CONGRE — CONGRÉGATION
ast bien desséché, onle réunit en masse d'environ 50 kilogrammes, et on l’envoie dans les lieux où il doit être consommé. Parmi les autres congres, les principaux sont : le *yre, qui est de la Méditerranée, et que l'on connaît à Nice sous le nom de moruo ; le congre des îles Baléares, commun à Iviça, où on le mange, quoique peu estimé ; le congre aux larges lèvres , que l'on prend à Barcelone aux approches du mois d'avril, et le congre noir, qui vit dans les rochers de la mer de Nice et parvient au poids de 20 kilogrammes ; la chair de ce dernier est meilleure que celle de l'espèce commune. P. GERVAIS.
CONGRÉGANISTE. Ce nom ne s'applique guère qu'aux membres d’une congrégation laïque, dirigée par des ecclésiastiques séculiers ou réguliers. Presque toutes ces congrégations sont affiliées à celle de Rome, sous la dépendance de la compagnie de Jésus. Or, cette compagnie célèbre a multiplié à l’infini ces confréries, instituées pour mettre sous la main de la congrégation-mère les différents pays catholiques. Toutes sortes de pratiques d'une superstition révoltante , telles que celle de ces flagellants des deux sexes qui, par leurs nudités processionnelles et leurs sanglantes fustigations , incitaient à d’horribles voluptés ; des dévotions spéciales, comme celles du Sacré-Cœur de la vierge Marie, de son Immaculée conception, et tant d’autres, inventées pour abrutir les esprits et pervertir le sentiment religieux par une sorte d’idolâtrie; les encouragements à l'assassinat des rois, témoin Henri III et Henri IV, si souvent frappés par des congréganistes avant de l'être une dernière fois; tous les complots, toutes les machinations qui soulevèrent et alimentèrent avec une persévérance infatigable le fanatisme populaire pour enfanter les horreurs de la Saint- Barthélemy et de la ligue, et pour courber la France sous un joug étranger; la longue persécution et l’odieuse proscription de Port-Ro yal et de ses généreux disciples ; une morale relâchée jusqu’à l'excès ; une religion rendue facile jusqu’à la nullité absolue, pour séduire et régenter à laise toutes les consciences, depuis le prince jusqu'aux derniers rangs du peuple : voilà en résumé les bienfaits de la congrégation de Loyola, serpent haché, comme l’a dit La Chalotais , dont les tronçons s’efforcent sans cesse de se réunir, à l’aide d'une tortueuse et funeste politique. C’est par tous ces moyens, et surtout par l'appui gs congrégafions de toute espèce, qu'un ultramontanisme pernicieux a prévalu sur le véritable catholicisme. Au lieu d’une suprématie de confiance, d'honneur et de respect, la seule légitime, on a vu s'établir un arbitraire sans bornes , étayé sur la crédulité publique et sur une série d’usurpations. Au lieu des libertés de l'Église consacrées par la pratique des cinq premiers siècles, et renouvelées partiellement par les pragmatiques de saint Louis et de Charles VIT, ainsi que par les sages canons des conciles de Constance et de Bâle, on a eu le despotisme de la cour romaine. AUBERT DE VITRY. Dans les dernières années de la Restauration, les noms de congréganistes et de congrégation jouèrent un grand rôle dans la polémique de la presse opposante. Ils désignaient une association occulte, recrutée par le parti-prêtre dans tous les rangs de la société, et servant d’instrument aux jésuites pour gouverner la France. Tous les ambitieux , tousceux qui voulaient courir la carrière des fonctions publiques , affichant les dehors d’une piété profonde, se faisaient, grâce à cette affectation de ferveur religieuse, affilier à la mystérieuse congrégation, dispensatrice de toutes les places et de toutes les faveurs du pouvoir. Dans les secrets conventicules de cette dévote confrérie, dont les ramifications s’étendaïent par toute la France, et qui obéissait au mystérieux mot d'ordre donné par le général de la société de Jésus, on vantait les avantages de l'ignorance et on recommandait aux adeptes de contribuer par tous leurs moyens à éteindre les lumières, à combattre et refouler l'esprit de progrès et de liberté, afin de ramener la France au régime du bon
plaisir. A cet effet, proscription des bons livres, publicas tion d'œuvres empreintes d'ignorance et de fanatisme, processions théâtrales, érection de calvaires, plantations de croix, miracles scandaleux, rien ne fut épargné, De nos jours, les cléricaux ont remplacé les congréganistes.
