COLLÉ — COLLECTIF
doine, saint Isidore de Séville. Érasme prétend qu’elles son, presque toutes d’un fort beau style. On y a fait très-peu de changements, et l'Église les regarde comme des monuments de sa foi. ,
COLLECTE, COLLECTEURS. Le mot collecte, dérivé du latin colligere, recueillir, signifie aujourd’hui une quête faite pour une œuvre de bienfaisance ou pour un objet d'intérêt commun, s’employait anciennement pour exprimer le recouvrement de toute espèce d'impôts. Mais bien avant la Révolution il ne signifiait plus que le recouvrement de la gabelle et de la taille. Longtemps en France, les communes eurent le droit de voter la répartition des impôts entre leurs habitants et de les faire percevoir par des collecteurs qu’ellesélisaient. Un grand nombre d’anciennes chartes reconnaissent de la manière la plus formelle l'existence de ce droit, qui survécut même à l’anéantissement des franchises et des libertés communales. Maïs au seizième siècle ce n’était plus qu'une charge ruineuse, à laquelle toutes les professions s’empressaient à l’envi de se dérober, car on avait rendu les collecteurs responsables de la recette, même alors qu’ils n’avaient point touché; et après un cerlain délai on pouvait les contraindre à payer de leurs propres deniers les tailles de toute la paroisse, sauf leur recours contre les habitants. Aussi les communes ne tardèrent pas à abandonner ce droit, et les collecteurs ne furent bientôt plus que des commis à gages, nommés d'office par le pouvoir.
On appelait collecteurs des amendes, sergents collecteurs ou gardes généraux collecteurs des amendes, les officiers chargés de faire payer les amendes prononcées par jugement, et spécialement celles attachées aux contraventions commises en matière d’eaux ét forêts. Ces officiers furent supprimés en 1777.
Les collecteurs du pape en France étaient des personnes qui, du consentement du roi, venaient lever certains impôts établis au profit de l’Église ou pour la propagation de la foi chrétienne et sa défense contre les hérétiques et les infidèles.
COLLECTIF, ce mot vient du latin colligere, recueillir, rassembler. Cet adjectif se dit de certains noms substantifs, qui présentent à l’esprit l’idée d’un tout, d’un ensemble formé par l'assemblage de plusieurs individus de même espèce; par exemple, armée est un nom collectif : il nous présente l’idée singulière d’un ensemble, d’un tout formé par l’assemblage ou réunion de plusieurs soldats; peuple est aussi un terme collectif, parce qu’il excite dans l'esprit l’idée d’une collection de plusieurs personnes rassemblées en un corps politique, vivant en société sous les mêmes lois; faréf est encore un nom collectif, car ce mot, sous une expression singulière, excite l’idée de plusieurs arbres qui sunt l’un auprès de l’autre, Ainsi le nom collectif nous donne l’idée d'unité par une pluralité assemblée,
Mais obcervez que pour faire qu’un nom soit collectif il ne suffit pas que le tout soit composé de parties divisibles ; il faut que ces parties soient actuellement séparées, et qu’elles aient chacune leur être à part : autrement les noms de chaque corps particulier seraient autant de noms collectifs ; car tout corps est divisible, Ainsi 2omme n’est pas un nom collectif, quoique l’homme soit composé de différentes parties; mais ville est un nom collectif, soit qu’on prenne ce mot pour un assemblage de différentes maisons, ou pour une société de divers citoyens. Il en est de même de rutlitude, quantité, régiment, troupe, la plupart, ete.,
Il faut observer ici une maxime importante de grammaire, c’est que le sens est la principale règle de la construction : ainsi quand on dit qu’une infinité de personnes soutiennent, le verbe soutiennent est au pluriel, parce qu'en effet, selon le sens, ce sont plusieurs personnes qui soutien nent : l'infinité n’est là que pour marquer la pluralité des personnes qui soutiennent, Ainsi il n'y a rien contre la grammaire dans ces sortes de constructions. C'est ainsi que Virgile a dit : Pars mersi tenuere ratem ; ct dans Salluste,
mes