‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 222 sur 607 · CONQUISTADORES — CONRAD · texte numérisé non relu

CONQUISTADORES — CONRAD

ajourné l’avénement définitif, et qui devait jouer un rôle si: actif dans la grande guerre de l'empire et du sacerdoce, au temps de Henri IV et de Grégoire VII. Plusieurs faif : importants pour l’histoire générale se rattachent au règne de Conrad II le Salien. A Pélection de Conrad I“, on ne voit guère que deux peuples, les Franconiens et les Saxons. Pour celle de Conrad IL, huit peuples sont représentés par leurs ducs réunis dans une île du Rhin, entre Mayence et Oppenheim, en présence de leurs armées respectives : à droite, les Saxons, les Franconiens de l’est, les Bavaroïs, les Souabes et les Bohêmes; à gauche, les Franconiens de l’ouest, et les hommes de haute et de basse Lorraine. L'histoire d’AIlemagne offre peu d'élections aussi solennelles. Elle eut lieu par suite de l'extinction de la maison impériale de Saxe en la personne de Henrili. Couronné à Mayence et intronisé à Aix-la-Chapelle, Conrad II parcourut aussitôt les divers cercles de l'Allemagne, pour rendre la justice à chacun et se faire connaître de ses peuples. Dans le but d’atténuer les déplorables effets des guerres privées que se faisaient sans: cesseentre eux les chevaliers et les gentilshommes, il institua les trèves de Dieu; et, pour s'assurer le dévouement de ses gens de guerre, il ordonna que les bénéfices militaires dont ils étaient en possession ne pussent pas être arbitrairement enlevés par les pères à leurs enfants. ,

Cependant les Italiens avaient levé l’étendarà de la révolte et offert la couronne de leur pays au fils du roi de France. Aussitôt Conrad, qui déjà s'était assuré de la survivance en Bourgogne et avait eu la précaution de faire désigner comme son successeur à l'empire son fils Henri, âgé dé neuf ans seu lement, franchit les Alpes (1026), châtia les princes et les villes rebelles, notamment Pavie et Ravenne, fut couronné: à Milan par l’archevêque Aribert en qualité de roi d'Italie, puis se fit couronner comme empereur romain, en même temps que sa femme Gisèle en qualité d’impératrice , à Rome même, par le pape Jean XIX, en présence des rois Rodolphe de Bourgogne et Canut de Danemark. Il rétablit également la {ranquillité dans la basse Italie, et confirma aux Normands qui s’y étaient établis la possession de leurs fiefs, comme gardiens des Marches contre les Grecs.

Tandis que l’empereur déployait en Italie une inexorable sévérité contre tout perturbateur du repos publie, plusieurs seigneurs se révoltèrent contre lui en Allemagne, notamment son gendre le duc Ernest de Souabe. Conrad mit facilement un terme à cette rébellion. Le duc Ernest fut fait prisonnier ; et, en 1031, le roi Étienne de Hongrie, qui élevait des prétentions à la possession de la Bavière, fut contraint à demander la paix. Conrad châtia également les Polonais, qui inquiétaient les frontières orientales de l’Empire, et les força à reconnaître la souveraineté de l’Empire. 11 força ensuite le comte Odon de Champagne, qui s'était emparé d’une partie de la Bourgogne, à renoncer à tous ses droits et prétentions sur ce pays; et en 1033 il employa la force pour se faire couronner à Genève en qualité de roi de Bourgogne. En 1037, Odon ayant renouvelé les hostilités, avec l'appui de quelques princes italiens, et envahi de nouveau la Bourgogne, fut défait par Gozilo, créé duc de ce pays par Conrad, dans une bataille sanglante livrée sous les murs de Bar-le-Duc, et où Odon fut tué. L'empéreur envoya son fils Henri contre les Slaves, qui de 1034 à 1036 avaient envahi le nord de la Saxe; et, après une opiniâtre résistance, ce prince les contraignit à repasser l’Elbe, puis ravagea leur propre territoire tant qu'ils n'eurent pas pris l'engagement de payer un plus fort tribut à l'Empire.

De nouveaux troubles ayant éclaté en Italie, Conrad franchit encore une fois les Alpes en 1036 ; et dans une diète impériale, tenue en 1037, il fit prononcer une peine sévère contre le puissant archevêque Aribert de Milan, qui lui refusait l'obéissance ; autant en advint plus tard aux évêques de Verccil, de Crémone et de Plaisance, qu'il fit emprisonner comme ayant entretenu de coupables intelligences avec

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