‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 166 sur 607 · CONCILE — CONCILIATION · texte numérisé non relu

CONCILE — CONCILIATION

contre les monothélites; 7° le deuxième de Nicée, en 787, contre les iconoclastes ; 8° le quatrième de Constantinople, en 869, contre l’Intrusion de Photius ; 9° le premier de Latran, en 1123, pour des matières de discipline; 10° le deuxième du même leu, en 1139, contre Arnaud de Bresce ; 11° le troisième, en 1179, sur la discipline; 12° le quatrième, en 1215, contre les Albigeois; 13° le premier de Lyon, en 1245, pour la 7° croisade et contre Frédéric Il; 14° le deuxième de Lyon, en 1274, pour la réunion des Grecs ; 15° celui de Vienne en Dauphiné, en 1311, pour l'abolition des Templiers ; 16° celui de Florence, en 1429, pour une seconde réunion des Grecs, des Arméniens, etc.; 17° celui deTrente, en 1545, contre les hérésies de Luther et de Calvin, Mais, en dépit de la mesure et du vers , les défenseurs des libertésgallicanes ajoutent à cette série trois conciles, que les autres rejettent ou dont ils contestent l’œcuménicité : ce sont, le concile de Pise, tenn en 1409, pour lextinction du grand schisme d'Occident; celui de Constance, qui cinq ans après déposa les trois prétendants à la papauté, proclama la suprématie des conciles généraux et condamna l’hérésie des hussites ; enfin, les premières sessions du concile de Bâle, qui, commencé en 1431, se teriwina par un schisme, après douze ans de session.

Depuis plus de trots siècles l'Eglise universelle n'avait pas été consultée lorsque Pie IX la convoqua pour se prononcer d’une part sur les doctrines déjà émises par lui dans l'encyclique et le Syllabus, et de l’autre sur un dogine nouveau. Le concile général s’ouvrit le 8 décembre 1869, à Rome, et malgré l'opposition de quelques prélats, proclama, le 29 juin 1870, le dogme de l’infaillibilité du pape en matière de foi.

Les conciles nationaux se réunissent sous la présidence d'un primat ou d’un légat du saint-siége, et sont appelés

par les princes pour remédier aux maux qui peuvent affliger l'Église dans un royaume, pour détruire les abus et pour régler les articles de foi en discussion. Ces conciles ont été assez fréquents en France, sous les deux premières races de ses rois. Les célèbres assemblées du clergé de France peuvent être regardées comme de vrais conciles nationaux, quoiqu’elles n’en portent pas le nom. Une assemblée de ce genre fut convoquée à Paris, en 1811, par Napoléon, afin de pourvoir à l’institution canonique que Pie: VII, privé de liberté, refusait aux évêques nommés. Le pontife n’ayant approuvé ni la convocation ni les premiers actes de ce concile, les évêques se séparèrent sans avoir rien décidé.

Les conciles provinciaux, présidés par le métropolitain, ont pour but de faire des règlements sur la morale et la discipline, pour la province de leur ressort ; ils peuvent aussi s'occuper des questions de foi, mais leurs décisions ne sont irrévocables qu’autant qu’elles sont acceptées par l’Église. Plus d’une fois le clergé de France avait exprimé le vœu de voir rétablir ces assemblées, si utiles au maintien de Ja discipline ecclésiastique ; diverses ordonnances royales en prescrivaient la tenue tous les trois ans, sans que cette disposition eût jamais été exécutée, Depuis la révolution de Février, différents synodes d’évêques se sont assemblés. D’après l’article 4 des lois organiques, aucun concile métropolitain , aucun synode diocésain, aucune assemblée délibérante, ne peut avoir lieu sans la permission expresse du chef de l'État.

Plusieurs savants compilateurs ont recueilli les actes des divers conciles; la plus complète de ces collections est celle des pères Labbe et Cossart, imprimée pour la dernière fois à Lucques, en 1748, en 26 vol. in-fol.

L'abbé C. BANDEVILLE.

