‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 138 sur 607 · COMPAS — COMPASSION · texte numérisé non relu

COMPAS — COMPASSION

dont le sommet est dans le centre de la charnière de l'instrument ; on fait par conséquent des compas dont une des branches porte un arc de cercle qui a pour centre le mème point que le compas, Si cet arc est divisé en degrés, le compas pourra servir d’instrument à mesurer l'ouverture d’un angle. On fixe la branche mobile de ces sortes de compas avec une vis qui presse sur Parc de cercle, qui rarement est divisé.

Le compas d'épaisseur, qui a reçu des ouvriers le nom de maître à danser, se compose de deux branches en forme d'S, assemblées à leur milieu par un clou rivé des deux côtés. Quand elles s'ouvrent, comme elles sont exactement égales et de même forme, l'intervalle compris entre les extrémités des deux branches est le même d’un côté que de l'autre. Quand donc on saisit avec deux des pointes recourbées les parois opposées d’un corps, l'écartement des deux autres pointes indique avec précision l'épaisseur de ce corps. Sans cette ingénieuse disposition, on ne pourrait mesurer les distances de points placés dans certaines anfractuosités, comme l'épaisseur d’une boite de montre par exemple; car si l’on se servait d’un compas ordinaire, même à pointes courbes, on serait obligé pour le retirer d’en écarter les branches , ce qui ferait perdre la mesure que l'on aurait prise.

Le compas d'arpenteur ne diffère d’un compas ordinaire que par ses dimensions; ses branches, qui sont en bois, ont jusqu’à près de deux mètres ; de plus, elles sont tenues dans le même écartement par une traverse, de sorte que instrument a la figure de la lettre A. Son usage est presque complétement abandonné partout.

Les compas à charnière ont le désavantage de s'ouvrir quelquefois pendant une opération, ou si leurs branches sont un peu longues, elles fléchissent, et leurs pointes ne peuvent indiquer que des mesures incertaines ; on construit donc des compas dits à verge, au moyen desquels on peut décrire des circonférences d’un grand diamètre avec plus d’exaclitude que si l’on faisait usage d’un compas ordinaire. Cet instrument est très-siïapie. Sur une règle en bois ou en métal sont emmanchées deux petites poupées dont l’une est fixe, et l’autre mobile; cette dernière s’arrête où l’on veut au moyen d’une vis de pression. Chacune de ces poupées porte une pointe. Un compas de cette espèce est dans toute sa perfection quand la marche de la poupée mobile est réglée par une vis de rappel. L'instrument qu’emploient les cordonniers pour prendre mesure est un Compas à verge, dont les divisions indiquent la longueur du pied,

Avec le compas à trois branches, on peut transporter d’un seul coup un triangle d’un dessin sur un autre. C’est un compas ordinaire à la tête duquel est soudée une troisième jambe se mouvant au moyen d’une charnière particulière qui lui permet de s’écarter des deux autres branches, dans toutes les positions possibles.

Le compas à batustre sert à décrire de très-petits cercles. On le nomme ainsi parce que sa tête est surmontée d’un prolongement en cuivre dont la forme est en effet celle que la Renaissance a donnée aux balustres. C’est par là que l’on saisit l'instrument de manière à le faire tourner entre l'index ef le pouce sans rien changer à l’écartement de ses branches.

La construction du compas de réduction, dont le nom indique la destination, repose sur ce principe que les triangles semblables ont leurs côtés homologues proportionnels. Il se compose de deux doubles branches à coulisse mobiles autour d'un bouton, et pouvant glisser de manière à allonger les unes aux dépens des autres. Quand on se sert de Pinstrument , il offre la figure d’un X dont la partie supérieure serait plus longue ou plus courte que la partie inférieure. Les branches sont graduées de telle sorte qu’en plaçant convenablement le bouton, la distance de deux des extrémités est à volonté la moitié, le tiers, le quart, etc., de la distance des deux autres,

