‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 202 sur 607 · __——————— OM · texte numérisé non relu

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demeure, en définitive, juge dans des causes où presque tou jours elle est en même temps partie; mais il faut néanmoins se féliciter des réformes partielles qui déjà ont été introduites , et nourrir l'espoir que le temps apportera dans cette partie de la législation française des modifications aussi heureuses que celles qu’elle a subies sur tant de points. J.-A. LÉVESQUE, Conseiller à la Cour d'appel de Paris.

CONFLITS (Tribunal des). Cette institution créée par la constitution de 1848, et qui n’existe plus, avait trois sortes d’attributions. C'était un tribunal chargé de régler les conflits d'attribution entre l'autorité administrative et l’autorité judiciaire; il connaissait des recours pour incompétence et excès de pouvoir contre les arrêts de la cour des comptes; enfin, lorsque le ministre de la justice estimait qu’une affaire portée devant la section du contentieux du conseil d'État n’appartenait pas au contentieux administratif, il avait le droit de la revendiquer devant le tribunal des conflits. Ce tribunal était composé de quatre conseillers d’État et de quatre conseillers à la cour de cassation, que leurs corps respectifs nommaient pour trois ans, et en outre de deux suppléants élus par chacun de ces corps. Il était présidé par le garde des sceaux, ministre de la-justice, remplacé, en cas d’empêchement, par le ministre de l’Instruction publique. Les fonctions du ministère public étaient remplies par deux commissaires du gouvernement que le président de la république choisissait tous les ans, l’un parmi les maîtres des requêtes au conseil d’État, l’autre dans le parquet de la cour de cassation. Un suppléant choisi de la même manière et pris dans les mêmes rangs était adjoint à chacun de ces commissaires. Les décisions du tribunal des conflits ne pouvaient être rendues qu’au nombre de neuf juges et après un rapport écrit fait par l’un des membres du tribunal, et prononcées en séance publique. Les fonctions de rapporteur étaient alternativement confiées à un conseiller d'État et à un membre de la cour de cassation, sans que cet ordre pût être interverti. Dans aucune affaire les fonctions du rapporteur et celles du ministère public ne pouvaient être remplies par deux membres pris dans le même corps. Les parties intéressées pouvaient être représentées devant le tribunal des conflits par les avocats au conseil d’État et à la cour de cassation. Le tribunal des conflits siégeait au Petit-Luxembourg.

: CONFOLENS, ville de France, chef-lieu d’arrondissement de la Charente, avec 2,760 âmes (1872), un collége et une bibliothèque, est située au confluent de la Vienne et de la Loire, d’où son nom latin de Confluentes. 11 y a quelques fabriques, et elle fait un commerce de grains, bestiaux et châtaignes. De ses trois églises, cellede Saint- Barthélemi, qui date du douzième siècle, est la plus remarquable. L'ancienne baronie de Confolens fut érigée en comté en 1604.

CONFORMA TION (en latin conformatio, de cum, avec, et forma, forme). Ce nom signifie arrangement, disposition naturelle des parties du corps humain et des animaux. On a aussi défini la conformation : 19 manière dont une chose est formée ; 2° constitution et proportion naturelle des parties du corps; 3° quelquefois aussi la manière dont est formé un corps organisé.

Dans les sciences naturelles, conformation et constt+tu tion sont presque équivalents. L'un et l’autre renferment dans leur large acception d’antres idées générales , qui sont : 1° la circonscription d’un tout et de chaque partie, d’où résulte la configuration ; 2° la construction de l’ensemble et encore de chaque partie, qui prend quelquefois le nom d'organisation et d'économie, et 3° la contexture ou l’arrangement des matériaux constitutifs. Tous ces caractères renfermés implicitement dans le sens du mot conformation, indiquent les divers genres de rapports des parties des corps naturels entre elles et avec le monde extérieur. Ils sont suhordonnés à la fonction de chacune de ces parties at à la

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:estination ou finalité dynamique du tout. Quoique le mot conformation s'applique eu même temps à tout corps na- .surel conformé par rapport aux circonstances au sein desquelles il doit exister et aux parties de ce tout, l'usage prescrit de s’en servir de préférence pour désigner la correspondance, les rapports réciproques de forme des parties, et de dire : conformation des parties et constitution d’un tout. Les vices de conformation constituent les difformités. L,. LAURENT.

