CONNAISSANCE — CONNECTICUT
heureux, sans avenir, sans but, un objet de pitié, une erreur de la création. Avec elle, il marche à la conquête de tous les biens qui lui sont destinés, il devient le roi du monde qu’il habite, et acquiert le droit d’aspirer à un monde meilleur : sagesse, félicité, puissance , deviennent son partage, nobles attributs qui font de lui un glorieux reflet de la Divinité, C.-M. PArFE.
CONNAISSEMENT. On nomme ainsi la reconnaissance fournie par le capitaine d’un navire des marchandises qu’il a reçues à son bord. Le connaissement dans les transports d'effets ou de marchandises par mer tient lieu de la lettre de voiture dans les transports par terre. Cet acte doit indiquer la nature et la quantité, ainsi que les espèces ou qualités des objets chargés, le nom du chargeur, le nom et l'adresse de celui à qui l'expédition est faite, le nom et le domicile du capitaine, le nom et le tonnage (lu navire, le lieu du départ et celui de la destination, les marques et numéros des objets, et le prix du fret. Il peut être à ordre, ou au porteur ou à personne dénommée. Il doit être fait en quatre originaux au moins ; un pour le chargeur, un pour celui auquel les marchandises sont adressées, un pour le capitaine, un pour l’armateur du bâtiment. Tous quatre doivent être signés par le chargeur et par le capitaine , dans les vingt-quatre heures après le chargement. Le chargeur est tenu de fournir au capitaine dans le même délai les acquits des marchandises chargées. Lorsqu'il est rédigé dans les formes ci-dessus prescrites , il fait foi entre toutes les parties intéressées au chargement, et entre elles et les assureurs. En cas de diversité entre les connaissements d’un même chargement, celui qui sera entre les mains du capitaine fera foi, s'il est rempli de la main du chargeur ou de celle de son commissionnaire ; et celui qui est présenté par le chargeur ou le consignataire sera suivi, s’il est rempli de la main du capitaine. Lorsqu’il n’y a pas possibilité d'appliquer cette règle, et les cas qui s’en présentent sont nombreux, les tribunaux se décident par les renseignements, les circonstances, les présomptions, et autres moyens qu’ils jugent capables de les éclairer.
Tout commissionnaire ou consignataire qui aura reçu les marchandises mentionnées dans les connaissements ou chartes parties sera tenu d’en donner reçu au capitaine qui le demandera, à peine de tous dépens, dommages-intérêts , même de ceux de retardement.
En cas de perte des marchandises assurées et chargées pour le compte du capitaine sur le vaisseau qu’il commande, le capitaine est tenu de justifier aux assureurs l’achat des marchandises et d’en fournir un connaïssement signé par deux des principaux de l’équipage. Tout homme de l’équipage et tout passager qui apportent des pays étrangers des marchandises assurées en France sont tenus d’en laisser un connaissement dans les lieux où le chargement s’effectue, entre les mains du consul de France, et, à défaut, entre les mains d’un Français notable négociant, ou du magistrat du lieu.
CONNAISSEUR, C’est le nom que l’on donne à celui qui, sans exercer aucun des beaux-arts, a pourtant acquis les moyens de bien juger leurs productions. On dit d’une personne, c’est un bon connaisseur, en tableaux, en médailles, en musique, etc. Un connaisseur habile a dû voir beaucoup, car c’est par la comparaison d’un grand nombre d’ouvrages qu’il a pu acquérir les connaissances nécessaires pour juger avec rectitude. Un connaisseur devient amateur s’il possède des tableaux, s’il forme un cabinet; mais un amateur n'est pas toujours connaisseur ; souvent même, il se laisse diriger par une autre personne à laquelle il croit olus de connaissances qu’il ne s’en reconnaît à lui-même. Un peintre n’est pas toujours connaisseur; on peut dire qu'un bon peintre n’est jamais un bon connaisseur, parce qu’indépendamment des connaissances intellectuelles nécessaires pour bien juger de la beauté du dessin, de la cou-
leur et du clair-obseur, il faut avoir des connaissances que l'artiste ne cherche pas à acquérir. Les meilleurs connaisseurs sont les marchanus de tableaux, auxquels on donne aussi le nom d’appréciateurs ; mais souvent ils ne se servent de leurs connaissances que dans leur intérêt et en profitent même quelquefois pour tromper l'amateur qui n’est pas suffisamment connaisseur. DUCHESNE aîné.
