CONCUBINAGE — CONCURRENCE
penchant que nous avons tous au mal, penchant qui se perpétue dans les baptisés et dans les justes, comme une conséquence, une suite, une peine du péché originel et pour servir d'exercice à leur vertu.
CONCURRENCE, CONCURRENT (| mots faits, comme concours , du latin cum, avec , et currere, courir). Indépendamment de la signification commerciale , qui a pris une grande extension, une extension politique mème, dans notre siècle éminemment spéculateur, concurrence signifie, dans l’usage habituel, la prétention réciproque de deux personnes à une même charge, à une même dignité, ou à tout autre avantage. En jurisprudence, concurrence se dit de l’action simultance d’un droit égal. Dans les distributions de deniers, on ordonne que ceux qui ont le même droit seront payés par concurrence au marc le franc. Concurrence signifie aussi un payement au prorata de la duite. Les deniers provenant de la vente de meubles seront payés au propriétaire jusqu’à concurrence des loyers qui lui sont dus. En théologie, on dit concurrence des offices, concurrence des fêtes, quand il y a coïncidence le même jour entre deux offices, deux fêtes différentes.
Concurrent est synonyme de compétiteur. « La plupart se consoleraient de leurs disgrâces, dit le Père Bouhours, si leurs concurrents n'étaient pas plus heureux qu'eux. » La puissance souveraine ne veut point de concurrent ni de compagnon. Octave fut heureux de se délivrer d’un concurrent aussi redoutable que Marc-Antoine.
Charles Du Rozom.
CONCURRENCE ( Libre). L'infaillibilité, relative, bien entendu, de l'intérêt individuel et l'impuissance en matière de direction scientifique, artistique et industrielle, des pouvoirs administratifs et gouvernants , tel est le principe le plus général du système de la libre concurrence : c'est la clef de voûte de la théorie. Jamais l’administration, disent les partisans de la concurrence, ne connaîtra aussi bien que le propriétaire l'emploi le plus lucratif et le plus utile d’un instrument de travail. Plus vite et plus sûrement que tous les règlements, l'intérêt individuel poussera les capitaux, les bras et les intelligences dans les directions les plus profitables ; l'intérêt privé n’est accessible à aucune des considérations qui influencent toujours plus ou moins Padministration : il ne voit et ne cherche qu’une chose, son gain, et l’on sait que le gain social n’est que la somme des gains privés. Ainsi donc laissez faire , laissez passer : Liberté pleine et entière à l'emploi des bras , au placement des capifaux : les branches lucratives seront seules cultivées; les branches stériles seules abandonnées ; d'elle même, la répartition des capitaux et des bras se proportionnera aux besoins des diverses parties de l'atelier industriel; car les fonds et les ouvriers iront foujours là où ils seront le mieux payés; ils quitteront vite et sansautre avertissement que celui de l'intérêt les emplois où l'offre surpassera la demande. Quel meilleur moyen de pousser vite et loin tous les progrès que d’en laisser le champ librement ouvert à toutes les capacités? le plus habile, le plus inventif, le plus économe, l'emportera. La concurrence efface le privilége et tue le monopole : elle ne laisse entre les hommes que les saintes et ineffaçables inégalités du génie, de l’activité et de l’aptitude; elle spécialise naturellement l'emploi des facultés, et sans violence pousse chacun à la place où il est le plus utile; rien au monde ne peut remplacer l'excitation de la lutte et de la compétition ; la concurrence suscite le génie par la nécessité, l’entretient par l’émulation, l’aiguillonne sans cesse par la rivalité. Grâce à elle, chaque homme développe sa spontanéité et prend possession de lui-même ; grâce à elle la société tout entière profite, et de l'économie plus grande des moyens de production, et de l’abaissement constant des prix de vente, et des travaux perpétuellement renaissants de tant de génies qu'auraient engourdis les règlements les plus habiles.