‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 260 sur 607 · CONSERVATOIRE DES ARTS ET METIERS — CONSIDÉRANT · texte numérisé non relu

CONSERVATOIRE DES ARTS ET METIERS — CONSIDÉRANT

posés les étalons prototypes des poids et mesures du sysème métrique.

es travaux entrepris pour dégager et agrandir le Conservatoireontété commencés en 1848 et sont très-avancés. Deux portails, terminés en 1850, encadrent la cour: le premier, sur la rue, est surmonté d’un fronton sculpté et accompagné des statues de la Science et de l’Art ; le second, en avant-corps, est précédé d’un perron de 22 marches, orné de pilastres composites et des bustes de Chaptal et de Coulomb, et surmonté aussi d’un fronton circulaire que couronne un campanile. Rien n’a été changé dans la disposition de l'escalier monumental qui est un chef-d'œuvre dans son genre ; la décoration seulement en a été modifiée. L'ancienne église du prieuré, qui date du douzième siècle, a été restaurée en 1854 : elle sert de galerie d'essai aux machines. Dans le réfectoire, admirable construction attribuée à Pierre de Montereau, longde 42 m. sur 7 de large, et décoré de belles peintures par Gérôme, a été installée la bibliothèque industrielle, riche de 18,000 volumes, Plusieurs autres galeries sont consacrées aux nombreux modèles de toutes les machines inventées jusqu’à nos jours; il y en a une, dite du portefeuille, où l’on a placé 7,(00 dessins de machines, ainsi que tous les brevets d'invention tombés dans le domaine public, On a élevé dans la cour d'honneur une statue à Olivier de Serres (1862), et une autre à Vaucanson (1864).

En face de cet édifice se trouve un square dit du Conservatoire, qui a été ouvert au public au mois de janvier 1861. Il occupe une superficie de 4,145 m.; on y voit deux bassins ornés de figures en bronze, et une élégante balustrade en pierre du Jura.

CONSERVATOIRES (Actes). On nomme ainsi en droit des mesures qui ont pour objet de conserver intacts les droits que l’on a sur une chose, de s’assurer le payement d'une créance, la liquidation d’une succession, etc. Nous citerons comme exemples de cette sorte d’actes les inventaires, les appositions de scellés, les inscriptions hypothécaires, et les oppositions.

Les actes conservatoires concernant des immeubles ne seraient pas valables s’ils étaient de nature à troubler la jouissance du possesseur; si, par exemple, ils l’'empêchaient de percevoir ses revenus, d'exploiter son bien. A l'égard des meubles, qui sont plus faciles à soustraire, la loi a déterminé les moyens propres à en prévenir le détcurnement sans toutefois nuire au débiteur. Aug. Hussow.

CONSERVE. Une idée commune aux acceptions diverses de ce nom lui est assignte par son étymologie, qui est aussi celle du mot conservation. Une branche de la chimie industrielle livre à la consommation des préparations de substances animales et végétales qu’elle a rendues susceptibles de se conserver, en les dérobant à l’action des causes qui produisent ordinairement leur décomposition (voyez CONSERVATION DES ALIMENTS), Ces substances ainsi préparées sont des conserves alimentaires. Elles offrent de précieuses ressources tant pour les besoins de la marine et de l’armée que dans l’économie domestique.

En pharmacie, lorsqu'on était encore dans la croyance que le sucre s’opposait à la fermentation des matières végétales, et conservait aïnsi leurs vertus médicinales, on préparait des médicaments de consistance pulpeuse, composés de substances végétales et de sucre, auxquelles on donnait le nom de conserves médicamenteuses ou pharmaceutiques. Mais depuis qu’on a reconnu que ces prétendues conserves s’altèrent plus ou moins promptement, selon les climats et les saisons, on est dans.l’usage de les préparer extemporanément en se servant de la poudre des substances médicinales auxquelles on veut donner cette forme pharmaceutique. 45

Parmi les soins hygiéniques des yeux et dans le traitement des maladies de ces organes, on a fréquemment recours à

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des sortes de lunettes à verres presque plans, ordinairement colorés en vert, quelquefois garnies en dehors d’une pièce triangulaire en taffetas de même couleur, auxquelles on donne le nom de conserves parce qu’elles conservent le vue en diminuant l'impression d’une lumière trop vive et er grossissant un peu les objets

En termes de fortification, les conserves ou les contre gardes sont des pièces plus longues et moins larges que les demi-lunes, qui couvrent les bastions entre le fossé et k contrescarpe. L. LAURENT.