CONCILIABULE (en latin conciliabulum, diminutif de concilium, assemblée), petit conseil tenu contre les règles et les tormalites ordinaires de la discipline de l'Eglise, Cette expression, d’abord employée dans ce sens, fut donnée plus tard, par extension, à toutes les assemblées convoquées hors du sein de l'Église, dans un but d'opposition.

C’est ainsi que, dans le langage canonique, on a longtemps désigné toutes les réunions de prélats qui, méconnaissant la hiérarchie ecclésiastique ou l'autorité du pape, prétendaient se constituer en conciles. Tous les faux conciles sont traités sous ce rapport de conciliabules; on les considère comme des assemblées irrégulières , illicites et tumultueuses, qui n’ont pas été éclairées par l'Esprit saint, parce qu’elles n'étaient pas convoquées légitimement, C'est aussi le nom que les catholiques donnent, pour la même raison, à toutes les assemblées d’hérétiques, quelle que soit d’ailleurs la régularité de leurs délibérations et la sagesse de leurs décrets.

Anciennement on appelait conciliabula les lieux des diverses provinces où les préteurs ou proconsuls faisaient assembler-les peuples des pays adjacents pour leur rendre la justice. On y tenait aussi des marchés, autorisés par les mêmes magistrats, et l’on nommait ces lieux conciliabula et non fora. Par la suite, ce droit fut réservé aux seules villes municipales.

De l'application du mot conciliabule aux assemblées hérétiques hostiles à l’Église est venue celle qu’on a faite du même terme, dans le langage familier et en mauvaise part, à toutes les réunions illicites en général dans lesquelles s’agitent de sinistres projets.

CONCILIATION ( du verbe latin conciliare, réunir, mettre d’accord, réconcilier ). Dans le langage usuel, c’est l’action d’accorder ensemble des personnes ou des choses qui sont ou qui paraissent opposées. On rercontre {trop rarement dans ce monde cet esprit de conciliation qui, suscilant des sacrifices mutuels, ramène la paix dans les familles, dans la société, dans l’État ou dans la politique. Dans les temps de calme, lorsqu'un homme d’État parle de conciliation, c’est souvent pour mieux diviser les partis; dans les temps incertains, difficiles, concilier c’est souvent corrompre. On satisfait ou l’on comprime les intérêts, les besoins, les passions politiques, on ne les concilie guère. Se laisser concilier, pour un parti, c’est abdiquer.

Dans notre procédure, on appelle concilialion une institution qui a pour but de prévenir les procès, en appelant les parties, avant de les assigner devant un tribunal, à tenter un accord sur ce qui fait l’objet de leur différend, en présence d’un magistrat que la loi dépouille en cette circonstance de son caractère de juge pour ne lui laisser que le rôle de médiateur.

Cette institution des juges conciliateurs appartient à la première Assemblée constituante, qui leur donna le nom de bureaux de conciliation (voyez Jusnice DE Paix) : ces préliminaires étaient complétement inconnus dans l’ancien droit. Malheureusement les juges de paix ne sont pas tou- Jours à la hauteur de cette mission : trop souvent, ne regardant la conciliation que comme une formalité inutile, ils s’empressent de congédier les parties, au lieu d'apporter la patience nécessaire pour amener la conciliation; ou bien, se rappelant trop qu'ils sont juges, ils oublient le rôle d'amis des deux parties, et, au lieu d'éclairer chacun sur ses droits, donnent raison ou tort à l’un ou à l’autre, et rendent au contraire toute conciliation impossible.

Les parties peuvent toujours se présenter volontairement devant le juge de paix pour s'entendre sur ce qui les divise. Maïs la loi, dans les cas ordinaires, ne se contente pas de permettre et de favoriser ces arrangements; elle exige que les parties tentent de se concilier au bureau de paix, et pour les y forcer elle prescrit aux tribunaux de ne recevoir leurs demandes qu’autant que ce préliminaire a eu lieu.

