CONDUIT
très-apparents, appartiennent au tissu celluleux des extrémités de ces mêmes os et à celui des os courts; vt 3° ceux qui aboutissent au tissu compacte, et qui, rendus visibles par le sang de leurs orifices dans l’état frais, ne sont que de véritables pores très-déliés. 11 ne faut pas confondre ces trois sortes de conduits nourriciers des os longs des membres avec les canaux ou conduits veineux des os du crâne et des vertèbres qui communiquent avec les sinus veineux du cerveau et de la moelle épinière. L'usage permet de dire indifféremment conduits ou canaux dentaires, conduits ou canaux excréleurs des glandes, conduit ou canal thoracique, conduit où canal déférent ; mais on emploie toujours de préférence le mot conduit dans la dénominanation de tous ceux indiqués ci-dessus. L. LAURENT.
CONDUITE. C'est l'action de conduire, de mener, de guider. La conduite, en termes de marine, consiste dans l'ensemble des frais de route qu'on paye aux marins de tout grade pour se rendre au lieu d'embarquement ou pour retourner dans leurs quartiers. Chez les ouvriers, surtout dans les devoirs du compagnonnage, parmiles soldats qui s’en vont dans leurs foyers ou qui ont Jini leurs temps, il est d'usage entre camarades de conduire le camarade à une certaine distance du lieu qu'on habite, et de ne pas le quitter sans avoir bu, trinqué, chanté avec lui et lavoir embrassé avec effusion à plusieurs reprises. C’est ce qu'on appelle faire la conduite.
Conduite se dit aussi de la direction d’un ouvrage, d’un projet, d’une affaire. La conduite d'un poëme épique ou dramatique signifie, en littérature, la manière dont les événements , les incidents y sont disposés ou amenés; et en musique, l'art de mettre en œuvre le motif d’une composition et d'en lier les parties.
Enfin, conduite se dit de la manière d’agir, de la façon dont chacun se gouverne dans les choses mora'!es ; et en ce sens avoir de la conduite signifie absolument avoir une conduite sage et réglée, comme manquer de conduite est l'équivalent de se conduire en toutes choses sans tenue, sans aplomb, sans prudence. La conduite de la vie importe si essentiellement à notre bonheur et à la tranquillité de ceux qui nous entourent, qu’on ne saurait trop tôt lui donner une bonne direction et lui imposer des règles; mais ces règles ne sont pas toujours absolues : elles dépendent souvent des circonstances où nous nous trouvons, des lois et des mœurs du pays où nous vivons, des goûts, des penchants naturels de chacun. Le meilleur et le plus sûr n’est pas de régler sa conduite sur celle des autres, mais de la mettre en rapport, en harmonie avec sa conscience : celle-ci ne trompe jamais.
CONDUITE DES EAUX, On nomme ainsi la voie artificielle par laquelle les eaux sont amenées au lieu de leur destination, lorsque cette voie n’est ni un canal niun aqueduc, ou lorsqu'elle réunit plusieurs sortes de constructions. L'art de faire ces conduites impose à l'ingénieur l'obligation de ne pas se borner à des connaissances superficielles, et si les livres ne lui procurent pas assez d’instruction, il faut qu’il y supplée par ses recherches. Outre la théorie mathématique du mouvement des liquides , il a besoin d'appliquer la mesure aux résistances qui ralentissent ce mouvement, aux effets du frottement contre les parois des tuyaux, des changements plus on moins brusques de direction et de vitesse. Quant à la connaissance exacte des matériaux qu’il emploie, de la résistance dontilssont capables, de leur durée, etc., s’il n’en était pas suffisamment pourvu, il s’exposerait à des bévues aussi graves que celles qu’on reproche au constructeur de l’ancienne machine de Marly. Cet ingénieur liégeois n'avait que peu de notions sur la ténacité des tuyaux de fonte en raison de leur diamètre et de leur épaisseur ; et, au lieu de faire sur cet objet quelques expériences peu dispendieuses , qui ne l’auraient pas occupé plus d’un mois, il supposa que ces tuyaux n'avaient pas
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même la dixième partie de leur solidité réelle, et n'osa les charger que du quart de la hauteur de la colonne d’eau qui s'agissait d'élever. Ainsi, trois étages de réservoirs et de pompes furent établis entre la Seine et l’aquedue, et il fallut que les roues mues par le fleuve transmissent le mouvement à toutes ces pompes, à une distance de 7 à 800 mètres, au moyen d'autant de systèmes de barres de fer dé, y avait de pompes à chaque réservoir.
