.

COMPAGNIE DES INDES. Voyez Ines.

COMPAGNIES (Grandes), COMPAGNIES NOÎIRES, COMPAGNIES BLANCHES. On appelait simplement compagnies les bandes de brigands qui, sous les noms de éardvenus, aventuriers, brabançons, retondeurs, escorcheurs, Bandouliers, cottrereaux, Navarrais, millediables, guillerys, Aragonais ou mainades, etc., effrayèrent et ravagèrent la France, l’Italie, l'Espagne, pendant les douzième, treizième, quatorzième, quinzième et seizième siècles, et l’on qualifie spécialement de grandes compagnies les malandrins et les routiers, qui ne passèrent les Pyrénées que pour revenir, après leur expédition en faveur de Henri de Transtamare, désoler la France par de nouveaux brigandages; ces derniers formèrent les cadres des premières bandes de ligueurs. Leurs noms ont varié suivant les temps, les lieux et le caractère des chefs qui les avaient formées. Nous retrouvons, du reste, les malandrins en Allemagne sous le règne de l’empereur Charles [ V.

Au retour de la première croisade, les seigneurs qui se trouvèrent sans patrimoine, sans revenus, se firent aventuriers, organisèrent des compagnies , et recrutèrent facilement une foule de roturiers et de paysans, qui préféraient la vie aventureuse et vagabonde à laquelle ils s’étaient habitués dans les camps et les voyages, aux paisibles travaux des ateliers et des champs. Les rois de France et d’Angleterre, toujours en guerre, se firent des auxiliaires de ces bandes de brigands, qu'ils auraient dû comprimer ou punir. En 1173, Henri J1, roi d'Angleterre et duc de Guienne, prit à sa solde une de ces bandes, appelée Brabançons ou routiers, et les envoya ravager la Bretagne. En 1203, Jean sans Terre en rassembla un plus grand nombre, dont une partie fut employée à la garde des provinces françaises occupées par les Anglais, et l’autre à ravager les pays qui dépendaient encore de la couronne de France. Leur exemple ne fut point contagieux pour Raymond VI, comte de Toulouse.

Ce prince n’était pas de son siècle. Il marcha en 1209 contre les Aragonais, les Basques, les mainades, qui dévastaient ses États; et s’il ne parvint pas à les détruire entièrement, du moins il les força de sortir de ses provinces. En 1353 l'Italie fut ravagée par une bande considérable, de plus de 20,000 Allemands, appelée Za grande compagnie, et commandée d’abord par fra Morial, puis par Conrad Lando. A la bataille de Maupertuis (1356), bataille où le roi Jean perdit l'honneur et la liberté, ces compagnies d’aventuriers formaient la majorité des deux armées.

La paix n'amena point leur dissolution. Les malandrins, les tard-venus, les brigands, se répandirent dans les provinces. A la tête de leurs principaux chefs, tous nobles, se distinguaient Eustache d’Aubericourt, gentil-homme gascon, et Brocard de Fenestrange, noble Lorrain : ce dernier dévastait la Champagne. Le dauphin Charles voulut lui opposer Eustache d’Aubericourt, qui vendit cher ses services ; mais bientôt les deux grandes compagnies, au lieu de se combattre, se réunirent et envahirent les deux Bourgognes. C'était toute une armée : les deux compagnies comptaient 17,000 combattants. Dôle, Dijon, Beaune, Châlon, furent .impitoyablement ravagées , pillées. Lasses de viol, de carnage, et chargées de butin, les grandes compagnies firent halte à Gergy, et reprirent bientôt leur course. Tournus, Charlieu, Lyon, subirent (1357) le sort des villes déjà citées. Le nombre toujours croissant des routiers leur permettait de couvrir des provinces entières ; les grands vassaux, les seigneurs les plus puissants, le roi lui-même, tremblèrent pour leurs domaines et pour le trône. Il fallut opposer aux progrès des grandes compaynies des forces plus imposantes. Partout on arma pour purger la France des bandes qui l’avaient envahie. Les chefs des grandes compagnies sentirent le besoin de s’assurer des points de défense, et attaquèrent des villes fortifiées, pour s’en faire des places d'armes. Devenus maîtres d’Ance (l’ancien Antium du camp de César), ville peu étendue, mais importante par sa position sur les bords de la Saône, à quelques lieues de Lyon, ils en firent le point central de leurs opérations; et tandis que l’on s’épuisait en efforts pour organiser une armée, ils continuaient leurs dévaslations dans cette partie de la France. Ils se partagèrent en trois colonnes : l’une s'établit dans le Mâconnais, une autre dans le Lyonnais, la troisième, commandée par aArnaud de Cervole, surnommé l’archiprétre de Vervins, descendit le Rhône, et se dirigea sur Avignon, où résidait le pape : ce chef enleva de vive force le Pont-Saint-Esprit ; sa troupe, divisée en petites bandes , se répandit dans la Provence, imposant à toutes les populations de fortes contributions et se faisant livrer les plus belles filles. Arnaud de Cervole, après avoir épuisé cette province, revint dans la Bourgogne, si cruellement pillée et dévastée par les routiers et les malandrins quelques années auparavant. Le pays n'avait pu réparer ses pertes, les brigands rentrèrent en Provence. Arnaud de Cervole assiégea Aix. 1] faisait des dispositions pour passer en Italie, quand le dauphin Charles, fils du roi Jean, traita avec lui et le prit à sa solde avec ses routiers pour combattre les Anglais; mais bientôt une autre bande de routiers, commandée par Guy-du-Pin, de Perrin de Savoie, dit le petit meschin, reparut sur les bords du Rhône, et établit son quartier général au Pont-Saint-Esprit, qu’avait abandonné Arnaud de Cervole après son traité avec le dauphin Charles. « Ce fut pitié, dit Froissard, car ils occirent maints prud'hommes et y violèrent maintes demoiselles, et y conquirent si grand avoir qu’on ne saurait le nombrer, en assez grandes pourvances pour vivre un an. »

A cette époque (1360), plusieurs grandes bandes réunies , routiers et malandrins, élurent un capitaine souverain , qui se qualifia ami de Dieu et ennemi de tout le monde. Le pape Innocent V Icrut quela crainte de l’excommunication suflirait pour amener à résipiscence les grandes compagnies ; mais chefs et soldats se moquèrent de la colère du

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