‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 144 sur 607 · COMPLOT — COMPOSITION · texte numérisé non relu

COMPLOT — COMPOSITION

est puni de la déportation dans une enceinte fortifiée. L’attentat dont le but est soit de détruire ou de changer le gouvernement, soit d’exciter les citoyens ou habitants à s’armer contre lui, est puni de la déportation dans une enceinte fortiliée. L. LouvEr.

La loi dite de séreté générale, votée en févritr 1858, vint aggraver la situation des individus condamnés | our complot, en les mettant à la disposition du gouvernement qui pouvait, selon son bon plaisir, les interner, les expulser ou même les déporter. Cependant voici sur les complots ourdis contre l'empire un curieux passage de la déposition de M. de Kératry, ancien préfet de police, devant la commission d'enquête relative au 4 septembre 1870 :

« La préfecture de police, grâce aux exécrables agissements «du lieutenant de M. Pietri, Lagrange, était devenue une véritable officine de complots et de mouvements simulés destinés à réconforter le régime impérial à certaines beures par l'évocation du spectre rouge. Sauf le complot d'Orsini, toutes les affaires séditieuses des dix dernières

» années de l'empire ont sté machinées par la police occulte, et sans l'intervention de celle-i, ou elles n’auraient point eu lieu, ou elles n'auraient point produit d'éclat, »

COMPONCTION, terme de théologie, par lequel on æxprine la douleur, le regret d’avoir offensé Dieu.

COMPONIUM, orgue a cylindre d’une grande perfection, que l’on à fait entendre à Paris en 1824. Cet orgue exéeutait l'ouverture de La Pie voleuse et d’autres symphonies avec une exactitude étonnante ; le son en était puissant et flatteur. On avait pointé sur ses cylindres des thèmes, suivis d’une infinité de variations de differents caractères ; ces variations se joignaient l’une à l’autre, et la chaine était

assez longue pour fatiguer l'oreille et la dépayser de manière à ce qu'elle ne pût pas remarquer le point de suture, lorsque le cylindre était mis en jeu assez longtemps pour Pamener, et recommencer ainsi la litanie déjà entendue pendant quinze ou vingt minutes. Le plus souvent on arrêtait Pinstrument au milieu de sa course pour ne pas le laisser épuiser sa chanson variée. Le propriétaire de l'orgue prétendait que toutes ces combinaisons de variations, ces changements de rhythme, de figures, d’arpéges, de -batteries, étaient produits spontanément par l'instrument; qu’il suffisait de pointer le thême sur le cylindre, d'établir en même temps, par le même moyen, une bonne harmonie sous le chant, et que les variations arrivaient ensuite par le mélange, le renversement des accords, opérés par le jeu des rouages qui donnaient au cylindre des impulsions diverses. C’est à cause de cette prétendue propriété, qui aurait donné à cet orgue la faculté de composer ou du moins de travailler un motif, sans qu’il fût possible de prévoir le résultat de ses improvisatiens et des nouvelles figures musicales qu'il allait présenter, comme le kaléidoscope l’'eût fait à l'égard du dessin, qu'on l’avait décoré du nom de componium. Cet instrument était remarquable si on le considérait comme une grande serinette, dont l'exactitude automatique était excellente sous le rapport de l'intonation, la précision, l'égalité des temps; mais, pareille à la beauté du masque, cette musique. privée d'expression, ennuyait, fatiguait bientôt. Quant à sa faculté de composer et d'improviser, c'était un artifice de charlatan, dont je viens de faire connaître le procédé. : CasriL-BLaze.

COMPOSE. On nomme ainsi en chimie le résultat de

combinaison de deux corps, ©’est-à-dire de leur union intime, moléculaire; l'eau est un composé d’oxygène et d'hydrogène; la poudre à canon n’est qu’un mélange de charbon, de soufre et de salpêtre.

Un composé est dit binaire, ternaire, ou quaternaire, suivant qu'il provient de l'union de deux, trois ou quatre Corps simples. Les composés qui renferment un plus grand nombre d'éléments sont excessivement rares. On sait que le rombre des corps simples connus est assez limité, Il n’en

est pas de même de leurs composés, dont la liste s'accroît chaque jour, surtout depuis que les progrès de la chimie organique ont permis d’éludier les nombreux principes immédiats des végétaux et des animaux, qui résultent tous des diverses combinaisons dont sont susceptibles le carbone, l'oxygène, l'hydrogène et l'azote.

COMPOSEES. Quelques botanistes emploient encore ce mot pour désigner l’inflorescence en capitule et la famille de plantes plus exactement appelées aujourd’hui les synanthérées. Ce que l’on considérait en effet comme une fleur composée n’est autre chose qu’un assemblage de fleurs fort petites, rapprochées les unes des autres sur un réceptacle commun et environnées de folioles disposées sv métriquement, ainsi qu’on peut le remarquer dans Parti chaut, le chardon, le soleil, etc. DEMEzIL.

COMPOSITE ( Ordre ). Voyez ORDRES D'ARCHITECTURE

COMPOSITEUR, celui qui compose la musique sui vant les règles de la composition. Toute la science possible ne suflit point sans le génie qui la met en œuvre. Quelque effort que l’on puisse faire, quelque acquit que l’on puisse avoir, il faut être né pour cet art, autrement on n'y fera jamais rien que de médiocre; et par la même raison le plus beau génie sans doctrine musicale ne produira que des mélodies brutes, des phrases incohérentes, un fatras dégoûtant, quelquefois accueilli par la multitude ignorante, et toujours méprisé par les connaisseurs.