On a prétendu que l'art de conduire les eaux n’a pas fait de progrès chez les modernes, et que les anciens y excellaient autant que nous : cette "opinion semble appuyée par les monuments de cet art élevés par les Romains dans une grande partie de l’Europe, et dont les ruines nous étonnent encore par leur grandeur. Mais il ne fallait presque point d'art pour ces ouvrages gigantesques ; ils s’élevaient aux frais de provinces qu'on ne craignait point d'accabler du poids énorme de contributions de toutes espèces, et celle-Jà était de ce nombre, ainsi que les chemins attribués aux légions romaines. Cependant les Égyptiens avaient réellement porté très-loin toutes les applications de l'hydraulique, Ils donnèrent à César une preuve alarmante de leur habileté dans l’art d'élever les eaux et de les conduire par des voies souterraines. Lorsqu’à la suite de la bataille de Pharsale le vainqueur poursuivit son rival jusqu’en Égypte, il commença par occuper la citadelle d'Alexandrie, et ne fut maître de la ville qu'après avoir été assiégé lui-même dans sa forteresse. Un seul puits fournissait de l’eau pour toute sa troupe : au bout de quelques jours , l’eau devint saumâtre, et la salure augmentant continuellement, cette petite armée était au désespoir. Le grand général sut les tirer d’embarras, mais il admira les travaux dirigés contre lui avec un art dont il n'avait jusque alors aucune idée, si l’on en juge par ce qu’en dit l’histoire de cette campagne de César. Pour la conduite des eaux telle que les Romains la prafiquaient pour leurs fontaines publiques et leurs naumachies, l’art du maçon était suffisant. En Égypte, il fallait élever les eaux, au lieu de leur tracer une voie pour descendre, et l’art du mécanicien était nécessaire. Cet art a certainement fait de nombreuses et importantes acquisitions dont les modernes ne sont pas redevables aux anciens. Ainsi, les diverses applications qu’on peut en faire ont aujourd’hui plus de ressources qu’à aucune époque antérieure, et de plus la multiplication et l'emploi des métaux à de nouveaux usages ajoute encore aux moyens de conduire non-seulement les eaux, mais des fluides, à des distances illimitées. FERRY.
CONDYLE ( de xévôvios, nœud, jointure). On se sert de ce nom en ostéologie pour désigner certaines éminences , qui sont les unes articulaires (condyles de l’occipital, de la mâchoire, du fémur), les autres non articulaires (condyles ou tubérosités de l’humérus ou os du bras). C’est à tort qu’on a donné ce nom aux surfaces concaves de l’extrémité supérieure de l’os de la jambe appelé fibia.
De condyle sont dérivés : 1° condylien, c’est-à-dire qui a rapport aux condyles : il y a deux fosses condyliennes , l’une antérieure, l’autre postérieure, aux éminences articulaires de l’occipital ; 2° condyloïde ou condyloïdien, signifiant qui a la forme d’un condyle (de xéyôvhos et de aôoc, forme); exemple : l’'apophyse condyloïde de la mâchoire inférieure. L. LAURENT,
CONDYLOME (de x5Y8v)oç, éminence). Les pathologistes désignent sous ce nom des excroissances charnues, molles, indolentes, qui se développent au voisinage de la région anale, quelquefois sur les doigts et les orteils, et qui sont produites par le virus syphilitique. Ces tomeurs sont le résultat de la végétation morbide du tissu cellulaire cutané. Celle-ci n’est autre chose qu’une exuhérance de putrition sur quelques points de la peau, qui donne lieu à des prolongements plus ou moins resserrés à leur origine, et offrant une surface arrondie comme une éminence osseuse articulaire, à laquelle on les a comparés. L. LAURENT.
