‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 254 sur 607 · CONSEIL SUPÉRIEUR DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE — CONSÉQUENCE · texte numérisé non relu

CONSEIL SUPÉRIEUR DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE — CONSÉQUENCE

Les membres de la section permanente étaient nommés À vie; ils ne pouvaient être révoqués que par le président de la république, en conseil des ministres , sur la proposition du ministre de l'instruction publique. Ils recevaient seuls un traitement. Les autres membres du conseil étaient nommés pour six ans et indéfiniment rééligibles. Le conseil supérieur tenait au moins quatre sessions par an; le ministre pouvait le convoquer en session extraordinaire toutes les fois qu’il le jugeait convenable.

Le conseil supérieur pouvait étre appelé à donner son avis sur les projets de loi, de règlement et de décret relatifs à l’enseignement, et en général sur toutes les questions qui lui étaient soumises par le ministre. 11 était nécessairemen appelé à donner son avis : sur les règlements relatifs aux examens, aux concours et aux programmes d’études dans les écoles publiques, à la surveillance des écoles libres, et en général sur tous les arrêtés portant règlement pour les établissements d'instruction publique; sur la création des facultés, lycées et colléges; sur les secours et encouragements à accorder aux établissements libres d’instruction secondaire ; sur les livres propres à être introduits dans les écoles publiques, et sur ceux qui devaient être défendus dans les écoles libres, comme contraires à la morale, à la constitution et aux lois.

Il prononçait en dernier ressort sur les jugements rendus par les conseils académiques sur les affaires disciplinaires relatives aux membres de l’enseignement primaire, secondaire et supérieur, public ou libre.

Il devait présenter chaque année au ministre un rapport sur l’état général de l’enseignement , sur les abus qui auraient pu s’introduire dans les établissements d'instruction et sur les moyens d’y remédier. La section permanente était chargée de l'examen préparatoire des questions relatives à la police, à la comptabilité et à l'administration des écoles publiques. Elle donnait son avis, toutes les fois qu’il lui était demandé par le ministre, sur les questions relatives aux droits et à l'avancement des membres du corps enseignant. Elle devait présenter annuellement au conseil un rapport sur l’état de l’enseignement dans les écoles publiques.

Le décret du 9 mars 1852 a supprimé la section permanente, et remis au chef de l’État le droit absolu de nornination et de révocation des membres du conseil, qui est composé ainsi qu'il suit : trois membres du sénat, trois membres du conseil d'État, cinq archevèques ou évêques, trois membres des cultes non catholiques, trois membres de la cour de cassation, cinq membres de l'Institut, huit inspecteurs généraux et deux membres de l’enseignement libre ; en tout trente-deux membres, nommés pour un an seulement. Le même déeret a enlevé au conseil ses attributions judiciaires, pour les transférer au ministre ; ses autres fonctions lui ont été maintenues. Le conseil se réunit au moins deux fois par an, sur la convocation du ministre, président de droit. A. LEGOYrT.

CONSENTEMENT. C’est l'adhésion que l’on donne à la volonté d’un autre, à un engagement. On consent lorsqu’on accepte les offres de quelqu'un. Le consentement de la partie qui s’oblige est une condition essentielle à la validité d’une convention. On peut donner son consentement par écrit, ou verbalement, par signes, par le silence même quelquefois. Un consentement peut résulter de cerfains faits, En résumé, il est exprès ou tacite. Il est nécessaire de prendre des précautions pour interpréter les signes : quelques-uns manifestent d’une manière très-claire Pintention de celui qui les fait; d’autres se comprennent moins bien. Dans le cas où il s’agit d'apprécier un consentement, il ne faut avoir égard qu'aux signes qui pour tous les hommes en général indiquent un assentiment. II faut aussi prendre gdfde de mal interpréter des faits ou un silengæ équivoques.

Il n’y a pas de consentement valable s’il n’a été donné

que par erreur, ou s'il a été extorqué par violence, ou surpris par vol; car la liberté est sa première loi. Cependant, la convention contractée par erreur n’est point nulle de plein droit : elle donne lieu seulement à une action en nullité ou rescision. E. DE CHaBnoz.