Plus franc et surtout plus noble, le titre de musicien devrait être préféré à celui de compositeur. 11 se rapporte également à celui qui crée la musique et à celui qui l’exécute. Dans le style soutenu, on dira toujours Les peintres el les musiciens , le musicien et le poëte, et non pas Les poëles et Les compositeurs, etc. On m’opposera peut-être que l’on veut ainsi établir une différence entre le maître de chapelle et le ménétrier : je réponds à cela que ce n’est point le nom,

C'est la seule vertu qui fait la différence,

Celui qui reblanchit les maisons et barhouille des enseignes prend le même titre que les émules du Poussin, et l’on ne saurait disputer à Pradon le titre de poëte : il a écrit en vers. CAsTIL-BLAZE.

COMPOSITEUR ( Typographie), celui qui assemble, arrange et combine les caractères pour en former des mots, des lignes et des pages. Un bon compositeur est un homme d’autant plus précieux que ses services sont plus modestes, Si les compositeurs, dans la précipitation de leur travail, prêtent souvent des fautes aux auteurs, ils leur en épargnent aussi quelquefois. Règle générale : un compositeur ne doit pas avoir plus d'esprit qu’un auteur, maïs il est tenu parfois d’avoir plus d'instruction; nous parlons de cefte instruction qui regarde la grammaire et l'orthographe, trop dédaignées encore par certains auteurs. Cependant à mesure que le public est devenu moins difficile, les exigences typographiques ont baissé; et comme on se contentait de livres assez mal écrits, on a pensé qu'on les supporterait aussi moins bien composés. Les fautes d'impression se mêlent aux fautes de grammaire, si bien qu’il serait souvent difficile de savoir à qui les attribuer, et le lecteur n’y voit la plupart du temps que du blanc et du noir. Les imprimeurs ont donc pu parfaitement se servir de compositeurs peu instruits, de femmes, d’enfants, de machines; quelques ouvriers intelligents réparent le tout d'une manière suffisante.

COMPOSITEUR ! Amiable). Voyez ARBITRAGE.

COMPOSITION (en latin compositio, formé de ta particule cum , et du verbe ponere, mettre). Ce mot marque l’action de réunir plusieurs parties et de les arranger de manière à en former un tout homogène. Il peut donc s’appliquer à la fois aux choses physiques et aux choses morales et inteliectuelles. Dans le premier cas, on donne le nom de

compositions à certaines préparations chimiques ou médicales, au mélange , à l’incorporation, à la mixtion de certaines substances ou de certaines drogues qui servent pour les besoins des arts ou pour ceux de la thérapeutique. Composilion se dit encore dans ce sens de limitation de cerfaines matières précieuses par d’autres matières communes et mélangées avec assez d’art pour tromper quelquefois l'œil le plus expérimenté. Ce mot s'emploie aussi dans le discours pour désigner l’art d’arranger les mots de la période oude la phrase de manière àrendrelestyle léger, coulant, vif, harmonieux, concis et clair surtout. En logique, il s'entend de l’art de disposer les idées ou les matières dans l’ordre rigoureux qu’elles doivent garder entre elles, suivant leur nature , leur caractère et l’effet qu’on veut produire ou le but qu’on se propose. En grammaire , il se dit de la jonction de certains mots à d’autres mots ou de simples particules qui suffisent pour en augmenter ou en diminuer la force ou la valeur, et en modifier enfin le sens ou l’expression, selon qu’il est besoin. De l'observation des règles de composition particulières au langage, concernant soit le style, soit les idées, dépendent la force et la clarté du discours. Il en est des discours comme des corps , qui doivent ordinairement leur principal mérite à l’assemblage et à la juste proportion de leurs membres. Ce sont toutes ces qualités du style et des idées qui, jointes à la force ou au charme de la pensée et de l'imagination, créent ces grandes composilions dont les beaux siècles littéraires de la Grèce, de Rome, de l'Italie et de la France, se sont enorgueillis.

Dans les colléges, on donne le nom de composition au thème que font des écoliers sur un sujet commun qui leur est donné par le régent ou le maitre de la classe, et qui sert à régler entre eux les places, et à distribuer quelquefois les prix selon le mérite respectif dont ils ont fait preuve.

Composition, en termes de guerre, s’est dit pour capitulation, convention que fait une place qui se rend.

11 signifie en outre un accommodement dans lequel deux personnes en discussion se relâchent plus ou moins de leurs prétentions. Edme HÉREAU.

Aux époques de force, où les croyances sont énergiques et les opinivns sincères de part et d'autre, on ne se cède rien. Chacun étant convaincu qu'il est en possession de la vérité , il est impossible d'entrer en composition : on obtient ou on perd tout, jusqu’à la vie. Aux jours d’adresse ou de ruse, on n’attaque jamais de front : la lutte répugne à la débilité régnante ; le grand art pour faire fortune, c’est d’avoir au plus haut degré l'esprit de composition et de s'en servir à propos : comme il ne s’agit que d'intérêts, un quart d'heure plus tôt ou plus tard est d’une extrême importance. Si chez tous les hommes influents d’une nation dominent les habitudes de composition, il n’y a plus de dignité personnelle, et avec le temps se perd l'indépendance nationale, Un des plus grands malheurs des révolutions, quand elles sont fréquentes, c’est qu’elles amènent tant de déplacements successifs, et donnent tant de fois le spectacle de la vertu défaite et décimée, qu'une conviction générale se forme qu'au lieu de résister inutilement il vaut mieux, en gardant certains avantages, entrer en composilion. La morale publique est alors pervertie; les consc'ences se troquent contre les places, et les services élèvent plus haut que les talents. Les hommes sont tenus en général de se montrer de facile composition sur les intérêts qui leur sont personnels; mais ils doivent être intraitables sur les devoirs qui les lient à la société tout entière. L’injure la plus sanglante qu'on puisse faire à une femme, c’est de la déclarer de bonne et facile composition. SAINT-PROSrEn,

