CONSOMMATION — CONSONNANCE
spéculateur, ils offrent ce grand avantage qu'ils rendent le recouvrement du revenu public plus sûr, plus exact et plus simple qu’il ne saurait l'être au moyen d'aucune espèce de taxe directe; que le contribuable est libre de s'y soustraire; qu’ils produisent des revenus immenses, sans que le contribuable s’en aperçoive; que dès lors ils n’ont rien qui irrite le sentiment de la liberté; qu'ils augmentent ou baissent en proportion directe avec le bien-être général ; qu'ils atteignent une classe de contribuables auxquels il serait sans cela très-difficile de faire supporter leur part des charges publiques.
Les modes les plus ordinaires d'impôts de consommation sont ceux qui frappent le pain (le plus défectueux, avec celui qui pèse sur le sel), la viande, le tabac, les cartes à jouer, les denrées coloniales, les objets fabriqués à l'étranger, l'eaude-vie, la bière et le vin, quäl est juste de frapper d’un impôt quand c’est un produit étranger au sol , mais qui dans le cas contraire offre d'énormes difficuités d’assiette et de recouvrement. La plupart des taxes de timbre, d’enregistrement, de poste, de chaussées, sont des impôts moins de consommation que d'usage.
CONSOMPTIFS (de consumere, consumer ). Ce nom était donné dans l’ancienne médecine aux médicaments caustiques.
CONSOMPTION (de consumere, consumer, détruire ), On peut définir la consomption du corps humain et celle des animaux plus ou moins rapprochés de lui par leur organisation , un état de langueur, de détérioration, de destruction lente qu’amène inévitablement, si on n’y remédie, le défaut de nutrition (atrophie), qui produit lui-même la maigreur, le desséchement du corps, et la fièvre hectique (étisie, hectisie). Nous ne pouvons énumérer ici les causes, les symptômes divers et encore moins le traitement des maladies qui produisent la consomption. Nous nous bornerons à dire que cet état morbide attaque tous les âges; que sa marche est en général d'autant plus rapide que les sujets sont plus jeunes ; qu’il est fréquemment la terminaison de beaucoup d'autres maladies; qu’il conduit le plus souveut à une mort inévitable, lorsqu'il résulte d’une lésion d’un organe plus ou moins important à la vie; que dans ce cas le traitement doit être purement palliatif, et qu’on a l'espoir de le guérir lorsqu'il est indépendant de toute altération organique et de toute complication grave; qu'enfin, pour parvenir à ce but, il faut faire concourir les moyens moraux, médicamenteux et tous les soins hygiéniques appropriés à toutes les conditions et aux circonstances où le malade se trouve placé, L. LAURENT.
CONSONNANCE ( Grammaire, Rhétorique), ressemblance des sons des mots dans la même phrase ou la même période. Les rhéteurs latins donnaient divers noms à cette figure, selon la différente sorte de consonnance et la variété de la position des mots; ils appelaientparanomasie (de tapé, près et de évoux, nom, jeu entre les mots ) la consonnance qui résulte du jeu des mots par la différence de quelques lettres. Térence dit dans l’Andrienne : inceptio est amentium, haud amantium. On a dit ailleurs : Cm lectum pelis, de letho cogita. Cette figure, mise en œuvre à propos, a de la gräce en latin, sclon Quintilien, Si elle ne possède pas le même avantage en français, C’est par la mème raison que Quintilien dit que les hémistiches des vers latins sont déplacés dans la prose. Mais comme la rime ou consonnance n'entrait pas dans la structure de ves vers, cette consonnance, loin de blesser loreille, la flattait, pourvu qu’il n’y eût point d'affectation, et que l'usage n’en füt pas trop fréquent ; reproche qu’on adresse à saint Augustin. Toutefois, en français, la rime entrant déjà dans le mécanisme des vers, on ne veut la voir que là et l'on est blessé lorsque deux mots de même son sctrouvent l’un après l'aus tre. On cite à ce sujet ce passage d’un de nos meilleurs écrivains, disant, à propos de la bibliothèque d'Athènes, que