‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 23 sur 607 · COLISÉE — COLLAGE · texte numérisé non relu

COLISÉE — COLLAGE

impériale chargés des différentes manœuvres necessaires pour étendre au-dessus de l’amphithéâtre une immense voile (velarium), ordinairement en laine, mais quelquefois en étoffe de soie, destinée à protéger les spectateurs contre les ardeurs du soleil, élevée et tendue au moyen de cordes et de poulies attachées extérieurement à des pièces de bois saillantes, fixées de distance en distance dans des trous que l'on voit maintenant encore dans le baut du mur extérieur.

L’arène, qui vraisemblablement n’était qu’un immense plancher, reposait sur des murailles ; disposition qui rendait possible l'emploi des mécanismes les plus divers pour produire à volonté les plus merveilleuses apparitions subites, par exemple celles d'un bois où bientôt des gradins de l’amphithéâtre l'on voyait un grand nombre d'animaux errer en toute liberté. On calcule que le Colisée pouvait contenir de 80 à 90,000 spectateurs, et même 120,000 suivant d’autres supputations.

Sur la fin du règne de Louis XV, on construisit à Paris un monument gigantesque, qui prit aussi le nom de Colisée. Les chefs ostensibles de la compagnie qui se forma dans ce but étaient Camus, architecte du duc de Choiseul, Corbie et Monnet, anciens directeurs de l'Opéra-Comique ; mais les principaux intéressés étaient des fermiers généraux. L'affaire de cet établissement, qui devait offrir une réunion de tous les plaisirs, fut longuement discutée au conseil du roi, et le privilége fut accordé en juin 1769. On acheta fort cher un terrain considérable à l’extrémité septentrionale des Champs- Élysées, près du faubourg Saint-Honoré, et les travaux commencèrent aussitôt. Ils devaient être terminés pour les fêtes du mariage du dauphin (Louis XVI); mais la désertion de plusieurs souscripteurs fit souvent interrompre l'exécution de cet édifice, qui fut enfin ouvert le 25 mai 1771. Il avait coûté 2,700,000 fr., et pouvait contenir 40,000 spectateurs ; mais il n’en vit jamais plus de 5 à 6,000 à la fois. On y essaya des bals masqués, qui ne rapportèrent rien, des concerts où les voix se perdaïent dans le vide : la célèbre M'° Lemaure y attira la foule; mais on se lassa bien vite d’une voix qui n’était plus jeune ; d’autres cantatrices produisirent encore moins d’effet. Les concerts à écho ne réussirent pas mieux. Petites loteries à douze sous, expériences déjà connues d’un homme marchant sur l’eau, joûtes sur une eau bourbeuse, feux d'artifice peu variés, symphonies monotones, danses mesquines et puériles, on essaya tout cela sans succès la première année. En 1772 spectacle d’escrime, féte chinoise, pompes triomphales, pantomimes du chevalier d’Arcq, frère naturel du duc de Penthièvre, comoats de coqs, etc., furent encore montés sans attirer le public. En 1773 le Colisée n’ouvrait plus que de temps à autre, pour des fêtes extraordinaires. En 1774 il fut fermé bien plus souvent, quoique les femmes suspectes, les désœuvrés et lesétrangers s’y rencontrassent. En 1775 un écuyer anglais y fit d’assez bonnes recettes ; mais il y eut aussitôt procès avec les artistes, les ouvriers, et les vendeurs des terrains. Enfin les entrepreneurs abandonnèrent tont; les créanciers ne purent s’entendre, et le Colisée resta fermé. Il tombait en ruines, lorsqu’il fut démoli en 1784. Il n’a laissé que son nom à une rue de Paris.