COMPOSITION ( Droit des barbares), satisfaction, stipulation qui 8e faisait chez les nations barbares par one convention réciproque entre les parent de la peraonne 0°fensée et ceux de l’offenseur, Cette satisisetion regardial celui qui avait été offensé, s’il pouv&à da recevoir et le:

COMPOSITION

parents, si l’injure et le tort leur était commun, ou si par

la mort de celui qui avait été offensé, la composition leur était dévolue. Tacite en parle dans les mœurs des anciens

Germains, de même que la loi des Frisons, qui laissait le peuple, pour ainsi dire, dans l’état de nature, et où chaque famille pouvait à sa fantaisie exercer sa vengeance jusqu'à ce qu’elle eût été satisfaite par la Composition. Depuis, les législateurs des nations barbares mirent un prix juste à la composition que devait recevoir celui à qui l’on avait fait quelque tort ou quelque injure, et leurs lois y pourvurent avec une exactitude admirable.

La principale composition était celle que le meurtrier devait payer aux parents du mort. Toutesles compositions étaient à prix d’argent ou de denrées, dont la loi arbitrait mêmela valeur : ce qui explique comment avec si peu d'argent il y avait chez les peuples barbares tant de peines pécuniaires. Ces lois s’attachèrent à marquer avec précision la différence des torts, des injures, des crimes, afin que chacun connût au juste le montant de la composition qu’il devait avoir et qu’il n'en reçût pas davantage. A ce point de vue, celui qui se vengeait après la satisfaction reçue commettait un grand crime. Un autfe crime était de ne vouloir point faire la satisfaction, Nous voyons dans divers codes des lois de ces peuples, que les législateurs y obligeaient absolument.

Il aurait été injuste d'accorder une composition aux parents d’un voleur tué dans l’action du vol, ou à ceux d’une femme qui avait été renvoyée après une séparation pour crime d’adultère. La loi des Bourguignons ne donnait point de composition dans des cas pareils, et punissait les parents qui en poursuivaient la vengeance. ;

Il n’est pas rare de trouver dans leurs codes des compositions pour des actions involontaires. La loi des Lombards est presque toujours sensée : elle voulait que dans ce cas on compost suivant sa générosité, et que les parents ne pussent plus poursuivre la vengeance.

Clotaire J1 fit un décret très-sage : il défendit à celui qui avait été volé de recevoir sa composition en secret et sans l'ordonnance du juge; en voici la raison. 1] arriva par le laps de temps qu'outre la composition qu'on devait payer aux parents pour les meurtres, les torts, les injures, il fallut payer en outre un certain droit que les codes des lois barbares appellent fredum, c’est-à-dire autant qu’on peut rendre ce mot dans nos langues modernes, une récompense de la protection accordée contre le droit de vengeance. Quand la loi ne fixait pas ce fredum, il était ordinairement le tiers de ce qu’on donnait pour la composition, comme il parait dans la loi des Ripuaires; et c'était le coupable qui payait ce fredum, lequel était un droit local pour celui qui jugeait dans le territoire, La grandeur du fredum se proportionna à la grandeur de la protection : cela était simple. Ainsi, le droit pour la protection du roi fut plus grand que le droit accordé pour la protection du comte ou des autres juges.

On voit déjà naître ici la justice des seigneurs. Les fiefs comprenaient de grands territoires; ceux qui obtinrent des fiefs en oblinrent tous les émoluments possibles ; et comme un des plus grands était les profits judiciaires, fr'eda, celui qui avait le fief avait aussi la justice, c’est-à-dire le soin de faire payer les compositions de la loi, et surtout celui d'en exiger les amendes. Ainsi les compositions ont produit par filiation les justices des seigneurs.

Ensuite les églises ayant acquis des biens très-considérables firent aussi payer les droits des compositions dans leurs fiefs. C’est encore ce qu’on devine sans peine; et comme ces droits emportaient nécessairement celui d’empêcher les officiers royaux d'entrer dans leurs territoires pour exiger ces freda, le droit qu'eurent les ecclésiastiques de rendre la justice dans leurs domaines fut appelé immaun ité dans le style des formules , des chartes et des capitulaires. Voilà doux encore l'origine des immunités ecclésiastiques.

Ch be JaucourT.

COMPOSITION

Chez les peuples germaniques, on appelait weArgeld la composition ou somme que le meurtrier était tenu de payer à la famille du mort. On varie beaucoup sur le sens étymologique du mot wehrgeld; je n’indiquerai que les deux opinions principales. Selon les uns (Mwser, Adelung), il vient de l’ancien mot wehre, valeur (aujourd’hui werth), et signitie littéralement l'argent que vaut un homme. Selon les autres , il dérive de wehr, wehre, arme, défense (wehren, empêcher; wahren, bewahren, garantir; warrant, garantie), et signifie l'argent qui défend, qui garantit la vie d’un homme (Hulmann, Campe). Quoique la première de ces deux explications paraisse généralement adoptée par les savants qui dans ces derniers temps se sont occupés avec le plus de succès des antiquités germaniques, je suis porté à préférer la seconde.

