‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 25 sur 607 · COULE · texte numérisé non relu

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dus dans ce séchoir. La dessiccation de ces feuillets est sujette à bien des accidents, qui peuvent gâter le produit sans retour dans les premiers jours de l’exposition sur les filets; les moindres intempéries de l’air peuvent occasionner une fermentation, qui perd tout : l'orage surtout est à redouter. Le brouillard est aussi très-nuisible : l’eau qu'il porte à la surface des feuillets y détermine la maisissure. On dit alors que la colle a été piquée, et elle perd beaucoup de sa valeur

La colle étant sèche sur les filets, dont elle conserve l’em: preinte, il faut procéder au lustrage, opération intrinsèquement inutile, mais que les préjugés du consommateur rendent indispensable. Pour cela, on met dans un petit baquet de l’eau chaude, et on y trempe, un à un, les feuillet. Au sortir du baquet, où ils ne doivent rester que le moins de temps possible, on les frotte vivement avec une brosse douce, trempée elle-même dans l’eau tiède. Au furet à mesure que ces feuillets ont été ainsi nettoyés et polis, on le: range sur une claie, puis on les porte à l’étuve, si le temps n’est pas très-sec. Un jour après, la colle a perdu toute l’eau du lustrage, et on peut la mettre en tonneaux pour être expédiée.

Les bords des feuillets, dans les colles très-fortes, son? un peu ondulenx ou recroquevillés. II faut que les colles soient résistantes, à cassure nerveuse allongée, peu hygrométriques, se gonflant beaucoup dans l’eau froide, maïs sans s’y dissoudre, formant une gelée très-volumineuse lorsqu’e: les a dissoutes à chaud. Enfin les meilleures colles sont celles qui supportent sans se rompre la charge la plus grande. Dans l'emploi, il est fort essentiel de dissoudre la colle à la moindre chaleur possible, crainte d’altération de la gélatine. On la concasse en morceaux aussi petits que possible; on la fait tremper d’abord à l’eau tiède, puis on donne quelques bouillons Dès que toute la colle est dissoute, on arrête le feu, et la colle est bonne à employer.

La colle à bouche est une matière gélatineuse, sèche, que l’on emploie pour coller le papier sur la planchette, pour coller ensemble deux feuilles de papier à écrire, etc. ; on la vend en petites tablettes de 2 à 3 centimètres environ de large sur 6 à 8 centimètres de long et quelques millimètres d'épaisseur. Comme on a l'habitude de mouiller la colle à bouche avec sa salive quand on veut s’en servir, on choisit

pour la préparer les meilleures qualités de colle-forte, sur- .

tout celles qui n’ont que peu d’odeur. Le Tabricant fait macérer cette colle-forte dans de l’eau. Il chauffe ensuite cette dissolution, à laquelle il ajoute 10 pour 100 de son poïds de sucre en poudre, afin de rendre la saveur moins désagréable. Au moment où la colle retirée du feu est sur le point de se figer, on l’aromatise avec une légère préparation d’essence de citron, qui masque la mauvaise odeur qu’elle aurait pu conserver.

La colle de pâte est la plus simple. Pour l'obtenir il suffit de délayer de la farine ordinaire de blé avec de l’eau, dont on augmente peu à peu la quantité. On met sur le fer: jusqu’à ébullition et en remuant toujours le liquide, qui s’épaissit. Après quelques mmutes d'ébuMition on retire de dessus le feu et on laisse refroidir. On en fait aussi-avec de l'amidon, des farines avariées, etc. Elle sert au collage des papiers de tenture, des cartonnages, à la brochure, aux cordonniers, ete,

La colle de poisson ( appelée aussi icA/hyocolle ) est fournie par différentes espèces d'accipenser : Festurgeon, le béluga, etlesterlet ; on en obtient, en outre, une grande quantité du serruga. La préparation de la colle de poisson est presque absolument bornée à la Russie. On yen fait partout où se pêche la grande espèce d’esturgeons, sur le Dnieper, le Don, et spécialement sur la mer Caspienne, et aussi sur le Volga, l’Oural, l'Oby et l'Irtisch. Celle qu'on tire de l’esturgeon est réputée la meilleure; après celle-ci vient la colle tirée du béluga. Elle varie aussi d'après le mode de préparation. Sur le Volga et l'Oural, on trempe les

