CONFÉDÉRATION — CONFÉDÉRATION DU RHIN
* ses devoirs. Toutes les forces de terre et de mer étaient
cieux confédérations, l'une à Sandomir, en faveur de l'électeur de Saxe, le roi Augustede Saxe ; l’autre à Tarnogrod, dans les intérêts de son compétiteur, Stanislas Leckzinski, le protégé de Charles XII.
La pensée qui présida à la formation de la confédération de Ba r fut grande et patriotique ; celle qui inspira la confidération de Targowitz, an contraire, fut un crime de lèse-nation, et amena l’anéantissement définitif de la Pologne comme nation indépendante. L'une et l'autre sont l'objet d'articles spéciaux dans ce livre.
Les bandes mercenaires dont se composait l'armée nationale polonaise s'avisèrent plus d’une fois, quand leur solde n'était pas exactement acquittée, de lever, elles aussi, l'étendard de l'insurrection, à l'instar des gentils-hommes. Abandonnant leurs quartiers ou leur camp, elles se répandaient dans le pays, qu’elles pillaient et rançconnaient à merci, tant que le gouvernement ne réussissait pas à trouver les ressources nécessaires pour solder leur arriéré. A ces insurrections de reîtres et de soudards on donnatf la dénominalien particulière de zwionzek; des hobereaux seuls pouvaient se confédérer.
CONFÉDÉRATION DE L’'ALLEMAGNE DU NORD, C'est de la guerre de 1866 entre la Prusse et l'Autriche qu'est sortie la Confédération de l'Allemagne du Nord; c'est une autre guerre, celle de 1870 entre la Prusse et la France, qui mit fin à sa courte existence. Au commencement du siècle, la Prusse avait déjà caressé le projet, pour faire contrepoids à l'influence française, de former, sous son protectorat, une confédération des princes da nord de l'Allemagne ; projet qu'anéantit la campagne de 1306. La défaite de l'Autriche à Sadowa et la dissolution de la Confédération germanique lui fournirent le moyen, avec le consentement tacite du gouvernement français, de le mettre à exécution.
La Confédération de l'Allemagne du Nord comprit tous les pays allemands situés au nord du Mein, à savoir : le royaume de Prusse tout entier, et celui de Saxe, les grandsduchés de Mecklembourg-Schwerin, de Saxe-Weimar, de Mecklen:bourg-Strelitz et d’Oldembourg, les duchés de Brunswick, de Saxe-Meiningen, de Saxe-Altembourg, de Saxe-Cobourg et d’Anhalt, les principautés de Lippe-Detmold , de Reuss (aînée et cadette), de Schwarzhourg-Rudolstait, de Schwarzbourg-Sondershausen , de Waldeck
et de Schaumbourg-Lippe, les villes libres de Hambourg, |
Brème el Lubeck, et une partie de Hesse-Darmstadt, En y jo goant le Hanovre, le Nassau, le Schleswig-Holstein, le Lanembourg, Francfort, pays conquis par la Prusse, la population du nouvel Etat s'élevait, à la fin de 1867, à 34,985,000 habitants, tandis que l’Allemagne du midi (Bavière, Wurtemberg et Bade) n'avait à lui en opposer que 8,037,870.
D’après le pacte signé à Berlin les 18 et 21 août 1866, les confédérés conclurent entre eux une alliance offensive et défensive dans le but de maintenir l'indépendance et l'intégrité de leurs États, et de protéger la prospérité du peuple allemand. Ua projet de constitution, élaboré par les plénipotentiaires des 22 États confédérés, fut accepté par le parlement le 17 avril 1867. En voici les disposilions principales. Le pouvoir législatif était exercé par deux chambres : le conseil fédéral, composé de 43 membres (17 pour la Prusse), et le parlement ou reichsrag, élu directement pour trois ans, ayant droit d'initiative, indépendant du conseil, mais obligé d'admettre ceux de ses membres qui désiraient y être entendus. La présidence appartenait à la Prusse, qui en cette qualité représentait la Confédération à l'étranger, faisait la guerre et la paix, concluait les alliances et les traités; en outre, elle nommait le
chancelier et les fonctionnaires fédéraux, convoquait et dissolvait les deux assemblées, promulguait la loi et forçait par voie d'exécution chacun des confédérés à remplir
placées sous le commandement du roi de Prusse,
Pen lant quelque temps, le gouvernement impérial, qui avail favorisé cét énorme accroissement de la Prusse, erut possible d'établir, sous le protectorat de l'Autriche, une Confédération de l'Allemagne du Sud. Non-séulement l'Autriche se refusa à ce chimérique projet; mais Ja Prusse en anéantit même l’espérance en s’empressant de conclure avec Bade, la Bavière et le Wurtemberg (18, 22 et 26 août 1866) des conventions secrètes par lesquelles, outre l'alliance qu’elle léur offrait et la garantie de leurs territoires, elle s’arrogeait le droit, en cas de guerre, de disposer de leurs soldats. Le rétablissement de l'empire d'Allemagne (18 décembre 1870) mit fin à l'existence politique de la Confédération de :’Allemagne du Nord.