On a voulu considérer le wehrgeld comme le signe infaillible de la condition des hommes durant les cinquième , sixième, septième, huitième siècles de l'ère chrétienne, puisqu'il fixait le taux de la vie des hommes, la mesure de leur valeur. Pour que ce signe fût exact et nous révélät vraiment l’état des personnes, il faudrait que cet état eût été le seul élément de la fixation du wehrgeld, que la vie des individus n’eût êté évaluée qu’en raison de leur qualité, de leur condition, du rang et des droits qu'ils possédaient comme citoyens. Le tableau des diverses compositions prescrites par les lois barbares prouvera que cela n’était point, et que le wehrgeld etait fort souvent fixé d’après des considérations absolument étrangères à la condition sociale des individus. Je n’épuiserai pas dans ce tableau tous les cas de composition énumérés dans les lois des divers peuples germains; mais j'en réunirai un assez grand nombre pour démontrer l’inexactitude de ce principe de classification.

Le wehrgeld était de 1800 sols (solidi) pour le meurtre du barbare libre, com-

pagnon du roi (in truste regia), attaqué et tué

dans sa maison par une bande armée, chez les

Franes saliens.

1° Le due, chez les Bavaroïis ; 2° l’évêque, chez les Al-

lemands,

1° L’évêque, chez les Francs Ripuaires ; 2° le Romain (in trusle regia) attaqué et tué dans sa maison par une bande armée, chez les Francs Saliens.

Les parents du duc, chez les Bavarois.

1° Tout homme (in trusle regia), chez les Ripuaires; 2° le même, chez les Francs Saliens ; 3° le conte, chez les Ripuaires; 4° le prêtre né libre, chez les Ripuaires ; 5° le prêtre, chez les Allemands; 6° le comte, chez les Francs Saliens; 7° le sagibaro (espèce de juge) libre, ibid.; 8° le prêtre, ibid.; 9° l’homme libre attaqué et tué dans sa maison par une bande armée, ibid.

Le diacre, chez les Ripuaires,

19 Le sous-diacre, chez les Ripuaires; 2° le diacre, chez les Allemands ; 3° le même, chez les Francs Saliens.

1° Le Romain convive du roi, chez les Frances Saliens; 2° le jeune homme élevé au service du roi et l’affranchi du roi qui a été fait comte , chez les Ripuaires ; 3° le prêtre, chez les Bavaroïs ; 4° le sagibaro qui a été élevé à la cour du roi, chez les Francs Saliens; 5° le Romain tué par une bande arinée dans sa maison, ibid.

1° Le clerc né libre, chez les Ripuaires; 2° le d'acre, chez les Bavarois; 3° le Franc Ripuaire libre; 49 l'Allemand de condition moyenne ; 5° le Franc ou le barbare.vivant sous la loi salique; 6° le Franc voyageant chez les Ripuaires; 7° l'homme aflranchi par Le denier, chez les Ripuaires.

1° L'homme libre , en général , chez les Allemands ; 2° le mème, chez les Bavarois ; 3° le Bourguignon,

l'Allemand, le Bavarois, le Frison et le Saxon, chez les Ripuaires ; 4° l’homme libre, colon d’une Église, chez les Allemands.

150 1° L’optimas, ou grand Bourguignon, tué par l’homme qu’il avait attaqué; 2° l’intendant d’un domaine du roi, chez les Bourguignons ; 3° l'esclave, bon ouvrier en or, ibid.

100 1° L'homme de condition moyenne (mediocris

homo), chez les Bourguignons, tué par celui qu’il avait attaqué ; 2° le Romain qui possède des biens propres, chez les Francs Saliens; 3° le Romain voyageant, chez les Ripuaires ; 4° l’homme du roi ou d'une église, ibid.; 5° le colon (lidus), par deux capitulaires de Charlemagne (803 et 813); 6° l’intendant (actor ) du domaine d’un autre que le roi, chez les Bourguignons ; 7° l’esclave ouvrier en argent , ibid.

80 Les affronchis en présence de l’église ou par une charte formelle, chez les Allemands.

75 L'homme de condition inférieure (minor persona), chez les Bourguignons. 55 L'esclave barbare employé au service personnel du maître ou à des messages, chez les Bourguignons. 50 Le forgeron (esclave), chez les Bourguignons. 45 1°Leserf d'église et le serf du roi, chez les Allemands ; 2° le Romain tributaire, chez les Francs Saliens. 40 {° Le simple affranchi, chez les Bavarois; 2° le pâtre qui garde 40 cochons, chez les Allemands; 3° le berger de 80 moutons, ébid.; 4° le sénéchal de l’homme qui a 12 compagnons (vassi) dans sa maison, ibid. ; 5° le maréchal qui soigne 12 chevaux, ibid. ; 6° le cuisinier qui a un aide (junior ), ibid.; 7° l’orfèvre, ibid.; 8° l’armurier, ibid. ; 9° le forgeron, ibid. ; 10° le charron, chez les Bourguignons.

36 1° L’esclave, chez les Ripuaires; 2° l’esclave devenu colon tributaire, ibid.

