‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 22 sur 607 · COLIQUE — COLISÉE · texte numérisé non relu

COLIQUE — COLISÉE

qui fatiguent; c'est la cause de la constipation qu'il faut attaquer ; il est imprudent de recourir à des purgatifs. Dans les cas de coliques diarrhéiques, il vaut mieux s’abstenir aussi de lavements, se borner à injecter dans le rectum un demiverre d’eau dans lequel on aura ajouté cinq ou six goultes de laudanum. Quand les coliques sont du genre de celles qu’on appelle nerveuses, venteuses, il est d'usage d'employer pour remèdes des substances excitantes, telles que l’eau de menthe poivrée, les vins généreux, les eaux minérales, les pastilles de Vichy, les préparations de fer, les semences d’anis; mais il est préférable alors de chercher des moyens de soulagement et de guérison dans le régime alimentaire. Dans les cas où les intestins recèlent des vers, il faut préférer les médicaments huileux ou purgatifs. Quand les coliques dérivent de l’inflammation des reins, il faut s’abstenir d'aliments et de boissons propres à stimuler, boire modérément de la décoction de graine de lin édulcorée avec du sirop de gomme, exclure entièrement loseille de la cuisine. Des applications au siége et sur les régions occupées par les reins sont ensuite très-utiles. Lorsque les coliques sont caues par la menstruation, on agira prudemment en ne prenant aucune boisson excitante, en gardant le lit autant que possible, ayant le bas-ventre couvert par un large cataplasme émollient et chaud. On remédie aux coliques causées par le plomb en éloignant les malades de la cause, et en employant des médications qui varient suivant la foi des médecins : des purgatifs associés à l’opium ; des solutions de sel alumineux, de la limonade préparée avec de l'acide suifurique ; des épithèmes et des potions narcotiques ; ou bien encore par le traitement antiphlogistique. D' CHARBONNIER.

COLIQUE DE PANSE, nom donné par Daubenton à une maladie des bestiaux. Voyez MÉTÉORISATION.

COLIS. C’est le mot générique employé par le commerce pour désigner tout ballot de marchandises confiées au roulage ou aux chemins de fer, en caisses, en paniers, sacs ou corbeilles. Il est dérivé de l'italien colo, pluriel coli, qui à la même signification.

COLISÉE, fait de coliseum, mot qui west lui-même que la corruption du mot colosseum. C’est le nom que l’on donne au plus vaste et au plus magnifique des amphithéâtres de Rome, longtemps le seul qui fût en pierre, ét qu’on appela d’abord Famphithéâtre de Flavien en l’honneur de Flavius Vespasianus (l’empereur Vespasien). Ce nom de Coliseum lui fut donné plus fard, soit à cause de sa grandeur colossale, soit à cause du colosse de Néron, statue de bronze de 120 pieds, qui se trouvait près de ses issues conduisant au Forum. La construction du Colisée fut commencée par Vespasien à son retour de la guerre contre les Juifs; il fut terminé par Titus, l'an 80 de notre ère. On dit que les fètes qui eurent lieu à cette occasion durèrent cent jours, et que l’on y vit périr cinq mille bêtes féroces ainsi qu'un grand nombre de gladiateurs. A partir de cette époque, il servit pendant une longue succession d’années à des chasses d'animaux féroces et à des combats de gladiateurs, de même qu'à des naumachies, parce que l’on pouvait à volonté en remplir l'arène d’eau. Au troisième siècle, sous l’empereur Macrin, la foudre en détruisit la galerie supérieure; mais Alexandre Sévère la fit reconstruire ; de sorte qu’en l'an 248 on put y célébrer les jeux séculaires avec une magnificence dont on n’avait point encore eu d'exemple. Il est probable qu'à l’époque de Charlemagne le Colisée avait encore conservé toute sa magnificence primitive; car Bède rapporte ce proverbe dont les Romains avaient de son temps l'habitude de se servir : « Quand le Colisée tombera, Rome périra; quand Rome tombera, l'univers périra, »