CONDYLURE , genre de carnassiers, de la famille des insectivores, qui rappellent par leur port, leur aspect, la conformation de leurs membres et les proportions de leur tête, les taupes, avec lesquelles ils avaient été autrefois confondus, mais qui s’en distinguent par leurs narines, entourées de petites pointes cartilagineuses et mobiles, représentant une espèce d'étoile quand elles s’écartent, et par leur queue, lus longue, quoique également revêtue d’une peau ridée {ransversalement, sur laquelle les poils sont rares. Le nom de condylures (de x6vôvaos, renflement formé par les articulations , et oùg4, queue) leur a été donné parce qu’on croyait à tort, d’après un dessin de Lafaille, que les intervalles des replis de leur queue étaient renflés en nodosités.
Les condylures semblent réunir les deux sortes de dentitions des insectivores : en effet, à leur mâchoire supérieure sont deux larges incisives triangulaires, deux extrêmement petites et grèles, et de chaque côté une forte canine; à linférieure , quatre incisives couchées en avant, et une canine pointue, mais pelite; leurs fausses molaires supérieures sont triangulaires et écartées, les inférieures tranchantes et dentelées. Les habitudes de ces animaux , qui n’ont encore été observés que dans l'Amérique septentrionale, sont trèspeu connues. Leurs mains, conformées pour fouir, leur servent à se creuser des taupinières , et leur manière de vivre a sans doute beaucoup de rapport avec celle des taupes. Des quatre espèces qu’on en distingue maintenant, une seule est surtout connue, les autres étant incertaines ou mal déterminées : C’est le condylure à museau éloilé (condylura cristata, Desm.; sorex cristalus, Linné), semblable à notre taupe, au nez près, mais à queue presque double en longueur. 11 est commun au Canada, et se trouve aussi dans plusieurs contrées des États-Unis, particulièrement en Pensylvanie, DÉMEZIL.
CÔNE (Géométrie), nom générique de tout corps dont la surface est engendrée par une droite (génératrice) qui, issue d’un point fixe (sommet), glisse sur une courbe donnée (directrice). Si cette courbe a un centre, la droite qui va du sommet à ce centre est l'axe du cône; si c’est une circonférence , le cône est dit à base circulaire ; si de plus Paxe est perpendiculaire au plan de la base, le cône est droit. Toute section plane de la surface latérale d’un cône reçoit le nom de section conique.
Le cône droit à base circulaire peut être regardé comme engendré par la révolution d’un triangle rectangle tournant autour un des côtés de son angle droit. Ce côté est l'axe, et l'autre est le rayon de la base du cône. Quant à l'hypoténuse, elle en forme le côté ou l’apothème. Pour mesurer ce cône, on démontre qu’il est la limite, tant en surface qu’en volume, de lapyramide polygonale régulière. De là il résulte que le volume du cône est égal au tiers du produit de sa base par sa hauteur, et que sa surface latérale est représentée par la moitié du produit de la circonférence de s* Lase par son apothème, de sorte que R étant le rayon de la base du cône, H sa hauteur et C son côté, on a,
pour le volume, V=—;7xR?XH, pour la surface, S—7rRXC.