CONFORMISTES et NON-CONFORMISTES. Voyez Unirormiré (Acte d°?).

CONFORMITÉ (en latin conformitas, dérivé de con- Jormis , qui a la même forme). La conformité, disent nos lexiques, est le rapport entre les choses conformes , entre les objets qui se ressemblent. « Plus il y a de ressemblance entre deux objets, dit Roubaud, plus ils approchent de la sonformilé ; ainsi la conformité est une ressemblance plus parfaite. » D’après les traités de synonymie, conformité ne s'applique qu'aux objets intellectuels, et plus souvent aux puissances qu'aux actes, et il faut la présence de plusieurs qualités pour qu’il y ait conformilé, tandis que ressemblance se dit des sujets intellectuels et des sujets corporels, et qu’une seule et même qualité suffit pour qu’il y ait ressemblance. On dit qu’il y a peu ou beaucoup, assez ou trop, plus ou moins de ressemblance, tandis qu’on exprime seulement la plénitude de la conformité en disant : une grande, une très-grande, une parfaite ou une entière conformité. La signification plus restreinte de ce nom ne permet point de le substituer au mot ressemblance, quoiqu’on puisse employer celui-ci partout où l’on peut se servir de conformité. Conformité diffère de conformation en ce qu'il s’applique toujours à des objets distincts et séparés, au lieu que conformation exprime toujours l’ordre , l’arrangement des parties d’un même objet qui sont formées les unes pour les autres.

En anatomie et en physiologie philosophique ,on a proposé pour l’explication des faits une théorie générale dans laquelle tout est subordonné à l'unité ou à la conformité de composilion. Mais l’ancienne philosophie nous semble avoir procédé plus logiquement en proclamant la loi générale de l'harmonie, qui-embrasse tous les faits observables, et formule exactement le principe fondamental des sciences naturelles. Dans le langage usuel, on dit : conformité (pour sympathie) d'humeur, de sentiment; conformité (pour soumission) à la volonté de Dieu. L, LAURENT,

CONFORT , CONFORTABLE. Voyez Cowronr.

CONFRATERNITE , CONFRÈRE, mots dérivés de la conjonction cum et de frater, lequel avait lui-même sa racine dans la langue grecque, gpérco , éolien, pour gpérwp, et non pas de fere alter, étymologie ridicule, inventée par quelque sophiste sentimental, chose assez rare pour un grammairien. La confraternilé indique un lien spontané entre les membres d’une association libre; tandis qu’au titre de collègue est attaché un caractère plus officiel. Un médecin, ün avocat, un avoué, un académicien disent mon confrère en parlant d’un homme de leur profession. Ainsi la Fontaine a dit :

Le médecin Tant-Pis allait voir un malade Que visitait aussi son confrère Tant-Mieux,

« Les hommes de lettres sont maintenant mes confrères , » a dit Saint-Évremond, qui avait la faiblesse de se croire un grand seigneur. Confrères en Apollon est une locution assez souvent employée. On dit aussi quelquefois, confrère en érudition, en philologie, confrère en amour. Il y a longteraps qu’on a dit que certains maris ont bien des confrères, L'honorable M. Dupin, au temps où il présidait nos assemblées délibérantes, appelait les députés ses collègues, ne désignant jamais que sous le titre cordial de confrèros ses anciens émules au barreau. Deux avocats parvenus en-