COLLABORATEUR, COLLABORATION, mots faits de la préposition latine cum, avec, et du substantif {abor, travail, dont l'introduction dans la langue française n’est point fort ancienne, puisqu'on ne les trouve point dans le Dictionnaire de Trévoux. L'Académie définit le co{laborateur : « Celui qui travaille de concert avec un autre, qui l’aide dans ses fonctions, dans l'exercice de son emploi » Nous préférons la version d’un autre dictionnaire, qui appelle collaborateur « celui qui travaille de concert avec un ou plusieurs autres à un ouvrage, à un livre, etc, » Ce mot en effet est surtout employé en matière de littérature. Quant à son féminin collaboratrice, mentionné par tous es dictionnaires, il est d’un usage fort restreint ; nous avons

bien des femmes-auleurs, mais elles ne ressemblent point à nos vaudevillistes, qui se mettent deux, trois, quatre et au delà pour faire une pièce. Quelques femmes, M"° de Bawr, et depuis M° Anaïs Ségalas, M®* de Girardin, M®€ Georges Sand se sont essayées au théâtre, mais aueune d'elles n’a eu de collaborateur ni de collaboratrice, avoués du moins, que nous sachions, S'il en est qui, par hasard, placent leurs œuvres sous la protection d’un homme de lettres connu, ce ne sont pas toujours elles, quoi qu’aient pu dire la malignité et la vanité masculines , qui ont le plus à gagner dans cette association.

Quant à celle des savants et des gens de lettres, qui n’avait lieu autrefois que pour de grands ouvrages, tels que l'Encyclopédie, on la voit mettre aujourd'hui en pratique pour l’œuvre la plus légère; ce qui sera peut-être aux yeux de la postérité la meilleure preuve en faveur de notre esprit de sociabilité au dix-neuvième siècle. IL est vrai que dans ces sortes d'associations, surtout en ce qui regarde les productions théâtrales, chacun a son rôle tracé, ce qui ne laisse pas d’abréger beaucoup la besogne : l’un est chargé de la contexture du plan et de la disposition des scènes, l’autre du dialogue, celui-ci de la facture des couplets, celui-là de la mise en scène; puis vient celui qui fait le plus pour le succès, souvent sans aucune dépense d'esprit, sans même avoir pris la peine de tailler une plume, celui qui, par sa position, par ses courses, par ses intelligences, procure la réception de l’œuvre commune. Plus d’une direction théâtrale a près d’elle un entrepreneur semblable, chargé de la fourniture générale de la maison, et qui est ainsi en relation conlinuelle d'affaires avec elle. Malheur au talent modeste et fier qui ne veut pas se laisser imposer le collaborateur obligé ! il ne percera jamais; toutes les avenues du théâtre lui seront impitoyablement fermées. M. Scribe, qui, du reste, sait fort bien payer de sa personne dans ces sortes de marchés ou d’associations, à publié son théâtre, qu’il a dédié à ses collaborateurs. On pourrait demander à qui s'adresse l’épigramme ? Edme HÉREAU,

COLLAGE. Ce mot désigne en général l’action d’enduire une ou deux choses d’une colle quelconque, pour les joindre, les unir, les faire tenir ensemble. 1] s'applique aussi à une certaine opération que l’on fait subir aux vins pour les clarifier. Coller une bille, au jeu de billard, c’est La mettre tout près de la bande, de manière à ce qu'elle soif diflicile à jouer. Par extension, par métonymie, on dit alors qu’on à collé son adversaire, expression quis’emploie aussi dans le langage familier pour dire qu’on n’a rien laissé dans la discussion à répondre par son adversaire, en d’autres termes, qu’on l’a mis au pied du mur.

On dit aussi se coller, pour dire s'attacher fortement ou demeurer attaclé à quelque chose.

L'emploi de la colle joue un certain rôle dans plusieurs industries, notamment dans le cartonnage, la reliure, la brochure, les encadrements, la fabrication des cartes à jouer, lébénisterie,la menuiserie, etc.

Le carton se fabrique quelquefois au moyen du collage, en appliquant plusieurs feuilles de papier les unes sur les autres à l’aide de la colle.

Le collage des affiches se fait au moyen d’une colle de

. pâte, cuite dans beaucoup d’eau, et à l'aide d’un gros

pinceau de poil de cochon que l’afficheur trempe dans un seau d’eau où il a délayé sa colle.

