‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 24 sur 607 · COLLATÉRAL — COLLE · texte numérisé non relu

COLLATÉRAL — COLLE

nièces, et ces derniers relativement à leurs oncles et tantes sont parents collatéraux. La ligne collatérale est la suite des degrés entre parents collatéraux. On appelle succession collatérale celle qu’on recueille d’un parent collatéral, et héritier collatéral celui qui recueille cette succession.

COLLATIN, Le mont Collatin était une des sept co/lines de l’ancienne Rome (Collatinus). C'était aussi le surnom d’une branche des Tarquins, qui fut donné à Lucius Tarquinius, neveu de Tarquin le Superbe, parce qu’il était originaire de Collatie (ville d’Italie, dans le Latium, située au

ud-est de Tibur, sur les bords de l’Anio), ou qu’il y avait

demeuré. La porte par laquelle on sortait de Rome pour se rendre à Collatie en avait pris le nom de Porte-Collalime.

Baillet et après lui Bergier donnent le surnom de co/lalines à la congrégation des oblates de sainte Françoise; mais le P. Hélyot dit que c’est à tort, et que le couvent de ces religieuses n’était point dans le quartier Collatin, mais bien dans la rue des Cordeliers, quartier moderne des Campitelli, au pied du Capitole.

COLLATION. C'était le droit de conférer un bénéfice. Dans l’ancienne Église, les prélatures et les abbayes étaient conférées par élection, sous l'approbation du supérieur; les bénéfices inférieurs séculiers étaient conférés par les prélats, les réguliers par les abbés. Ces collateurs étaient obligés, à peine de prescription, d’exercer leur droit dans le délai de six mois. Ce droit passa successivement des évêques au primat, du primat au pape. Cet état de choses fut depuis changé par le concordat de François I et de Léon X : les élections furent abolies. Le collateur laïc ou ecclésiastique n’accordait que les provisions; quelques abbesses même avaient le droit de collation pour les cures. Cette partie du droit canonique a donné lieu à de longues et nombreuses controverses. Il a subi de nouvelles modifications par les nouveaux concordats, Il n’y a plus en France de bénéfices simples. Le chef du gouvernement a seul le droit de collation aux évêchés : l'institution canonique est réservée au pape. La constitution civile du clergé avait rétabli les élections.

En style de pratique on nomme collation l’action de confronter la copie d’un titre, d’un acte quelconque à l’original. L'identité est constatée par cette formule : certifié conforme ( ne variebur ). La collation de pièces est judiciaire ou extrajudiciaire, suivant qu’elle se fait en exécution d’unedécision de la justice ou sur la demande des parties, sans ordonnance du juge. Le procès verbal de la collation judiciaire se fait par le notaire ou le dépositaire de l’acte, ou par un juge commis par le tribunal. Les parties peuvent collationner l’expédition ou copie, dont lecture est faite par le déposilaire; et dans le cas où elles prétendent que l’expédition n’enest pas conforme, ilen est référé au président du tribunal, lequel fait la collation sur la minute, que le dépositaire est tenu d'apporter. La collation extrajudiciaire se fait par des notaires sur des actes authentiques ou sous seing privé qui leur sont présentés et qu’ils doivent rendre aussitôt,

Collationner un manuscrit, c’est le comparer avec le texte usuel ou imprimé pour s'assurer qu’il n’en diffère point. Collationner un livre, c’est examiner ses feuilles une à une pour voir s’il n’en manque pas. La révision des secondes épreuves d'imprimerie s’est aussi appelée quelquefois coZlation.

On appelle encore collation le repas que les Latins nommaient cœnula. En carême, et pendant les autres jours de jeûne, les fidèles ne faisaient qu'un repas frugal, après avoir assisté au dernier office du jour. Ce repas se composait de confitures ou de fruits ; mais ce repas, sous le nom de collation ou de godter, était devenu quotidien, et cet usage s’est maintenu longtemps, surtout dans les colléges, les pensionnats et les ateliers : On collationne encore à la campagne, mais c’est moins un usage qu’une fantaisie.

