CONCIERGERIE — CONCILE
siècles, lorsqu’en 1828 on voulut l'utiliser, On y trouva des sculptures remarquables et bien conservées, quoique ce lieu weût jamais reçu jusque alors de jour extérieur, On ne doute point que cette tour ne fut l’endroit où Louis IX renfermait son trésor.
Le préau, promenade ouverte des prisonniers, représente un parallélogramme de cinquante-cinq à soixante mètres de longueur sur vingt de largeur, orné de deux petits parterres entourés de treillage, séparés par un bassin d’eau jaillissante ; des bâtiments l'entourent de toutes parts : ceux du nord, de l'ouest et du sud sont de construction uniforme; ceux de l’est sont des appartenances du palais ; au-dessous de ces derniers est le promenoir couvert. Il existe à l'angle sudest de ce promenoir une salle servant le soir de parloir aux prisonniers politiques, et la nuit de corps de garde. On y a placé les tables sur lesquelles Louis IX faisait servir à manger Aux pauvres.
Le bâtiment du Nord, à droite du guichet intérieur, se compose, comme les deux autres, d’un rez-de-chaussée et d’un yremier étage, divisés en petites cellules. Le rez-de chaussée est réservé aux vieillards et le premier étage aux enfants. A l'extrémité nord-est de cet étage, de l’autre côté de l’escalier, est une pièce à quatre lits, où l’on renferme les criminels qu'on veut soumettre aux tentatives des moutons, et où l’on fait coucher un surveillant.
Le bâtiment de l’ouest est consacré aux prisonniers qui ne peuvent payer la pistole.
A l’angle nord-ouest du Préau est la Tour de Bombée, sur laquelle s'appuient deux corps de bâtiments du nordet de l’ouest. Elle servit de cachot à Ravaïllac, et alors la luière n’y pénétrait pas. Abandonnée depuis plusieurs siècles, on l'a remise en état de service en 1828. La salle du bas a été convertie en chauffoir pour la mauvaise saison.
A l'extrémité sud-ouest du rez-de-chaussée du bâtiment de l'ouest, était le cachot des condamnés à mort, sans lumière et sans air. Ils n’en sortaient que pour être conduits à Bicêtre s’il y avait pourvoi de leur part, ou, en l'absence du pourvoi, pour être menés à la guillotine. Louvel y fut gardé pendant tout le temps qui précéda son jugement. Les condamnés à mort sont maintenant placés, lorsqu'ils descendent de la cour d'assises, dans une pièce aftenant au greffe; ils y restent jusqu’à leur départ pour la prison de La Roquette. Le rez-dechaussée du bâtiment au sud-est comprend le cachot de la reine Marie-Antoinette : on y éleva en 1816 un autel ex-
piatoire, et en 1856 on la décora de tableaux par Cajou et Drolling; le cachot où furent enfermés Mme Élisabeth
et Robespierre : on l’a ouvert sur la chapelle depuis-
1830, et on en a fait la sacristie. Il a sept pieds carrés. Le premier étage est destiné aux prisonniers payant la pistole. Quant au bâliment des femmes, on y a établi un parloir dans la pièce qu'habita Lavalette ; les cellules ont vue sur une cour d'environ 10" de largeur sur 20 de longueur, décorée d’un petit parterre entouré d’un treillage.
La Conciergerie a été restaurée dans les reconstruclions du palais de justice. Elle est devenue la maison de justice du département de la Seine, et reçoit les appelants incarcérés des jugements correctionnels rendus par les tribunaux du ressort de la cour de Paris, ainsi que les accusés qui doivent passer en cour d'assises. On a appliqué à cette prison le système cellulaire. La population moyenne pour les hommes est de 100 et pour les femmes de 18. Le terme moyen des séjours est de quinze jours. La maison pourrait recevoir un effectif de 200 individus.