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vessies pendant qu’elles sont fraîches, et on les fait sécher :usqu’à un certain degré. On en enlève ensuite la peau extéieure; la membrane intérieure blanche et lustrée se tord, -t on la fait alors complétement sécher. La meilleure colle est ordinairement roulée et prend la forme d’un serpent ou ‘un cœur; la seconde sorte est pliée par feuillets comme “eux d’un hvre; et celle de moindre valeur se fait sécher ans aucune précaution. Dans d’autres lieux, la coke de poisson s’extrait des vessies par ébullition et dissolution. Celle-ci est formée en tranches ou plaques ; elle est parfaitement transparente et de couleur d’ambre. Sur lOka, où ‘on ne peut se procurer que le sterlet, les vessies sont batlues au moment même qu’on les a extraites du poisson, et on les fait sécher pour ichthyocolle.

La bonne colle de poisson est blanche, légèrement transparente, sèche, composée de membranes, pas trop épaisse, et absolument inodore. Pallas a donné des renseignements très-étendus et très-clairs sur ce produit, dont on fait un grand emploi pour le collage des liqueurs et dans la fabrication du £affetas gommé d'Angleterre. La colle de poisson est employée comme réactif pour constater la

présence du tannin, qu’elle précipite à l’état d’insolubilité. ;

Nul doute que dans nos ports, en mettant à profit la grande

quantité de vessies aériennes de divers poissons qui se per-

dent, et principalement celles des grands congres, on ne pût parvenir à fabriquer de lichthyocolle. Mais ce sont les vessies qu’il faudrait employer, et non pas les parties aponévrotiques et tendineuses des poissons, comme nous l’avons tenté sans succès. Dans ce dernier cas, on obtient bien une belle colle incolore et transparente , maïs elle ne jouit pas de la propriété de clarifier les liqueurs. Cet eftet n’est dû qu'aux fibrilles disséminées dans la gélatine des vessies : ce sont ces fibrilles imperceptibles qui se combinent avec les substances qu’elles entraînent en dépôt. PELouzE père.

Les usages de lichthyocolle sont nombreux : non-seulement elle sert à clarifier les vins et à gommer le sparadrap, mais elle forme encore la base des gelées que préparent les pharmaciens, les cuisiniers, et sert à coller des fragments de verre, à lustrer des étoffes, des rubans, etc.

COLLE (Cuarces), né en 1709, mort en 1783, est encore un de ces enfants de la basoche qui préférèrent à la sombre mais productive étude de leur père la vie joyeuse et indépendante de nourrisson des muses. C'était un homme qui savait prendre la vie du bon côté , et allier l'intérêt au plaisir. Fils d’un procureur du roi au Châtelet, qui était aussi trésorier de la chancellerie du palais, il devint le poëte et le commensal des grands, et passa sa vie à les amuser, sans abdiquer la dignité de son caractère. Il fut pendant longues années, avec le titre honorable et lucratif de lecteur ordinaire, le poëte favori de la cour de ce bon duc d'Orléans qui menait si joyeux train, tant à Paris qu’à Bagnolet et à Sainte- Assise, qui vivait au mieux avec Louis XV et la favorite régnante, qui se laissait taper le ventre et appeler gros papa par la comtesse Dubarry, qui jouait la comédie à ravir, inimitable surtout dans les valets et les paysans, et qui, au demeurant, n’en était pas moins un homme bienfaisant, un prince tellement populaire qu’on ne l’appelait que le roi de Paris. Ce fut pour ce patron que Collé composa son TAéttre de Société, recueil dont les pièces ne « pouvaient être jouées, dit La Harpe, que dans les sociétés où l’on se mettait audessus de toute décence en faveur de la gaicté ». Mais telle était la grande société de ce temps-là. « Un grand fonds de gaieté et de bonne humeur, dit Grimm en parlant de Coilé dans sa Correspondance, un ton aussi excellent que fin et original, l'ont toujours fait rechercher par la bonne compagnie ; l'honnêteté de ses mœurs et de son caractère lui a fait des amis solides. Elle l’a aussi préservé de deux écueils également dangereux et difficiles à éviter avec cette tournure d’esprit : le premier de devenir caustique et de se livrer en-