COLLE, substance qui sert à unir, à maintenir ensemble différentes matières, comme le bois, le papier, des étoffes, etc. ou à leur donner plus de force. La colle sert aussi à donner de l’apprèt, à clarifier certaines liqueurs, etc, On distingue diverses espèces de colles, la colle-forte, la colle de pâte, la colle à bouche, la colle de poisson, etc.

La colle-forte n’est que de la gélatine desséchée ; c'est un produit utile, indispensable même dans beaucoup d’arts, tels que la chapellerie, la menuiserie, la marqueterie, la papeterie, la cordonnerie, l'impression des toiles, la peinture en détrempe, etc., etc. La fabrication des colles animales a fait de grands progrès, et donne aujourd’hui des produits vraiment étonnants par leur netteté, par l'absence de toute coloration, la transparence, la sécheresse et la privation de toute odeur nauséabonde.

L'industrie qui s’exerce sur les colles se partage en deux branches : la première a pour objet la collection des matières gélatineuses, les préparations qu’on leur fait subir pour les rendre inaptes à la fermentation putride et pour leur complète dessiccation, état dans lequel elles peuvent être conservées indéfiniment, et envoyées, à peu de frais de transport, loin des lieux où elles ont été recueillies. C’est là ce qu’on appelle le commerce des colles-matières sèches. Ces matières consistent généralement en brochettes ( pellicules minces que le mégissier enlève sur les peaux }), en effieurures (épiderme séparée par les bufletiers), rognures des cuirs appelés buenos-ayres ; patins (gros tendons des quatre pieds des bœufs et vaches ), qu’on enlève avec les petits os; abats ou nerfs de bœuf ( portion des parties génitales de l’animal); peaux de lapin, dépouillées du poil employé dans la chapellerie ; rognures des parcheminiers, dites peaux d'âne; rognures des tanneries, oreilles de mouton et de veau, pieds de mouton, avec les tendons, les petits os et les ergots, les parties déchirées de la peau, etc.; enfin, les parties dites fées de veau, que les corroyeurs retranchent avant de commencer le travail auquel ils soumettent les peaux. Les fabricants de colle trouvent encore un petit supplément à ces ressources dans les vieux gants, les surons d’indigo, c’est-à-dire les grosses peaux qui recouvrent les balles de cet ingrédient apporté d’outre mer.

Le travail de conservation des coZles-matières consiste à les faire macérer pendant une quinzaine de jours dans un lait de chaux, renouvelé trois ou quatre fois ( c’est ce qu’on appelle l’échaudage); on étend ensuite sur un pavage en plein air pour égoutter et sécher, en remuant et retournant souvent à la fourchette. Après la dessiccation complète, on met en balles. C’est sur ces matières que s’exerce, à proprement parler, la fabrication. Le fabricant les attaque d'abord de nouveau par un premier trempage au lait de chaux, et les en laisse complétement pénétrer. Ensuite on rince dans l’eau de rivière, pour enlever soigneusement toute la chaux, dont la présence, même en très-petite proportion, nuirait essentiellement à la fabrication. L’aérage subséquent par exposition sur un dallage procure la conversion en craie insoluble de ce qui pourrait avoir échappé de chaux at lavage de rivière, et alors cette chaux cesse d’être aussi nuisible. Avant que les matières aient achevé de sécher, cependant, on les porte à la chaudière, lorsqu'elles retiennent encore un peu d’eau et restent légèrement gonflées et plus attaquables par le liquide bouillant.