CONCILE, Les assemblées gériérales du peuple s’appelaientcomices chez les Romains; les convocations d’une
partie du peuple seulement ou de ses membres les plus dis- {ingués se nommaient conciles ou synodes.Ces derniers noms ont été dans la suite restreints aux seules assemblées ecclésiastiques, Le concile est une assemblée d'évèques ‘réunis pour juger différentes questions qui regardent la Ioi
les mœurs, la discipline de l’Église. Les conciles sont, ou provinciaux, où nationaux, où généraux, selon qw’ils sont composés des prélats , ou d’une province, ou d’un État, ou de toute la chrétienté; et leurs décisions ont force de loi, suivant l’étendue de leur juridiction. Le premier modèle des conciles fut celui de Jérusalem, tenu, l’an 50, par les apôtres, pour l’abrogation des cérémonies de la loi mosaïque. On en voit quelques autres réunis vers la fin du second siècle touchant la célébration de la Pâque. Tertullien parle des conciles de Grèce, saint Cyprien de ceux d’Afrique, Eusèbe de ceux d’Antivche contre Paul de Samosate; mais ce ne fut que quand l’Église, délivrée des persécutions, put se réunir en paix, que les conciles devinrent plus fréquents et plus nombreux.
Les conciles généraux, dits aussi œcuméniques (de 2txouuévn, terre habitable ), sont appelés, de toutes les parties du monde, pour éteindre un schisme, une hérésie, qui menacent l'Église entière ; pour proposer des mesures de discipline générale, pour statuer sur quelques points de doctrine qui n’eussent pu être réglés autrement. C’est le pape, en qualité de chef de l'Église, qui convoque les conciles généraux, parce que nul autre que lui n’a de pouvoir sur tous les évêques à la fois; parce que, mieux que tout autre, il peut en juger l’opportunité. Si dans les premiers siècles on voit les empereurs convoquer des conciles, c’est qu’alors ils en faisaient les frais, et que l’Église ne s’étendait guère au-delà des limites de l’empire; mais quand l’empire fut morcelé, et que la foi se fut répandue chez des peuples soumis à différents souverains, le pape dut reprendre l'exercice de cette prérogative attachée à son siége. Cependant, le concours des puissances est réclamé pour entourer l'assemblée de la protection nécessaire à la liberté des suffrages, et pour prévenir toute espèce d'opposition qui pourrait paralyser les travaux du concile. Nul concile n’est œcuménique s’il n’est en communion avec le pape, qui, par lui-même ou par ses légats, préside, propose les questions et confirme les sentences. Aux évêques seuls, en qualité de pasteurs de l’'Église, appartient le droft de juger ou de prononcer dans un concile; les prêtres, les théologiens invités ou admis ne peuvent avoir que voix consultative. Les äécisions des conciles généraux en matière de foi sont obligatoires ayant toute acceptation, parce qu’un concile n’établit pas de nouveaux dogmes : il interprète l'Écriture, et décide que telle est la croyance catholique. Selon saint Vincent de Lérins, l'Église, dans les décrets des conciles, ne fait que transmettre à la postérité par écrit ce qu’elle a reçu de l’antiquité par tradition, Mais en matière de discipline les princes se sont réservé le droit d'examiner si ces décisions n’ont rien de contraire aux lois, aux coutumes de leurs États; c’est ce quiest cause qu'un grand nombre de règlements disciplinaires et la plupart de ceux du concile de Trente ne sont point reçus en France; c'est aussi ce qui a donné lieu à cet article des lois organiques : « Les décrets des synodes étrangers, même ceux des conciles généraux, ne pourront être publiés en France avant que le chef de l'État en ait examiné la forme, leur conformité avec les lois, droits et franchises de l'empire, et tout ce qui pourrait altérer ou intéresser la tranquillité publique. »
Tous les théologiens s'accordent généralement à admettre comme œcuméniques les dix-sept conciles dont on a assez bizarrement entassé les noms dans cette espèce de vers hexamètre :
Ni. Co. E,, Cal, Co, Co., Ni. Co. La,, La. La, La.,Lu. Lu.Vi., Flo, Tri.
Ce sont ; 1° le concile de Nicée, tenu en 325, contre les Ariens ; 2° celui de Constantinople, en 381, contre les Macédoniens; 3° celui d'Éphèse, en 431, contre Nestorius etles Pélagiens ; 4° celui de Chalcédoine, en451, contre Eutychès; 5° le deuxième de Constantinople, en 553, contre les trois chapitres; 6° le troisième de la méme ville, en 680,
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