Cependant, pour que la loï en fasseune obligation absolue, il faut : 1° que la demande soit principale, c'est-à-dire fasse le fond du procès, et ne soit pas seulement un accident sur lequel il importerait peu de s’accorder, si la question de fond restait à résoudre ; 2° que la demande soit in/roduc-

| live d'instance, c'est-à-dire qu’elle n’ait pas été formée à

l'occasion d'une demande déjà pendante. Toutefois, si la loi veut empêcher les procès, elle redoute un autre écueil, c’est d’entraver le cours de la justice par des formalités et des préliminaires inutiles. En conséquence, elle dispense de l’appel en conciliation toutes les fois que la cause requiert célérité on présente peu de chances d'accord; telles sont les demandes en intervention et en garantie, les demandes de “mise en liberté, main-levée de saisie ou opposition, payement de loyer, fermage, etc., les demandes contre plus de deux parties. Quelques autres exceptions à la règle générale découlent de ce principe que pour se concilier il faut que les parties soient capables de transiger, et que le différend puisse devenir la matière d’une transaction. Ainsi, sont dispensées du préliminaire de conciliation les demandes qui intéressent l’État, le domaine, les communes, les établissements publics, les mineurs, les interdits, les curateurs aux successions vacantes, etc.

Les demandes en séparation de corps sont dispensées du préliminaire de conciliation. L'épreuve de la conciliation devant le président du tribunal remplace dans cette matière la citation en conciliation au bureau de paix.

Le défendeur doit toujours être cité devant le juge de paix de son domicile. En matière de société, c’est devant le juge de paix du lieu où elle est établie ; et en matière de succession, dans la plupart des cas, devant le juge du lieu où lle est ouverte. Du reste, la loi n’impose pas nécessairement le juge de paix qu'elle indique. Il dépendra toujours des parties de se présenter volontairement devant un autre juge.

Les parties doivent comparaître en personne, ou, en cas d’empêchement, par l’entremise d’un fondé de pouvoir. Si l’une d’elles ne comparaît pas, il en est fait mention sur le registre et sur la citation. Elle encourt une amende de 10 francs. Bien que la comparution volontaire des parties évite les frais de citation, la citation est toujours né@ssaire pour justifier plus tard de l’appel en conciliation ; c’est dire que la conciliation n’est pas autant sans frais qu’on le pense.

Les effets de la citation, indépendamment des résultats de la comparution, sont: {° d'interrompre la prescription; 2° de faire courir les intérêts à dater du jour de la citation, pourvu que la demande soit formée dans le mois qui suivra la non-comparution ou non-conciliation. Si on laissait écouler ce délai, la citation devrait être réitérée.

Une fois les parties devant le juge de paix, il fallait leur laisser toute la liberté, toute la sécurité d’une discussion de famille. Aussi le demandeur pent-il augmenter, expliquer sa demande, et le défendeur former celles qu'il juge convenables. Si la transaction ne se parfait pas, il n’y a rien qui lie les parties, ni dans leurs demandes, ni dans leurs réponses. Le refus de prêter un serment déféré ne devient pas même un commencement de preuve pour le tribunal civil, devant lequel il sera toujours temps de le prêter. Si les parties ne s'accordent pas, le procès-verbal fera sommairement mention qu’elles n’ont pu s’accorder, Le Code aurait craint de gêner les parties , s’il les eût exposées à voir retarder leurs dires respectifs et les détails de leurs discussions, Si les parties se concilient, le procès-verbal contiendra les conditions de l'arrangement, et les conventions insérées auront force d'obligation privée. La loi n’a pas voulu donner à cet acte force exécutoire comme aux actes authentiques, pour empêcher les juges de paix et leurs greffiers d'anticiper sur les fonctions des notaires, Mais il dépendra des parties de donner cette force au procès-verbal, en demandant, d’un commun accord, jugement de leur transaction, soit en dernier ressort, soit à charge d’appel.

CONCINI (Coxcixo). Voyez ANCRE.

