‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 161 sur 607 · CONCERTO — CONCETTI · texte numérisé non relu

CONCERTO — CONCETTI

cutant une fidélité rigoureuse dans la mesure ; il doit souvent presser ou ralentir à propos et toujours maitriser l'orchestre qui l'accompagne. Torelli, célèbre violoniste italien, mort au commencement du dix-huitième siècle, est généralement regardé comme l'inventeur de ce genre de pièces. Les concertos de violon composés par Corelli, Tartini et Stamitz jouirent autrefois d’une grande célébrité; mais Viotti fit oublier tous ses devanciers par la richesse de son imagination et la beauté de ses accompagnements.

Le violon avait seul jadis le privilége du concerto ; mais depuis lors le jeu des instruments s'est perfectionné au point qu'il y en a à peine un seul qui n’ait eu la prétention de briller dans ce genre de musique. Les concertos pour le piano de Dusseck furent longtemps célèbres ; ceux de Beethoven sont ce qu’il y à de plus parfait. Enfin, le cor, la flûte, le hautbois, le basson, ont depuis longtemps leurs concertos; mais il est à remarquer qu’il y a très-peu de compositions passables en ce genre pour ces instruments.

F,. Daxsou.

CONCERT SPIRITUEL. Au commencement du siècle dernier, l'Académie royale de Musique donnait ses représentations les mardis, vendredis et dimanches, et les jeudis, depuis la Saint-Martin jusqu’au vendredi qui précédait le dimanche de la Passion. L'Académie royale faisait sa clôture ce jour-là pour rouvrir ensuite le mardi de Quasimodo, vingt-deux jours après. Elle ne jouait point les 2 février, 25 mars, 15 août, 8 septembre, 8 décembre, fêtes de la Sainte- Vierge; la Pentecôte, la Toussaint, la veille et le jour da Noël, étaient encore des jours de relâche pour tous les spectacles. Anne-Danican Philidor, musicien de la chapelle et de la chambre du roi, eut l’idée de profiter des avantages que promettaisnt ces ciétures si fréquentes, pour offrir au public vingt-quatre concerts par an. Chaque fête solennelle rassemblait les amateurs de musique pour entendre des motets et des symphonies, et l’on nomma spirifuel ce concert où l’on n’exécutait que de la musique sacrée. Un brevet fut accordé à Philidor, sous les conditions que le concert spirituel dépendrait toujours de l’Académie royale, et que le directeur payerait 6,000 livres chaque année à cet établissement. Philidor fit exécuter le premier concert spirituel le dimanche de la Passion, 18 mars 1725; les autres concerts étaient distribués dans les vingt-trois jours de vacances de l'Opéra. Ces grandes solennités musicales avaient lieu au château des Tuileries, dans la salle des Suisses. Lorsque Louis XV vint à Paris, après la campagne de 1744, S. M. logea aux Tuileries , et toutes les loges et décorations de la salle du concert furent détruites. Le jour de la Toussaint, on avait affiché que le concert spirituel serait exécuté à l'Opéra; mais l’archevèque de Paris, Vintimille , s’y opposa, et les amateurs se retirèrent désappointés.

En {728 Phiiidor cède son privilége à Simart et Mouret ; l’Académie royale l’exploite en 1734, Royer en 1741, Caperan en 1750, Mondonville en 1755, Dauvergne en 1762, Berton en 1771, Gaviniès et Le Duc en 1773 ; Legros, enfin, s’en charge en 1777, etle garde jusqu’à la Révolution, qui ruina cet établissement en 1791. La réputation du concert spirituel de Paris s’était répandue en Europe ; les artistes étrangers venaient s’y faire entendre et tenter ainsi une épreuve qu'ils regardaient comme décisive pour leurs succès dans le monde musical. Les frères Besozzi y parurent en 1735, et l’on rendit un témoignage éclatant à leur habileté; leurs duos de hautbois et basson furent reçus avec enthousiasme. D'illustres chanteurs, tels que Farinelli, Caffarelli, Raff, Davide, père du ténor que nous avons applaudi en 1831 à notre opéra italien ; M" Mara, Todi, etc., y brillèrent tour à tour, ainsi que des instrumentistes, tels que Bertaud, Hessier, Rodolphe, Viotti, Jarnowik, Punto, Mozart écrivit une symphonie pour le concert spirituel, et Ja fit “exécuter en 1778.