CONFEUERATION DES PRINCES {en allemand Fus/enbund). On désigne sous ce nom, dans l’histoire moderne, une ligue suscitée au siècle dernier parmi les différents princes souverains de l’Allemagne, par le roi de Prusse FrédéricIl, à l'effet de combattre les empiétements de l’empereur Joseph IT sur la constitution de l'Empire. Quand, en 1777, à la mort de l'électeur de Bavière Maximilien Joseph, ses Elats passèrent par voie de succession à l'électeur palatin Charles-Théodore, Joseph'IT conçut le projet d’arrondir ses États héréditaires en y incorporant la Bavière. La guerre de succession de Bavière el la paix de Teschen, conclue le 13 mai 1779, déjouèrent momentanément ses plans. Mais en 1784 Joseph tenta de les réaliser par la voie des négociations, et alors linébranlable fermeté du duc de Deux-Ponts, Maximilien Joseph, héritier présomptif de la Bavière à la mort de l’&lecteur Charles-Théodore, et qui depuis fut roi de Bavière, les ft échouer de nouveau, appuyée qu’elle fut par les énergiques déclarations de la France et de la Russie, garantes de la paix de Teschen. L'empereur n’en persista pas moins à ne pas renoncer à ses prétentions sur la Bavière. Aussi, en mars 1785, le roi de Prusse Frédéric II en prit-il occasion pour provoquer les électeurs de Saxe et de Hanovre à former avec lui, pour le maintien et la défense de la constitution de l'Empire, une ligue qui, en dépit de tous les efforts de l'Autriche et de la Russie, fut conclue à Berlin le 23 juillet 1785, sous la dénomination de Æuwrs= tenbund, entre la Prusse, la Saxe, et le Hanovre. Les mesures prises pour empêcher l’incorporation de 1 Bavière à l’Autriche par voie d'échange étaient l’objet d’un article secret du traité. Peu de mois après, l'électeur de Mayence et son coadjuteur Dalberg, l'électeur de Trèves, le landgrave de Hesse-Cassel, les margraves d’Anspach et de Bade, les ducs de Deux-Ponts, de Brunswick, de Mecklembourg, de Saxe-Weimar et de Saxe-Gotha, et enfin le prince d’Anbalt-Dessau accédèrent à la ligue. En présence d’une semblable démonstration, l'Autriche et Ja Russie jugèrent à propos de renoncer complètement à leurs projets. É >
CONFÉDÉRATION DU RHIN. La merveilleuse campagne de 1805 et la bataille d’Austerlitz, qui la termina, eurent pour résultat immédiat la dissolution de l’empire d'Allemagne.
Le 12 juillet 1806, seize princes allemands, à savoir les nouveaux rois de Bavière et de Wurtemberg, l'électeur de Bade, le duc de Clèves et Berg (JoachimMurat}, le landgrave de Hesse-Darmstadt, les princes de Nassau-Usingen, ! Nassau-Weïilbourg, Hohenzollern-Hechingen , Hohenzollern-Sigmaringen, Salm-Salm et Salm-Kyrbourg, le duc d’Aremberg, les princes d’Isembourg-Birstein et de Liechtenstein,, et le comte de la Leyen, déclarèrent se séparer de l'Empire et former entre eux une confédération particulière sous le nom d’États confédérés du Rhin. Le 6 août suivant l'empereur François II abdiqua son titre d’empereur d’Allemagne et de roi des Romains.
