‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 16 sur 607 · EE —————— EE — · texte numérisé non relu

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motion comme d’une pituite : ainsi nous avons connu un homme lent à purger qui n’obtenait des effets de sa médecine qu'après avoir été mis en colère à dessein, en brisant,

par exemple, maladroitement un vase, etc. Il y a donc

pour certaines complexions nécessité de décharger sa bile, afin d'entretenir la santé. Ce sont, au demeurant, des hommes généreux, francs, loyaux que la plupart de ces bourrus bienfaisants, quoiqu’ils soient d’un commerce difficile, Ils ne gardent jamais rancune, et deviennent des amis chauds, des cœurs sympathiques, rachetant leur tyrannie par de nobles qualités. Au total, 95n doit préférer leur société à celle des hommes réservés, ou sournois, parce qu’ils trompent moins, C’est en amour surtout que leurs raccommodements redoublent leur esclavage et leurs sacrifices pour un objet adoré; ils payent avec usure leurs extravagantes fureurs ! Mais aussi leurs jalousies, chez les femmes surtout, ne reconnaissent point de bornes, et ils exigent un dévouement réciproque : notumque furens quid femina possit.

On a pu remarquer combien certaines circonstances du temps et de lieu contribuaient à multiplier les causes de la colère ; il y a des nations, des époques, des saisons plus irritables que d’autres : par exemple, le sauvage américain, au teint cuivré, quoique flegmatique pour tout ce qui tient au bien-être, est doué, dit-on, d’un tempérament colérique implacable dans ses vengeances atroces, tandis que le nègre ( excepté certaines races de Cafres et de Gallas) est bonasse et ne se souvient plus des injures , pour peu qu'on le traite mieux et qu’on flatte sa vanité. On sait que les peuples mongols sont bien plus colériques que les Hindous, quoique leur climat soit le même. On conçoit que les temps de révolutions et de grandes dissidences politiques ou religieuses exaltent les colères.

Si l’on peut dire qu’un léger mouvement de vivacité, loin de nuire à la santé, peut imprimer un essor utile 4 des complexions apathiques et indolentes, animer chez elles le cours du sang, faciliter le jeu et le développement organique (l'apparition des menstrues, l’action digestive, l’élaboration des sucs nutritifs, l'énergie musculairé, etc. ), il n’existe cependant d’ordinaire aucun frein moral à la colère, si l’on cesse de tenir les rênes de la raison, et l’action organique animale l’emportealors sur l'intelligence. C’est principalement dans le jeu de l'appareil nerveux sympathique que se manifestent les émotions du courroux; de là elles remontent au cerveau par réaction, puisque la première idée irritante émane de l’encéphale. Qu’une impression offensante vienne frapper notre esprit, et aussitôt une révolte inopinée de l’amour-propre surgit dans nos entrailles; le sang bouillonne ; le pouls s'élève et pousse, du cœur, qu’elle gonfle, des coups de piston précipités du sang dans toutes les artères du corps, principalement vers la tête; c’est pourquoi d'ordinaire la face rougit, les yeux s’allument, la bouche écume, un spasme nerveux dessèche les glandes salivaires. Tout l'appareil musculaire, stimulé par cet abord subit d’un sang ardent, se dresse, se roïdit; le cuir chevelu lui-même hérisse les poils ( telles se relèvent la crinière du lion, les soies de la hure du sanglier, les plumes du coq, du combattant ou paon de mer, les crêtes de plusieurs autres oiseaux, etc.); les entrailles, resserrées spasmodiquement, suspendent la faim; la vésicule biliaire comprimée refoule le fiel dans les intestins , ou, le faisant regorger dans l’estomac, rend la bouche amère et pâteuse; en cet état, les membres tremblent et peuvent même entrer en convulsions ; la langue s’embarrasse ou balbutie avec violence, les dents grincent, les traits du visage se tordent, les lèvres pantelantes se disjoignent, le teint devient livide et effrayant ; des burlements affreux s’échappent de la poitrine oppressée. Fuyez, vous qui êtes l’objet de cette colère, ou préparezvous à un combat acharné!

D’ordinaire les colères rouges ont bien leur explosion violente et rapide, mais elles sont tout à fait expansives;

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