‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 158 sur 607 · CONCERT · texte numérisé non relu

CONCERT

d’une fète dont la disposition s’accorde avec les discours de Dorante. La réunion des violons aux instruments à vent rendit inutie cette multitude de dérivés. La famille du hautbois est restée intacte : elle compte toujours les dessus de hautbois, le cor anglais, quinte de hautbois, le basson et le contre-basson ; mais ces instruments ont acquis dans l’orchestre une parfaite indépendance : le cor anglais n’y figure que rarement pour certains récits d’un caractère mélancolique, et le basson y est considéré comme basson et non comme basse de hautbois. La clarinette n’a rien perdu, pusqu’elle n’a été inventée à Nuremberg que vers le commencement du dix-huitième siècle , dans un temps où l’on abandonnaïit déjà l’ancien système.

Louis XIV ayait à sa solde des violons pour le service des concerts et des bals; on les désignait sous le nom de Z& grande bande, ou les vingt-quaëre violons, bien qu'ils fussent vingt-cinq. Ils jouaient pendant le diner du roi à certains jours marqués par l'étiquette. Ils recevaient chacurr 912 livres 12 sous, sans compter les gratifications ; on leur donnait en outre du pain, du vin et de notables morceaux de viande, à six bonnes fêtes de l’année. Quand ils venaient jouer devant le roi, le surintendant, chef de la bande, battait la mesure, ce qui ne les empêchait pas d'aller tout de travers et d’écorcher les oreïlles en exécutant les gavottes , les gigues, le branle de la reine et le branle des duchesses. Cette musique enragée révolta Lulli, qui s’empressa de former une autre bande, que l’on appela les petits violons, quoiqu'ils fussent plus habiles que les grands. La petite bande, composée de seize musiciens, fut ensuite portée à vingt et un.

De riches amateurs, princes, seigneurs, ou fermiers généraux, avaient un concert à certains jours de la semaine et des musiciens engagés pour ce service. On trouvait la musique aux fêtes royales, à l'Opéra, chez les heureux du siècle, ou bien à l’église; mais il n’y avait point encore de concerts publics. Les premiers ont été donnés en France en 1725, sous la direction de Anne Danican-Philidor, aux Tuileries : c’est là que ce musicien élablit le concert spirituel. Le baron d'Ogny, surintendant des postes, le fermier général de La Haye, fondent, en 1775, le concert des Amateurs, à l'hôtel de Soubise. Gossec et le chevalier de Saint-Georges le dirigent ; une société de gens riches et distingués le soutiennent par des souscriptions. Toelsky, Van- Malder, Vanhall, Stamitz, Gossec, y font entendre des symphonies dans lesquelles on ävait introduit des instruments à vent : c’était alors une nouveauté. Toutes ces compos: tions furent éclipsées par les symphonies de Haydn, em 1779. Fontesky, violoniste polonais, les apporta pour em doter le concert des Amateurs. Ce concert quitta le Marais en 1780; on létablit rue Coq-Héron, dans la galerie dite de. Henri III ; il prit alors le nom de concert de la Loge olympique, nom qu’une série de symphonies écrites par Haydn pour cette société rendit célèbre. La révolution interrompit les chants de tous ces concerts : le bruit du canon de la Bastille fit taire violons et flûtes, bassons et contre-basses.

En 1796, les amateurs se rassemblèrent dans la rue de Cléry, et l’on donna des concerts au théâtre Feydeau ; c'était le beau temps de l’excellent chanteur Garat. LeCon= servatoire existait depuis plusieurs années, et l’on admit, le public aux exercices des élèves de cet établissement. Cette jeune armée d'artistes, dès ses premiers concerts , ft oublier tout ce que l’on connaissait de plus parfait : elle ats taqua les symphonies de Haydn, de Mozart, deBeetho= ven, avec une fougue, une verve, une élégance de style, un sentiment exquis, un ensemble jnsque alors sans exemples L'unité de doctrine, si précieuse pour ane réunion de mus siciens qui doivent exécuter à la fois la même partie et donner les mêmes nuances et la mème articulation, duisit des effets que l'on aurait vainement demandés à d maitres plus habiles, mais dont le talent et la mauière de

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