CONFORMATION — CONFRERIE

semble au ministère demeurent toujours confrères comme avocats, et sont collègues comme membres du cabi Aujourd’hui les membres des cours et tribunaux ne sont plus que collègues , parce qu’ils sont à la nomination du ministère ; mais sous l’ancien régime, où les parlements formaient des corporations indépendantes, les conseillers s’appelaient entre eux confrères ; il en était de même des procureurs, des huissiers, etc. Il en est de même dans la nouvelle université : les professeurs ne sont plus confrères comme leurs devanciers, plus indépendants, des antiques universités. En théologie, confrere est le nom que lon. donne aux personnes avec lesquelles on forme une société particulière par motif de religion. Cette société s'appelle confrérie. Les confréries sont d'institution romaine, et les Romains n’étaient en cela que les imitateurs des Grecs. Il y avait à Rome des confréries de métiers, tout aussi bien que de religion.

Dans ses fables, La Fontaine fait un heureux emploi du mot confrère ; il l’'adapte, soit aux animaux de même espèce, soit à ceux qui sympathisent entre eux par leur naturel malfaisant, Quand chez lui le singe raconte l'histoire des

Deux ânes qui, prenant tour à tour l’encensoir, Se louaient tour à tour, comme c’est la manière,

il s'exprime ainsi :

J’ouïs que l’un des deux disait à son confrère. Ailleurs, il montre le renard mettant cent fois en défaut

Tous les confrères de Brifaut,

Puis, quand le renard anglais, pour tromper les chasseurs, se guinde à un gibet, où

Blaireaux, renards, hiboux, race encline à mal faire, Pour l’exemple pendus, instruisaient les passants,

le poëte dit encore :

Leur confrère, aux abois, entre ces morts s'arrange,

Les Pères de l’Oratoire donnaient le nom de confrère à ceux d’entre eux qui n'étaient pas prêtres. Ainsi, ils disaient le confrère un tel est parti, le confrère un tel est mort. Dans toutes les professions, quand on veut marquer sa tendresse : pour un confrère, on abrège le mot, et on lui adresse le doux nom de frère. Charles Du Rozom.

CONFREÉRIE, On appelle ainsi toute association pieuse, toute société de personnes libres, de laïques, qui se rassemblent volontairement , d’après une règle ou des statuts, dans le but ou sous le prétexte de se livrer en commun à des exercices de piété, à des pratiques de dévotion. Les confréries (sodalitates), comme d’autres institutions chrétiennes, tirent leur origine du paganisme. Numa Pompilius en établit à Rome pour tous les arts et métiers. Il leur prescrivit des sacrifices à leurs patrons et à leurs dieux tutélaires. Les chrétiens, en adoptant les confréries, crurent en purifier la source par un usage nouveau. Institutions du moyen âge, elles se propagèrent-dans toute l'Europe. On en compte de plusieurs sortes en France : 1° Les confréries de dévotion, telles que celle de Notre-Dame, établie à Paris en l'an 1168, sous Louis le Jeune, et composée de trente-six prêtres et de trente-six laïques, en mémoire des soixante-douze disciples de Jésus-Christ : la reine Blanche et plusieurs dames de sa cour s’y firent affilier en 1224. 2° Les confréries de miséricorde et de charité, 3° Les confréries de pénitents, sous différents titres et différentes couleurs. Elles étaient et sont encore fort répandues, surtout à Lyon, en Provence, en Languedoc ; et l’on n'y admet généralement que des hommes.

-4 Les confréries de pèlerins. 5° Les confréries de marchands et de négociants, instituées pour attirer sur leur commerce les bénédictions de Dieu : telle était celle des mar chands de l’eau, établie à Paris l’an 1170. 6° Les confréries

CONFRERIE — CONFUCIUS

des officiers de justice, comme celle des notaires, établie à Paris en 1300, dans le cloître du Châtelet. 7° La confrérie de la Passion, dont les membres jouaient des mystères suf des théâtres. 8° Les confréries d'artisans et de corps de métier, ayant pour chefs des maîtres dont l'élection se faisait comme celle des jurés. 9° Les confréries de factions, se couvrant du zèle spécieux de la religion pour exciter des troubles et des révoltes dans le royaume : telle fut la confrérie blanche, sorte de croisade particulière, établie à Toulouse par Foulques , évêque de cette ville, vers 1210, dans les intérêts de Simon, comte de Montfurt, contre Raimond VI, comte de Toulouse, qui lui opposa la compagnie noire, formée des habitants du bourg : il y eut entre les deux confréries des combats sanglants. La première, par ordre de l’évêque, et malgré la défense du comte, marcha au siége de Lavaur, et se signala en 1211 par ses cruautés à la prise de cette ville.