CONSENTES (Dieux), dii consentes. C'étaient chez les Romains certains dieux du premier ordre. Leur nom était pris de l’ancien verbe conso, qui signifiait conseiller ou consulter, d'où était aussi venu le nom du dieu Consus. D’autres les appelaient consentes pour consentientes, parce qu'ils avaient droit de donner leur consentement aux délibérations célestes. Ces divinités étaient au nombre de douze, six dieux et six déesses ; et leurs douze statues, enrichies d’or, étaient élevées dans la grande place de Rome, suivant le témoignage de Varron, qui donne pour raison de leur nom qu’elles naissaient et qu’elles mouraient ensemble : quéd una oriantur et excedant una. Ennius les renferme toutes dans ces deux vers :

Juno, Vesta, Minerva, Ceres, Diana, Venus, Mars, Mereurius, Jovi, Neptunus, Vulcanus, Apollo.

Chacune de ces divinités présidait à un mois de l’année : Minerve avait sous sa protection mars ; Vénus, avril; Apollon, mai; Mercure, juin; Jupiter, juillet; Cérès, août; Vulcain, septembre; Mars, octobre ; Diane, novembre; Vesta, décembre; Junon, janvier ; et Neptune, février. Le poëte Manilius, dans le second livre de ses Astronomiques, donne à chacune des constellations du zodiaque la divinité qui préside à son mois, pour avoir le soin de régler ses mouvements et de nous dispenser ses influences, savoir : Minerve au Bélier, Vénus au Taureau, Apollon aux Gémeaux, Mercure au Cancer, Jupiter au Lion, Cérès à la Vierge, Vulcain à la Balance, Mars au Scorpion, Diane au Sagittaire, Vesta au Capricorne, Junon au Verseau, Neptune aux Poissons. Les fêtes que l’on célébrait en leur honneur se nommaïent Consenties (Consentia ).

Il y avait encore douze divinités que les anciens reconnaissaient pour celles qui avaient le soin particulier.des choses nécessaires à une vie tranquille et heureuse. Jupiter et la Terre étaient révérés comme les protecteurs de tout ce qui était à notre usage, le Soleil et la Lune comme les modérateurs des temps, Cérès et Bacchus comme les dispensateurs du boire et du manger, Bacchus et Flore comme les conservateurs des fruits, Minerve et Mercure comme les protecteurs des beaux-arts et du commerce, et enfin Vénus et le Succès comme les auteurs de notre bonheur et de notre joie, par le don d’une féconde lignée et par l’accomplissement de nos vœux. Les Grecs avaient joint à ces douze divinités Alexandre le Grand comme dieu des conquêtes ; mais il ne fut pas reconnu par les Romains, qui avaient transporté les douze autres de la Grèce en Italie, où ils étaient adorés dans un temple commun, qui leur avait été consacré à Pise. L'institution des douze dieux consentes venait d'Égypte; et le scoliaste Apollonius dit que c’étaient les douze signes du sodiaque.

CONSEQUENCE (du latin cum, avec; et du verbe sequi, suivre), terme de logique, lisisca d’une proposition avec deux autres propositions antérieurement énoncées, ou avec les prémisses dont on l’a déduite. Cette dernière proposition forme la conclusion d’un raisonnement. Mais entre conclusion et conséquence il y a quelqnes. nuances indispensables à saisir : « Dans un raisognement, dit Beauzée, la conclusion est la proposition qui suit, qui ressort de celles qu’on y a employées comme principes, et que l’on nomme prémisses. La conséquence est la liaison de la conclusion avec les prémisses. Une conclusion peut être vraie, quoique la conséquence soit fausse : il suffit pour l’une qu’elle énonce une vérité réelle, et pour l’autre qu'elle n’ait aucune liaison avec les prémisses. Au contraire, une conclusion peut être fausse, quoique la conséquence soit

