‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 151 sur 607 · COMPTES — COMPTOIRS D’ESCOMPTE · texte numérisé non relu

COMPTES — COMPTOIRS D’ESCOMPTE

dans un temps donné. Cet appareil est une espèce de roue à augets ordinairement en tôle galvanisée, dont l'axe est horizontal. Cette roue est plongée dans un cylindre rempli d’eau jusqu’à l'axe. Un tuyau amène le gaz dans un auget; celui-ci s'élevant et sortant complétement de l’eau, le gaz qu'il renferme se répand dans la partie supérieure du cylindre, et s'échappe par un autre tube, disposé à cet effet, A peine le premier auget a-t-il vidé son contens dans la partie supérieure du cylindre, qu’un second auget s’emplit de Ja même manière. L’entrée et la sortie du gaz sont évidemment continues. Le gaz imprime un mouvement de rotation à la roue, et la quantité de tours faits est enregistrée au moyen de rouages mus par l'axe de la roue. Connaissant cette quantité pour le temps donné, la capacité des augets et leur nombre, il est facile d’en conclure la quantité de gaz fabriquée.

Mais ces compteurs rendent bien d’autres services en servant à constater la dépense des becs qu’entretient une administration. On leur doit de pouvoir remplacer l’abonnement, en permettant à chacun de ne payer que la quantité de gaz qu’il brûle. Sauf les proportions, ces compteurs ne diffèrent pas de ceux que nous venons de décrire. Seulement, on a senti la nécessité de les faire précéder d’un compensateur qui empéchât l'éclairage partant du compteur d'être altéré par les variations de pression du gaz dans les conduites.

COMPTOIR. C’est la table sur laquelle les négociants, débitent leurs marchandises, font leurs comptes, leurs payements et leurs recettes. Toutefois, aujourd’hui dans le grand commerce on vend au comptoir et on payeàlacaisse. Chaque marchand est obligé d’avoir sur son comptoir les mesures et les poids légaux dont il se sert dans son commerce. Les vérificateurs chargés de ce soin et les acheteurs eux-mêmes, si bon leur semble, peuvent examiner si ces poids et ces mesures sont exacts et conformes au système métrique en vigueur. . ;

Depuis longtemps on a donné par extension le nom de comptoirs à des établissements commerciaux presque toujours lointains, destinés d’abord au commerce du change, puis ensuite à faciliter l'écoulement des marchandises, et dans lesquels l'importance des affaires entraine souvent un grand mouvement de fonds. C’est au moyen de ces comptoirs ou factoreries, comme on les a encore appelés, que le commerce maritime a pris l'extension qu’il a aujourd’hui, Beaucoup de colonies des peuples européens n’ont pas eu d’autre origine.

Il y a eu aussi des comptoirs établis en Europe, par exem= ple ceux des villes hanséatiques à Novogorod, à Anvers, à Bergen, etc. Le commerce avait déployé une grande magnificence dans ces vastes entrepôts : chaque nation y entretenait un consul accrédité.

COMPTOIRS D’ESCOMPTE. On donne ce nom en général à des établissements qui font l'escompte du papier de commerce, mais sans se livrer à aucune autre opération de banque. Nous nous bornerons à faire connaître ici ceux de ces établissements dont les révolutions de 1830 et de 1848 ont provoqué la formation en France.

En 1830 le gouvernement consacra une somme de 30 millions à venir au secours de l’industrie et dn commerce, paralysés par les graves préoccupations de la situation politique. Sur cette somme il employa celle de 8 millions environ à encourager la création de comptoirs nationaux, tant à Paris que dans la province. Dix ou douze de ces institutions de crédit se fondèrent avec le concours des particuliers, Le comptoir de Paris seul fut entièrement doté par le gouvernement, qui porta successivement son capital à la somme totale de 1,760,000 f., et fixa le taux de l’escompte à 4 pour 100 pour le papier de Paris, et à 5 pour 100 pour celui des départements. Quelques mois après une ordonnance royale autorisa la ville de Paris à garantir ses opérations jusqu'à concurrence de 4 millions, mais seulement pendant

Page 1