30 Le gardeur de cochons, chez les Bourguignons. 20 L’esclave, chez les Bavarais.

On voit clairement, d’après ce tableau, que l’origine et la condition des individus n’etaient point l’unique élément du wehrgeld; les circonstances matérielles on morales du délit, l'utilité ou la rareté de l’homme tué, entraient également en considération. La vie d’un esclave bon ouvrier en orfévrerie valait plus, chez les Bourguignons, que celle del'homme libre de condition moyenne, autant que celle de l’optimas, lorsque celui-ci n'avait élé tué qu'après s'être rendu coupable dagression. Chez les Francs, la mort du Romain attaqué et tué dans sa maison par une bande armée entrainait une composition plus élevée que le simple meurtre d’un Franc. Qu'un homme eût été tué à la cour du duc des Allemands ou en y allant, ou en revenant, ou en se rendant chez le comte de son comté, cette circonstance seule, quelle que fût d’ailleurs la qualité du mort, triplait le wekrgeld dù par le meurtrier. Le Romain, le colon, l’esclave, selon leur situation accidentelle, selon le mode et le lieu du délit, étaient souvent estimés plus haut que l’homme libre et le barbare. Sans doute l’origine et le rang des individus étaient le principal élément de leur valeur légale; le barbare valait d'ordinaire plus que le Romain, le propriétaire plus que le simple colon, l'homme libre plus que l’esclave, Mais ce n’est point d’un fait si général qu'on peut tirer une classification comylète et précise des conditions sociales ; et si dans cette étude on prenait le wehrgeld pour signe certain de l'état des personnes, on serait conduit aux plus grossières erreurs. F. GUIZOT, de l'Academie Francaise,

COMPOSITION ( Arts du Dessin ). Le mot compo- Silion, dans les arts, peut être regardé comme synonyme d'invention. C’est le peintre de Piles qui s’en est servi le premier pour exprhner l’art d’arranger dans un tableau les

figures et les groupes qui doivent concourir à bien rendre le sujet ou la scène que l'artiste veut représenter, Une figure seule peut être bien ou mal composée, suivant que son attitude, les mouvements de ses membres, les draperies qui la couvrent, peuvent avoir un aspect agréable ou inconvenant. Un artiste en traçant une figure doit éviter qu’elle offre trop de symétrie dans sa pose, il doit aussi prendre garde à ce que les bras ou les jambes de l’une de ses figures puissent au premier aspect paraître appartenir à une autre, ou bien que les membres de l’une d’elles offrent une ligne continue avec ceux d’une figure voisine.

Pour faire une bonne composition, l’artiste, avant de prendre le crayon, doit bien se pénétrer de son sujet; il doit lire avec soin les auteurs qui l’ont traité; et si c’est un sujet historique, il doit recourir surtout aux auteurs contemporains de l’action, afin de bien connaître le caractère de ses personnages, leurs mœurs, leurs habitudes, leurs costumes, enfin tous les détails nécessaires pour bien faire apprécier l’action qu'il veut représenter et le pays dans lequel elle a lieu. Si le sujet qu’il veut traiter est grand, noble, fier, il doit élever son Ame au sublime, comme était celle de son héros dans cet instant. S'il veut rendre un sujet gracieux, sa pensée, ses lectures, ses promenades, doivent le ramener à des idées riantes; des rochers agrestes et sauvages ne sont point les lieux qu’il doit fréquenter lorsqu'il vient de lire Anacréon ou Catulle; il doit s'éloigner des bords fleuris d’un ruisseau, s’il veut traiter la mort d'Hippolyte.

Au moment de la renaissance, les artistes ne se contentaient pas de consacrer leur composition à une seule des actions de leur personnage, ils semblaient, en quelque sorte, vouloir dérouler sa vie entière, en offrant aux yeux des specfateurs plusieurs scènes fort éloignées les unes des autres : ainsi, en retraçant la mort de saint Jean-Baptiste, ils avaient soin dé laisser voir par une fenêtre Zacharie recouvrant la parole au moment de la naissance de son fils, puis par la porte de la prison, on apercevait Hérodiade apportant au roi la tête du prophète. De semblables écarts ne sont plus permis maintenant, et tandis qu’au théâtre le poëte peut se soustraire aux lois de l’unité, on l'exige impérieusement de l'artiste, A l’exception de ce principe, on ne peut guère donner de règles positives pour la composition, et Partiste, suivant qu’il est inspiré, placera dans son sujet plus ou moins de figures. 11 devra néanmoins avoir soin de ne pas les séparer toutes, mais de les placer par groupes, puis de lier ses groupes les uns aux autres, et de les varier tant par le nombre dont il les composera que par leur forme. Raphael, que l’on cite si souvent et avec raison comme un modèle à suivre, nous a laissé un chef-d'œuvre qui cependant offre une grande faute de composition. C’est son tableau de la Transfiguration, dans lequel la scène des apôtres n’a aucune liaison avec l'action miraculeuse qui a lieu sur la montagne, non plus que la scène des deux ecclésiastiques en adoration dans l'éloignement, et qui n’ont pu se trouver au mont Thabor à l'instant où Jésus-Christ y était avec Moïse et Élie. DUCnESNE aîné.