Si l’on coupe un cône droit par un plan parallèle à sa base, et que l’on enlève le petit cône ainsi déterminé, on peut mesurer le {ronc du cône qui reste en le considérant comme la différence de deux cônes. Les résultats que l’on obtient sont susceptibles d’être ainsi transformés : on trouve,
pour le volume, v—3xA(R?+7?+Rr), pour la surface, s—xc(R+r), c, h,r, désignant respectivement le côté, la hauteur et je rayon de la base supérieure du tronc du cône, E,. MERLIEUX,
La perspective lincaire est une des applications de la théorie des surfaces coniques. Comme toutes ces surfaces sont développables, c'est-à-dire susceptibles d’être étendues
CONDYLURE — CONE
sur un plan, sans que les dimensions d'aucune de leurs parties soient altérées, on les emploie utilement à la construction de quelques cartes géographiques, surtout pour celles des contrées qui s'étendent plus en longitude qu'er latitude, comme par exemple l'empire de Russie. Dans les arts mécaniques, les surfaces coniques et les cônes droits à base circulaire sont presque seuls en usage. Leur forme est exécutée facilement sur le tour ; ce sont des moules dont on sépare sans difticulté les matières moulées ; un cône roule sur un plan presque sans frottement, et deux cônes dont le sommet est au même point roulent aussi l’un sur l’autre comme sur une surface plane. Ces propriétés de la forme conique donnent lieu à des applications si multipliées, qu’il serait impossible d’en faire l’énumération complète; il faudrait y placer un grand nombre d’ustensiles de ménage : les entonnoirs, les seaux , etc., et les cornets de papier ne devraient pas même être oubliés. Ferry.
COÔNE ( Histoire naturelle). La conchyliologie et la butanique se sont emparées de ce mot pour désigner l’une des coquillages , et l’autre des fruits dont la forme est à peu près conique ; mais il ne faut pas attacher à ce nom la rigueur des notions géométriques. Les coquillages que l'on nomme cônes dans Ja langue savante sont des cornets dans le langage vulgaire; ils constituent un genre qui renferme plus de deux cent cinquante espèces, dont plusieurs sont d’une beauté remarquable et d’un prix très-élevé. Voici leurs caractères génériques : Coquille univalve,; contournée, plus ou moins conique, et dans quelques espèces cylindrique ; ouverture longitudinale, linéaire, sans dents, versante, échancrée au sommet ; columelle lisse, base ouverte, rarement échancrée, droite. Lamarck a divisé les cônes en deux grandes séries, l’une comprenant toutes les espèces dont les tours de spire sont lisses, l’autre ne renfermant que celles dont les tours de spires sont ornés de tubercules plus ou moins gros, plus ou moins espacés. Il a donné à ces derniers le nom de cônes couronnés.
Le cedo nulli est le plus célèbre de tous ces coquillages, surtout la variété à quatre bandes, dont deux sont formées de cordelettes de grains blancs, bleus, rouges. C’est dans les mers de l’Amérique méridionale qu’on le trouve, et il faut remarquer que toutes les variétés de cette espèce habitent près des côtes du nouveau continent et des Antilles, entre les tropiques. En général, les cônes ne se trouvent point dans les hautes latitudes; la Méditerranée n’en contient qu'une seule espèce ; mais parmi celles que l’on trouve fossiles en plusieurs lieux de l’Europe, il en est dont les analogues vivants ne se trouvent aujourd’hui que dans les mers de l'Asie ou de l’Afrique. Les cedo nulli sont des coquilles de très-haut prix, quoique leur longueur n'excède pas cinquante-quatre millimètres ; mais comme ils sont rares et très-recherchés, tous les faiseurs de collections s'empressent d’avoir au moins une des variétés de cette belle espèce : au commencement du dix-huitième siècle, le prix d’une seule coquille était de plus de 1,000 francs de notre monnaie, et il est encore aujourd’hui d'environ 300 francs.
Le cône impérial, que les amateurs nomment cowronne impériale, est moins célèbre que le précédent; il n’a pas été le sujet d'autant de dissertations, et cependant sa valeur commerciale est encore plus élevée, Sa longueur est au moins de moitié plus grande que celle du cedo nulli. On distingne trois variétés de cette coquille, toutes trois à tête aplatie, à fond blanc, mais qui diffèrent par la couleur des deux zones qui les entourent : dans la première, ces zones sont fauves, rayées de noir et de blanc; dans'la seconde, un orangé foncé remplace le fauve, et dans la troisième, les raies sont plus noires, interrompues et comme brisées, On les trouve toutes les trois dans l'Océan Indien.
Parmi les autres cônes couronnés , il en est plusieurs dont les noms, très-vulgaires, éioignent toute idée de fas de grandeur : tele sont les cônes pigüre de mouches, morsure
CONE — CONECTE
de puces, souris, papier turc, etc., elc. Le cône royal méritait d'être tiré de cette classe plébéienne, à cause de son extrême rareté et de sa beauté. Il est plus petit que l'impérial, d'un beau rose, traversé dans le sens de sa longueur par des bandes onduleuses d’un pourpre foncé. C’est aussi une production de l'Océan Indien.
