CONSOUDE — CONSTABLE
ne prend cette précaution, le liquide s’épaissit; cette tis | nement, une constitution. Les passions populaires ne résane devient alors pesante pour l'estomac des malades, et | pondaïient point à son courroux républican contre lempire,. donne lieu à des oppressions et à des envies de vomir. On | et la démocratie populaire, repoussée par l’aversion du plus en prépare aussi dans les pharmacies un sirop, forme sous | grand nombre, avait aussi cuntre elle les hommes les plus laquelle on administre le plus ordinairement ce médicament. | influents et les plus habiles. On était las sans doute de 11 ne faut pas confondre ce sirop avec le sirop de consoude | verser tant de sang dans des guerres sans terme, mais si composé, qui contient des principes assez fortement astrin- | l’on déplorait l’opiniâtreté de Napoléon, si l’on s’en irritait, gents et toniques. DÉMEZIL. | son génie, qui avait exécuté de si grandes choses, n’en res-
CONSOUDE (Petite). Voyez BUGLE. | tait pas moins l’objet d’un culte à l'épreuve de ladversité ;
CONSOUDE ROYALE, un des noms vulgaires du delphinium consolida. Voyez Pieb D'ALOUETTE
CONSPIRATION ( du latin cum, avec, et spirare, aspirer, désirer), dessein formé secrètement par plusieurs personnes contre: l'État, contre les puissances auxquelles elles sont tenues d’obéir. C’est un mot qui se prend presque toujours en mauvaise part, et qui ne s’applique guère qu'à un nombre restreint d'hommes mus par la vengeance, Vambition, la cupidité, ou par le fanatisme, soit religieux, soit politique. Une conjuralion, au contraire, suppose d’ordinaire des mécontents assez nombreux , décidés à renverser par la force le régime établi, en appelant le peuple aux armes. Des conjurés sont souvent, comme on l’a vu, excités par des passions généreuses. L'amour du pays, la haine de l'oppression, l'horreur de la tyrannie, l’espoir d’un ordre meilleur, ont plus d’une fois suscité des conjurations. Ce furent les courageux pasteurs liés par les seriments du Rütli qui donnèrent à la Suisse le signal de la liberté. C’était aussi pour soustraire leur patrie au joug d’un maitre, que des conjurés avaient autrefois frappé le frère de Timoléon à Corinthe et César dans le sénat de Rome. Mais les fils du premier Brutus et leurs indignes complices, tramant dans l'ombre le retour de ‘Tarquin et la ruine de la liberté romaine, n'étaient que de vils conspirateurs. Ils ne pouvaient réussir qu’en trempant leurs mains dans le sang de leurs parents et de tout ce qu’il y avait de plus respectable à Rome.
C’est la Grande-Bretagne qui dans les temps modernes a été le théâtre des plus affreuses conspirations. On connait celle des poudres, qui devait engloutir au même moment -e roi, sa famille entière, et les membres des deux chambres, à la séance d'ouverture du parlement : horrible projet, qui n’échoua que par la pitié d’un conspirateur pour l'une des victimes, et par la prompte sagacité de Jacques 1°. La prétendue conspiration papisle, qui sous Charles II excita en Angleterre une terrenr si ridicule et fit périr tant d’innocents, fut une machination infernale, combinée par la vengeance des factions. Le complot de Rye, formé par quelques furieux contre Ta personne de Charles, servit de prélexte à la conspiration imaginaire à l’aide de laquelle le Laubardemont anglais, Jeffryes, put faire coulér sur l’échafaud le sang de deux hommes justement vénérés par l’Angleterre, Russel et Algernon-Sidney. En France même, sans chercher bien avant dans l’histoire, les exemples de conspirations ne manquent pas. C’est d’abord , en 1602, celle de Byron contre Henri IV ; puis celle de Cellamare contre le régent, en 1715; et, de nos jours, le renversement de Robespierre par les thermidoriens ; la conspiration de Babeuf, en 1796, celle du 3 nivôse, sous le Consulat, et celle du colonel Oudet, dite des philadelphes, dirigée contre Napoléon.