Telles sont les confréries dont il est fait mention dans plusieurs conciles, notamment à celai d'Avignon en 1214. Aucune confrérie ne pouvait, du reste, s'établir sans le consentement de l’évêque du diocèse et sans lettres dûment vérifiées. Il y avait indulgence plénière pour tous les confrères ou membres de confréries. Ils assistaient tous aux . processions, ayant en tête la bannière de leur confrérie ;

mais dans la suite celles des marchands et des officiers de justice s’affranchirent de cette obligation, ne voulant pas être confondues avec celles des artisans et des pèlerins. La grande confrérie ou archi-confrérie créée à Rome sous le titre de Notre-Dame des suffrages fut approuvée par le pape Clément VIII, en 1594, en faveur des âmes du purgatoire. Ses priviléges étaient si excessifs qu’elle ne put être admise que dans quelques villes de France, principalement en Dauphiné. La plus célèbre confrérie de Paris était celle de la paroisse de la Madeleine, nommée la grande confrérie.

Les confréries avaient disparu à la Révolution, ou du moins elles ne se montraient, plus ostensiblement. L'esprit de parti et de jésuitisme les fit revivre sous la Restauration, et elles reparurent avec leurs bannières. Il s’en forma même de nouvelles, comine celle du Sacré-Cœur de Jésus, assez généralement connue sous le simple nom de Congrégation. On vit àcette époque des confréries porter et planter des croix de mission sur tous les points de la France, et Yon était quelquefois tout étonné de reconnaître dans leurs rangs des hommes qui avaient appartenu à des confréries bien différentes. En 1836 il s’est fondé à Paris, en l’église Notre-Dame des Victoires, une confrérie ou archiconfrérie sous l’invocation du Sacré-Cœur de Marie, dans le but de demander à Dieu, par des prières continues, la conversion des pécheurs et des hérétiques. En 1853 le pape a gratifié d’une superbe couronne d’or massif la statue de la Vierge appartenant à cette confrérie. Elle se flatte d’avoir opéré -un grand nombre de conversions, et on ne saurait nier que dans ces derniers temps nous avons vu des conversions bien extraordinaires. L'archevêque de Paris a aussi fondé dans l’église Sainte-Geneviève une confrérie dont le but est de prier pour la France, laquelle en effet n’a jamais eu plus besoin de la protection divine. k

On dit proverbialement, et en plaisantant, d’un homme qui vient de se marier, qu’il s’est enrôlé dans la grande confrérie. H, AUDIFFRET.

CONFRONTATION. C’est l’action de mettre en présence les temoins et les accusés, ou les accusés entre eux, pour comparer leurs déclarations et pour obtenir ainsi la vérité sur les points que les interrogations isolées ont laissés douteux. Quelquefois les accusés confondent la sagacité des juges dans la confrontation. On sait comment Pélisson parvint, dans une confrontation, à faire connaître au surintendant F ou qu et que ses papiers avaient été détruits.

Confrontation se dit quelquerois du rapprochement de deux objets qu’on veut comparer minutieusement : on con-

fronte deux écritures pour s’assurer qu’elles sont de la même main. ( Voyez VÉRIFICATION D'ÉCRITURES ).