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tièrement à la satire; l’autre de jouer dans les sociétés le rôle |

de plaisant et de bouffon, rôle bien avilissant pour un homme d'honneur »

Cependant, une circonstance est venue, vingt-deux ans après la mort de Collé, porter quelque atteinte à sa réputations la publication de son Journal historique (Paris, 1805- 1807, 3 vol. in-8°). Dans ces mémoires, qui ont une grande analogie avec ceux de Tallement des Réaux, le bonhomme Collé s’est montré le juge impitoyable des hommes avec lesquels il passait sa vie. Auger lui en à fait assez doucement reproche dans la Biographie Universelle. Après tout ce Journal historique prouve que son auteur était animé 4’un patriotisme pur et d’une noble indépendance : on retrouve dans ses courtes réflexions sur les faits tous les sentiments, toutes les doctrines généreuses de 1789. Collé, néanmoins. et l’on ne sait trop pourquoi, ne pouvait souffrir Vo taire. Lors de la reprise de Mahomet, il fit courir ce couplet

Ce Mahomet que l'on fête, Avec force écrit,

Mais qui n’a ni pieds ni tête, Corneille en eût dit :

C’est l'ouvrage d'une bête De beaucoup d’esprit.

Si Collé, pourtant, n’avait fait que des couplets pareïls, il ne serait pas demeuré avec Panard et Piron en possession du sceptre de la vieille chanson. Sous ce rapport, La Harpe le préfère même à l’auteur de La Mélromanie : « Piron, dit-il, est aussi loin de Collé dans le comique licencieux que ce comique même est loin de la bonne comédie. Collé est du moins un libertin plein de verve et de véritable originalité. » Malheureusement, la plupart des couplets de Collé, chefsd'œuvre aux yeux des gens de goût, ne sauraient être répétés à cause de leur excessive licence. « Mais, comme l’observe Grimm , cette licence, enfant de la verve et de la folie, ne marque ni un cœur dépravé ni des mœurs corrompues.. En le lisant, je me rappelle Anacréon et Horace ; je me souviens que les plus beaux esprits de tous les siècles ont toujours un peu donné dans le péché de la gaillardise. »

Deux pièces de Collé ont conservé une juste réputation : ce sont : Dupuis ct Desronais et La Partie de Chasse d'Henri IV. On remarque dans la première des scènes d’un excellent comique et d’un vif intérêt théâtral. Le dialogue n’a rien de faux ni de recherché. Toutefois, elle est d’une versification assez faible; mais si à la lecture elle peut laisser à désirer, au théâtre elle satisfait entièrement le spectateur. Le nom de Henri IV est sans doute pour La Partie de Chasse un attrait puissant; mais la pièce elle-même, quoique dépourvue d’intrigue, a beaucoup de mérite. L’auteur a mis heureusement à contribution les mémoires de Sully dans le premier acte. Les deux autres sont empruntés à une pièce anglaise que Sédaine avait déjà heureusement imitée dans Le Roi et le Fermier. Ce qui appartient tout à fait à Collé, c’est le langage naïf et gai de ses paysans et surtout la bonhomie de Michaut. Cette pièce fut jouée deux fois à la fin de décembre 1764, sur le théâtre du duc d’Orléans à Bagnolet. Le succès en fut très-brillant; le petit-fils de Henri IV jouait lui-même le rôle de Michaut, et lé jouait supérieurement. Dès le 31 décembre, la cour, trouvant le personnace de Henri IV trop peu ancien, défendit la représentation de cette pièce. Elle fut cependant jouée dans la sale des Menus-Plaisirs, le 14 mai 1766, et à Bordeaux la même année. Enfin, elle ne parut sur le Théâtre-Français que le 16 novembre 1774. Interdite de nouveau sous la République et sous l'Empire, La Partie de Chasse redevint sous la Restauration une pièce de circonstance, qui eut de brillantes représentations : elle est depuis 1830 redescendue à la queue du répertoire,