Le collage des papiers de tenture oupapiers peints exige quelque adresse, de la précision, beaucoup de pro preté, et un certain goût. On emploie assez ordinairement la colle de pâte, mais pour les belles tentures, la colle de Flandre convient mieux. Il y a trois espèces principales de toilesen usage pour la tenture des papiers peints; toutes sont connues sous le nom de éreiclis : les largeurs font la difrérence. On applique d’abord surletreillisun papier grisou bleu

- sans colle avant de coller le papier d'ornement, Le colleur di-

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vise sen rouleau de tenture en bandes de la longueur des pans de mur, depuis la plinthe qui soutient la bordure jusqu’au plafond. Après avoir étalé chaque bande bien uniment sur une table, le colleur la couvre sur l'envers d’une couche de colle à la brosse avec le plus de légèreté et d'égalité qu’il lui est possible ; il attend que la bande soit bien imprégnée de l’humidité de la colle, et quand il voit que la couleur du fond du papier est devenue bien uniforme, il saisit la bande par ses deux extrémités, qu’il réunit sous ses doigts, la fleur du papier en dehors, c’est-à-dire colle sur colle. Il prend la bande à deux mains et l’ajuste d’abord sur la toile, le papier gris ou le mur, en commençant par le haut du mur, et laissant s’affaisser le reste de la bande, qui se déplie par son propre poids; il fixe ensuite la pose en s’aidant d’un chiffon bien net, On fait descendre ce chiffon en tamponnant de haut en bas, d’abord sur la zone du milieu de la bande, et successivement sur chacun des côtés. En séchant, le papier prend du retrait, d’où résulte une tension assez considérable qui produit une surface bien unie, En posant une bande près de celle qui est déjà posée, il faut nécessairement donner un peu derecouvrement, car les dessins que porte le papier ne s'étendent pas précisément jusqu’en ses bords, et c’est le recouvrement qui doit en raccorder les parties; mais il faut éviter de donner trop d’étendue à ce recouvrement. C’est dans cette juste mesure que consiste principalement l’art du «olleur. Ensuite on colle les bordures en haut et en bas ; et parfois on pose des baguettes dorées sur le papier peint. Les bordures du haut se posent les premières, puis celles du bas et celles des côtés , en se guidant sur les lambris, quand il y en a, ou d’après les dessins du papier.

Pendant bien loñgtemps le collage du papier en fabrique n’a été fait qu'après le moulage des feuilles. L'invention du papier à la mécanique, en bandes très-longues, que l’on coupe ensnite dans les dimensions voulues pour le format marchand, a fait sentir de plus en plus l'opportunité d’un collage dit à La cuve, c’est-à-dire le collage de la pâte même du papier avant le moulage, Mais en employant la colle toute faite dans la cuve on tombe dans des inconvénients nombreux. La difficulté a été vaincue par le procédé suivant : on a renoncé à la colle de gélatine, et on y a substitué la fécule tenue en suspension à froid dans Ja cuve à pâte. Chaque feuille en sort imprégnée de fécule et à l’état humide ; il ne s’agit plus que de l’exposer dans une étuve chauffée au point de faire éclater les grains de fécule, qui alors sont transformés en erupois, et le papier se trouve collé, Dans le procédé à la mé:anique, le cylindre sur lequel passe la longue bande de papier remplit l'indication de l’étuve.

Le collage du vin a pour but de lui donner de la limpidité de le dégager de la lie et°des parties trop colorantes, d’opérer, enfin, ce qu'on nomme la clarification. Pour obtenir ce résultat, on se sert de colle depoisson, de blancs d'œufs, ou de poudres préparées à cet effet. On a win d’abord de tirer de la pièce la valeur de deux bouteil- ‘es, on prend six blancs d'œufs que l’on bat ensemble avec une demi-bouteille de vin. On introduit par la bonde un bâton fendu, et l’on agite le vin en faisant pénétrer le bâton dans tous les sens; et puis on verse les blancs d'œufs préparés, et l’on achève de remplir la pièce qui doit être bouchée environ un quart d’heure après avec une bonde fraîche ; huit jours après on peut tirer le vin sans inconvénient. Pour opérer le collage avec de la colle de poisson, il faut prendre six grammes de colle, la couper par feuilles très-minces, la faire dissoudre dans une demi-bouteille de vin pendant vingt-quatre heures et agir de la même façon qu'avec les blancs d'œufs.

À à collage de La bière se fait à peu près de la même msnière.