On appelle compas de proportion un instrument qui a la. forme d’un ancien pied de roi, et dont la construction matérielle est absolument la même. Cette construction repose sur le même principe que celle du compas de réduction. Cet instrument n’est pas un compas, car il n’a pas même de pointes; c’est une réunion de plusieurs échelles. L'invention en a été disputée à Galilée par un de ses élèves, Balthasar Capra. |

On a très-improprement encore donné le nom de compas à ellipses à des instruments destinés à décrire des courbes d’un mouvement continu. Labire en inventa un. Depuis quelques années , on en a construit sur d’autres principes. Ils sont plus logiquement nommés ellipsographes. Mais tous ces instruments sont plus curieux qu'utiles, à cause des limites étroites dans lesquelles on peut les faire fonctionner. TEYSSÈDKE.

COMPAS AZIMUTAL. Voyez Azimur.

COMPAS DE MER, COMPAS DE ROUTE. Voyez BoussoLe. À bord, on l'appelle simplement compas.

COMPAS DE VARIATION. Voyez BoussoLe.

COMPASSE. L'application la plus usuelle du compas a fait introduire par analogie dans le style figuré plusieurs expressions qui indiquent la mesure et la proportion dans les choses physiques ou morales. Aïnsi, l’on dit familièrement qu’un homme a Le compas dans l'œil, pour dire qu’il mesure presqu’aussi juste à l’œil, au simple coup d'œil, qu’il pourrait le faire avec un compas. On dit d’un homme exact, prudent, circonspect, mais qui pousse ces qualités à l'extrême, qu'il fait tout pur règle el par compas, ou par compas el par mesure. De là le mot compassé, qui emporte une idée de blâme et de défaveur plus prononcée encore ; l’hoinme compassé dans ses actions ou dans ses discours est celui qui,

‘au lieu de l'abandon et de la franchise qui rendraïent ses req

lations agréables et sûres, les rend fatigantes, odieuses même, par un excès d'ordre, de régularité et d’exactitude. Compasser a eu jadis l’acception de travailler, composer avec soin , comme le témoignent ces vers de Marot :

Et en latin, dont vous savez assez, Ou en beau grec quelque œuvre compassez.

Ce même verbe s’est dit aussi plus longtemps pour considérer, peser, examiner mûrement; on le trouve avec cette acception dans Molière :

Et quant à moi, je trouve, ayant tout comvassé , Qu'il vaut mieux être encor trompé que trépassé.

COMPASSION ‘du atin cum, avec, et passio, souffrance), qualité qui nous rend comme personnelles les infortunes d’autrui. Chez les individus heureusement doués, la compassion est d’instinct; chez les autres, elle découle de l'expérience ou tient à l’éducation. Avons-nous naguère ressenti certains maux, par un mouvement involontaire nous cherchons à consoler ceux qui en souffrent actuellement : c’est un spectacle qui nous affecte, parce qu’il nous remet momentanément dans une position dont nous sonmunes sortis. Si, au contraire, nous sommes encore exposés à ces mêmes maux, ils ne pourront guère chez autrui émouvoir notre compassion ; elle est toute épuisée à notre profit. Quant à la compassion qui vient de éducation, elle se montre tout à la fois noble, désintéressée , toujours en action; elle fait même plus que de se laisser toucher par ce qu’elle voit , elle plonge dans l'avenir et aspire à le changer. Les entants abandonnés à eux-mêmes éprouvent un si grand besoin d'exercer leurs forces, qu’ils vivent dans une destruction continuelle, qui les rend féroces. Laisse-t-on grandir en eux cette funeste disposition, et le pouvoir ieur arrive-t-il plus tard, ils épouvantent le monde de leur barbarie, Dans une éducation bien entendue , il faut s'attacher à développer la compassion plus encore que l'intelligence ; l'intelligence peut à la rigueur se charger seule de son sort; quant à la coimpag

sion , elle doit en général être infusée goutte à goutte et au jour le jour. La Providence, qui crée en grand ce que l'homme parvient si difficilement à imiter en petit, a fait de la compassion une source de bonheur intarissable pour les femmes. Dans toutes les classes, elles cherchent le malheur pour le soutenir, et le devinent quand il se cache. SAINT-PROSPER.

