‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 225 sur 607 · CONRADIN · texte numérisé non relu

CONRADIN

vivement par son antiroi Guillaume, il entreprit, en 1254, une expédition en Italie à l'effet de s'assurer tout au moins la possession du royaume d’Apulie, Secondé par son frère Manfred, il soumit l'Apulie, et s’empara de Naples en octobre 1253. Mais des calomnies et des plaintes du pape lui aliénèrent les esprits , et mirent de plus en plus obstacle à l’exécution de ses projets de conquête et d'établissement au delà des Alpes. Il succomba à une grave et longue maladie, qui l’enleva le 21 mai 1254 dans son camp devant Lavello. 11 n’avait jamais vu Conradin, son fils unique, âgé de deux ans, qu’il avait laissé en Allemagne.

CONRAD DE LICHTENAU, ordinairement appelé Conradus Urspergensis, chroniqueur allemand, descendait d’une famille noble de Souabe, et séjourna quelque temps à la cour de l’empereur. 11 est probable que, pendant un assez long séjour à Rome, il devint moine, puis, en 1215, abbé d’une abbaye de l’ordre de Prémontré, à Ursperg en Bavière, où il mourut en 1240. L'empereur Frédéric EX le tenait en singulière estime à cause de sa rare érudition. On le regardait autrefois comme l’auteur du CAronicon universale urspergense, chronique précieuse pour l’histoire de l’Allemagne, depuis l’époque de Ninus, roi d’Assyrie, jusqu’à 1229; mais d’autres ne lui attribuent qu’une petite partie de ce recueil, celle qui va de 1126 à 1129, et disent que la première partie, celle qui va jusqu’à 1126, fut rédigée par un moine de Bamberg, et la période comprise entre 1129 et 1226, par un de ses prédécesseurs, l’abbé Burchard de Biberach, Des investigations ont établi, au contraire, que cette chronique ne fut pas le moins du monde rédigée par Conrad de Lichtenau; que la première partie est de l'abbé Ekkehard I‘, d’Urach, près de Wurzbourg, et la suite, jusqu’en 1229, celle d’un italien. Gaspard Hédion l’a continuée jusqu’en 1537. Conrad Peutinger en publia la première édition (Augsbourg, 1515). La dernière a paru à Strasbourg (1609).

CONRAD DE WURTZBOURG, l’un des principaux poëtes allemands du moyen âge, d’une époque où la poésie en haut-allemand commençait à dégénérer, était doué d’une remarquable fécondité et instruit dans les lettres latines, Par la manière pleine de délicatesse et d’art avec laquelle il traite la langue et construit son vers, il se rattache à l’école de Godefroid de Strasbourg. Il mourut en 1287 à Fribourg en Brisgau. Son dernier ouvrage, mais qu’il n’eut pas le temps d’achever et qui fut terminé par un autre, est un poëme sur la Guerre de Troie, dont Müller a inséré une partie dans le 3° volume de sa collection d’anciennes poésies allemandes. Le genre dans lequel Conrad de Wurtzbourg a le mieux réussi est celui des petits poëmes narratifs. Nous citerons, par exemple, Engelhard, Othon le Barbu, les légendes Saint Sylvestre et Saint Alexis, enfin son hymne à la bienheureuse Vierge Marie, et la Forge d'or, compris pour la plupart par W. Grimm dans sa collection de vieux poëmes allemands.

CONRADIN, duc de Souabe, le dernier rejeton de Ja maison impériale des Hohenstaufen , fils de Conrad IV, petit-fils de l’empereur FrédéricI}, né en 1252, n’avait que deux ans lorsque son père mourut. Pendant sa minorité, qu’il passa à la cour de son oncle le duc Louis de Bavière, qui le fit élever, Manfred, sur le faux bruit de Ja mort de son neveu, s'était emparé de la couronne de Sicile, en annonçant l'intention de désigner Conradin pour en hériter après lui. Mais le pape Clément IV, plein de haine pour la race des Hohenstaufen, adjugea le royaume de Sicile à Charles d'Anjou, frère de Louis IX, roi de France, qui effectivement s’en mit en possession après la défaite et la mort de Manfred Pn 1266. Mais l’administration de ce prince ayant bientôt mécontenté les populations italiennes, celles-ci appelèrent l'héritier légitime de la couronne , ordinairement nommé Conradino, à revendiquer le royaume de son père en Italie. En conséquence celui-ci, plein de courage et d'enthousiasme, franchit les Alpes dans l'automne de:

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