CONCISION (du latin concisio, formé de concidere, couper, tailler). Le meilleur moyen de se faire lire ou écouter avec faveur, c'est de dire beaucoup de choses en peu de mots, c'est d’être concis, La concisien est l’une des

CONCILTATION -— CONCLAMATION

plus précieuses, des plus rares qualités du style, et peutêtre aussi l’une des plus difficiles à acquérir ; car elle exige beaucoup d’habitude d'écrire, beaucoup d’ordre et de netteté dans les idées, une grande aptitude à trouver le mot propre, et surtout un goût assez éclairé pour savoir sacrifier à propos les ornements et les fleurs du langage à cette économie de paroles, si souvent nécessaire lorsqu'on est pressé de convaincre et de persuader. On peut dire que la concision est le dernier progrès auquel tout écrivain doit aspirer. Le désir excessif d’être clair, d’être eomplet, de paraître abondant et riche, rend quelquefois le style lâche et diffus; rien n’altère et n'affaiblit davantage la force et l'éclat des idées. Les langues anciennes, moins hérissées que la nôtre de conjonctions et de particules, plus propres aux ellipses et aux sous-entendus, se prêtaient mieux à la concision, Tacite nous en offreun exemple frappant. Nul écrivain ne se montre à la fois plus concis et plus énergique dans ses peintures. Cependant Montaigne reproche à Cicéron le défaut contraire,

En résumé, la concision consiste à éviter les tours tratnants, les mots parasites et les phrases incidentes, à éloigner du discours tous les détails inutiles et toutes les idées qui ne vont pas directement au but que s’est proposé l’écrivain ou l’orateur. >

L'énergie du langage résulte le plus souvent d’un tour concis, qui fait ressortir la pensée avec plus de force et d’éclat; tel est ce vers des Templiers, par Raynouard :

On les égorgea tous... Sire, ils étaient trois mille,

Sur le champ de bataille de Rocroi, le grand Condé interrogeant un officier espagnol sur le nombre des fantassins ennemis, celui-ci répondit, en montrant la terre, jonchée de cadavres : « Comptez! ils y sont tous, »

Il ne faut pas confondre la concision avec la briè veté et la précision, quoique ces trois qualités du style ne soient que des nuances d’une idée commune ; être bref, c’est parler peu; être précis, c’est ne rien dire de superflu ; être concis, c’est dire beaucoup en peu de mots,

L'écueil de la concision est l’obscurité, Boïleau l’a dit :

J'évite d’être long, et je deviens obscur,

En effet l'absence des transitions qu’on évite quelquefois d'indiquer laisse alors un vide dans le raisonnement, et nuit à la clarté, parce que les rapports d’analogie ou d'opposition des idées entre elles ne se font plus sentir suffisamment à l'esprit. Auguste HUSsOon.

CONCITOYEN, citoyen de la même ville, du même État qu’un autre, à la différence du compatriote, qui est celui qui a la même patrie, qui est du même pays qu'un autre. Il ne peut donc y avoir de concitoyens que dans les pays libres, puisque pour être concitoyens il faut jouir en commun de certains droits politiques. Ainsi on dira qu’un député a été honoré du suffrage de ses concitoyens ; les maires ne sont plus élus par leurs concitoyens, ce qui ne doit pas les empêcher de défendre leurs droits. On peut être habitants de la même ville, sans être concitoyens, si l'on n'y exerce pas les mêmes droits civils et politiques ; et l'on peut être concitoyens, sans être compatriotes : telle est la position des étrangers qui se sont fait naturaliser,

CONCLAMATION (en latin conclamatio, fait de clamare, crier), proprement : cri, clameur, voix de plusieurs personnes ensemble. Les anciens appelaient de ce nom une cérémonie pratiquée lorsqu'il mourait quelqu'un, laquelle consistait à annoncer le décès au son du cor ou de la trompette pendant huit jours consécutifs. Le bénédictin dom Jacques Martin dit que la conclamation était le premier devoir que les Romains rendaient aux morts, que l’origine de son usage remontait au delà de la fondation de Rome, que c'était de toutes leurs cérémonies la plus généralement et la plus religieusement vbservée, puisqu'elle ne s'est éteinte

CONCLAMATION

qu'avec le paganisme; que c'était enfin une cérémonie purement civile, qui ne faisait point partie de leur religion. Kirchmann ajoute qu'on appelait à grands cris le mort par son nom, avant de brûler ks cadavre, pour arrêter l’âme fugitive, ou la réveiller, si elle était cachée dans le corps qui ne donnait plus signe de vie.