En termes de marine, on dit que des navires son de conserve, vont de conserve, lorsqu'ils voyagent de compagnie. Il ne suffit pas pour que deux ou plusieurs vaisseaux soient de conserve, qu'ils fassent route dans une même di rection et ensemble, il faut encore qu’il y ait convention de s'entr'aider, de se prêter secours en cas d’avarie ou de fout autre événement de mer, et de se défendre mutuellement contre l’ennemi, On a dans la marine des signaux de con: serve et de reconnaissance entre bâtiments amis. Meruin,

CONSIDÉRANT (Vicror-Prosper), chef d’une des nombreuses écoles entre lesquelles se sont partagés les entrepreneurs de réformes morales et politiques, et autres guérisseurs des maladies du corps social, élève bien aimé de Charles Fourier, né le 12 octobre 1808, à Salins, fuf admis à l'Ecole Polytechnique, et en sortit avec les épaulettes de sous-lieutenant dans le corps du génie, où il parvint en très-peu de temps au grade de capitaine. Il avait cependant à peine atteint l’âge de vingt-six ans, qu’il renonçait à la carrière honorable et assurée qui s’ouvrait devant lui, pour s’enrôler parmi les prédicants d’une nouvelle théorie sociale, celle de l’industrie attrayante et passionnée, Si notre jeune officier donnait en cela tout au moins une preuve du peu de fixité de ses idées, c’est que comme fant d'autres, après les événements de 1830, il s'était jeté à corps perdu dans ce qu’on appelait a recherche duprogrès, le mouvement ; c'est que, rendu tout récemment indépen dant par un mariage avantageux, un peu d’ambition ef beaucoup de confiance en lui-même aidant, il avait entrevæ la possibilité de mettre son individualité en relief et de jouer, lui aussi, le rôle de réformateur social, de guide spirituel des générations contemporaines; décevant mirage auquel il n’avait point hésité à faire le sacrifice de son état.

La toute-puissance des idées , quelles qu’elles fussent, ef l’incommensurable avenir réservé à cette force encore peu connue ou mal appréciée, étaient à ce moment, avec la misère du pays, les thèmes habituels et de prédilection des privilégiés plus spécialement en possession de parler avec autorité à la foule, c’est-à-dire des orateurs dans les chambres et des publicistes dans les journaux. Les succès trèsproductifs, et de plus d’un genre, obtenus ainsi par tous ces débitants officiels de lieux communs avaient provoqué en dehors de leur cénacle une concurrence effrénée; et il se tenait dans la rue une véritable foire anx idées, où les sys tèmes les plus saugrenus étaient incessamment offerts aux passants par de prétendus philosophes se faisant fort Ten rémontrer à la tribune et à la presse, ct tous se vantant de posséder seuls l’infaillible panacée qui devait mettre pour toujours fin aux souffrances de l'humanité.

L'interruption survenue dans le travail national et l'incertitude que présentait encore l’avenir de l'Europe étaient les causes évidentes du malaïse social dont tout le monde signalait l'existence, et qui servait alors de texte obligé aux déclamations des ambitieux. Le retour de la sécurité et de la confiance pouvait seul faire cesser le chômage des ateliers. Par conséquent, faciliter ce retour par des paroles de conciliation et d’esporr eût dù être le but d'écrivains honnêtes et de penseurs consciencieux; mais les entrepre= neurs de réformes trouvaient bien autrement leur compte à s'adresser à l'ignorance, à la crédulité, et surtout aux passions envieuses des masses. La population des grands