Dans le nombre des cônes non couronnés, l'amiral est un des plus beaux et des plus variés. On y connait, outre l'amiral ordinaire, le grand amiral, le double amiral, l'extra-amiral, le contre-amiral, l'amiral masqué, et enfin l'amiral grenu et le vice-amiral grenu. On a même prolongé cette singulière nomenclature à mesure que de nouveaux individus de cette espèce offraient quelques difiérences dans les bandes colorées , la distribution des taches ou leur grandeur, Il y a tout lieu de croire que ces variations ne tiennent qu’à des causes locales ou ne sont même que des effets de l’organisation individuelle , d'accidents, de l'âge des habitants de ces coquilles ; les amiraux atteignent quelquefois la longueur de sept centimètres, diffèrent peu les uns des autres quant à la couleur du fond , en sorte que les caractères distinctifs ne doivent être cherchés que sur les bandes ou ceintures , dans les taches, le poli ou le grenu de la surface, et de légères nuances de la couleur du fond, qui est d’un fauve orangé plus ou moins foncé. C'est encore des mers asiatiques, près de l'équateur, que cette espèce nous est venue.
Les cônes profée et Zéonin ont tant de ressemblance entre eux, qu’on est surpris de les voir séparés en deux espèces. Si la seconde est réunie à la première, le nom de protée sera justifié; car on y remarquerait de nombreuses variétés. En France, les amateurs de coquilles lui donnent le nom de spectre, et le distinguent en oriental, occidental, ponctué à figures, ponctué sans figures, rouge, brun, caché. Sa longueur n'excède pas six centimètres. Sa couleur est d’un blanc plus ou moins pur : des rangs circulaires de taches rouges, brunes ou noirâtres; des points distribués irrégulièrement ou formant des figures ; des lignes transversales dont la position varie beaucoup, tels sont les signes qui font reconnaître les variétés, et qui en ont fourni la dénomination. Les conchyliologistes qui distinguent les protées des leonins se fondent sur ce que les premiers appartiennent à l’océan asiatique, et les seconds aux parages du nouveau continent.
On a vu les cônes chargés d'une couronne, et ensuite ceux qui sont privés de cette distinction ; voyons maintenant ceux qui perdent la figure conique et se transforment en cylindres, mais sans changer de nom ; car les nomenclateurs ne sont pas scrupuleux sur l'emploi des mots hors de leur sens ordinaire. Parmi ces cônes cylindriques, nous ne pouxons nous dispenser de faire mention de celui qui, dans les collections, porte le nom pompeux de gloire de la mer. Sa longueur est d’environ neuf centimètres, dont le cinquième est une spire de forme pyramidale, Toute sa surface est couverte de stries circulaires très-fines, plus saillantes et plus écartées vers l'extrémité opposée à la spire. Le fond blanc est couvert d’un réseau tantôt d’un jaune tirant sur l’orangé, et tantôt brun. Ce tissu forme sur la coquille des bandes étroites, distinctes, et qui laissent apercevoir d’autres mailles encore plus fines. Le sommet présente des nuances de rose ou d’un violet clair. Le lieu natal de ce cône est l’océan asiatique,
‘Le cône drap d’er mériterait mieux qu'aucun le nom de protée. Aucune autre espèce de ce genre n’admet un aussi grand nombre de variétés. L’un de nos conchyliologistes décrit ainsi le drap d’or ordinaire : « Fond blanc sillonné circulairement, et marbré d’un beau jaune orangé vif, avec un grand nombre de lignes onduleuses et de traits d’un brun &ès-foncé, qui laissent beaucoup de taches grandes et pelites du fond, soit triangulaires, soit en forme d'écailles. » On peut juger des variétés par les noms qui les désignent : celles
de la forme sont les cônes cannelé, ovoide, ventru, comprimé, allongé, pyramidal; les diverses dispositions des couteurs ont donné le fascié, le rayé; enfin, des changements considérables dans les couleurs ont introduit les dénominations de cônes bleu, rouge, rose, Chacune de ces variétés est fréquemment réunie à plusieurs autres, dans les mêmes parages. L'espèce est en quelque sorte cosmopolite ; car on la trouve dans toutes les mers équatoriales,
Si nous pénétrons dans l'intérieur de la terre jusqu'aux couches qui sont les archives de la nature vivante, nous trouvons des cônes dont les couleurs ont tout À fait disparu, mais qui ont conservé leur forme et leurs dimeusiong, Ces expèces fossiles e, nombre d'environ cinquante, ap partiennent pour la plupart aux divers étages des terrains tertiaires. Cependant on en a trouvé une dans des terrains crétacés de la Touraine et une autre dans le lias du Calvados. En France, on rencontre des cônes fossiles depuis le département des Ardennes jusqu'à celui de Loir-et-Cher : Courtagnon, les environs de Soissons, Grignon, près de Versailles, et Pont-Levoy, sont les lieux où l'on trouve ces coquilles dans le meilleur état de conservation.
