‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 172 sur 607 · CONCRÉTIONS — CONCUBINAGE · texte numérisé non relu

CONCRÉTIONS — CONCUBINAGE

concabinage est une sorte d'éfat de nature, au milieu de l'état social, et la foule misérable des bâtards dont

vient la source impure est rejetée comme une caste de parias sans propriétés, sans droits, sans moyens d'instruction, à travers la masse des citoyens. Il en est résulté dans les colonies à nègres la classe des hommes de couleur, mulâtres ou petits blancs, dedivers sangs; comme dansles Indes orientales on se plaint de ce que les possessions, anglaises se remplissent de créoles bâtards, redoutables par leur nombre, dont les pères sont Anglais ou Européens, et les mères, de race hindoustane. Partout où les lois ont.créé des rangs et des professions consacrées au célibat, comme des ordres religieux, un état militaire permanent, un long servage domestique, partout où elles ont permis de contracter des vœux de continence, de chasteté solitaire, la nature violentée s’en est dédommagée d'ordinaire par le concubinage. ‘ role

Dans je concubinage il y a nécessairement dépravation des sentiments naturels, puisque, chaque individu ne se liant avec un autre que par le seul attrait d’un besoin voluptueux, il n’en résulte communément ni estime morale ni confiance mutuelle ; l'être le plus faible, craignant tôt ou tard de se voir abandonné, peut faire plus d'efforts, sans doute, pour plaire, mais en même temps il tire parti de la passion qu’il sait inspirer pour se préparer un sort indépendant à Pavenir. Personne n'’ignore que la plupart des coneubines et des maîtresses on rument les vieux célibataires, ou savent s’en faire des esclaves, ou réussissent à s'en faire épouser. Le concubinage résulte non pas, comme on l'a dit, de la seule pauvreté, qui priverait des moyens de nourrir une femme et des enfants, car on voit beaucoup de pauvres associer avec courage leur misère par un mariage qui unit leurs efforts laborieux, mais surtout de l'extrême inégalité des fortunes ou des rangs et des éducations, Tel homme riche prend une maîtresse, et non pas une femme; il se croit plus indépendant : il n’a point à supporter les tracas dun ménage et des enfants; 11 n’est pas lié à un être égal à lui en droits. Malgré toutes les incompatibilités qui peuvent se dévoiler après qu'on a prononcé le owi fatal, madame et monsieur sont irrévocablement aftachés, selon nos lois, à ce nœud indissoluble. Malheur aux unions mauvaises ou mal assorties! Elles deviennent souvent le désespoir de Ja vie; elles en ont porté l’amertume jusqu'au crime, Il y à des mariages de mort. De si redoutables exemples ont pu effrayer des êtres faibles, Ce sont pour d’autres des prétextes de liberté, ou plutôt de libertinage. Toutefois, si l’union conjugale a ses inconvénients et ses périls, croit-on que le concubinage en soit exempt? Loin de là, il est moins naturel à l'espèce humaine que le mariage, car celui-ci est la règle habituelle dans toutes les nations, où une femme est attribuée constamment à un homme.

Tous les animaux ne peuvent pas être considérés comme en concubinage dans leurs liaisons d'amour, puisqu'une foule d'oiseaux et de mammifères s’apparient par une sorte de mariage. Les unions les plus vagues parmi les brutes, quand elles sont le prix du courage et de la conquête, comine chez les carnivores, ennoblissent les races et augmentent la vigueur, la beauté; mais la plupart de ces unions fortuites entre hommes et femmes, tous ces exploits de la Venus vulgivaga, toute cette crapuleuse promiscuité des sexes dans les grandes villes ( celles des manufactures et surtout celles de garnison), ne donnent que les plus ignobles produits. On se fait à peine une idée de la pitoyable progéniture qui résulte de ces concubinages honteux et dégoütants de débauche; de là vient que les hospices d'enfants trouvés regorgent d'êtres tortus, cagneux , rachitiques, maléfciés, qui en mourant (heureusement pour eux) échappent par milliers à une existence de douleur et d'infortune, Voyez-les, hâves, rabougris, émaciés, bossus et boiteux, à poitrine resserrée, végéter à peine, car ils

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