CONCIERGERIE
sous ce prince l'emplacement de la conciergerie actuelle formait le jardin du roi, qu’on nommait alors le Grand- Préau. La conciergerie du palais n'apparait pour la première fois sur les registres de la Tournelle que le 23 décembre 1391.
Les bâtiments de cette prison, situés à l'étage inférieur et à l’ouest de l'emplacement de la grande salle du palais, sont excessivementirréguliers, et formés de constructions diverses, rattachées les unes aux autres par les liaisons les plus bizarres. On y distingue trois ordres d’arcbitecture : 1° celle du temps de Louis IX, dont le palais fut situé sur le mêmeterrain : les constructions de cette époque consistent en une galerie formée d’ogives qui règnent le long de l’aile orientale et de la face septentrionale de la cour principale, dite le Préau; 2° les constructions du seizième siècle : elles sont sans ornements, et forment la partie supérieure du côté septentrional de l'enceinte, adossé au quai; elles ne sont remarquables que par leur irrégularité maussade ; 3° les constructions nouvelles élevées quelques années avant la révolution : elles forment l'aile occidentale et la face méridionale du Préau. Le sol de la conciergerie est moins élevé que celui du bord de la rivière et par conséquent dépassé de plusieurs pieds par celui des quais et rues de Paris. II est moins humide que cette circonstance ne pourrait le faire craindre, grâce aux caves et souterrains en pierre aujourd’hui bouchés ou comblés, qui sont pratiqués encore au-dessous. Les cachots construits au pied des tours et au niveau de la Seine sont très-humides et malsains , mais à peu près hors d’usage. 11 n’y a qu’un cachot où le jour ne pénètre point ou presque point, celui qui est sous le promenoir des hommes, au pied d’une vieille tour, et dans lequel fut enfermé Mandrin; il ne sert plus que de dépôt pour les voleurs. Les deux cachots connus sous les noms de Saint-Vincent et de Grand-Nord, qu'on n’employait qu’à la punition des détenus turbulents, ont été démolis. A l’orient et au sud d’une cour de construction assez moderne, située au sud dela prison, sont les cellules pour les femmes. L'ancienne infirmerie, sombre et mal aérée, était dans cette partie de la maison; on en a préparé une autre en 1828, dans l’ancien logement du directeur.
Les bâtiments qui servaient d’entrée sur le quai, entre la tour de l'Horloge et la tour de César, avaient été construits en 1828. Ils ont été remplacés par des bâtiments plus. en harmonie avec le monument. C’est sous la porte même de cette entrée qu'avaient été pratiquées, à trente ou quarante pieds du sol, les oubliettes du palais. Cette entrée donne sur une cour en pente au fond de laquelle étaient les magasins de la ville. La Tour de César n’avait autrefois aucune ouverture sur le quai, mais depuis qu’elle a été destinée au logement du directeur, on y a percé plusieurs croisées. Lerez-de-chaussée sert maintenant de pièce de réception et de salon pour le directeur : c’est là qu’Ouvrard fut logé par faveur, et aussi Pierre Bonaparte, en 1870, avant d’être envoyé à Tours. La Tour de César fut aussi appelée Tour de Montyommery, parce qu’elle servit de prison au célèbre protestant de ce non. C’est là que furent enfermés Cartouche et Damiens.En suivant à droite est le guichet extérieur de la prison, qui n’est guère séparé que par un mètre d’une grille donnant accès sur un petit escalier de six marches, aboutissant à une grande salle noire qu’on nomme l'avant-greffe et le par loir libre. Entre la porte et la grille, un guichetier demeure en permanence. Au pied de l’escalier à gauche est le greffe; ensuite une galerie large et longue: conduisant aux bâtiments des femmes, et puis le parloir où visiteurs et prévenus sont séparés par deux grilles éloignées d’un mètre l’une de l’autre et garnies d’une toile de fil d’archal. En face de l'escalier est une petite salle vitrée qui sert aux communications des avocats avec leurs clients. Dans la pièce du surveillant de garde sont, à droite, l'entrée de læ Tour-d’Argent, à gauche, le guichet intérieur ouvrant sur le
dans quelque autre partie de la demeure royale, puisque ! préau. La Tour-d’Argent était abandonnée depuis plusieure