En botanique, les cônes (sérobili) sont des fruits composés d’écailles ligneuses ou coriaces attachées par leur base à un axe commun, autour duquel elles sont disposées, et qu’elles enveloppent en se recouvrant l’une l’autre partiellement, en sorte que leur extrémité seulement est apparente au dehors. Lessemences sont logées entre ces écailles, Comme cette définition n’indique pas la forme des fruits, on ne wuit pas ce qui justifierait le nom qu’on leur a donné. Toutes les espèces de pins portent des cônes suivant les botanistes, et le vulgaire n’y voit que des pommes. En effet, ces fruits d’une figure ovoïde ressemblent assez bien à quélques variétés de pommes; ceux des sapins sont allongés, et dans quelques espèces, diminués vers le sommet, en sorte qu’ils peuvent être assimilés à des cônes tronqués ; mais d’autres espèces, très-remarquables, portent des fruits à très-peu près cylindriques , et qui seraient mieux désignés par le mot bdfon que par le nom qu’on leur donne. FERRY.
CONECTE (Tnowas), carme breton, un des prédicateurs les plus célèbres du quinzième siècle, ayant obtenu quelque réputation dans sa province, quitta son couvent de Rennes, et vint en Flandre et en Artois vers l’an 1428, suivi de quelques disciples, entouré d’un foule considérable, et monté sur un petit mulet dont les nobles etles bourgeois se faisaient honneur de tenir la bride. Il prêchait, non dans les églises, mais sur les places les plus vastes, et il n’était pas rare de voir se presser autour de sa chaire quinze à vingt mille personnes. Il attaquait surtout la licence du haut clergé et la parure des dames. Violent et outré, il excitait les enfants à poursuivre ces dernières et à leur arracher les ornements, d’une hauteur ordinairement ridicule, dont elles se couvraient la tête. Plusieurs se convertirent, et apportèrent leurs parures, qui furent livrées aux flammes. Obligé de quitter la France, il se rendit en Ilalie, et devint le réformateur des carmes de Mantoue. Il se dirigea ensuite vers Rome, en passant par Venise; mais le pape le fit saisir; son procès fut instruit, et, en 1434, il fut brûlé comme hérétique. Plus tard, les protestants le mirent au nombre de leurs martyrs, et dirent qu'il n'avait été condamné à mort que pour avoir demandé la réforme de l’Église. Simple dans ses manières, évitant le monde, refusant de prendre part aux festins d’apparat, ne voulant accepter aucun don ou argent, ne permettant pas de quéter pendant ses prédications , il fut le premier au moyen âge à séparer dans les cérémonies religieuses les hommes des femmes, à l’aide d’une corde tendue au milieu de son auditoire. Son éloquence populaire était telle, que des joueurs lui apportaient leurs échiquiers, leurs dés, leurs cartes, et queles gens du peuple arrachaient et conservaient comme do précieuses reliques les poils de son mulet. Ce fut surtout à Lyon, à Valencien-
nes, à Tournai, à Arras, etc., qu'il se livra à la prédication. . A. D'HÉRICOURT.
