‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 259 sur 607 · CONSERVATOIRE — CONSERVATOIRE DES ARTS ET MÉTIERS · texte numérisé non relu

CONSERVATOIRE — CONSERVATOIRE DES ARTS ET MÉTIERS

été de les y faire servir à l’enseignement , aux progrès et au développement de l'industrie et de ses diverses branchés. Par décision ministérielle en date du 28 avril 1848, le dépôt des étalons prototypes des poids et mesures, qui existait au minisière du commerce, a été transféré au Conservatoire des Arts et Métiers , où se font maintenant les vérifications et toutes les opérations qui s’y rattachent.

Le Conservatoire des Arts et Métiers est placé à Paris dans les vastes bâtiments de l'ancien prieuré Saint-Martin, dans la rue de ce nom. Son origine est due à l'immortel Vau- Canson. La collection des machines du cabinet de ce sa- Van{ mécanicien, légnée par lui à Louis XVI, y donna naïssance, en inspirant l'idée d'en faire les fondements d’une insfitution utile, projet qui ne reçut son exécution que long- Lemps après, pendant nos troubles révolutionnaires, en 1794. Cette collection s'est augmentée de celle qu'avait formée anciennement l’Académie des sciences, d'objets analogues extraits des dépôts particuliers, ou que l'odieuse loi des confiscations avait mis à la disposition du gouvernement; de ceux dont l’acquisition a été faite tant en France qu’à l’étranger, et de ceux offerts par les artistes, lorsqu'ils ont été jugés dignes d’y être admis. Le Conservatoire des Arts et Métiers possède aussi le cabinet du physicienCharles, qui était le premier de l’Europe. Sa richesse industrielle s’accroit encore assez fréquemment, soit par les nouvelles acquisitions, soit par les modèles des inventeurs qui se font breveter pour leurs découvertes.

Pendant de trop longues années nous avions vu le Conservaloire ne répondre que frès-imparfaitement au but de sa création. Ses collections, qui n'étaient pas renouvelées, vieillissaient et restaient inférieures aux perfectionnements de l’art, I] avait des démonstrateurs de machines qui n'ont jamais fait de démonstrations ; une bibliothèque, où l'on men(rait que sur des permissions du directeur; une seule pelite école d’arithmétique et de dessin élémentaire pour les enfants près d'arriver à l'adolescence, et rien pour l’instruction des adultes, ni pour celle de l’âge viril. Cet état de choses si fâcheux, qui annonçait une grande incurie de la part de l'administration, est remplacé par un ordre meilleur, Les objets trop vieux, qui n'étaient plus d'aucune ulilité au Conservatoire, en ont disparu; des machines, ins- {ruments et appareils, d’une date et d'une application plus récentes, y ont été subtitués; on y a surtout introduit, pour tenir lieu de machines en grand, beaucoup'de modèles exécutés sur une échelle assez étendue, qui étaient l'ouvrage d'habiles mécaniciens de la capitale ou des élèves de l'École d'Arts et Méliers de Châlons. La bibliothèque, qui se compose principalement de livres et plans relatifs aux arts, est ouverte au public tous les jours, excepté le lundi. L’enseignement de la petite école s’est agrandi; il embrasse, comme dans le principe, l’arithmétique et les éléments du dessin, et de plus les premières notions de la géométrie descriptive, avec ses applications à la charpente et à la coupe des pierres, le dessin des machines et celui des ornements et de la figure. D'un autre côté, un haut enseignement y est organisé; il se compose de 26 cours, que la classe industrisile fréquente assidûment: les matières de cet enseignement sont la géométrie et la mécanique appliquées aux arts, l'écono: mie industrielle, la physique et la démonstration des machines, l'agriculture, la mécanique industrielle, la géométrie descriptive, la législation industrielle, la chimie industrielle, les arts céramiques, les sciences appliquées à la filatüre et au tissage, à la teinture, au génie rural, etc. Ajoutons que pour propager la connaissance des inventions brevetées, le directeur et un dessinateur sont chargés par le ministre du commerce de la plus grande partie du fravail qu'exige la publication des descriptions et des dessins des machines, moyens et procédés des brevets d'invention qui, par l'accomplissement des fermes de leur échéance, deviennent d'un usage libre. C'est dans oet élablissement que sont dé-

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