‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 171 sur 607 · CONCRET — CONCRÉTIONS · texte numérisé non relu

CONCRET — CONCRÉTIONS

intellectuel; et comme chacun d'eux ne peut exister isolément, il en résultera que l'âme pour l'esprit sera quelque chose de concret, |

Il y a une distinction à faire entre le simple et l’abstrait, entre le composé et le concret, qu’on semble au premier abord pouvoir prendre indifféremment l’un pour l’autre. Les mots simple, composé, ont une signification plus étendue

que les mots abstrait et concret. On donne en général la dénomination de simple à tout ce qui est regardé comme élémentaire et indécomposable , soit dans la nature, soit par la pensée, Ainsi, on appelle corps simples ceux au delà desquels l'analyse chimique est impossible, comme aussi l’on nomme simples les idées que la pensée a abstraites, et au delà desquelles elle ne peut pousser son analyse. Mais les corps simples ne sont pas des abstractions : l'hydrogène est une substagce concrète, puisqu'elle se présente à nous avec des propriétés multiples que la pensée distingue et sépare. On voit donc que le simple s'applique à plus de choses que l’abstraié. XI en est de même du mot composé, qui peut ne pas toujours être synonyme de concret, et qui s'applique à plus de choses. Aïnsi, la volonté est une abstraction, et cependant c’est un phénomène résultant de lalliance du principe actif et du principe intellectuel, et par conséquent un phénomène composé. On voit donc que tout ce qui est concret est composé, mais que tout ce qui est composé peut ne pas être concret. Le mot abstrait est donc spécialement employé pour désigner ce qui est décomposé par la pensée et ce qui ne pourrait exister isolément dans la nature; le mot concret, pour désigner ce qui a une existence propre et indépendante dans la réalité, et dont les qualités constitutives ne sauraient être séparées autrement que par la pensée. C.-M. PAFFE.

En chimie, le mot concret désigne un composé de plu-

sieurs substances différentes.

En arithmétique, les nombres concrets sont ceux dont la nature des unités est désignée : 20 hommes, 37 arbres, sont des nombres concrets ; 20, 37, sont des nombres abs{rails.

CONCRETIONS. Les éléments vitaux et les matières salines qui entrent dans la composition des humeurs, tant chez les hommes que chez les animaux, peuvent quitter l'état liquide et se réunir sous la forme solide, sans devenir pour cela partie constituante des organes. Les corps émanés de cette origine portent le nom de concrétions. On trouve des concrétions dans toutes les parties de l'économie où il existe des fluides sécrétés, digestifs ou circulatoires, c’est-à-dire partout ; mais les lieux où on les observe le plus souvent sont les cavités muqueuses et les organes parenchymateux. On en a des exemples dans lestubercules pour les poumons, le foie, le cerveau; dans les calculs biliaires ct salivaires, pour le tube digestif; dans le gra vier et la pierre pour les voies arinaires. L'influence qui amène ces concrétions est le plus souvent difficile à apprécier. On a bien remarqué que le froïd et l’humidité favorisent la formation des tubercules, surtout aux poumons, et que l’usage habituel d'aliments suceculents est une condition qui prédispose au dépôt de la matière crétacée (urate de soude) qui se rencontre si souvent dans les articulations des gontteux ; mais la plupart des circonstances qui déterminent, hâtent, préviennent ou retardent la formation des concrétions diverses auxquelles l’espèce humaine est sujette, nous échappent jusqu’à présent. 11 y a cependant une exception remarquable sous ce rapport, elle est relative aux concrétions urinaires. On sait aujourd’hui assez bien quelles causes provoquent la précipitation des parties salines de l'urine sous forme de sable, quelles conditions favorisent leur réunion en gravier, leur accroissement en pierre. On a reconnu que l’alimentation animale, sans doute en portant beaucoup d’azote dans le corps, fait surabonder dans l’urine l’acide urique dont ce gaz est un des principaux élernents, et que l'usage, comme aliment, des substances telles