L'acte constitutif de la Confédération du Rhin, au bas duquel la signature du prince de Liechtenstein fut apposée à son insu, donnait à l’étecteur ex-archichancelier de l'Em-
pire le titre de prince-primat, à l'électeur de Bade, au
landgrave de Hesse-Darmstadt et au duc de Berg celui de grands-ducs, avec tous les droits, avantages et priviléges de la royauté, au prince de Nassau-Usingen le titre de duc, et au comte de la Leyen celui de prince. Quant à
Pempereur Napoléon, il se réservait le titre de Protecteur :
de la Confédération du Rhin.
La création de cette confédération fit perdre aux villes impériales de Nuremberg (qui passa sous la domination de la Bavière) et de Francfort (qui fut adjugée au princeprimat) leur indépendance politique. En outre, un acte de médiatisation plaça désormais sous la souveraineté des différents princes dans les États desquels étaient situées leurs possessions, les princes de Nassau, de Hohenlohe, de Schwartzenberg, de Linanges, de la Tour-el-Taxis, Y'Œitingen, de Fugger, de Metternich, de Furstenberg et 4 Solms, le landgrave de Hesse-Hombourg, un grand nombre de comtes de l’Empire et le reste de la noblesse allemande. Les membres de l’Empire ainsi médiatisés ne conservèrent plus que leurs biens patrimoniaux et leurs propriétés particulières, leurs droits de juridiction en première et en seconde instance, ainsi que leurs droits féo-: daux et leurs privilèges relatifs à l'exploitation des mines.
Le but de cette confédération était d'assurer à ses membres la paix intérieure et extérieure; ils devaient en toute occasion faire cause commune les uns avec les autres et avec la France. Si l’un d’eux était attaqué ou menacé, tous ls autres étaient tenus, à l'appel du Protecteur, de prendre les armes et d’accourir au secours de leur confédéré. Quoique Napoléon dût en être le Protecteur, il n’y avait pas, à proprement dire, de chef de la confédération auquel les différents princes quila composaient dussent être soumis à ce titre. Une assemblée de la confédération, composée de deux colléges, celui des rois, où les grands-ducs avaient aussi droit de siéger, et celui des princes, devait se réunir à Francfort-sur-Mein, à l'effet de délibérer sur les intérêts communs des confédérés. Le prince-primat en était le président suprême, et il était plus particulièrement chargé de présider le collège des rois; la présidence du collège des princes était dévolue au prince de Nassau.
Le prince-primat venant à mourir, c’élait le Protecteur qui désignait son succ-sseur, Les membres de la confédération ne pouvaient prendre du service que dans les ar= mées d’un de leurs cenfédérés, ou dans celle de ses alliés, ou encore aliéner leur souveraineté qu’au profit d’un con« fidéré. Enfin, des droits civils absolument égaux étaient garantis, dans tous les États confédérés, aux catholiques et aux protestants.
Dès le 25 septembre 1806 on vit l'électeur de Wurtzbourg accéder, en sa qualité de grand-duc, à la Confédération du Rhin. De son côté, la Prusse s'était proposé, pour faire contre-poids à l'influence toujours croissante de la France, de constituer une autre confédération, qui eût été composée des princes du nord de l’Allemagne et placée sous son protectorat particulier; projet qu’anéantil la campagne de 1806, pendant laquelle l'électeur de Saxe, après s'être détaché de l'alliance de la Prusse, et avoir conclu sa paix particulière avec la France, à Posen, le 11 décembre 1806, prit le titre de roi, et accéda à la confédération du in. Autant en firent quatre jours plus tard, le 15 dééembre, les cinq maisons ducales de Saxe: et en vertu de Sonventions signées le 13 avril 1807, à Varsovie, les deux
ces de Schwartzhourg, les trois lignes ducales d’Analt, les princes de Lippe-Detmold et de Lippe-Schaumbourg, et les diverses branches de la maison de Reuss, y furent aussi admises, Le royaume de Westphalir, créé au profit de Jérôme, fut égilement appelé à [uire partie de