Les observations précédentes s'appliquent autant à la sculpture qu’à la peinture. Le champ de la composition paraît moins étendu pour Le sculpteur que pour le peintre, à moins qu’il ne s'agisse d'un bas-relief; mais dans la sculpture de ronde-bosse le statuaire a souvent plus de conditions à remplir pour une seule figure que le peintre pour tout un tablean. C’est qu'un tableau ou un bas-relief ne sont destinés qu'à être vus d’un seul côté, tandis qu’une statue doit satisfaire aux règles de l'art, de quelque point qu'on l’examine, Quelle sera donc la difliculté lorsqu'il s'agira d'un groupe! Comme chef-d'œuvre de ce genre, on peut citer celui de Laocoon.

En architecture, l'effet d’une bonne composition résulte vrincipalement et de la physionomie qu'aura l’ensemble de

COMPOSITION

l'édifice que l’on veut construire, et de l'harmonie parfaite qui devra exister entre les différentes parties destinées à en former l’ensemble. D’ailleurs, la composition se trouve soumise à de certaines conditions qui ont déjà été développées à l’article ARCHITECTURE ( tome I, p. 764 ), À

COMPOSITION (Musique). C'est l’art d'inventer et d'écrire des chants, de les accompagner d’une harmonie convenable; de faire, en un mot, une pièce complète de musique avec toutes les parties. La composition est, pour parler un langage bien vulgaire à la vérité, mais bien exact et très-intelligible , l’art de faire de la musique.

On distingue en musique deux sortes de pièces ou compositions : les compositions libres et les compositions obligées. Dans les premières, le musicien, se livrant entièrement à son imagination, n’envisage qu’une partie principale, où toutes les idées ne sont liées entre elles que selon les règles du goût et de la cohérence, règles auxquelles on peut déroger pour l'expression, pour l’effet ou pour quelque autre motif, et où toutes les autres parties sont absolument accessoires : tel est un air d’opéra, une sonate, une fantaisie, un concerto, etc. Dans les compositions obligées , le musicien, après avoir adopté un sujet principal , auquel il peut opposer un ou plusieurs contre-sujets, déduit de ces premières données, selon des lois très-précises, toutes les par ties de la composition , qui, étant également obligées, tendent , ilest vrai, à produire un effet unique et général, mais sans qu'aucune d’elles puisse être considérée comme principale, à moins que l’on ne veuille successivement accorder ce titre à chacune d’elles, à mesure qu’elle renferme le sujet principal ; et cette considération serait fondée en raison, puisque ce sujet doit toujours ressortir.

La composition se fait à divers nombres de parties. On spécifie ordinairement ce nombre par les termes de composilion à une, deux, trois, quatre parties; mais on comprend généralement sous le nom de composilion à grand nombre celle qui est formée de plus de quatre parties. Parmi les compositions à grand nombre, on regarde comme la plus parfaite la composition à neuf parties; celleci renferme toutes les autres ; et quand on sait bien la pratiquer, on l’étend facilement à un plus grand nombre,

Toute composition est vocale ou instrumentale, libre ou contrainte, et a un nombre déterminé de parties. Dans la musique vocale, on doit d’abord avoir égard à l'étendue des voix. Dans les pièces d’un style sévère, dans les fugues, dans les chœurs, cette étendue ne doit pas excéder une dixième, parce qu’au-delà de cette limite le choriste crie dans le baut ou ne se fait pas entendre dans le bas. Dans lescavatines et autres compositions libres , il est permis de s'étendre jusqu’à une quinzième ; mais dans tous les cas il ne faut pas que la voix reste longtemps dans les sons suraigus, qu’elle ne doit prendre qu'en passant. Les moyens extraordinaires de chanteurs tels que Martin, Rubini, M Catalani, Malibran, justifient teutes les licences des compositeurs qui ont étendu le domaine de la partie vocale. Dans la musique instrumentale , l'étendue des parties se règle sur l'étendue des instruments,

La loi de la variété défend de répéter dans la mélodie une note et dans l'harmonie un accord de quelque durée, à moins qu’il n’y ait des raisons particulières. Plus la composition a de partfes, et plus il est diflicile, sans blesser les lois de l'harmonie, de faire franchir à quelques parties des intervalles considérables, surtout dans la cotmposition vocale, Après une pause , on peut donner à une partie un plus grand intervalle; mais en général il faut préférer les petits intervalles aux grands ; il faut surtout éviter de faire sauter deux parties à la fois; et lorsque l'une d'elles saute, l’autre doit marcher par degrés, ou lenir la note, ce qui vaut encore mieux, Tous les intervalles difficiles sont en musique vocale entièrement exelus de la melodie, du

moins dans le style sévère. Dans le style idéal, on peut, en

COMPOSITION

usant de précaution, en employer quelques-uns dans le chant seulement , car la basse les rejette tous : ces intervalles difficiles sont la seconde, la quarte, la quinte et la sixte augmentées , la septième majeure et tous les intervalles plus grands que l'octave. La tierce augmentée et son renversement , la sixte diminuée , sont entièrement exclues de toute espèce de chant. Au lieu des quatre premiers intervalles ei dessus désignés , on peut se servir de leurs renversements , c’est-à-dire la septième, la quinte, la quarte et la tierce diminuées ; encore, dans la musique vocale, ne faut-il les employer qu'avec précaution : on doit en dire autant de la sixte majeure et de la septième mineure, qui sont des intervalles d'une certaine étendue. Dans la musique vocale, on ne peut pas employer plus de deux quartes de suite; encore n'est-ce que dans certains cas et seulement en montant. L'harmonie d’une pièce doit tendre à la même expression que la mélodie.

