‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 224 sur 607 · CONRAD · texte numérisé non relu

CONRAD

et que des envoyés du pape et des Romains l’engageaient de plus en plus vivement à entreprendre une expédition en Italie, Au milieu des préparatifs qu'il faisait pour cette expédition, Conrad mourut empoisonné, probablement à l'instigation de Roger, le 15 février 1152, à Bamberg. Comme son fils Henri, le roi des Romains , était mort en 1150, et que son second fils, Frédéric, n’était encore âgé que de sept ans, il avait désigné pour lui succéder à l’empire le duc Frédéric III de Souabe.

Conrad III était un prince doué de beaucoup de courage militaire et d’une grande intelligence; il aimait les sciences et les lettres, bien qu’il ne possédât pas lui-même d’insfruction, Mais un concours de circonstances fâcheuses l’empêcha de déployer comme souverain une activité réellement utile; aussi n’apporta-t-il que des palliatifs passagers aux misères de son temps, sans les guérir radicalement.

Son mariage avec une princesse grecque et l'alliance des deux empires d'Orient et d'Occident furent symbolisés par l'aigle à double tête qui figure encore aujourd’hui dans les armoiries de l’empereur d'Autriche comme héritier des empereurs d'Allemagne, et dans celles du tzar de Russie comme héritier des empereurs grecs.

CONRAD IV, second fils de Frédéric J1, fut dès 1237 élu et couronné à Spire, par les princes d'Allemagne, roi des Romains, en remplacement de son frère aîné Henri, qui avait été déposé, et qui mourut en 1242; et ce fut lui que, pendant son constant séjour en Italie, l’empereur chargea de gouverner l'Allemagne. Les seigneurs allemands ne tardèrent point à mettre à profit cet état de choses pour consolider de plus en plus leur souveraineté, secondés qu'ils étaient dans leurs efforts par le pape, qui avait tout intérêt à détruire partout la puissance de Frédéric II. Mais Conrad, prince d'intelligence et d’activité, déploya, d’accord avec son père, autant de vigilance que de vigueur pour rendre vaines leurs prétentions. Après avoir, en 1138, conduit en Italie des troupes allemandes de renfort, il tint, en 1240, à Égra, une diète où les princes de l’Église allemande se prononcèrent hautement contre le pape et ses intrigues en Allemagne. 11 battit ensuite, avec l’aide d’Enzio, son frère, les Mongols, qui avaient envahi l'Allemagne sous les ordres de Batou-Khan. La bataille se livra sur les rives d’un affluent du Danube, appelé alors Delphos (peut-être à Neustadt sur la Leitha), et les Mongols durent évacuer le sol de l'Allemagne pour se retirer en Hongrie. A peu de temps de là, il engagea la lutte contre Henri Raspe, landgrave de Thuringe , élu en 1246 à la sollicitation du pape, par les évèques du Rhin, en qualité d’antiroi. Conrad, il est vrai, perdit, par suite de la honteuse trahison des deux comtes de Souabe, la bataille livrée le 5 août 1246 sous les murs de Francfort-sur-Mein, et qui était déjà aux trois quarts gagnée; mais, puissamment secondé par les villes d’Allemagne, qui portaient un vif attachement aux Hohenstaufen, et par le duc Othon de Bavière, qui lui donna même en mariage sa fille. Élisabeth, il battit, en 1247, Raspe sous les murs d’Ulm, et le rejeta en Thuringe, où celui-ci mourut le 17 février de la même année. Le comte Guillaume de Hollande fut élu à sa place le 3 octobre 1247, à l'instigation du pape Innocent IV. Après n’avoir eu pendant longtemps aucune importance, il trouva plus tard appui et secours parmi les évêques et en Souabe, où la noblesse aspirait à se rendre indépendante de la maison de Hohenstaufen. Il put donc réumr une armée, et battit Conrad en 1251 à Oppenheim.

Pendant ce temps-là Frédéric II était mort en Italie, en 1250. Cette mort eut pour effet de relâcher encore davantage en Allemagne les liens qui faisaient de l'empire un tout politique; à l'exception de la Bavière, Conrad ne pouvait espérer y trouver aucune assistance, car la discussion relative à la succession en Autriche et en Thuringe et les confédérations particulières des princes, des villes,ete., divisaient les forces, Anatémathisé par fe pape, et pressé

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