Conclamation se disait aussi du signal qu’on donnait aux soldats romains pour plier bagage et décamper, d’où l’on fit l'expression conclamare vasa. Conelamare ad arma, au contraire, était, d’après Tite-Live, le signal de se tenir prêt à combattre. Les soldats répondaient par des cris à cette conclamation. Edme HÉREAU.

CONCLA VE (du latin conclave, chambre, cum clave, avec une clef, ce qui est mis sous clef). Ce nom, donné au lieu où se réunissent les cardinaux pour l’élection du pape, désigne aussi, par extension, l’assemblée elle-même. Dans l'origine, l'élection des papes, comme celle des évéques, se faisait publiquement et en toute liberté par le peuple et le clergé réunis; mais pour que ce mode subsistât sans abus il eût fallu que les cinq premiers siècles de l'Eglise se perpétuassent avec la modestie et la charité des premiers chrétiens. En seréservant le droit d'élection, le clergé ne put se mettre à l'abri des intrigues de l'ambition et des passions de la multitude; il ne put même conserver son indépendance. On vit plus d’une fois les empereurs, foulant aux pieds la liberté des suffrages, imposer à l’Église des pontifes de leur bon plaisir. Le droit d’élire les papes resta longtemps un objet de discussion entre les empereurs grecs et le clergé romain. Charlemagne avait conquis ce droit avec le protectorat de l'Occident. Toute la politique des papes tendit à le lui enlever, et la p'été de Louis le Débonnaire servit encore les dessems du saint-siége. Ce prince ayant renoncé volontairement à sa prérogative, l'élection des papes retourna un instant au clergé et au peuple romain, pour passer sans retour aux cardinaux. Dans un concile tenu à Rome en 1059, le pape Nicolas II décida qu'eux seuls traiteraient de l’élection des papes, et que le reste du clergé et du peuple donnerait son consentement à leur choix. Ce droit de confirmation, revendiqué pendant quelque temps par les empereurs, fut même retiré au clergé et au peuple par Alexandre IN, qui établit en 1179, dans Je concile de Latran, qu'une majorité formée des deux tiers des cardinaux nommerait exclusivement le pape. Enfin, après la mort de Cléinent IV, en 1258, les cardinaux ne pouvant s’accorder sur le choix d'un candidat , le saint-siége resta vacant pendant plus de deux ans. Pour faire cesser cet interrègne, le podestat de Viterbe les tint enfermés dans un palais jusqu’à ce que l’élection fût terminée; les cardinaux élurent alors GrégoireX, et ce pontife, en instituant le conclave, etablit avec plus de précision les formalités qui depuis ont toujours été suivies pour l'élection des papes. Mais cette disposition ne fut pas toujours strictement observée, car, environ quarante-cinq ans après, Jacques d’Ossa, depuis Jean XXII, fut obligé, après plus de deux ans de contestations, d’enfermer les cardinaux dans un couvent, et de leur signifier, à leur grande surprise, qu’ils n’en sortiraient pas avant l'élection du pape.

Lorsque la cloche du Capitole a annoncé la mort du souyverain pontife, le cardinal camerlingue se rend auprès du défunt, avec les membres de la chambre apostolique. Après avoir reconnu le corps, il reçoit l’anne au du pêcheur, et le rompt, parce que l'expédition des bulles cesse pendant la vacance du saint-siége. D’un autre côté, le doyen du sacré collége convoque les deux autres cardinaux chefs d'ordre (les plus anciens de l’ordre des prêtres et de celui des diacres) pour prendre avec eux les rênes du gouvernement et confirmer ou révoquer les officiers nommés par le pape. Pendant les neuf jours que durent les obsèques d’un pontife, les éardinaux se réunissent en congrégations générales : là ils jurent d’observer les constitutions pontificales sur le sonclave, désignent le lieu où ils doivent le tenir, chargen*

DICT. DE LA GONYERS. — T. Vi.