Les parties intermédiaires peuvent se croiser lorsque l’ordonnance des motifs et le dessin du morceau le demandent ; mais on ne doit jamais faire surmonter le dessus par une parlie inférieure, ni faire passer une partie intermédiaire sous la basse. Par la même raison, la viole peut passer momentanément au-dessus du second violon, quand elle exécute des passages figurés et intermédiaires; mais si elle double la basse à l’octave, il est absolument nécessaire que sa note se trouve loujours sous la partie du second violon ; autrement l'oreille ne prendrait plus ce redoublement comme un renfort donné à la basse, mais comme une suite vicieuse d’octaves.

Dans toute composition , après avoir déterminé le ton et la mesure, la basse doit commencer par la première note du ton, le dessus par la quinte ou l’octave, rarement par la tierce, el jamais par un autre intervalle. En composant une basse, variez l'harmonie autant que faire se peut, et préférez toujours une harmonie bien formée, mâle, vigoureuse, à une harmonie molle, languissante, gauche et mal ordonnée : évitez les suites de tierces et de sixtes ; il faut mêler habilement ces consonnances et les entrecouper de quintes et d'autres intervalles. Évitez de placer au grave non-seulement les dissonnances, mais même la tierce et surtout la tierce majeure.

Moins la composition a de parties, plus on doit les rapprocher ; un trop grand éloignement ferait paraître l’harmonie vide. Dans les pièces où cela convient, introduisez autant de bonnes imitations que cela peut se faire, sans y mettre pourtant d'affectation ni d'effort. Si vous faites reposer une partie, sa dernière note doit être consonnante avec toutes les autres parties, et tomber d’aplomb sur la mesure, car il ne faut pas suspendre le chant sur une note précédée d'une note pointée. Ne faites jamais syncoper toutes les parties à la fois, et qu’il y en aït au moins une qui marche avec la mesure. Faites reposer de temps en temps les parties : ces repos sont nécessaires non-seulement pour les voix, mais mème pour l’oreille et pour l'esprit; un certain rhythme doit être observé même dans ces repos. Ce rhythme, trèssensible dans le style idéal, paraît l’être moins dans les

pièces sévères, telles que fugues, chœurs, etc.; néanmoins

il est très-réel, quoiqu’on le sente moins.

Je devrais parler des licences que l’école nouvelle a multipliées à l'infini, et qui détruiraient la plupart des règles que je viens de donner, mais cela me mènerait heaucoup trop loin; d’ailleurs, les élèves ne sont que trop portés à se livrer aux licences, et la lecture des partitions de Ros- Sini pourra leur faire connaître aisément tout ce qu’il est permis de tenter en s’éloignant de la route tracée par les théoriciens, CasTIL-BLAZE.

COMPOSITION (Typographie), travail qui consiste à assembler, rapprocher, combiner les lettres ou caractères mobiles pour en former des mots , des lignes et des pages propres à l'impression. L’ouvrier qui se livre à

cet artse nomme compositeur. Pour l'exercer, l’ouvrier se place devant une casse divisée en autant de compartiments ou cassetins qu’il y à de sortes dans le caractère, La casse, élevée sur un bâtis en bois, qu’on nomme rang, est posée sur des tasseaux qui permettent de lui donner à volonté plus ou moins d’inclinaison. L'ouvrier remplit sa casse avec des caractères neufs ou au moyen de la distribution. Lorsque ce sont des caractères neufs, les fondeurs les livrant assortis en paquets ou dans des cornets de papier, le compositeur remplit sa casse en versant chaque sorte dans son casselin respectif. Autrement, il prend dans sa main gauche de la composition qui a déjà servi, et de la main droite distribue chaque lettre dans son cassetin particulier.

Lorsque le compositeur a rempli sa casse, il place sa copie, c’est-à-dire l'original qu’il doit reproduire, devant lui, sur sa casse, soit au moyen d’un poids, d’un cran fait à sa casse ou d’un instrument nommé visorium, tombé en discrédit. Armé ensuite d’un composteu r, qu’il tient de la main gauche , il lit la phrase qu’il va composer et en retient le plus de mots qu’il peut; puis il /ève successivement chaque lettre de la main droite, ayant soin de la saisir par la tête, c’est-à-dire du côté de l'œil, et la porte dans le composteur, après en avoir regardé le cran pour savoir de quel côté il doit la placer. En même temps il rapproche le composteur le plus possible de la main droite pour abréger le trajet, et retient du pouce les lettres assemblées, pendant que la main droite va prendre une autre lettre pour l’apporter à côté de la précédente, et ainsi de suite, en ayant soin de mettre la ponctuation, et en séparant les mots par une espace. L’habileté de l’ouvrier consiste dans la promptitude avec laquelle il litle manuscrit, lève la lettre, et la porte dans le composteur, Un compositeur peut ainsi lever de 1000 à 1200 lettres par heure.

