‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 189 sur 607 · CONFÉDÉRATION DU RHIN — CONFÉDÉRATION GERMANIQUE · texte numérisé non relu

CONFÉDÉRATION DU RHIN — CONFÉDÉRATION GERMANIQUE

la confédération du Rhin. Enfin, on y reçut encore les ducs de Mécklenibôurg-Strelitz (18 février 1808), de Mecklembourg-Schwerin (22 mars 1808), ainsi que le duc d’Oldembourg (14 octobre 1808). À ce moment la confé-

dération comptait 14,608,877 habitants, sur un territoire |

d'environ 3,263 myriamètres carrés : enfin, par suite de ces additions successives, l’armée fédérale, primitivement fixée à un contingent de 63,000 hommes, atteignit le chiffre de 119,180 hommes.

Ce fut le Protecteur qui le premier porta atleinte à l'in

dépendance et à la sécurité des princes membres de la confédération du Rhin, en prononçant par un simple décret la réunion à la France des embouchures de l’Escaut, de la Meuse, du Rhin, de l’Ems, du Weser et de l’Elbe.

Ce décret spoliateur enlevait à la conféderation 1,133,057 .

habitants.

Napoléon ne respecta pas davantage l'engagement qu'it avait pris de ne jamais porter atteinte aux droits de souverainelé des princes confédérés, ni intervenir en quoi que ce fût dans leurs affaires intérieures, Placée à la discréion d’un orgueilleux Protecteur, la confédération du Rhin n’eut jamais d'existence réelle, non plus que de consistance

à l’extérieur. Les Allemands, qui avaient salué avec joie

la destruction du Saint-Empire, ne tardèrent pas à s'aper-

cevoir que leur prétendu Protecteur n’avait en vue que

d’affaiblir assez leur pays pour pouvoir quelque jour le dépecer en départements français. Tant qu'il fut le plus fort, ils subirent le joug en murmurant; mais au premier revers ils abandonnèrent les rangs de son armée pour s'enrôler dans ceux de ses ennemis, maudissant à bon droit le monstre d'orgueil et d’ambition qui, au lieu d’élever sur les débris de l’Empire d'Allemagne, soutien dé crépit du régime féodal, une ligue composée de ceux des peuples allemands qui aspiraient à une réforme politique en harmonie avec les progrès de la civilisation, plaçait des préfets français sur des lrônes germaniques. L'heure du reveil et des représailles sonna enfin en 1813. Les dues de Mecklembourg-Schwérin et Mecklembourg-Strélitz, qui s'étaient associés les derniers à la confédération du Rhin, furent les premiers à s'en délacher dès que la Prusse se fut décidée à faire cause commune avec la Russie contre Napoléon. Les rois de Bavière et de Wurtemberg, ainsi que d’autres princes moins puissants, suivirent cet exemnple. Le roi de Westphalie et les grands-ducs de Berg el de Francfort, comme on devait s'y attendre, perdirent leurs États. Le congrès de Vienne prononça la médiatisalion des princes d’Isenbourg et de la Leyen, qui avaient fait partie de la confédération du Rhin comme souverains.

A l'exception du duc d’Aremberg et du prince de Salm, tous les autres membres de la confédération du Rhin furent admis ensuite comme souverains dans la Confédération germanique.

CONFÉDÉRATION GERMANIQUE, C'est la dénomination qu'on imposa, en 1815, à la nouvelle combinaison imaginée alors pour remplacer la confédéra-= tion du Rhin, que la volonté toute-puissante de Napo léon avait conslituee en 1806 avec les débris vermoulus du vieil Empire germanique, et qui jusqu’au moment de sa chute avait fait de ce conquérant, sous le titre de Prolecteur, le vrai souverain de l'Allemagne. Quand le colosse fut renversé, il n’élail guère possible de songer à rétablir l'antique ordre de choses : des rivalités trop puissantes, trop jalouses, se trouvaient en présence. Le mieux était évidemment d'accepter les faits accomplis, et de ne plus se préoccuper que du soin de remplacer ce qu'on venait de détruire par un édifice qui donnât autant que possible à l'Allemagne cette unité politique qui lui a toujours manqué jusque ici, et dont peut-être la recherche restera toujours dans le domaine des chimères de l'esprit

humain.

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