La chaudière des fabricants de colle est ordinairement de cuivre, et d’un diamètre à peu près égal à la profondeur. Le fond doit être plus épais que les côtés : il faut l’exposer tout entier à l’action de la chauffe, Pour ménager ce fond, on est dans l’usage de le revêtir à l’intérieur d’un faux fond en tôle, percé de trous comme une écumoire, qui reste suspendu sur uñ trépied à huit ou dix centimètres de hau-

| (eur. Cette précaution garantit du brûlage des matières, qui sont sujettes à s’attacher au fond de la chaudière. Il faut

3n remplir la chaudière d’eau jusqu'aux deux liers environ. | Les eaux de rivière et surtout celles de pluie sont avec raison préférées, à cause de l’absence des sels terreux, qui sont susceptibles de se combiner à la gélatine. Les matières crues doivent occuper dans la chaudière un volume plus grand que sa capacité, en sorte qu’elles dépassent considérablement les bords. On chauffe graduellement jusqu’à l'ébullition : les matières s’affaissent peu à peu, le liquide augmente de volume, et après quelques heures de bouillage, toutes les matières solides se trouvent complétement submergées. Il faut continuer le bouillage sans aucune interruption, en détachant de temps en temps les portions qui adhèrent aux parois de la chaudière.

Comme une propriété constante de la gélatine est de s’altérer de plus en plus par l’exposition à une haute température, il est évident que moins durera le bouillage et plus pur sera le produit. Mais comme la dissolution de toute Ja partie gélatineuse contenue dans les colles-matières ne se fait pas simultanément, et que pour extraire la totalité il est nécessaire d’un temps plus ou moins long, on a pris te parti, pour éviter toute détérioration de la portion la première extraite, de fractionner les produits. Dès que le liquide est devenu assez visqueux pour prendre ( se coaguler } par le refroidissement, au point de pouvoir être coupé par tranches et exposé sur les filets, on l’enlève, et on y substitue de nouvelle eau. On finit par extraire de cette manière toute la gélatine, qu’on peut obtenir économiquement.

La colle dite dans le commerce colle de Flandre ou de Hollande se fait en deux cuites. Il faut pour obtenir cette colle bien blonde et bien claire, comme on l’exige pour des emplois délicats, rincer à plusieurs eaux, et détremper pendant un temps suffisant les co/les-malières, après les avoir longtemps aérées pour saturer d’acide carbonique, et rendre insoluble et inerte la chaux employée dans leur préparation. La colle façon anglaise est beaucoup plus cuite que celle de Flandre. La colle dite de Givet exige une lente ébullition. On laisse fondre, avant de soutirer, la totalité des matières, et on évite soigneusement tout ce qui pourrait tendre à troubler la transparence de la solution gélatineuse. Pour toutes les colles, il faut d’ailleurs enlever soigneusement de la surface du liquide, à l’aide d’une écumoire, la combinaison de graisse et de chaux qui surnage.

La colle dite au baquet est celle dont les peintres en bâtiments font le plus fréquent usage pour la détrempe. Ce n’est qu'une dissolution de gélatine, qui n’a pas été assez concentrée pour pouvoir être coupée en tranches.

Excepté cette dernière, toutes les sortes de colles fortes sont coulées dans des boîtes ordinairement en sapin, et un pen évasées dans le haut, pour faciliter le dégagement du pain de colle après refroidissement. Si l’on veut obtenir des feuilles égales et régulières, il faut tracer en creux de quelques millimètres le fond de ces boîtes, qui donnent alors des masses marquées des divisions qu'on en fera plus tard, Au moment du coulage, on place toutes les boîtes à côté les unes des autres sur des chantiers horizontaux, bien de niveau. On pose sur la boîte qu'il s’agit d’emplir un entonnoir à fond plat, dans lequel on introduit un tamis de crin, ou mieux de toile métallique : c’est sur ce tamis, qui retient les impuretés et substances flottantes, qu’on verse la solution gélatineuse. Il convient que l'atelier de coulage soit très-frais ; aussi lui donne-t-on le nom de rafratchissoir. 11 faut ordinairement, quand Patelier est convenable, douze lieures de séjour de la colle dans les boîtes pour sa coagulation parfaite, Le lendemain ces boîtes se montent dans un séchoir, ouvert à tout vent ; on les renverse brusquement sens dessus dessous sur des tables mouillées pour éviter l’adhérence. On divise le pain de colle en feuillets horizontaux, au moyen d’un fil de cuivre, tendu sur une sorte de monture de scie, On enlève avec dextérité ces feuillets de gélatine, et on les étend promptement sur les filets ten- |

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