Comme on ne peut pas finir une ligne en s’arrétant lorsqu’elle est pleine de lettres, comme il faut toujours achever le mot commencé ou en rejeter une partie à la ligne suivante, d’après des règles générales de division, il en résulte qu'il faut, pour que toutes les lignes soient de la même longueur, augmenter ou diminuer le blanc d’entre les mots en ajoutant ou retirant des espaces, ou en les changeant contre de plus ou moins fortes : cette opération se nomme justifier. Lorsque la ligne est ainsi justifiée, on la recouvre ordinairement d’une petite lame de plomb basse, plus ou moins épaisse, qu’on nomme inlerligne, et qui est de la longueur des lignes. Cette interligne, qu’on supprime dans les ouvrages compactes, est alors remplacée par un filet, qu’on enlève à chaque fois. La première ligne composée, on en compose une nouvelle par-dessus, que l'on justifie de même, sur laquelle on en compose une autre, et ainsi de suite tant que le composteur peut en contenir. On le vide alors dans une gal£e, petite planche unie, de ‘orme rectangulaire, dont les côtés inférieurs sont garnis d’un tasseau destiné à retenir îes lignes. On remplit de nouveau le composteur, et l’on réitère cette opération jusqu’à ce qu’on ait sur la galée un nombre de lignes convenu, ordinairement la hauteur d’une page. Alors le compositeur en forme un paquet, en l’entourant d’une ficelle serrée. 11 place ce pa-

quet avec précaution sur un morceau de papier double ap-

pelé porte-page, et déjà il peut porter d’un lieu à un autre ces milliers de caractères mobiles devenus par ces soins un cadre solide.

Le metteur en pages réunit fous ces paquets, et leur donne leur forme définitive. La mise en pages consiste à réduire chaque page à une dimension donnée, à mettre à leur place les titres, les notes, les vers, les tableaux , les gravures , les blancs, etc., et à surmonter chaque page de son folio ou titre courant. Ensuite a lieu l'imposition, qui consiste à mettre les pages dans un certain ordre, sur un

. marbre (grande plaque de fonte ou de pierre unie) et à les

entourer de garnilures propres à les tenir dans un écarte-

ment voulu, et à les faire tomber les unes sous les autres dans l'impression, On délie les pages, on nivelle l’œil des caractères à l’aide d’un {aguoir, on serre au moyen de coins de bois entrés de force entre un chassis en fer et des biseaux en bois, et l’on obtient une forme solide comme si elle était d’un seul morceau.

Pour l'impression de chaque feuille d’un ouvrage, il faut deux de ces formes : l’une contient, dans l’in-folio, les pages 1 et 4, l’autre les pages 2 et 3, qui sont imprimées chacune sur le même côté de la feuille de papier. La forme qui contient la page 1 est nommée cô/é de première, celle qui contient la page 2 , côté de seconde. Dans l'in-8° le côté de première comprend les pages 1, 4, 5, 8, 9, 12, 13 et 16, le côté de seconde les pages 2, 3, 6, 7,10, 11, 14 et 15.

L’imposition achevée, on tire une épreuve, qu’on nomme première typographique, et qui, après avoir été lue par le correcteur, revient entre les mains des compositeurs, lesquels doivent réparer chacun les fautes qu’ils ont commises. A cet effet la forme est desserrée sur le marbre. Le compositeur lève les corrections à faire, et remanie ainsi son travail , change les lettres gâtées, etc., exécute enfin sur le plomb les corrections indiquées sur l'épreuve. Comme chaque compositeur doit exécuter cette correction à ses frais, c’est dans le peu de temps qu’il y passe que le bon compositeur trouve la récompense de la supériorité de son travail. Cette première correction achevée, les formes sont resserrées, une nouvelle épreuve est faite pour aller chez l'auteur, et les corrections qu’il y fait sont exécutées de la même manière, aux frais de l'éditeur, jusqu’à ce qu’enfin le bon à tirer soit donné. Quelquefois, dans les journaux notamment, les épreuves sont faites à La brosse sur les paquets liés, et les corrections exécutées dans la galée.

La composition est ordinairement exercée par des hommes; cependant on a monté des ateliers de femmes, qui travaillent à meilleur marché, mais laissent quelquefois plus à désirer sous le rapport de la correction. Des machines à composer ontété inventées, comme le pianotype : aucune n’a donné encore de résultats complétement satisfaisants. L. Louver.

COMPOST , mot emprunté des Anglais, et par lequel on désigne toute espèce de mélange fait pour fertiliser la terre. On sait, par exemple, que le fumier des ruminants est plus propre aux terres légères , et celui des chevaux et mulets aux terres fortes; mais si la nature des terres est intermédiaire, on mêle ces deux fumiers pour en obtenir l'effet désirable ; de même, lorsque l’on ne possède qu’en petite quantité les engrais actifs, tels que le guano, la colo mbine, la fiente des volailles, les marces de fruit, etc., on se contente de les réunir à la masse des fumiers de la ferme. Ces composts habituels sont ceux de la petite culture; la grande peut seule faire les frais des composts dans la véritable acception de ce mot. Ils consistent en un mélange formé de couches alternatives de terre, de marne, de terreau, de fumier et de toutes substances animales ou végétales, combinées selon la nature des terres et des cultures auxquelles on les destine, Dans ce mélange il g’établit une fermentation produisant de nouveaux composés, qui approprient toute la masse à la nourriture des végétaux le mieux possible, et dans un temps plus court que si chacun des engrais était employé seul. Ainsi, les gazon+, les terres de curage, les feuilles sèches, les bois morts, etc., combinés avec la chaux, sont promptement convertis en un terreau que l’on ne pourrait obtenir de chaque substance isolée. On forme ces composts ou mélanges soit sur la surface d’un champ, soit dans une fosse, et ce dernier moyen est le plus sûr, en ce qu’il garantit les matières des variations de l'atmosphère qui peuvent troubler la fermentation. Elles doivent être distribuées en couches de 25 à 40 centimètres, lorsqu'il s’agit de substances légères, telles que les débris végétaux ; les terres et les marnes

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