Mais la plus audacieuse, la plus gigantesque de toutes est certainement celle du général M alet, puisque seul il conçut, dans le lieu où il était détenu, le plan d’une révolution, et que seul il en entreprit et commença avec succès lPacconplissement, sortant d’une prison pour exercer la dictature, réunissant autour de lui deux généraux et des soldats, au moment même où il venait d'échapper à ses gardiens. Mais il n'avait pas su combiner à l'avance tous ses moyens d'exécution, En suppbsant d’ailleurs le plan le mieux calculé, i manquait un levier pour mettre sa machine en mouvement, On n'improvise point par surprise un gouver-
et le bien qu’il avait fait à la France, dans son intérieur, tout en la comprimant sous un joug très-dur, empéchait qu'il ne fût haï. L’entreprisé de Malet ne fut donc que le coup de tête d’une âme intrépide et d’un esprit plus hardi que profond. RU Les conspirations protestèrent longtemps à Romé contre le pouvoir de l’'astucieux triumvir qui, par la modération d’Auguste, sut se faire pardonner les lâches et cruelles proscriptions d’Octave. Le regret de la liberté exaltait encore quelques âmes, maïs les éléments des grandes conjurations qui changent le sort des peuples avaient été dispersés. avec les cendres des illustres meurtriers de César. |
‘Toute puissance nouvelle, surtout quand il s’y mêle une:
usurpation, a longtemps à redouter les conspirations, témoins Cromwell et Bonaparte. L'attaque dirigée contre celuici par le chouan Georges Cadoudal n’était qu’un crime trop Sommun à la suite des guerres civiles. C'était un ennemi de la Révolution apportant la mort au chef qu'elle s'était donné. Mais des généraux républicains se couvraiïent dé honte en devenant ses complices.
L’attentat de Fieschi fut le fruit d’une basse et infâme conspiration contre la branche cadette des Bourbons. Précédemment, l’attentat de Lou vel contre la branche aînée n’avait été, à ce qu’il semble, qu’un acte isolé. Que de conspirations, du reste, durant les premières années dela Restauration! Est-il besoin de citer celles de Grenoble en 1815, des patriolés de 1816, des jumeaux de la Réole, de l'Épingle noire, du Nain tricolore, de Saumur, de Lyon, de Colmar, de Béfort, et tant d’autres, se rattachant à cette mystérieuse association des carbonari, dont les nombreuses ramifications couvraient l'Italie, la France, l'Allemagne et l'Espague? L’écueil le plus certain des conspirations est le silence. Offrez un piédestal aux conspirateurs, et vous les verrez sortir de dessous terre. AUBERT DE VITRY.
CONSTABLE. Ce mot anglais est dérivé du mot françäis connétable, et le lord high constable, l'un des grands officiers de la couronne de la vieille Angleterre, remplissait des fonctions tout à fait analogues à celles du connélable en France. Quand, après la conquête normange, tous les rapports de la vie sociale reçurent des dénominations et des formes féodales, l’ancien chef de la commune, le borsholder, borges ou borrows-calder, se t'ansforma, lui aussi, en chef militaire, ou cons{able. La dignité de grand constable d'Angleterre devint héréditaire, en dernier lieu dans la famille des Stafford, ducs de Buckingham (en leur qualité d’héritiers des Bohuns, comtes de Hereford et d’Essex }, mais fut supprimée quand Édouard Stafford, duc de Buckingham, eut été déclaré coupable de haute trahison sous Henri VII. Depuis lors l’usage a constamment été de ne nommer de grand constable que pour les couronnements et autres occasions solennelles dif même genre.
En Écosse, la dignité de Lord high constable fut pour la première fois conférée, au douzième siècle, par David 1°° à Hugh de Morvelle, et existe encore dans la famille Errol, où elle est devenue héréditaire depuis Robert Bruce.
Les high constables, dont la principale mission était de surveiller la levée et l'armement des gens de guerre, furent créés en 1284, par Édouard 1*. Sous le règne d'Édouard IL on y ajouta encore le pet{y-constable, où constable de la commune. Les constables de cette dernière espèce forment encore aujourd'hui un anneau important de la grande chaine