Ces vingt-quatre concerts spirituels, placés à différentes époques de l’année, contribuèrent beaucoup aux progrès de lartet à l'illustration de notre école. Le chant italien présen: tait une disparate si grande avec la psalmodie française, que la plupart des auditeurs ne le comprenaient pas. On a tenté plusieurs fois de rétablir à l'Opéra les concerts spirituels : pendant la semaine sainte on en donnait trois seulement, et ils n'étaient pas suivis. Qn y à renoncé en 1830.

Tous les ans, depuis 1855, le Théâtre-Italien donne des concerts spirituels dans la semaine sainte. Cet exemple a été suivi en 1863 par la Société des Concerts populaires.

CONCESSION. C’est en général une grâce, un avan- {age accordé à quelqu'un qui l'a sollicité. En droit, le mot concession s'applique plus spécialement à ce qui est accordé à des particuliers, à titre onéreux ou gratuit par l’État, un établissement public ou une commune. Pour exploiter une mine, il est nécessaire d’ohtenir une concession. Les communes font des concessions de terrain dans les cimetières pour servir aux sépultures ; les cours d’eau sont l’objet de concessions diverses, soit pour alimenter des fontaines, soit pour mettre en mouvement des usines. Aujourd’hui tous les grands travaux d'utilité publique, ponts, canaux, chemins de fer, se font par concessions, et sont attribués à la compagnie qui fait la soumission la plus avantageuse. Les concessions de territoire faites à des particuliers ou à des sociétés civiles par les gouvernements à titre gratuit ou sous la condition d’une légère redevance et moyennant certaines conditions sont un des moyeus les plus efficacesde colonisation et de mise en culture des terres incultes. Souvent les concessions ne sont que temporaires; cependant il y en a de perpétuelles On étendait encore autrefois le nom de conesssion à tout acte émanant du prince et qui donnait ou octroyait un privilége, un droit, une grâce. Ce mot s’applique aussi quelquefois à l’aliénation qu’une personne fait d’un immeuble ou de quelque droit réel.

CONCESSION ( Rhélorique). La concession est une figure de pensée par laquelle on accorde quelque chose à son adversaire, pour en tirer ensuite un plus grand avantage; on abandonne ainsi certaines propositions pour défendre plus sûrement les autres, et l’on fait valoir la rigueur des principes ou l'empire des circonstances suivant le besoin de la cause qu’on défend.

Ainsi raisonnait l'historien qui disait : « Oui, l’empire fut un despotisme permanent, foute l’action du gouvernement commençait, se déveluppait, et finissait au signal du maïitre ; oui, nous fûmes dépouillés de presque toutes nos liberfés. Mais aussi ce despotisme, résumant dans une formidable unité la cause dela Révolution, en propagea lesprincipes au dehors, et fonda des lois basées sur légalité civile; ce qu’il retrancha de nos libertés, il nous le rendit en gloire; il nous plaça au premier rang des nations. Aux plus beaux jours de cette époque, la France, il est vrai, fut l’esclave d’un homme, mais elle fut mattresse du monde, etc... »

Voici un autre exemple de concession, emprunté à Béranger :

Sur des tombeaux si j'évoque la gloire, Si j'ai prié pour d'illustres soldats, Ai-je à prix d’or, aux pieds de la Vietoire, Encouragé le meurtre des États ?

Auguste Husson.

