‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 276 sur 607 · AUBERT DE VITRY · texte numérisé non relu

AUBERT DE VITRY

Outre ces douze empereurs, deux autres Constantin ont revêtu momentanément la pourfre impériale,

L'un, qui prit le titre de Constantin III, était un simple soldat, que les légions romaines cantonnées dans la Grande Bretagne revêtirent de la pourpre, vers 407 : sa bravoure et un nom cher aux armées furent ses seuls droits à l’empire. 11 se hâta de passer dans les Gaules, avec ses fils Constant et Julien, et se fit reconnaître depuis le Rhin et les Alpes jusqu'aux Pyrénées. Il battit Sarus, que l'empereur Honorius avait envoyé contre lui; et son fils Constant, qu'il avait nommé césar, conquit l'Espagne. Arles devint la résidence du nouvel empereur. Le faible Honorius le reconnut pour son collègue, lui donna le titre d’auguste, et lui envoya les ornements impériaux , tandis que le plus habile général de Rome, Géronce, assiégeait Constant à Vienne, et s'étant emparé de la place, faisait couper la tête au vaincu, Plus tard, Constantin II lui-même, se voyant assailli par Constance, autre général, qui devait être un jour le beau-frère d'Honorius, ouvrit les portes d’Arles après un siége de quatre mois, quitta les marques de la dignité impériale, et se fit ordonner prêtre, espérant sauver ainsi sa vie. Mais Honorius lui fit trancher la tête, en 411, ainsi qu’à son fils Julien.

L'autre, connu sous le nom de Constantin XII, était l’un des trois fils de Constantin XE, à qui ce prince en mourant avait laissé l'empire, sous la tutelle de leur mère Eudoxie; mais cette princesse les priva bientôt du sceptre en le donnant avec sa main à Romain Diogène, auquel succéda Michel, l’ainé des trois frères. A la chute de celui-ci, Alexis Comnène, qui depuis fut empereur, engagea vainement Constantin à ceindre le diadème. Cependant il céda plus tard au vœu de l’armée, Vaincu, pris, tonsuré, relégué au fond d'un monastère, dans une Île de la Propontide, il en fut firé et employé dans quelques expéditions pas Alexis Comnène, devenu empereur,

CONSTANTIN

CONSTANTIN CEPHALAS, compilateur grec du dixième siècle. C’est à lui qu’on doit véritablement lAnthc- Logie grecque, telle que nous l'avons, plus encore qu’à Planude, qui, venu quelques siècles plus tard, ne fit qu'amoindrir sans critique et bouleverser sans goût le travail de son prédécesseur. Ce précieux recueil, composé de pièces empruntées à vingt siècles différents, depuis la Grèce de Pythagore, de Miltiade et d’Anacréon jusqu'à celle des grammairiens byzantins et des Comnènes, peut être considéré comme l'expression la plus curieuse, la plus piquante et la plus complète non-seulement des mœurs, des passions, des habitudes, des préjugés des anciens Grecs, mais surtout du développement et de la décadence de leur esprit, s’exerçant librement sur une multitude de sujets, tour à tour graves ou frivoles. Constantin Céphalas ne nous est connu que par son anthologie.

CONSTANTIN PAULOVITCH, grand-duc de Russie, né le 8 mai 1779, était le second fils de l'empereur Paul1®, Une brûlante activité, une vivacité, sans égale, un esprit pénétrant, un coup d’œil rapide, et une bravoure personnelle voisine de la témérité, telles étaient les qualités saillantes de ce prince. En 1799 il se distingua tellement sous le commandement de Souvarof, que son père lui accorda le titre de Césarévitch. En 1805, à Austerlitz, il fit preuve de la plus bouillante valeur. En 1812, 1813 et 1814, ilaccompagna son frère, l'empereur Alex an dre, dans ses campagnes , et le suivit au congrès de Vienne. Il fut successivement nommé généralissime des troupes polonaises, gouverneur général ou vice-roi de Pologne, ainsi que député à la diète du royaume. En vertu d’un oukase du 2 avril 1820, il se sépara de son épouse, née princesse de Saxe-Cobourg, et qui à vécu jusqu’en 1860, retirée à Elfenau, près de Berne, en Suisse; et le 24 mai de la même année il se remaria, du consentement de l’empereur, avec la comtesse polonaise Jeanne-Antoinette Grudzinska, née le 29 septembre 1799, créée plus tard par l’empereur princesse de Lowicz, du nom d’une terre située en Mazovie et donnée au grand-duc. Du vivant même d'Alexandre, le grand-duc Constantin, par un acte demeuré secret et daté du 14 janvier 1822, avait renoncé à la succession à la couronne. L'empereur étant venu à mourir, il n’en fut pas moins proclamé empereur à Saint-Pétersbourg, le y décembre 1825, malgré son absence; mais ayant persisté dans sa renonciation, le droit de succéder à la couronne passa à son frère puiné Nicolas. Le grand-duc Constantin assista en personne au couronnement de ce prince, qui eut lieu le 3 septembre 1826, à Moscou.

Toutefois, par son extrême sévérité militaire, il n’était guère propre à concilier au gouvernement russe l'affection. Les officiers de l’armée polonaise surtout, malgré la tenue remarquable qu’il avait réussi à leur donner, se sentaient vivement blessés des mesures rigoureuses prises à l'égard de quelques-uns de leurs camarades. 11 en résulta des sociétés secrètes ayant pour but le rétablissement de l’ancienne Pologne. La révolution de Juillet fut l’étincelle qui fit éclater le feu caché qui couvait depuis longtemps dans les esprits irrités de la jeunesse polonaise. Le 29 novembre 1830 vingt cadets quittèrent l’école militaire, et pénétrèrent dans le Belvédère, palais habité par le grand-duc Constantin, qui toutefois parvint à se sauver et alla se refugier au milieu de la garde (voyez PoLocne). L'insurrection du 30 novembre ayant obtenu le dessus, le conseil d'administration du royaume entama des négociations avec le grand-duc Constantin, qui obtint de repasser la frontière avec son armée à Pulawy sans être inquiété. Pendant que Diebitsch s’avançait à la tête d’une armée russe, Constantin prenait le commandement de l’armée de réserve. Plus tard il se rendit à Witepsk, où il mourut du choléra, le 27 juin 1831. Sa noble épouse, la princesse de Lowicz, attaquée d’une maladie de langueur, termina sa douloureuse existence le 29 no-

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