CONEGLIANO, ville d'Italie, dans la province de Trévise, sur le chemin-de fer de Vénise à Udine, admirablement située au versant d’une colline et sur les bords du Montignano, compte 7; 500 habitants, qui fabriqueat des draps et des soieries. Près de là, sur un monticule, s'élèvent les ruines d’un ancien château fort d'où l’on jouit d2 la vue la plus étendue sur une plaine de toute beauté terminée au nord par les Alpes.
L'empereur Napoléon 1° avait donné au maréchal M o nce y le titre de duc de Conegliano.
CONFARRÉATINN ( Confañfeatio ). C'était à Rome une manière-de contracter mariage à l'usage des seuls patriciens. Elle s’observait avec un cérémonial tout particulier, et nécessitait la présence de dix témoins. Pendant le sacrifice, les mariés mangeaient d’un gâteau ou pain de froment, en signe d'union (panis farreus ), d’où est venu le - mot de confarréation. La femme épousée avec lessolennités réquises pour cette sorte d’union participait à tous les droits de son mari, et prenait dans sa succession une part égale: à celle des enfants ; à défaut de ces derniers, elle était reconnue héritière universelle; c’est ce que les Romains apfaient convenire in manum.tanquam agnala, Venir sous la puissance du mari comme sa plus-proche héritière. A la femme seule ainsi mariée appartenait avaut le règne des décemvirs le nom de mère de famille. Le divorce après une union ainsi contractée se faisait par une cérémonie analogue : c'était la diffarréalion. Edme HéREAu.
CONFECTION (en latin confectio, formé du verbe conficere, faire, achever). Ce nom signifie l’action de faire, de former, d'achever, de parfaire, de finir une chose. Il se dit de certains actes : la confection d’un terrier, d’un invenlaire. ,
En pharmacie on entend par confection un médicament
de consistance pulpeuse , composé d’un certain nombre de
poudres, le plus souvent tirées du règne végétal, et de sirop ou de miel, qui diffère peu des élecluaires, des conserves et des opiats.
Dans quelques arts mécaniques, il s'emploie dans le sens de faïre ou fabriquer, et s’entend particulièrement aujourd'hui, dans les arts qui concernent l'habillement, des vêtements fabriqués d'avance sur des mesurés communes. La vente de ces habits tout confectionnés au comptant a opéré une révolution dans Part du tailleur, miné par l'abus du crédit, la règle étant de faire payer les bons clients pour les mauvais. Si élle exige une plus grande avance de capitaux, elle donne de l'économie dans la coupe, comme dans l'achat des étoffes et dans la main-d'œuvre, l’ouvrier n'étant astreint ni à essayer, ni à retoucher, ni à perdre, ni, il faut le dire, à si bien faire. D'un autre côté, le consommateur ést toujours sûr de trouver l'habillement qui lui plaira le jour où il en aura besoin ; et comme il achète argent à la main, il ne paye que ce qu’il doit user personnellement, La confection écoule en outre ses produits en province el à l'étranger. Si ses habits durent trois fois moins, ils coûtent deux fois meilleur marché : cela suffit à lui assurer la préférence dans notre siècle faux calculateur. Pour les femmes, la confection comprend les pelisses, mantelets et manteaux. Depuis longtemps elle est pour Paris un objet d'exportation,
CONFÉDÉRATION, mot fait de la particule latine cum, et de fœdus, génitif fwderis, qui signifie alliance, ligue, traité. 11 s'entend à la fois des alliances que les Etats ou les peuples font entre eux, et des ligues que des sujets mécontents ou révoltés forment pour leur indépendance, la défense de leurs intérêts ou l'obtention de nouveaux droits. Tous ceux qui sont parvenus à s'unir dans un des buts que nous venons d'indiquer prennent le non de confédérés.