Dans les guerres civiles qui troublèrent les siècles suivants, le Colisée était une des principales forteresses de la ville; au seizième siècle, il servait de refuge à plusteursnobles familles, notamment aux Frangipani et aux Annibaldi, Cependant on voit encore la noblesse romaine y célébrer en 1332 un com-

bat de taureaux. Plus tard, et surtout à l'époque du séjour des papes à Avignon, la partie du Colisée qui manque aujourd'hui fut utilisée en guise de carrière ; et c'est de là qu’on tira les matériaux pour la construction des palais de Venise et de Farnèse, pour la chancellerie, et pour le port de Ripetta. Le roi des Goths, Théodoric, avait déjà, au sixième siècle, donné des autorisations de ce genre. On alla même jusqu’à enlever plusieurs des colonnes de marbre qui ornaient l’intérieur du Colisée, jusqu’à arracher la plus grande partie des bronzes, qui pourtant contribuaient à la solidité des constructions. Quelques siècles encore plus tard, Clément IX en faisait murer les galeries inférieures, qu’on emplit de fumier pour obtenir du salpètre. Benoît XIV le prernier mit un terme à cette honteuse dévastation d’une des gloires de la Rome antique. Pour sanctifier ces ruines, encore tout imprégnées du sang des martyrs, il y fit élever 14 chapelles où sont représentées des scènes de la passion de Jésus-Christ. Mais les travaux de réparation et de consolidation ne datent, à bien dire, que du règne de Pie VII, et furent activement continuées sous la domination française. Depuis on n’a pas cessé de faire les plus louables efforts pour protéger le monument contre les outrages du temps.

La forme du Colisée est elliptique, comme celle des antres amphithéâtres. 11 offre à l'extérieur quatre étages; les trois premiers se composent chacun de quatre-vingts arcades dont les pieds-droits sont ornés chacun d’une colonne à demi engagée, et où l’on voyait aussi des statues de marbre ou d’airain. Au-dessus du dernier rang s'élève un mur, divisé aussi par quatre-vingts pilastres, entre chacun desquels est une fenêtre; mais il ne reste plus aujourd’hui de cette partie extérieure que celle qui fait face au mont Esquilin. Le premier rang d’arcades est de l’ordre dorique; chacune d'elles portait un numéro par le moyen duquel on pouvait se reconnaître dans une construction aussi uniforme. Ces arcades éclairent une vaste galerie où rien ne gêne la circulation. Le second rang est d'ordre dorique : dans celte galerie se trouvaient vingt escaliers qui conduisaient aux gradins inférieurs de l’amphithéâtre, ainsi qu’au troisième rang des arcades, qui est d'ordre corinthien, aussi bien que les pilastres du quatrième rang. L'édifice avait quatre entrées principales, remarquables par leur riche orneïnentation et au-dessus de chacune desquelles était placé un char d’airain altelé de quatre chevaux. De ces entrées, deux étaient réservées pour la famille impériale et les deux autres pour les processions de sacrificateurs par lesquelles s’ouvraient toujours les jeux. Les soixante-seize autres arcades ou portes servaient d’entrées et de sorties au peuple. A l’intérieur de ce mur d’enceinte si richement orné, il s’en trouvait encore cinq autres décrivant un cercle autour de l'arène, et séparés les uns des autres par une galerie. La seconde muraille formait avec la première le vestibule de la rotonde intérieure, et se composait aussi d’arcades de moindre élévation, Les quatre autres murailles allaient en diminuant de hauteur vers l’intérieur, et soutenaient les rangées de gradins où les spectaleurs devaient prendre place,

L'intérieur offrait le simple aspect de cinquante rangs de gradins partagés en trois divisions, et des escaliers multipliés en raison de la circonférence des gradins. Au bas de ces gradins, dont la première division était réservée aux chevaliers, était une terrasse nommée podium, sur laquelle on mettait des siéges mobiles. Ces places étaient réservées pour l’empereur et les sénateurs, les magistrats et les vestales. Enfin, au milieu se trouvait l'arène. Le diamètre de l'arène était de 285 pieds sur la longueur, et de 182 sur la largeur, Extérieurement, la circonférence du Colisée est de 1,681 pieds, etla hauteur de 157. Au-dessus de la troisième division de gradins se trouvait encore une vaste salle, soutenue par des colonnes, entourant tout l'amphithéâtre, et où prenaient place les spectateurs appartenant à la classe la plus infime de la population, Cette salle était couverte d'une toiture formant terrasse, où se tenaient les marins de la flotte

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