CONCETTI, mot italien qui, ainsi que son singulier

.Concetto, vient du verbe concepere, concevoir, et signifie bon mot, pointe d'esprit, pensée ingénieuse, délicate ou

brillante. Quoiqu’en Italie le mot concet{i ne se prenne pas en mauvaise part, comme en France, et que la plupart des auteurs ultramontains semblent tirer vanité de semer leurs ouvrages de pensées où ilya plus d'affectation et de faux brillant que de naturel et de solidité, il est à remarquer que le Tasse, dans sa Jérusalem délivrée, a su généra-

lement se préserver de ce défaut, quoi que dise Boileau de son clinquant. En revanche, on en trouve de nombreuses traces dans Pétrarque, Guariniet l'Arioste, Au seizième siècle, l’enflure espagnole et l'affectation italienne s’introduisirent en France avec la langue de ces deux nations, le goût de leur littérature et de leur théâtre, leur costume et leurs jeux : elles devinrent la règle générale. Balzac l’ancien et Voiture sont pleins de concetti. Ils surabondent dans les versificateurs de l’époque. La poésie galante surtout s’empara des concetti italiens : de là ce déluge de fadeurs alambiquées, ce style précieux et inintelligible qu'on retrouve même dans les auteurs dramatiques du temps, dans la Sophonisbe de Mairet et dans la Mariamne de Tristan. La tragédie ne s’exprimait plus qu’en jeux de mots. Corneille y laissa parfois entrainer son mâle génie, et le poëte du goût, Racine lui-même, en offre quelques exemples , témoin ce vers d’Andromaque :

Brülé de plus de feux que je n’en allumai,

La société de l'hôtel de Rambouillet contribua beaucoup à mettre en faveur et à propager ce style obscur et affecté, Les concetti se sont maintenus longtemps dans nos poésies galantes, et on les retrouve dans plusieurs poëtes modernes du siècle dernier et de celui-ci, formés à l’école des Marivauxet des Dorat. L'Épître à la Mort, de Vigée, n’est qu'une série de concelli. Les Lettres à Emilie de Demoustier, ses comédies, Le Conciliateur et Les Femmes , en sont remplies d’un bout à l’autre. 11 y en a beaucoup dans le clinquant de Delille; et l’académicien Dupaty a pu dire impunément, quand il n’était encore que vaudevilliste, en parlant d’une rose :

J'ai su la saisir

Et j'ai le plaisir

De vous rendre à vous-même,

Le concetto en France est donc tout ce qui ressemble au clinquant du bel esprit; toute pensée fausse ou spécieuse exprimée en style brillant et fleuri, mais dont l’enluminure et les fleurs, après avoir séduit d’abord, ne tiennent pas contre l'examen soutenu de la raison et du jugement. Les concelti avaient gagné jusqu’au style oratoire. Ils commençaïent néanmoins à disparaître de notre langue, lorsque l’école romantique nous les a ramenés, non pas revétus des grâces de l’Italie, mais avec l’ohbscurantisme et la barbarie des siècles gothiques. Dieu sait quand et comment cela finira.

R H. AUDIFFRET

CONCHACES (de concha, conque), famille de mollusques acéphales, dont la coquille, ordinairement régulière et close, équivalve et à charnière engrenée, présente deux impressions musculaires réunies par une ligule ; l’animal, dont le manteau est prolongé en deux tubes, est muni d’un pied. La famille des conchacés, établie par Blainville, n’a pas été généralement adoptée.

CONCHIFÈRES (de concha, coquille bivalve, et fero, je porte). Lamarck a établi sous ce nom sa dixième classe d'animaux sans vertèbres, qu’il subdivise en deux ordres, les conchifères dimyaires, ou à deux muscles, et les conchifères monomyaires, ou à un seul muscle. 1] n’a conservé le nom de conques qu’à l’une des tamilles du premier ordre. Latreiïlle a aussi formé sa sixième classe des mollusques sous le nom de conchifères, et l’a subdivisée en quatre ordres d’après les caractères du manteau, qui est ouvert dans le premier, biforé dans le second , triforé dans le troisième, tubuleux dans le quatrième et dernier (voyez AcÉpnaLE), a

CONCHOÏDAL ou CONCHOÏDE (de xéyyn, coquille), qui ressemble à une coquille, Ce motsedit presque exclusivement, en minéralogie, d’un genre de cassure auquel se prêtent certains minéraux, et dont la surface est sillonnée de stries concentriques qui rappellent celles qu’offrent les valves de beaucoup de coquilles,

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