COLLAPSUS, mot latin fait du verbe collabor, je tombe, et introduit dans le langage pathologique pour exprimer la chute subite et complète des forces, soit au début,

soit dans le cours d’une maladie. Cullen définit plus exactement le collapsus : « L’affaissement ou laffaiblissement de l'énergie du cerveau. » Les phénomènes qui précèdent le collapsus et les causes prédisposantes ou déterminantes sous l'influence desquelles il se manifeste sont nombreux et variés. Les moyens employés dans le traitement de cette période, qui caractérise l'issue funeste d’un très-grand nombre de maladies, soit aiguës soit chroniques, doivent être principalement dirigés sur l’état actuel du cerveau et de la moelle épinière, organes qui sont si souvent le siége de congestions plus ou moins rapides et intenses. Dans ce cas, l'emploi judicieux des ventouses scarifiées, les stimulants appropriés dirigés sur la portion du canal intestinal qui se prête le mieux et sans inconvénient à une ingestion prompte; les rubéfiants, les vésicatoires, sont les ressources que le thérapeutiste doit administrer avec habileté.

Il ne faut pas confondre le co!lapsus qui, toujours précédé de phénomènes de réactions morbides, consiste dans l’affaiblissement des fonctions cérébrale, sensoriale et locomotrice, avec la mort apparente par syncope ou par asphyxie, ni avec la sidération, dans lesquelles les individus sont frappés tout à coup, sans maladie appréciable antérieure, par des

causes externes ou internes, plus ou moins faciles ou diffi-

ciles à déterminer. L. LAURENT.

COL L’ARCO ou CON L’ARCO. Voyez Arco.

COLLAS (Procédé). On appelle aïnsi une espèce de gravure produite par des moyens essentiellement mécaniques, et qui est surtout propre à copier des figures en relief à cause de l’imitatien exacte de tout ce qui fait saillie. Cette gravure s’opère en effet au moyen d’une machine qui, en conduisant une pointe perpendiculaire en lignes parallèles sur les différentes saillies et cavités de l’objet qu’on veut reproduire, transporte sur une plaque de cuivre, à l’aide d’une autre pointe que fait mouvoir un joint en forme de levier, les différentes lignes que décrit la première. En éloïignant deux indicateurs correspondants, on précise les distances des lignes les unes des autres, ainsi que la profondeur de l’entaille. La position de ces indicateurs exige beaucoup de sagacité de la part de l’artiste. On ne peut en effet conduire la ligne en direction droite que jusqu’au côté éclairé des différentes formes recourbées des objets ; alors il faut faire repasser dans la plus grande lumière ces tons lumineux en tailles légères, onduleuses, tenues un peu plus larges suivant la perspective, et au contraire renforcer, ou, suivant l’expression technique, maintenir les lignes qui disparaissent dans les parties ombrées. On regarde comme l’inventeur de cette machine à copier les reliefs, ou plutôt comme l’ayant perfectionnée, le mécanicien et graveur français Achille Collas, qui la construisit dans les années 1830 et 1831. Elle lui servit à faire le bel ouvrage connu sous le titre de Zrésors de Numismatique et de Glyptique (220 livraisons : Paris, 1834 et suiv.). Les représentalions des médailles et des reliefs y font sur le papier l'effet de dessins repoussés en relief. Collas est aussi l'inventeur de la machine à faire des agrafes (1822), et de celle à guillocher les cylindres pour l'impression des indiennes (1828). En 1836 il en créa une pour réduire les œuvres d'art à toutes les dimensions, et obtint une médaille d'honneur en 1851 à Londres, et en 1855 à Paris; la première œuvre antique réduite par son procédé, qui est une application du tour à portrait, fut la Fénus de Milo, tantadmirée en 1839. 11 s'occupa ensuile du moulage de l'argile pour la fabrication de tuyaux et de briques creuses, et de la gravure mécanique des lettres et d’ornements sur les matières les plus dures. Né le 24 février 1795, à Paris, il y est mort le 6 juin 1859. COLLATÉRAL. Ce terme sert à désigner le rapport de parenté qui existe entre des individus qui ne descendent pas les uns des autres, mais qui remontent à un auteur commun. Ainsi les frères et sœurs et les cousins et cousines entre eux, les oncles et tantes à l'égard de leurs neveux et

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