— CONCLUSION 217 trois d’entre eux d’en diriger les préparatifs et reçoivent les arnbassadeurs des puissances qui viennent exprimer leurs regrets sur la mort du pape. Le lendemain des obsèques, tous les cardinaux se rendent processionnellement au lieu qu'ils ont choisi, accompagnés chacun de deux ou trois conclavistes, ecclésiastiques désignés par eux et agréés par le coliége pour les servir, 11s renouvellent le serment de se conformer aux bulles apostoliques sur l'élection, serment qui est répété par tous les officiers du conclave; ils se rendent ensuite dans les cellules qui leur ont été assignées par le sort; ils y recoivent individuellement les félicitations du corps diplomatique, puis, au signal donné, tous les étrangers se retirent, le conclave est fermé. De ce moment plus de communication avec le dehors; la clôture la plus sévère est prescrite; la nourriture même, qui est apportée du dehors, est introduite par des tours et servie à chaque cardinal dans sa cellule, où personne ne peut entrer que ses conclavistes, qui remplissent à la fois auprès de lui les fonctions de secrétaires et de domestiques. Pendant la durée du conclave, les ambassadeurs viennent présenter leurs lettres de créance au sacré collége, les cardinaux chefs d’ordre les reçoivent à la grille, à moins qu’ils n’apportent, au nom de leur cour, l'exclusion de quelque prétendant : ils sont alors introduits dans le conclave et reçus par le corps entier des

cardinaux. | ; Les électeurs se réunissent deux fois par jour pour pro-

céder aux opérations du serment. Chaque cardinal écrit luimême, sur un premier pli de son bulletin, son nom, qu’il cache soigneusement ; sur un second pli, il fait écrire par son conclaviste le nom de celui auquel il donne sa voix; puis, sur un troisième, une devise qu’il a adoptée. Les bulletins ainsi pliés sont déposés dans un calice et dépouillés par deux scrutateurs. Après le scrutin, ils sont jetés au feu, afin que l'élu ne puisse connaître ceux qui auraient pu lui être contraires. Il s’ensuit que les premiers tours ne servent à autre chose qu’à faire connaître les candidats qui ont le plus de voix. C’est alors que les factions se donnent le plus de mouvement pour assurer l’élection de celui qu’elles ont en vue. Ce mot faction est consacré par l'usage pour désigner le parti de tel ou tel cardinal, Lorsque la voie du scrutin paraît faire traîner l’élection en longueur, on a recours à un autre mode, que l’on appelle per accessum, et qui n’est qu’une sorte de ballottage entre ceux qui réunissent le plus de voix ; les cardinaux ne peuvent plus alors voter en faveur de celui qu’ils portaient auparavant. Quelquefois on procède par acclamation : un des chefs de parti proclame le nom d’un cardinal ; si ce nom semble être accueilli avec faveur, tous s’empressent d’y donner leur adhésion, de peur d’encourir la disgrâce de celui qui serait élu malgré eux. 11 y a des exemples de papes qui se sont proposés eux-mêmes, comme Jean XXII. Enfin, quand les deux tiers des suffrages se sont réunis sur le même cardinal, on s’assure de son consentement; il indique le nom qu’il veut prendre; on dresse le procès-verbal de l’étection ; le premier diacre la fait connaître au peuple ; et le canon du château Saint-Ange en répand la nouvelle dans toute la ville. En même temps l'élu, revêtu des habits pontificaux, est porté dans la chapelle du conclave pour y recevoir la première adoration (sorte d'hommage que lui rendent les cardinaux) ; il reçoit la seconde dans la chapelle sixtine, et la troisième sur l’autel de Saint-Pierre. Le couronnement du pape comme chef temporel des Etats-Romains n’à lieu que plusieurs jours après.

L'abbé C. BANDEVILLE.

