CONCOURS GÉNER AL — CONCRET
signalés, M. Duruy, alors ministre de instruction publique, institua, en 1864, les concours académiques et le concours général des départements. Les lauréats des premiers, qui ont lieu chaque année entre les lycées et les colléges de la même académie universitaire, prennent part au second : ceux d’entre eux qui ont mérité la première place dans les facultés pour lesquelles un prix d'honneur a été créé à Paris, reçoivent un grand prix et jouissent desavantages attachés aux prix d’hooneur, tels qu'exemption du service militaire et des frais d’études pour les écoles spéciales. Depuis 1868 l’enseignement technique doit être représenté dans ce nouveau concours général.
Parmi les lauréats du concours général de Paris quiont remporté l’un des trois prix d'honneur ( rhétorique, philo sophie, mathématiques) dans la nouvelle université, nous citerons les suivants : MM. Naudef, en 1803 ; Le Clerc (Victor), en 1806; Cousin (Victor), en 1830; Wailly (Alfred de), le lexicographe, en 1817 ; Cuvillier-Fleury, académicien et député, en 1819; Drouyn de Lhuys, ancien ministre, en 1823; Ravaisson, en 1832; Huet (François), en 1833 et 1834; Despois, en 1836; Rigault, en 1840 ; Burnouf (Emile), en 1841; Caro, en 1845; Taine, en 1847, et About (Edmond)
en 1848.
CONCRET.,. Le mot concret est employé en philosophie pour désigner l’idée opposée à celle du mot abstrait. Notre esprit semble avoir créé labs traction, puisque l’abstrait n'existe qu’en lui et que par lui, Pour mieux désigner cette création de la pensée et la formuler plus clairement, nous avons donné un nom à son contraire : ce qui existe avec toutes ses qualités constituantes, avec tous ses éléments réunis, tel enfin que l’a créé la nature, nous l'avons appelé concret ( concretum ), mot qui signifie composé, agrégé, compacte, parce que la réalité ne nous présente en effet que des qualités réunies, agrégées , et pour ainsi dire incorporées au sujet où elles coexistent , et dont elles sont inséparables. Nous ne voyons au dehors de l’esprit que des êtres concrets, des composés dont les éléments rassemblés forment d’indissolubles faisceaux. Quelle que soit l’analyse que nous fassions matériellement subir aux objets que le monde extérieur nous présente, quelque ténues que soient les parties dans lesquelles nous pouvons les résoudre, quelle que soit la simplicité apparente des éléments auxquels nous pouvons les ramener, ces parties, ces éléments ne présentent jamais que du concret, c’est-à-dire que l'esprit y reconnaîtra toujours un certain nombre de qualités réunies entre elles, et comme attachées à un être qui leur sert de lien et d'appui, sans lequel on ne peut concevoir leur existence, et qu'on norame force, substance, sujet. Ainsi, la molécule, dont nous sommes forcés de supposer l'existence, et que nos moyens de connaître ne peuvent atteindre directement , est pour nous un objet concret, quoique nous la regardions comme ce qu’il y a de plus simple et de plus élémentaire dans la nature extérieure. Nous sommes toujours obligés de lui reconnaître certaines propriétés qui lui ôtent par leur présence cette simplicité qu’il n’est donné qu’à la pensée de concevoir, 11 n’y a donc rien de simple dans Ja nature, et notre raison se refuse à le supposer. Cela est si vrai que le temps et l’espace, qui existent, à coup sûr, ne peuvent être conçus par la pensée comme ayant une existence propre et indépendante, et que notre esprit est forcé d'en faire les attributs du grand être.
Les objets matériels ne sont pas les seuls qu’on puisse nommer concrets. Le monde spirituel lui-même n'offre rien d’abstrait quant aux êtres dont il se compose. Ainsi, l'âme de tel individu est simple par rapport à la matière, en ce qu'elle ne peut se diviser comme elle en parties distinctes, mais elle est composée, ou, pour mieux parler, concrète, aux yeux de la pensée, qui peut l’analyser en ses différents éléments, et en abstraire les qualités qui la constituent. Elle y trouvera l'élément affectif, l'élément actif, l'élément