CONGREGATION. Ce mot, qui signifie assemblée, réunion , société, a dans l'usage et la langue de l’Église diverses acceptions. En général on appelle congrégation une société, soit de séculiers, soit de religieux, qui à reçu l’approbation du pape ou de l’évêque , mais qui n’a pas les priviléges des ordres religieux. Ainsi l'institut de l'Oratoire de Saint-Philippe de Neri est une congrégation, et n’est pas un ordre monastique.
Ordre et congrégation forment en effet des instituts trèsdivers. Le mot ordre indique seulement une certaine règle de vie que desreligieux consentent à suivre, mais à suivre individuellement et sans bannière pour ainsi dire ; c’est un enr6lement sous une loi; la congrégation au contraire est un enrôlement sous un chef. Lorsque les ordres monastiques eurent perdu de leur première ferveur, lorsque la quantité innombrable des religieux eut fait naître entre eux un mélange de bons et de mauvais, comme parmi les hommes d’une cité, il se trouva des frères plus vifs de foi, plus purs de mœurs, qui se séparèrent du tronc dégénéré, et formèrent des congrégations où , en outre de la règle commune, on se soumit à l’autorité d’un chef commun. De là encore la Congrégation de Saint-Maur dans l’ordre des Bénédi ctins et la congrégation de la Trappe dans l’ordre de Ctteaux.
Ce terme s’applique aussi aux associations ou aux individus laïcs affiliés à une congrégation religieuse, ou qui se dirigent en commun d’après ses impulsions. On dit d’un homme qu’il est membre de telle congrégation, pour exprimer que ses discours, ses opinions ef sa conduite révèlent une affiliation à une secte dévote. La première de ces congrégations fut établie au collége des Jésuites, à Rome, par un jeune religieux , le père Léon, qui y enseignait l’an 1563. Pour former ses élèves à la dévotion à la sainte Vierge, il assemblait de temps en temps les plus fervents, et leur faisait faire des exercices en l’honneur de Marie. Voilà l’origine des congrégations de la sainte Vierge qui se propagèrent en peu de temps dans toutes les maisons de la compagnie de Jésus. Grégoire XIII et, depuis lui, plusieurs autres souverains pontifes ont approuvé et enrichi d’indulgences ces sociétés. Il s’en forma bientôt de tout sexe , dans les villes, entre personnes de tout âge, de toutes conditions. Il s’en établit aussi qui ne dépendaient point des jésuites, Les Oratoriens en formèrent dans leurs établissements ; on en vit aussi dans les pensionnats de jeunes personnes. La Révolution les fit disparaître. Quelque temps après le concordat de 1801 , le père Delpuits, ancien membre de la compagnie de Jésus, réunit six ou sept élèves des écoles à Paris, et rétablit la congrégation, qui devint bientôt très-nombreuse. Napoléon la supprima dans le temps de ses brouilleries avec le pape. 4
Sous la Restauration, les congrégations s’établirent sur fous les points de la France et sous les noms les plus divers; au {27 janvier 1826, il y en avait 2,833, dont 1,533 srulement étaient reconnues. En 1817,une loi les autorisa (celles du moins qui étaient reconnues par l'État) à recevoir des libéralités et à faire des acquisitions destinées à devenir inaliénables, faculté qu’elles n’avaient pas eue jusqu’alors. Le gouvernement de Juillet toléra toutes les congrégations religieuses sans en autoriser aucune, Quant au gouvernenement impérial, il leur témoigna la plus grande faveur : de 1852 à 1860, il accorda 982 autorisations. D’après le recensement de 1866, les communautés de femmes comprennent en France 90,343 religieuses, et les communautés d'hommes 17,776 religieux, ce qui fait un total de 408,119 religieux des deux sexes, total qui a dû s’accrottre
depuis cette époque. Les'femmes, réparties en 281 congrégations, différentes par le nom et l'habit, possèdent 361 maisons-mères, 593 maisons indépendantes, et 11,050 succursales ; en tout, 13,004 établissements. Les hommes forment 86 congrégations et possèdent 2,056 établissements, dont 58 maisons-mères. Les Jésuites sont au nombre de 2,329. Cette congrégation non-seulement n’est pas autorisée, mais elle est prohibée par des lois qui n’ontcessé d’être en vigueur; elle n’en a pas moins divisé la France en 4 provinces: France, Lyon, Toulouse et Champagne.