Les petites pièces de Collé, tant du Théätre de Société que du Théälre des Boulevards, sont nombreuses : presque toutes ont eu du succès ; mais ce sont des bluettes, dont,

au bout de près d’un siècle, on ne saurait parler sérieusement. Nous ne pouvons nous empêcher de rappeler toutefois La Vérité dans le Vin, vrai chef-d'œuvre d'esprit et de gaieté, malgré beaucoup de gravelures. Une autre pièce, La Veuve, imprimée dès l’année 1764, fut représentée en 1771 par les Comédiens français, qui en jouant ainsi une pièce imprimée s’épargnèrent les droits d'auteur. Celte comédie, d’un froid magnifique, n’eut aucun succès ; le style de Collé, brillant de malice et d'esprit lorsqu'il fait parler des fats ridicules ou des femmes sans scrupule, perd ici tout son naturel : il n’est que faux, guindé, plat, et il y a même une remarque à faire en cette occasion, c’est que dans le style sérieux cet auteur ect très-incorrect, défaut bien singulier de la part d’un homme qui a fait tant de chansons et de parodies qui sont des chefs-d’œuvre pour le choix des mots et l’originalité des tournures.

Collé ne s’est pas borné aux sujets galants ou graveleux : dans ses chansons, il a successivement attaqué tous les ridicules de la littérature et de la société. Il se plaisait à célébrer les événements agréables à la nation. C’est ainsi qu’en 1756, lors de la conquête de Minorque, il fit la fameuse chanson Le Port-Mahon est pris, qui lui valut une pension royale de six cents livres, avec la gloire d’être chanté par les chanteurs des rues : « Honneur, dit Collé, dans son Journal historique, que je préfère à celui que ma chanson a d’être chantée par le roi, qui a, dit-on, la voix fausse. » Collé fut un des fondateurs de cette académie bachique qu’on nomma Le Caveau; mais sil nous a valu le Vaudeville, on à à lui reprocher d’avoir, sur ses vieux jours, combattu l'introduction d’un nouveau genre, qui a procuré de suaves et pures jouissances à nos pères, et qui nous en procure encore à nous-mêmes : nous voulons parler de l’opéracomique, tel qu'il nous a été légué par les Sédaine, les Pis, les Barré, les Grétry, les Monsigny et leurs heureux imitateurs. Collé ne pouvait pardonner à ce nouveau genre, four à tour sentimental et gai, mais toujours décent, de disputer le domaine théâtral au vieil opéra-comique en vaudevilles et en flons-flons grivois. De là une guerre d'impromptus et de couplet: qui occupa les dernières années de ce poële, comme la mauie des amphigouris avait, avant 1740, marqué ses débuts poétiques. Il avait dû aux conseils de Crébillon fils l'avantage de renoncer à ce détestable genre.

Ayant perdu une femme qui avait fait longtemps son bonheur, le chagrin qu’il en ressentit lui fit désirer la mort, ou le porta même, a-t-on dit, à se la donner. Quoi qu’il en soit, ce fut à soixante-quinze ans que Collé termina sa carrière, Cousin du poëte Regnard, comme lui il jouit d’une assez belle fortune : car aux titres de pensionnaire du roi et de lecteur du premier prince du sang il joignait un intérêt dans les sous- fermes de la maison d'Orléans , sans compter le produit de son répertoire dramatique. Pour faire apprécier cette dernière branche de revenu, Dieu nous garde de nous engager dans la nomenclature des ouvrages de Collé ; on en lrouvera le catalogue dans le premier volume de son Journal historique. Charles Du Rozorr.

MA. Didot ont publié la Correspondance inédite de Colle (1864, in-8), accompagnée de ses œuvres posthumes, et son Journal historique (1868, 3 vol. in-8).

COLLECTE, première oraison de lamesse, par laquelle le célébrant commence la liturgie, et qui aurait été ainsi nommée ; suivant les uns, du latin col/ectio, assemblée, réunion , parce qu’elle se dit au moment où les fidèles sont réunis ; selon d’autres, de ce qu’elle est un corollaire “un résumé des demandes que le peuple adresse au ciel par le ministère du célébrant; enfin, d’après une troisième version, parce qu'elle se compose de plusieurs passages de l'Écriture, fondus ensemble, L’antiquité des collectes est hors de doute. Bossuct en cite qui ont été composées par saint Léon, saint Geluse, saint Grégoire, saint Hilaire, Salvien , Saint Si-

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