DICT,. DE LA CONVERS. — T

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que l’oseille, qui contiennent de l'acide o xalique, précède presque toujours le développement des concrétions d’oxalate de chaux. On a constaté aussi que toute circonstance , touts maladie, telles que les rétrécissements de l’urètre, le catarrhe de la vessie, la paralysie de cet organe, qui retarde la marche de l'urine, et surtout oblige ce fluide à séjourner dans ces voies, aide singulièrement à la précipitation de ses éléments concrescibles. On a remarqué enfin que plus nous portons d’eau dans le sang par les boissons, les bains ou tout autrement, plus cette eau est froide et chargée de principes diurétiques, et plus les urines sont étendues, plus nous facilitons la dissolution des sels qu’elles contiennent, et moins nous restons exposés à la gravelle et à ses conséquences.

Les effets des concrétions varient suivant les lieux qu’elles occupent, suivant le volume, la forme et la composition qu'elles offrent. En général , elles troublent plus ou moins les fonctions des organes où elles siègent , et le trouble premier qu’elles y apportent est surtoul physique, c’est-à-dire dû à l’action mécanique du corps étranger. C’est ainsi que le cérumen de l'oreille une fois solidifié empêche les rayons sonores d'arriver au nerf acoustique, et devient par-là une cause de surdité. C’est ainsi que les calculs biliaires obstruent le canal cholédoque, et s’opposent au passage de la bile dans les intestins. De cet effet résultent ensuite, comme effets secondaires, la décoloration des matières stercorales, la lenteur de leur marche ou même leur arrêt, le mélange de la bile avec le sang, la couleur jaune de la conjonctive, la teinte également jaune et quelquefois noire de la peau, un sentiment de démangeaison sur toute la surface du corps, en un mot tous les symptômes de la jaunisse. C’est encore ainsi que la pierre, par son contact avec les paroïs de la vessie, par ses chocs sur elle, par sa présence momentanée au col de l’organe , donne lieu à des hémorrhagies, à des rétentions subites, à des besoins fréquents et impérieux d’uriner, à des douleurs vives quand on satisfait à ces besoins, devenant plus vives encore dès qu’on y a satisfait. Ensuite, elle provoque le catarrhe vésical et amène, par voie de continuité et de sympathie, un sentiment de chatouillement, d’ardeur au gland, de gêne, d’embarras dans les reins. Viennent enfin les conséquences de ces désordres locaux , la fièvre, les dérangements des fonctions digestives, etc. Le diagnostic des concrétions , facile quelquefois, comme lorsqu'il y a une pierre dans la vessie ou lurètre, ou bien des tubercules avancés dans les poumons, est très-difficile d’autres fois, comme dans les cas de tubercules au foie ou au cerveau.

Il est évident que pour prévenir les concrétions, quelles qwelles soient, la première chose à faire serait d’en éloigner la cause; mais celle-ci, nous l’avons dit, est le plus souvent inconnue, et, partant, on ignore. dans la plupart des cas, les moyens de la combattre. Cependant, l’observation a fourni quelques données importantes à cet égard. C’est ainsi qu’on a remarqué qu’un des meilleurs moyens de prévenir les tubercules, soit dans les poumons, soit dans le mésentère, est d'éviter le froid et l'humidité. C’est encore ainsi que, d’après des recherches faites par nous-mêmes, et desquelles il résulte qne les animaux herbivores sont très-sujets à ce genre de concrétions, tandis que les carnivores le sont très-peu , il est naturel de penser qu'un régime où les végétaux dominent est propre à favoriser ces concrétions, et que par conséquent il y a, sous ce rapport, avantage à se nourrir principalement avec des substances animales. Il est certain aussi que le régime végétal est un moyen de prévenir les graviers et les calculs d'acide urique, ainsi que cenx d'urate de soude et d’urate d’ammoniaque, et qu’en éloïignant de sa table l'oseille et les aliments qui contiennent de l'acide oxalique, on se met en quelque sorte à l'abri des pierres d’oxalate de chaux. L'observation a appris enfin qu’étendre les urines, en portant beaucoup d’eau dans je

sang, el entretenir la régularité de leur cours, sont de bons moyens de prévenir la formation des concrétions urinaires , quelles qu'eiles soient.