Une loi de 1849 a assujetti les communautés religieuses à un impôt spécial de main-morte, qu’elles paient annuellement pour indemniser l’État du droit de mutation auquel leurs biens échappent en ne changeant pas de main. Les diverses congrégations autorisées possédaient, en 1850, 7,185 hectares de biens de main-morte; en 1859, ces biens s’élevaient à 14,660 hectares ; en 1862, ils étaient de 16,385 hectares, ayant une valeur vénale de 150 millions. La propriété mobilière était évaluée à peu près àla même somme que la foncière. « Pour ce qui regarde les congrégations non autorisées , disait M. Bonjean au sénat, on n’a aucun renseignement précis ; mais tout porte à conclure, si l’on en juge par les magnifiques établissements qui leur appartiennent, que leur fortune est, sinon supérieure, du moins égale, à celle des congrégations autorisées; ce qui porterait le total général de 500 à 520 millions. »
On appelle aussi congrégations à la cour de Rome les réunions de cardinaux, établies par ordre du souverain pontife et divisées en plusieurs chambres, pour exercer certains offices, discuter des affaires particulières, les proroger ou les terminer. Ces sortes de congrégations sont fixes ou temporaires, Chacune a son secrétaire et son président, préfet ou chef, qui seul signe les lettres et lesactes de la congrégation. Parmi les congrégations fixes on cite :
1°. La congrégation du Concile, fondée par Pie IV pour l'exécution des actes du concile de Trente, et chargée par Sixte-Quint d'interpréter les points de discipline.
2°. La congrégation des Rits, une des plus connues et des plus souvent citées, établie par Sixte-Quint; ses attri= butions s’étendent à tout ce qui concerne les béatifications, canonisations, processions, fonctions publiques des églises, rubriques des bréviaires et missels, administration des sacrements, etc,
3°. La congrégation du pape, ou congrégation consisloriale, chargée de préparer les matières bénéficiales à soumettre au consistoire en présence du pape. Fondée par Sixte-Quint, elle s'occupe d’érections, suppressions, unions, résignations d’évêchés et de cathédrales.
4°, La congrégation des évêques et des réguliers juge les différends entre évêques et diocésains, et ceux qui s'élèvent entre des religieux.
5°. La congrégation du Saint-Office a dansses attributions ce qui concerne les hérétiques , la foi catholique, l’apostasie, la magie, les maléfices, etc.
60. La congrégation de L’Index, qui a pour but d’examiner, juger, corriger, défendre ou supprimer les livres concernant la foi, les mœurs, la discipline ou la société, Instituée par le concile de Trente, elle fut confirmée par Pie y. Ses députés peuvent autoriser tous les catholiques de l’'univers à lire des ouvrages défendus, Les lire sans autorisation des supérieurs, c’est encourir l’excommunicalion pour les livres hérétiques ou suspects d’hérésie, el les peines ou châtiments infligés par les évêques aux péchés mortels pour les autres, Cette congrégation tient ses séances en présence du pape, ou chezle plus ancien cardinal ; elle est composée de cardinaux, d’un secrétaire dominicain et de théologiens consulteurs, appartenant à quelque ordre religieux, char= gés d'examiner.
7°. La congrégation de la Propagande se propose de faire fleurir le catholicisme dans tout l'univers et surtout