COMPASSION DE LA SAINTE VIERGE, fête instituée en 1413 par le concile provincial de Cologne, dans le but de réprimer l'audace des hussites, qui avaient porté des mains sacriléges sur les images de Jésus crucifié et de sa sainte Mère. Le diocèse de Paris et beaucoup d’autres, à l'exemple de l'Église romaine, adoptèrent cette commémoration. A Rome elle est connue sous le nom de Féle des Sept Douleurs de la bienheureuse vierge Marie. Le pape Benoît XIIL, par son bref du 22 août 1725, l’établit authentiquement, et en fixa l'office à la sixième férie de la semaine de la Passion, ne pouvant lui assigner un jour déterminé dans le calendrier mensuel.

COMPATIBILITE (du latin cum, avec, et pali, souffrir ). Ce mot s'emploie en parlant des qualités qui peuvent se concilier, s’accorder ensemble, et surtout en parlant des caractères et de l’esprit. Il se dit aussi en parlant de différentes charges ou fonctions qui peuvent être exercées en même temps par la même personne ( voyez INCOMPATIBILITÉ). On appelait autrefois Lettres de compatibilité des lettres patentes par lesquelles le prince permettait à quelqu'un de posséder en même temps deux charges, dont l'exercice ne pouvait pas, dans la règle, être cumulé par la même personne.

COMPATRIOTE, mot hybride, formé du latin cum, avec, et du grec rarptwrns. Locke le définit « une circonsfance d'origine et de commencement qui, n'étant pas altérée dans la suite, fonde des relations naturelles qui durent aussi longtemps que les sujets auxquels elles appartiennent ». On est donc obligé d’avoir de l'affection pour un compatriote.

pays étranger, les compatrioles qui se rencontrent ont bientôt lié connaissance : l'intimité s'établit vite entre eux, Dans le style trivial et grivois, on dit mon pays, ma payse, Pour mon où ma compatriote. On est compatriole Au même pays, de la même province; on est concitoyen de la même ville. Compatriote désigne des relations de patrie dans leur acception la plus générale ; conciloyen , sous le rapport des droits politiques : ce mot peut dans ce sens s'étendre à toute la patrie, comme à une simple ville. Dans les États despotiques, le souverain ne connaît que des suje/s ; tout au plus s’il croit avoir des compatriotes ; ce serait offenser sa majesté que de se dire ses concitoyens. Dans les États libres ou constitutionnels, le chef de l'État, qu’il s'intitule consul, président, roi ou empereur, n'importe! ne ferait qu’employer le mot propre s’il disait mes concitoyens. Existât-il un pays ainsi régi où cette expression de la part du chef du pouvoir exécutif parût une concession , il faudrait en conclure que la liberté n’y aurait pas encore pénétré au fond des institutions. Charles Du Rozoin.

COMPENDIUM (de cum, avec pendere, payer), mot latin introduit dans la langue française et signifiant abrégé. Si nous examinons plus à fond son étymologie, nous trouverons qu'il signiliait d'abord gain, profit, épargne, ce qui revient à dire sans doute que tout doit être profit dans un abrégé Il était fort employé autrefois dans les études philosophiiques, dont il désigne l’abrégé des diverses branches. On disait un compendium de logique, de philosophie,

COMPENSATEUR (Pendule). Voyez PENDULE ( PAysique).

COMPENSATION. Dans le langage ordinaire, c’est une sorte de dédominagement d'un mal par un bien, d'une perle par un profit, d'un inconvénient par un avantage, d'ane valeur moindre par un supplément.

En droit, la compensation est un mode d'extinction des

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