Quand une fois les concrétions sont formées, les moyens préservatifs n’ont en général d'influence que pour retarder leur développement. Toutefois, leur usage, qui dans tous les cas est une condition essentielle de la guérison, a suffi quelquefois pour amener celle-ci, alors surtout que les concrétions sont petites et placées de manière à être rejetées par. les, voies naturelles. Mais il y a des agents, en petit nombre à la vérité, qui paraissent avoir une action directe sur certaines de ces concrétions. C’est ainsi que le bicarbonate de soude, tel qu’on le donne en poudre, en pastilles, en dissolution dans l’eau sucrée, et tel qu’on le trouve dans les eaux de Vichy, et même dans celles de Contrexeville, alors qu’il est pris à la dose d’un, à deux gros, attaque évidemment les concrétions d'acide urique et celles formées par les sels de.cet acide. Mais ce moyen doit être continué longtemps pour devenir et rester efficace. J’ai opéré de la pierre plusieurs malades qui s’en étaient servis d’abord avec un avantage très-notable, et qui pour en avoir ensuite négligé l’emploi avaient été affectés plus tard de concrétions incurables de cette manière,

Les solutions d’hydrochlorate d’ammoniaque, de soude, 1e potasse, celles d’acétate de potasse et de savon, conseillées vontre les calculs biliaires, ont, nous aimons à le croire, ime action favorable sur cette maladie, mais elle n’est pas encorebien démontrée par l'expérience. Quant au traitement de Durande, opposé à la même affection, et qui consiste dans nn mélange dé trois parties d’éther sulfur'que et de deux parties d'essence de térébenthine, il est purement empiriques la chimie ne rend pas raison de son action ; il est même douteux qu'elle soit réelle.

Quand les concrétions, comme celles de l’urètre, de la vessie ou du conduit auditif, sont à la portée des instruments, on va les saisir, les diviser, et l'on cherche à les extraire ou à les faire sortir par la voie naturelle, C’est là un effet qu’on obtient à l’aide d’une pince ou même d’une simple curelte, lorsqu'il s’agit de l'oreille, de l’urètre, et de quelques autres parties, et pour lequel on a recours à divers instruments, quand il faut manœuvrer dans la vessie. La lithotritie n’est autre chose que cela. Dans le cas où le volume excessif de la pierre ou une complication grave mettrait obstacle à la lithotritie, la taille, c’est-à-dire l'incision des parois abdominales et l’ouverture de la vessie pour y prendre la pierre, est une opération extrême, à laquelle on peut recourir, mais dont les chances de succès sont bien plus faibles, surtout dans de telles conditions,

Lorsque les concrétions, comme les tubercules pulmonaires , sont placées trop profondément pour que les instruments aillent les chercher, soit par la voie naturelle, soit par une voie artificielle, et que les médicaments m'ont pas de prise directe sur elles, on est réduit au traitement palliatif; on ne peut faire que la médecine des symptômes. C’est ainsi qu'on cherche à calmer la toux, la fièvre et les autres accidents des poitrinaires, à l’aide des boissons mucilagineuses, gommeuses, gélatineuses, des préparations opiacées, et de mille autres moyens, qui malheureusement se montrent presque toujours insuffisants. C’est encore ainsi que, dans le cas de maladie des reins, on combat les coliques néphrétiques par les saignées, les bains, les cataplasmes émollients et les boissons émulsives, D' SÉGALAs,

CONCUBINAGE, vient de cum cubare, termes qui expliquent suflisamment la cohabitation entre les sexes. Ce commerce habituel, privé de la sanction des lois civiles et religieuses, n'offrant aucune garantie de durée, aucun droit fondé sur un contrat pour assurer l'existence aux enfants qui résultent de ces unions illégitimes, est lune des plus funestes plaies des sociétés, on corrompues, où mal a8sises, par l'extrême inégalité des rangs et des fortunes, Le

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