CONFUCIUS, nom latinisé d’un célèbre philosophe chinois, qui en réalité s'appelait Kong-fou-tsé, ce qui veut dire maître ou docteur Kong. I était né, suivant notre manière de compter le temps, le 19 juin 551 avant J. C., dans la ville de Tséouse, en Chine, dans le cercle de Chan-tong , alors dépendance du pays feudataire Lou. Sa mère le nomma Kiéou, c’est-à-dire petite montagne, parce qu'il avait à l’'extrémité du front une élévation extraordinaire, avee laquelle il est souvent représenté. Kong est le nom de sa famille, qui faisait remonter son origine jusqu'à Hoang ti, souverain fabuleux. Une pauvreté extrême fut le lot de sa première jeunesse. A l’âge de dix-sept ans, il obtint déjà une place d’ins. pecteur des vivres à Lou, et monta alors successivement de grade en grade dans l'administration, jusqu’à ce qu’il eut fini par être élevé au rang et à la puissance de premier ministre dans plusieurs royaumes feudataires.

Préoccupé depuis longtemps de l’idée d’une réformation religieuse et morale de sa nation , il voulut l’opérer par voie de mesures administratives ; mais il rencontra tant de difficultés, aussi bien de la part des cours que de celle des peuples, qu’il se décida à renoncer à son titre et aux fonctions de mandarin. 11 embrassa alors un genre de vie nomade, préchant en tous lieux la vertu et la justice, mettant en ordre et expliquant les ouvrages des anciens de même que les chants populaires, et écrivant même plusieurs ouvrages (voyez Ceine [langue et littérature]). Bientôt un grand nombre d’adorateurs et de disciples se réunirent autour du maître (Fou-tsé) Kong, ainsi qu’on l’appelait souvent, et plusieurs d’entre eux, tels que Tseng-tsé et Tséa-sse, se sont immortalisés en recueillant et en commentant ses conversations , ses entretiens et ses principes.

[Pour donner plus d'autorité à ses préceptes, Confucius ne crut pas avoir besoin de s’entourer du prestige religieux, et de se donner comme un être divin, decendu du ciel pour apporter aux humains une nouvelle règle de conduite. Il se donna comme un ami de la sagesse et de la vertu, aidan* ses semblables à découvrir dans leur cœur les vérités éter nelles que la nature y a gravées, à mettre en pratique les préceptes que Dieu, au moyen de la raison, a révélés à tous les hommes, et à faire revivre les principes et les vertus enseignés par les anciens sages de la Chine. La sincérité, qu’il mettait au rang des premiers devoirs, lui défendait d’ailleurs de recourir à aucune pieuse imposture; ce qui n’empêcha pas sa doctrine d’avoir un succès qui dépassa même ses espérances, et que n’a pu obtenir aucune religion sur la terre. La morale de Confucius a eu la gloire de s’associer à la législation d’un grand peuple, et elle continue depuis plus de deux mille ans à régir le plus vaste empire de l’univers. Si ce philosophe chinois n’est point adoré comme un Dieu , il est et sera toujours révéré par sa nation, qui l'appelle le saint maître, le sage par excellence.

Sa manière d'enseigner ne ressemble nullement à celle qui était adoptée dans les autres écoles, où le temps et l’objet des exercices est réglé et indiqué d'avance. Sa maison était constamment ouverte à tous Ceux qui voulaient conpaître sa doctrine; ses disciples venaient et se retiraient à l'heure qui leur convenait, et déterminaient eux-mêmes le sujet de la leçon. Confucius était continuellement occupé à leur donner des éclaircissements sur des points de philoso phie, d’histoire ou de littérature. 11 compta plus de trois mille disciples, qui reçurent en différents temps ses leçons. Ce n’était pas seulement des jeunes gens qui composaient son auditoire, c’étaient la plupart du temps des hommes d’un âge mûr, occupant des emplois ou engagés dans des professions importantes ; des lettrés, des mandarins, des militaires, des gouverneurs de villes; ils n'étaient point toujours réunis autour de sa personne , mais après avoir quelque temps suivi ses leçons, ils s’empressaient de propager eux-mêmes sa

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doctrine dans les lleux de leur résidence ; de sorte que la Chine tout entière était comme une vaste école où se développaient et se discutaient les principes de Confucius, 11 faut reconnaître néanmoins que quelques-uns de ses disciples, plus passionnés pour leur maître et pour sa doctrine, s’attachèrent plus particulièrement à sa personne, et le suivirent presque toujours.