Les confédérations d'États sont des associations de plu- «aus Elats fondées sur un pacte en vertu duquel chacun
CONECTE — CONFÉDÉRATION
d'eux, représenté par des délégués, s'engage à prendre une part active à la défense des droits et des intérèts commu
Les États-Unis d'Amérique forment une grande re dération,. composée de petites républiques, son chacune
| leurs franchises ét leurs coutumes, mais administrées po"
litiquement par un pouvoir central et par des représenté {s chargés de veiller au maintien de la constitution : g'nérale et de l'indépendance commune, D’autres confédérations ont été tentées avec moins de succès dans le Nouveau Monde. En Europe l'Allemagne se constitua en Confédération du Rhin, puis en Confédération germanique, enfin en Confédération de l'Allemagne du Noïd.
On désignait autrefois, en Pologne, sous le nom de confédérations, les ligues que formait.une certaine partie de la noblesse à l'effet d'imposer. par la force ses volontés au pouvoir royal. Dans ce pays, on le sait, la noblesse constituait seule la nation; le trône était électif, et’ c'était une turbulente aristocratie” qui élisait le souverain. Mais elle prétendait aussi avoir le droit de le déposer, s’il s’avisait de ne pas faire en tout ses volontés. Jugeait-elle la prolongation du mandat royal incompatible avec le maintien de ses priviléges, elle montait à cheval, se confédérait, et traduisait à sa barre le souverain qu ’elle déclarait parjure- à ses sermenis. D'ailleurs, point de complots occultes, point d'intrigues sourdes et ténèbreuses : tout se faisait franchement et au grand jour. Une énergique protestation, enregistrée préalablement dans les greffes des tribunaux locaux, exposait ses plaintes contre le gouvernement; et l'acte de confédération une fois signé, les gentils-hommes opposants proclamaiant des lois, dictaient leurs conditions, entamaient
| des négociations, et traitaient de puissance à puissance avec
le roi:
Le premier exemple de la mise en pratique du droit d'insurrection, considéré par la noblesse polonaise sinon comme le plus saint des devoirs, du moins comme le plus essentiel de ses priviléges, date de la fin du règne de Sigismond.1°'. Plusieurs milliers de gentils-hommes se réunirent à Léopol, portant des plaintes contre le roi, la reine, le sénat et les grands ; une forte pluie suffit pour disperser cette masse confuse d'individus qui ne savaient trop ce qu'ils faisaient ni ce qu'ils voulaient, On donna à ce rassemblement tumultueux, et à quelques autres encore qni eurent lieu postérieurement le nom de rokosch, emprunté aux Hongrois, qui appelaient ainsi leurs assemblées, lorsqu'en cas de danger commun ils se réunissaient dans la plaine de Rokosch, voisine de Pesth. Plus tard, Sigismond HI ayant osé contracter mariage avec une archiduchesse d'Autriche, contrairement à l'avis du sénat, nouvel appel à Pinsurrection. Cent mille hobereaux montèrent à cheval, avec Zebrzydowski et Fanus Radzivill à leur tèle; mais ils ne lardèrent pas à s’apercevoir qu’ils étaient des machines dont quelques ambitieux se servaient dans leur intérêt particulier : aussi l’acte de confédération de Sandomir, daté de 1670, porta-f-il à peine 50,000 signatures. Pour la première fois ou vit alors une association d'individus prendre onvertement les armes contre le roi élu par la volonté nationale; cette association fut vaincue, mais la diète de Pologne ne laissa pas encore de faire des réserves expresses pour déclarer légitime la résistance à tout empiétement de la couronne sur les droits du pays. Dès lors cependant, le nom de rokosch, synonyme de rébellion dans la langue slave, varut peu convenable pour désigner l'exercice d'un droit garanti par la loi à tous les membres de l'aristocratie, et fut remplacé par celui de confédération.
A l'époque de Jean-Casimir, en 1655, une confédéralion de la noblesse qui eut pour centre Tyszowie débarrassa la Pologne de la présence des nombreux ennemis qui déjà en rêvaient le partage. En 10672, la confédération de Golomb eut lieu dans l'intérêt du faible roi Michel et pour le protéger contre les faclieux. En 1704 on vit se former