CONCLUSION (en latin conclusio, de concludere, fermer, terminer). C’est la fin d’une affaire, d’une délibération. C’est encore la conséquence que lon tire de quelque raisonnement, et surtout d’un argument en forme : la dernière partie d’un syllogisme.

La dernière partie d'un discours se nomme également conclusion. Elle comprend elle-même deux parties, ou

pour mieux dire elle a deux sortes de fonctions : lapremière consiste à faire une courte récapitulation des principales preuves, la seconde consiste à exciter dans l’âme des juges ou des auditeurs les sentiments qui peuvent conduire à la persuasion. La première partie demande beaucoup de précision, d'adresse et de discernement pour ne dire que ce qu'il faut, et pour rappeler en peu de mots et par des tours variés l'essentiel et la substance des preuves qu’on a déployées dans le discours. Mais l’éloquence réserve sa plus grande force pour la seconde partie : c’est par le secours du pathétique qu’elle domine et qu’elle triomphe.

CONCLUSIONS (Droit). On appelle ainsi l'exposé sommaire des demandes et des prétentions qu’on forme contre une partie adverse, et dont on réclame l’adjudication en justice.

Les conclusions ne peuvent pas être présentées oralement: elles doivent toujours être écrites, rédigées d’une manière succincte et précise, et signées par les avoués. Elles doivent précéder les plaidoiries; cependant, les parties peuvent par des conclusions additionnelles faire des modificatiens aux conclusions déjà prises, sans toutefois changer la nature de la demande; car pour cela, il faudrait introduire une nouvelle instance et commencer une nouvelle procédure.

Les conclusions sont principales quand elles ont pour objet le fond même du procès ; exceptionnelles quand le défendeur réclame une mesure préjudicielle ou incidente, comme la nullité d’une citation, ou une déclaration d’incompétence; subsidiaires lorsqu'elles viennent à l’appui des conclusions principales, pour les compléter ou les remplacer dans le cas où celles ci ne seraient pas admises par le tribunal ; motivées, c’est-à-dire indiquant les divers moyens de la demande, lorsqu'elles sont destinées à tenir lieu derequêtes dans les affaires qui doivent être jugées sommairement et à peu de frais.

On appelle aussi conclusions l'opinion émise à l’audience par le ministère public dans les causes où il porte la parole. Mais ici cette expression ne s'emploie qu'en matière civile; en matière criminelle les conclusions du ministère public prennent le nom de réquisiloire. Aug. Hussox.

CONCOMBRE, plante annuelle de la famille des cucurbitacées; on la croit originaire des Indes, On en cultive plusieurs espèces, qui ne sont, à proprement parler, que des variétés du cucumis salivus ou concombre ordinaire, savoir : le concombre jaune, de moyenne grosseur, long et frès-productif, mais que sa chair, d’un blanc moins pur que celle du concombre de Bonneuil , fait quelquefois négliger, surtout depuis que le concombre blanc a pris une faveur marquée dans la composition de la pommade de concombre; le concombre blanc hétif et le concombre jaune hâtif, moyens et propres aux cultures souswerre; le concombre blanc de Bonneuil, le plus gros de tous; le concombre blanc de Hollande, moins gros et propre aux cultures sous châssis ; ie pelit concombre vert, dit cornichon, très-petit, toujours vert, race ou espèce jardinière, spécialement employée à faire des cornichons, qui portent le nom de cornichons de Paris, parce que les cultivateurs de cette ville sont encore les seuls qui aient l’art de maintenir cette sous-variété du concombre dans les limites et la couleur verte propre et caractéristique du petit cornichon vert, tandis qu'ailleurs il dégénère en peu d’années ; le concombre de Russie, le plus petit et le plus hâtif de tous, se cultivant dans les serres; le concombre serpent , dont lé fruit, flexible et très-long (il a quelquefois plus d’un mètre), se confit comme les cornichons. On cuitive encore avec succès le concombre à angles tranchants, dont le fruit, connu sous le nom de papangaie ou paponge, est bon et d’une odeur agréable; le concombre d'Égypte, le concombre de Perse et le concombre d'Amérique, dont les fruits alimentaires, dans toutes les espèces, aug-

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