CONNAUGHT, province formant l'extrémité nordouest de l’Irlande, dont la population, forte de 1,346,000 âmes en 1841, a été réduite, en 1871, à 832,520, est bornée à l’ouest et au nord par l'Atlantique, au nord-ouest par la province d’Ulster, à l’est par celle de Leinster et au sud par celle de Munster. Montagneuse à l’ouest, elle est au contraire dans sa partie orientale plate et couverte de marais et de tourbières. L'océan forme sur les rivages de cette province un grand nombre d’échancrures et de baies, dont les plus considérables sont les golfes de Galway, de Kilkerran, de Birterbury, de Killery, de Clew, de Blackrod, de Broad, de Killala, de Sligo et de Donegal. Les rivières et les lacs sont extrêmement nombreux dans le Connaught. De tous ses cours d’eau le plus important est le Shannon, qui prend sa source au Logh Allen et forme presque partout la liimite qui le sépare des autres provinces. L'industrie des habitants a surtout pour objet la fabrication des toiles. Sur les côtes, et notamment dans le golfe de Galway, la pêche du saumon et du hareng se fait sur une vaste échelle. Le sol de cette province est médiocrement fertile et d’ailleurs fort mal cultivé; aussi le Connaught est-il la plus misérable partie de l'Irlande. Il est divisé en cinq comtés : Leitrim, Sligo, Mayo, Roscommon et Galway. Son chef-lieu est Galway, ville bâtie sur le golfe du même nom.
CONNECTICUT , l'un des plus petits États composant les États-Unis de l’Amérique du Nord, est borné au nord par l'État de Massachusetts, à l’est par l’État de Rhode- Jsland, au sud par le détroit de Long-lsland, à l’ouest par l’État de New-York, etprésenteune superficie de4,674milles anglais carrés. Le sol en est montagneux et forme la dernière marche d’une succession de hautes terrasses allant toujours en s’abaissant davantage vers le sud, dont les principaux plateaux, partout susceptibles d’être mis en culture, se rattachent à ceux de PÉtat de Vermont, et dont les nombreuses et belles vallées sont douées d’une fertilité toute particulière. Le climat du Connecticut est fort sain. Son sol fertile est arrosé par le Connecticut, dont les rives offrent les points de vue les plus pittoresques de toute l’Amérique, et dont une partie est navigable, par le Housatonick et par la Tamise. L'agriculture et l'élève du bétail étant la grande industrie du pays, les blés, le beurre et le fromage constituent naturellement ses principaux articles d'exportation. On y cultive aussi la canne à sucre et le tabac. Les comtés de Kent et de Salisbury fournissent des fers d’une remarquable qualité, et celui de Milford du marbre. L'industrie manufacturière y est en progrès continu, notamment la fabrication des toiles, des étoffes de laine et de la quincaillerie. Le commerce, qui a surtout lieu avec les Antilles, y est favorisé par les baies et les ports nombreux de sa côte, qui offre les échancrures les plus multipliées, et qui en même temps se trouve protégée contre la violence de l'Océan par l’île de Long-Island; à l'intérieur, plusieurs chemins de fer et d’excellents canaux en favorisent encoreles développe. ments.