Rentré dans sa patrie après un long exil, il y vécut en homme privé, et passa les dernières années de sa vie à mettre la dernière main à ses ouvrages, qu’il eut le bonheur de voir terminés avant la maladie dont les suites l’enlevèrent, à la soixante-treizième année de son âge, quatre cent soixante dix-neuf ans avant notre ère, neuf ans avant la naissance de Socrate.

X] n’est pas vrai, comme l’ont pensé quelques écrivains, que Confucius ait imposé une législation à la Chine, et ait changé la religion de ce pays. Il n’a jamais eu l’autorité nécessaire pour publier des lois, et tous ses efforts, au contraire, eurent pour but de ramener aux anciens usages , et de faire revivre l'esprit et les vertus des temps antiques. Mais il est vrai de dire aussi qu'il donna une telle impulsion aux idées philosophiques, qu'il changea la face de la société, et amena une véritable révolution dans les mœurs, par l'autorité de ses exemples et surtout par l'immense influence de sa doctrine. Ce qui caractérise Confucius, c'est la modestie dont il fit preuve toute sa vie et l'entière abnégation qu’il fit de luimême, malgré la conscience qu'il avait de son mérite supérieur, et de l’importante mission qu'il avait et qu’il disait lui-même avoir à remplir. Il ne voulait pas même qu'on lui attribuât sa doctrine, et il répétait sans cesse que ses maximes n'étaient autres que celles des sages de la vertueuse antiquité, qu’il s'était proposés pour modèles. « Ma doctrine disait-il, est celle de Yao et de Chun ; quant à ma manière d'enseigner, elle est fort simple : je cite pour exemple la conduite des anciens, je conseille la lecture des Kings, dépositaires de leurs sages pensées , et je demande qu'on s’accoutume à réfléchir sur les maximes qu’on y trouve. » Sa morale wa rien d’outré, elle est toujours simple, naturelle, conforme à la nature de l'homme, et prouve le tact exquis avec lequel sa raison supérieure lui faisait éviter toute exagération. C.-M. PAFrrE. |

Après sa mort, on décerna de grands honneurs à la mémoire de Confucius. On lui donna des titres de toute espèce, et on lui éleva un tempie dans lequel on offrit à l’instituteur du peuple des sacrifices comme à un dieu. Voilà plus de vingt-deux siècles que la science et les doctrines de ce seul maître suffisent aux besoins intellectuels de plusieurs centaines de millions d'hommes. Confucius a résumé lui-même toute sa doctrine en 250 mots auxquels on a donné de nom de Tahio, c’est-à-dire de grand enseignement ou grande sagesse. ,

La descendance de Confucius, provenant de son fils unique Peikou, se composait déjà au siècle dernier de plus de 11,000 individus, et compte aujourd’hui soïixante-quatorze générations sans interruption. Le chef de cette grande famille, qui jamais n’a quitté la province de Chan-tong, porte toujours, depuis le règne du fondateur de la dynastie Ming (1384), un titre analogue à celui de comte illustre.

CONFUSION. Ce mot désigne toujours le vice d’un arrangement , soit naturel , soit artificiel, de plusieurs objets, et il se prend au propre et au figuré. Ainsi il peut y avoir de la confusion dans un cabinet d'histoire naturelle, il peut y avoir de la confusion dans les pensées de quelqu'un.

En droit, ce mot se dit dans plusieurs acceptions ; ainsi l'on entend par là le mélange de différentes matières appartenant à des propriétaires différents (voyez ACCESSION ); on bien la réunion dans une même personne des droits actifs et des droits passifs concernant un même objet : c’est un mode d'extinction des obligations; enfin la réunion dans une même personne des différents droits que l’on pent avoir

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