centres d'industrie étant la partie de la nation qui souffrait le plus de Yénorme diminution subie par la consommation “générale, c'était à elle qu’ils s’adressaient de préférence. Tous, pour peu qu'on leur confiât l'exercice du pouvoir suprème , promettaient de ramener l’âge d’or sur la terre; et le vuigaire, abasourdi par une terminologie nouvelle et sonore mise au service d'idées vagues et incohérentes, flanquées de force attaques contre la société actuelle , consentait, à les croire sur parole. La réorganisation radicale du travail et de l’industrie sur des bases à l’abri de toute crise commerciale, avee de tout autres conditions de vie et de prospérité, tel était toujours le point de départ de ces docteurs ès-sciences sociales, parfaitement d’accord pour renverser et détruire, mais s’aftaquant et se déchirant à belles dents ‘dès qu’il s'agissait du mode de réédification à choisir. On les voyait d’ailleurs les uns et les autres déserter bien vite le terrain comparativement borné des questions purement économiques, pour le champ sans limites des questions politiques et religieuses, où les passions privées se trouvent beaucoup plus à l'aise.

Démontrant que dans notre système social tout se lie et s’enchaîne; que dès lors il ne fallait pas songer à porter isolément la hache dans quelques-unes de ses parties ; qu’on mw'opérerait de réforme vraiment utile et durable qu'à la condition de tout abattre à la fois dans cet édifice vermoulu, ils n’entendaient pas seulement reconstituer l'industrie du pays, mais encore tout l’ensemble de son organisation religieuse et politique. Pour eux le christianisme et ses sévères doctrines avaient irrémissiblement fait leur temps. Sortie d'une enfance que par un criminel accord la royauté et le sacerdoce avaient beäucounp trop prolongée, l’humanité n’avait plus besoin de rois ni de prêtres. Poëles de Dieu, proplhèles de l'avenir, ainsi qu'ils se qualifiaient modestement eux-mêmes, ils se flattaient d’avoir révélé au monde les destinées qui lui étaient infailliblement réservées dans un avenir très-prochain, et d’avoir élevé dans leurs brochures, leurs revues et leurs livres, autant de phares qui, en dépit de tous les efforts de l'Esprit des ténébres, projetteraient jusqu’à la consommation des siècles une ineffable lumière, seukguide queles hommes eussent désormais à suivre pour arriver à la possession de la félicité sans bornes dont la Divinité a voulu faire leur lot ici-bas. Les théogonies et les cosmogonies nouvelles jaillissant sans effort de leurs larges cerveaux , il ne devait leur en coûter guère plus d'inventer en même temps une morale nouvelle, Ainsi avaient fait les sectateurs de Saint-Simon ; ainsi firent ceux de Fourier, sauf les nuances de détail imaginées par les derniers venus pour échapper à l'accusation de plagiat et de contrefaçon qu’eussent pu sans cela être tentés d'élever contre eux les réformaleurs qui les avaient précédés dans la carrière,

Nous n'avons point à signaler ici les dissemblances existant entre les idées de Saint-Simon et celles de Fourier; nous mous bornerons à leur contester a priori jusqu'au mérite de l'originalité, et à rappeler lanalogie frappante qu'elles offrent les unes et les autres, et quant aux moyens d’applications et quant au but final, avec celles que, de l’autre côté du détroit, Owen mettait déjà en pratique plus de dix années avant qu'on entendit parler en France soit de l'émancipalion de la femme, soit du #ravail attrayant et passionné. L'orgueil froissé, le découragement envieux , la jalousie haïneuse semblent d’ailleurs avoir été les mobiles secrels qui portèrent ces trois réformaleurs à se mettre ainsi en lutte avec une société coupable de ne pas savoir assez rendre justice à leur mérite. Constatons cependant entre eux une différence capitale. Fourier avait toujours été pauvre et obscur ; Saint-Simon, grand seigneur déchu, avait déjà inutilement essayé du suicide, qaaud tous deux se donmèrent la mission de réformer leurs semblables; tandis que Owen, plusieurs fois milionnaire, s'était ruiné stoiquement our avoii la satisfaction de mettre ses doctrines en appli-

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