Au temps de la domination anglaise, cet État formait deux colonies distinctes, Connecticut et Newhaven. La première avait été fondée en 1635 et 1636, la seconde en 1638. En 1665, le roi Charles II réunit ces deux colonies, et leur donna une constitution commune, qui subsista jusqu’en 1818. Aux termes de la constitution aujourd’hui en vigueur, l’assembiée législative de l’État se compose d’un sénat, qui ne peut compter moins de 18 ni plus de 24 membres, et d’une chambre des représentants, où chaque corporation de ville
(township ) se fait représenter par un ou deux députés, d’où il résulte qu’elle compte au delà de deux cents membres. Le gouverneur touche un traitement annuel de 1,100 dollars, Les fonds appartenant aux écoles publiques s’élèvent à près de 15 millions de francs, Cet État est un de ceux de Union dont les finances sont dans la plus satisfaisante situation ; il est le seul qui n’ait point de dettes et qui n’en ait jamais eu. Le Connecticut est divisé en huit comtés dont ja population s'élevait déjà, en 1800, à 251,000 âmes, et en 1870, à 537,454, Cet accroissement, relativement médiocre, du chiffre de la population, tient à ce que le Connecticut est, à bien dire, demeuré le grand foyer du puritanisme anglais dans l’Union. La bigoterie, l'intolérance et le vieil esprit saxon continuent à en éloigner l’émigration. Harford, avec 25,000 habitants, et Newhaven, avec 46,000, sont les villes les plus importantes de cet État. L’instruction y est donnée aux frais de l’État dans 1,900 écoles publiques, 136 établissements d'instruction supérieure et deux universités, dont l’une est le vieux et célèbre Yale- College de Newhaven.
CONNECTIF (de connectere, lier, joindre), nom donné par M. Richard à un corps particulier tout à fait distinct du filet des étamines, qui sert à unir les deux loges de l’anthère, qu’il écarte plus ou moins l’une de l’autre. Le connestif est très-variable dans sa forme. On peut l’observer très-bien dans l’éphémère de Virginie et surtout dans les diverses espèces du genre sauge, où il se présente sous la forme d’un filet allongé, plus ou moins recourbé, placé en travers sur le sommet du filament, comme les deux branches d’un T, et portant les deux loges de l’anthère à chacune de ses extrémités. L. LAURENT.
CONNELL (0). Voyez O’CoNNELL.
CONNÉTABLE, comes stabuli, constabulus, comestabilis. Telles sont les variantes du mot connétable dans nos anciennes chroniques , dans les chartes du moyen âge. Le comte de l’étable fut un des officiers des empereurs du Bas-Empire. Nos premiers rois, à leur tour, voulurent avoir leur comte du palais et leur comte de l’étable. Dans la hié rarchie de la haute domesticité royale, le comte de l’étable ou connétable n’arrivait que le cinquième. Cette charge d'administration intérieure s'était introduite à la cour de Bourgogne avant d’avoir pris rang à celle des rois de Paris, et le connétable bourguignon n’était pas,. à cette époque voisine de la conquête, un simple maître des écuries du prince, mais un des chefs de l’armée. Gontran, roi d’Orléans et de Bourgogne, envoya, sous le commandement de Leudégisile, son connétable, une puissante armée dans la Gascogne, contre Gondowalde. Les dues de Bourgogne eurent aussi leur connétable, comme les rois de cet ancien royaume. Dutillet cite encore des connétables de Champagne et de Normandie. Les grands vassaux, les hauts barons, les riches châtelains , avaient enfin eux-mêmes leur connétable. Lacurne de Sainte-Palaye atteste le fait. Le connétable des grands vassaux avait le commandement supérieur de leurs troupes longtemps avant que les rois eussent érigé en dignité militaire ce qui n’était qu’une charge de cour. Aimoin cite deux comtes de l’étable sous Théodoric, roi d’Austrasie,
Quant au connétable de France, Albéric, en 1060, aurait été le premier, suivant le père Anselme; mais il ne cite aucun cas où il aurait paru à la tête des armées. Tous les connétables qui suivent jusqu’à Matthieu 1°, seigneur de Montmorency, ne sont connus que pour avoir, comme officiers de la couronne, apposé leur seing à quelque charte de fondation pieuse. Matthieu de Montmorency avait de plus assisté à l'assemblée d’Étampes, pour y délibérer sur la croisade, Un autre Matthieu, de la même maison, commanda des corps d'armée au douzième siècle, mais il n'eut jamais la direction suprême des opérations de la guerre. Ce Matthieu de Montmorency et Amaury de Montfort avaient tous