vraie; c'est que d’une part elle peut énoncer un jugement faux, et de l’autre avoir une liaison nécessaire avec les prémisses, dont l'une, au moins dans ce cas, est elle-même fausse, Quand la conclusion est vraie et la conséquence fausse, on doit nier la conséquence, et on le peut sans blesser la vérité de la conclusion : c’est qu’alors la négation ne tombe que sur la liaison de cette proposition avec les prémisses. Quand , au contraire, la conclusion est fausse et la conséquence vraie, on peut “accorder la conséquence sans admettre la fausseté énoncée dans la conclusion : ce qu’on accorde ne tombe alors que sur la liaison de cette proposition avecles prémisses, ef non sur la valeur même dela proposition, Pour un raisonnement parfait, il faut de la vérité dans toutes les propositions et une conséquence juste entre les prémisses et la conclusion. La plus mauvaise espèce serait celle dont Ja conclusion et la conséquence seraient également fausses : ce ne serait pas même un raisonnement, La conclusion d’un ouvrage en est quelquefois la récapitulation; quelquefois, c’est le scmmaire d’une doctrine dont l’ouvrage a exposé ou établi les principes. Les diverses propositions qui énoncent cette doctrine fondée sur les principes de l’ouvrage, sans y être expressément comprises, sont ce qu’on appelle les conséquences, »

Ces raisonnements un peu abstraits ne seront bien compris que des esprits accoutumés à suivre un raisonnement de conséquence en conséquence, et, comme l’a fort bien dit Bayle, « la plupart des gens sont plus portés à acquiescer à des preuves de sentiment qu’à suivre le fil d’une infinité de conséquences enchainées avec méthode.» Pour en donner une idée plus claire, nous emprunterons un exemple à Voltaire.

« Quelleest donc, dit-il, notre nature, et qu'est-ce quenotre chétif esprit? Quoil l’on peut tirer les conséquences les plus justes, les plus lumineuses, et n’avoir pas lesens commun? Cela n’est que trop vrai. Le fou d'Athènes qui croyait que tous les vaisseaux qui ahordaïent au Pirée lui appartenaient pouvait calculer merveilleusement combien valait le chargement de ces vaisseaux, et en combien de jours ils pouvaient arriver de Smyrne au Pirée. Nous avons vu des imbéciles qui ont fait des calculs et des raisonnements bien plus étonnants. 118 n'étaient donc pas imbéciles? me direz-vous. Je vous demande pardon, ils l’étaient. Ils posaient tout leur édifice sur un principe absurde; ils enfilaïent régulièrement des chimères. Un homme peut marcher très-bien et s’égarér, etalors mieux il marche, plus il s’égare..…, C’est moins la logique qui manque aux hommes que la source de la logique. Il ne s’agit pas de dire : six vaisseaux qui m’appartiennent sont chacun de 200 tonneaux, le tonneau est de 10,000 livres pesant ; donc, j'ai 1,200,000 livres de marchiandises au port de Pirée, Le grand point est de savoir si ces vaisseaux sont à toi. Voilà le principe dont ta fortune dépend; tu compteras ensuite. »

Après cet exemple d’une conséquence juste tirée d'un principe faux, auquel on pourrait ajouter tant d’aulres exemples de conséquences fausses tirées d’un principe juste, Voltaire présente avec raison l'ignorance et le fanatisme réunis dans le même homme comme la source la plus commune et la plus féconde des erreurs, des faux jugements et des inconséquences de toutes espèces, depuis les plus ridicules jusqu'aux plus atroces dans leurs résultats.

Conséquence, synonyme de conclusion ou d'induction, prend souvent aussi l'acception de suile, Ainsi, l’on dira qu'une affaire peut avoir de fâcheuses conséquences, qu'une chose faite hors de propos peut entrainer de graves conséquences ; et dans le même sens on dira qu’une chose peut tirer à conséquence, pour diré qu'il est à craindre qu’on ne puisse s’en prévaloir.

Enfin, le mot conséquence emploie comme synonyme d mportance , et se dit également des choses et des personnes, Il est bon toutefois de remarquer à ce sujet que ce 1aot, dont on s’est servi très-fréquemment jadis dans le sens

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